Le briographe

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samedi 2 mars 2013

Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves T6 : Le Décalage

Julius Corentin Acquefacques, ça déchire !

Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves T6 : Le Décalage, de Marc-Antoine Mathieu
Delcourt, 56 p. N&B, 14,30€

 

Huit ans se sont écoulés depuis son précédent album. Julius Corentin Acquefacques devait être bien pressé de revenir, car il démarre son nouveau récit, Le Décalage, directement à la page 7, sans passer par la couverture !

 

Il y a déjà plus de 20 ans, en 1990, paraissait le premier tome de Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves. Jouant avec les codes même de la bande dessinée, le héros-autant-que-spectateur de ce récit, fonctionnaire au Ministère de l’Humour, recevait par courrier les planches de sa propre histoire. Le récit dissimulait également un objet éditorial inédit : une anti-case, aussitôt théorisée par le scientifique de service, le professeur Ouffe. Les fidèles de la série ont ensuite vu le personnage se mettre en quête de la qu…adrichromie, être transféré dans un monde tridimensionnel en passant par une spirale-vortex, goûter aux joies de l’infini dans un récit-miroir. Et basculer dans la 2,333e dimension, après un accident de point de fuite – normal, car « un point de fuite mal réglé, ce sont des ennuis… en perspective ». Mêlant onirisme et grotesque, considérations métaphysiques et calembours lacaniens, Julius Corentin Acquefacques et son auteur Marc-Antoine Mathieu continuent de défricher de nouveaux terrains de bande dessinée…

 

 

INTERVIEW

Qu'est-ce qui vous a fait choisir les éditions Delcourt en 1989-90 pour présenter cette série ? À l'époque, c'était une toute jeune maison d'édition…

Marc-Antoine Mathieu : Oui, à l'époque ils devaient être trois dans la société. Au départ, le livre devait être édité chez Futuropolis. J'ai rencontré Guy Delcourt par hasard, à la sortie d'une convention. Nous avons discuté, et il s'est montré enthousiaste et très désireux d’être l'éditeur de ce projet. Un jeune auteur plus intelligent que moi, aurait fait le tour de toutes les maisons d'édition existantes pour évaluer avec qui le projet avec le plus de chances d'aboutir. Moi j'ai seulement eu de la chance. Avec le temps, mes autres projets ont continué chez le même éditeur, une complicité s'était créée.

 

Chaque tome de Julius Corentin Acquefacques comporte une anomalie…

C'est devenu une marque de fabrique. Je travaille sur l'accident et la catastrophe, pas uniquement dans Julius. Dans Dieu en personne aussi, ou dans Trois secondes où le temps est tellement distendu qu'on a l'impression de vivre un récit à la vitesse de la lumière. Pour chaque histoire, je cherche une contrainte qui va me permettre d’explorer un espace temporel, physique ou psychologique. Je ne cherche pas l'exercice de style, mais un terrain propice à l'exploration. La bande dessinée est un terrain idéal pour l'exploration plastique et narrative.

Mais vous bâtissez vos histoires autour de ces astuces d'ingénierie papier, ou bien vous les trouvez en travaillant sur un récit ?

Ça dépend. En principe, l'accident est au service du récit et jamais l'inverse. Mais si on prend par exemple Le Processus, l’idée était dès le départ de faire un livre autour de la spirale. L’idée s'est imposée que la spirale puisse prendre corps dans le livre. Pour le tome 6 de Julius, j'ai eu très tôt envie que l’histoire commence à la page sept, avec un personnage en retard sur son propre récit et qui ne comprend pas comment il en est arrivé là. J’aurais pu faire une histoire dans laquelle le personnage ne rattraperait jamais son retard. Mais j’ai eu une idée : il suffisait que trois feuilles du livre soient déchirées pour qu’il rattrape son retard de six pages et qu’il réintègre le récit.

 

Ce tome 6, c’était un casse-tête, en termes de fabrication ?

La difficulté, c’est de concevoir tout cela en prenant en compte le pliage des cahiers, et le recouvrement des pages. Il faut que la découpe soit très bien ajustée, et que les pliages successifs soient parfaits. Difficulté supplémentaire, les pages déchirées étaient réparties sur deux cahiers… La marge d’erreur était vraiment très faible.

 

Cela dit, le véritable tour de force de cet album, c’est peut-être de faire autant de pages sur une histoire qui ne veut pas avancer, avec des personnages en attente, qui n’existent que tant qu’ils continuent de meubler le vide, même de façon dérisoire…

C'est l'essence même du livre. Mon défi, c'était de faire une histoire dont on sent qu'elle aurait pu être très ennuyeuse ou angoissante, mais de garder suffisamment de péripéties pour que le lecteur reste sur le bord, sur la crête de l'intérêt. Je me demande si ce n'est pas le plus métaphysique de mes bouquins. Parce qu'après tout est-ce que la vie ce n'est pas exactement cela ? Ne sommes-nous pas tout le temps en train de boucher des trous et de faire semblant qu’il se passe quelque chose, et que le Rien n'existe pas ? Heureusement, les personnages parviennent à faire illusion… en attendant Julius, comme dirait Beckett.

 

Vous êtes reconnu par l’OuBaPo (1) comme un « plagiaire par anticipation », autrement dit un précurseur. Pourquoi n'avez-vous pas rejoint ce groupe ?

Nous sommes frères. J'aime beaucoup le travail d'Étienne Lécroart entre autres. Si j'avais plus de temps, il est clair que je travaillerais beaucoup plus avec eux. Quand le groupe s’est constitué, les Oubapiens, Thierry Groensteen en tête, étaient à Paris. Je ne pouvais pas en plus de mes autres activités me consacrer à cela. Si j'étais tombé dans l’OuBaPo, j’y aurais consacré énormément de temps. On ne rentre pas à l'OuBaPo pour faire de la figuration. L'esprit oubapien, qui s'amuse et se nourrit des contraintes, est en lui-même une contrainte !

 

 

Jérôme Briot

 

(1)   L’OuBaPo regroupe des auteurs-chercheurs qui explorent de nouvelles formes de bande dessinée, en utilisant différents jeux créatifs appelés « contraintes ».

vendredi 1 mars 2013

Interview Christophe Arleston

Dans l’antichambre d’Ekhö

Ekhö monde miroir, T1 : New York, d’Alessandro Barbucci et Christophe Arleston
Soleil, 48 p. couleurs, 13,95€

  

En mars 2013, le Salon du Livre de Paris consacre une grande exposition à Christophe Arleston. Lequel sort une nouvelle série, Ekhö monde miroir, avec Alessandro Barbucci aux crayons. Tout cela méritait bien une rencontre.

 

En un peu plus de 20 ans d’écriture, Christophe Arleston, pilier des éditions Soleil, a signé plus de 130 albums, dont les séries Lanfeust avec Didier Tarquin et Trolls de Troy avec Jean-Louis Mourier, mais aussi Léo Loden, Le Chant d’Excalibur, Les Maîtres cartographes, Les Naufragés d’Ithaq, Les Forêts d’Opale, pour ne citer qu’un échantillon de sa bibliographie…

 

INTERVIEW 

Une exposition vous est consacrée au Salon du Livre de Paris 2013. Avez-vous été impliqué dans son organisation ?

Christophe Arleston : Pas trop, par manque de temps. L’idée proposée par le scénographe du Salon du Livre était de faire une expo sur le principe du « cabinet de curiosités », en réalisant une sorte de fac-similé de mon bureau. Certaines parties de mon bureau ont été photographiées pour être collées aux murs en grandeur nature, d’autres éléments sont réalisés en 3D. Les trois écrans sur lesquels je travaille vont être utilisés pour montrer comment je bosse sur mes scénarios. Mais surtout, l’exposition va m’emprunter un élément fondateur de mon imaginaire : une très grande et très belle carte ancienne de l’Asie qui décore mon bureau. C’est une carte de 1756, pleine de détails, d’illustrations et de commentaires sur les peuplades qui vivent ici ou là, et qui mesure dans les 2,50 mètres par 2. Elle appartenait à ma grand-mère, qui était prof d’histoire-géo. J’ai passé des dizaines d’heures à déchiffrer cette carte en vieux français. Mon amour de la fantasy, de l’exotisme, des cultures, mon goût de la découverte des civilisations, me vient de là. C’est la pièce maîtresse de mon bureau. L’expo va aussi montrer des choses que j’utilise tous les jours, comme de ces classeurs à pochettes transparentes, dans lesquels je mets des photocopies des planches en cours. Bref, l’expo s’efforce de faire une réplique de mon cocon, de l’environnement dans lequel j’ai besoin de m’immerger pour écrire. 

 

Ces dernières années, vous avez beaucoup travaillé en collaboration avec d’autres scénaristes. L’exposition évoque aussi les collaborations avec d’autres auteurs ?

Je ne crois pas. J’ai fait pas mal de bouquins avec des coscénaristes, et j’aime bien me confronter à d’autres personnalités pour enrichir les univers. Mais j’avoue ne pas cultiver l’égalité : je reste le maître d’œuvre, celui qui garde le dernier mot, je me réserve le final cut. Travailler avec d’autres scénaristes a été une expérience intéressante et amusante, mais ces derniers temps, je me suis recentré sur des scénarios que je mène seul. C’est un sursaut de fierté. Je commençais à entendre des échos me suspectant d’être devenu une sorte de chef de studio, qui signerait le travail réalisé par ses nègres…

 

INFLUENCES

Nombre de vos livres se passent sur la planète Troy, en différents lieux et à différentes époques, mais avec cette planète comme socle commun. C’est une démarche très proche de celle de Terry Pratchett, l’auteur des Annales du Disque-Monde. Vous le lisez ?

J’ai découvert Pratchett quelques années après avoir commencé Lanfeust. Quand j’ai commencé à lire Les Annales du Disque-Monde, je m'y suis senti chez moi ! Mais il n’est pas une influence directe. À 15 ans, on est une éponge. Après 35 ans, on n’est plus influençable de la même manière. Je suis un fan inconditionnel de Terry Pratchett. Mais les auteurs qui ont marqué mon imaginaire et mon écriture sont ceux de la génération précédente, que Pratchett a sans doute lus lui aussi. Mes influences principales, c'est Jack Vance, Fritz Leiber, un peu Silverberg, Frederik Pohl… des gens comme ça. Et P.G. Wodehouse (1) ! Wodehouse écrivait des histoires de maître d'hôtel anglais en 1925, dans des milieux de petite noblesse oisive et friquée. Ça n'a rien à voir ni avec la SF ni avec la fantasy. Mais il y a un lien, dans la façon de raconter, dans l'humour, dans la façon de traiter les ellipses. Jack Vance, que j’ai rencontré et qui est un de mes pères fondateurs, me disait aussi combien la lecture de Wodehouse l’avait influencé. Je crois que Pratchett a été à la même école : sa ville d’Ankh-Morpork ressemble à celle de Lankhmar (dans Le Cycle des épées de Fritz Leiber), avec ce fleuve si lent et tellement sale qu'on ne sait pas dans quel sens il coule... Cela se recoupe. Au passage, j'ai la chance de bien connaître Patrick Couton, le traducteur de Terry Pratchett, un Nantais que je vois chaque année aux Utopiales.

 

Une autre de vos influences marquées, c’est la mythologie : les termes de « Troy », « Odyssey », l’histoire du Voyage aux ombres qui transpose dans un univers asiatique le mythe d’Orphée…

Oui, j'en ai énormément lu dans mon enfance. Quand j'ai commencé à écrire, j'ai très vite perçu que la mythologie grecque, les contes de Grimm et de Perrault, sont des univers de fantasy. Je n'avais pas du tout la culture tolkienienne de l’Europe du nord, qui se nourrit de mythologie germanique. J'ai construit ma fantasy naïvement, à partir des éléments que j'avais. Je crois que c'est pour ça que j'ai rencontré un large public : j’utilisais des éléments qui parlaient à tout le monde, qui font partie de notre bagage culturel de méditerranéens.

 

En lisant les deux premiers Lanfeust Odyssey, on a l'impression que vous faites un retour aux tout débuts de la saga, avec Cixi-la-nièce qui est un clone de sa tante, avec Nicolède qui redevient jeune... C’était pour que le troisième tome soit encore plus surprenant ? Ou bien le troisième tome a-t-il été écrit en réaction aux deux premiers ?

Eh bien, quand on a plus de 100 albums derrière soi, il arrive encore qu'on commette de grosses erreurs ! Quand on a lancé Lanfeust Odyssey, Didier Tarquin a voulu partir sur un dessin plus comics. Et moi, j'ai voulu donner un côté plus jeune à Lanfeust, puisqu'il n'a que 18 ans, en lui faisant reprendre ses études de magie. Nous avons progressivement compris qu'on suivait une fausse bonne idée. On a fini le tome deux en préparant le fait de tout casser au début du tome trois. Après tout ce qu'il a vécu, Lanfeust est forcément marqué. Il peut assumer des histoires sombres, ce qui n’empêche pas de garder un ton « grosse déconnade ». Le tome trois a bien dynamité les erreurs des deux premiers. Et dans le tome quatre, on retrouve le bon esprit Lanfeust tel qu'il doit être. En particulier, il fallait retrouver une bonne composante féminine. Le vrai sujet de la série, c’est Lanfeust et les filles. Le reste est un peu accessoire. Et là, j’ai bien construit mon quatuor de filles !

 

On perçoit aussi votre volonté de rupture, par le traitement de déshumanisation que vous avez fait subir à Hébus, le troll…

Didier avait tendance à rendre Hébus de plus en plus humain, graphiquement. Sa dérive naturelle, c'est d’en faire une sorte de gros Schwarzenegger roux et poilu avec des mouches. Alors je lui rappelle régulièrement que les trolls sont voûtés, avec une échine. Inclure cette scène dans le scénario, c'était le contraindre à redonner de l'animalité à Hébus.

 

Votre nouvelle série s’intitule Ekhö, monde miroir. On y découvre de petites créatures, les Preshauns… Comment les décririez-vous ?

Un Preshaun, visuellement c'est une sorte de gros écureuil habillé comme un horloger bavarois du XVIIe siècle et qui a un côté très british dans sa façon de vouloir prendre le thé à heures fixes. Ce sont des créatures toutes mignonnes, on dirait des peluches. Mais on s'aperçoit très vite que c'est eux qui font tourner ce monde. Ce n'est pas un monde de fantasy totalement imaginaire comme je les fais d'habitude. Cette fois, j’ai voulu prendre la Terre, la vraie, et lui bâtir un monde miroir : Ekhö, qui comme son nom l'indique est un écho de la Terre. C'est un monde sur lequel se retrouvent certaines personnes qui allaient mourir sur Terre. À la toute dernière seconde, « on » les a fait basculer sur Ekhö. Dans le premier album, les héros se retrouvent dans un New York d’heroic fantasy, sans électricité. Les taxis new-yorkais sont toujours là mais ils sont montés sur des sauriens. Le métro fonctionne grâce à des mille-pattes. Tout le jeu dans cette série, c'est de parodier notre monde, en inventant des équivalents. C'est à la fois source de gags et de satire sociale. L'héroïne a une double personnalité, elle est habitée par quelqu'un d'autre. Dans chaque épisode, elle devra résoudre un problème qu'a eu cette personne avant de mourir, pour retrouver sa personnalité propre.

 

Comment arbitrez-vous entre la décision de compléter une série déjà lancée, et celle de créer un tout nouvel univers ?

C'est le hasard des rencontres avec les auteurs. Alessandro Barbucci est un copain depuis longtemps. Je lui avais demandé d'être directeur artistique pour le projet Lord of Burger. Finalement, c'est lui qui s’est chargé du dessin ; et même de tout l'album, s'agissant du dernier tome. Quand Lord of Burger s’est arrêté, nous avons cherché un nouveau projet pour continuer de travailler ensemble. Il m'a dit qu'il avait envie de faire de la fantasy. Je lui ai dit d'accord, à condition que je trouve quelque chose de totalement différents de mes séries habituelles. C'est parti comme ça !

 

 

Jérôme Briot

(1) Wodehouse est notamment le créateur de Jeeves, un majordome anglais qui passe son temps à sauver la mise à son jeune maître fantasque, inversant les rapports maître / valet.

 

 

En bonus, quelques questions non publiées dans Zoo :

Le rachat de Soleil par Delcourt

Vous étiez un collaborateur proche de Mourad Boudjellal, le fondateur des éditions Soleil. Comment avez-vous vécu le rachat de Soleil par les éditions Delcourt ?

Un collaborateur, non ! Je suis un auteur. J'ai convaincu Mourad de financer Lanfeust Mag, le journal dont je continue à m'occuper. Je n’ai jamais eu la moindre responsabilité éditoriale chez Soleil. De temps en temps, j'ai utilisé et de mon influence pour faire publier de jeunes auteurs prépubliés dans le magazine et auxquels je croyais beaucoup. Mon seul rôle éditorial s'est borné à ça : avoir poussé la publication de recueils des gags des Geeks, des Gobelins, ou du Blogustin.

Quand j'ai fait la connaissance de Mourad, il était seul dans sa librairie, il faisait la maquette de ses premiers livres en Letraset sur son comptoir. Ce n'était pas encore très structuré. Mourad m'a signé sans avoir rien lu. C’est quelqu’un qui fonctionne au feeling. On a passé un repas ensemble en parlant de tout et de rien. À la fin, il m'a demandé si j'avais un projet. J’en avais un, que je lui ai raconté au café pendant 10 minutes. Il m'a dit « C’est bon. On y va. » Je crois qu'il n’a lu mes livres qu’une fois imprimés. Et il m’a toujours accordé une confiance absolue.

Les choses continuent de la même manière avec Guy Delcourt, très naturellement. Le rachat a été vécu avec un certain soulagement, par moi et par d’autres auteurs, parce que Mourad qui est hyperactif commençait à s’ennuyer dans la bande dessinée. Quand Soleil a atteint le niveau de développement voulu, il a relancé Futuropolis ; il a constamment besoin de nouveaux défis. Par ailleurs, il était très angoissé par l’avenir, par la perspective que le livre papier soit supplanté par des supports numériques… Il avait l’impression de ne pas maîtriser cet avenir.  Cela a fait partie de sa décision de vendre. Le nouveau challenge à relever, c’était le défi du numérique, mais c’est un combat qu’il ne « sentait » pas. Une des forces de Mourad, c’est d’avoir toujours réussi, parce qu’il faisait ce qu’il connaissait bien, ce qu’il sentait.

De son côté, Guy Delcourt était très serein par rapport à cet avenir. Les changements qu’il entreprend se font en douceur, sans brusquerie. Il a beaucoup observé les difficultés que Media Participation a rencontrées lors du rachat de Dupuis, il en a tiré des enseignements. Il fait se rencontrer les équipes, mais petit à petit, en évitant les réactions identitaires d’un côté ou de l’autre.

 

Vous êtes ce qu'on peut véritablement appeler un auteur maison pour Soleil, puisque l'essentiel de vos livres sont publiés chez cet éditeur. Pourquoi avoir proposé d'autres projets chez Glénat, comme Lord of Burgers ou Chimère(s) ?

C’est Jacques Glénat qui m'avait proposé de faire quelque chose sur la grande cuisine. Dans la mesure où c’était une idée de Glénat lui-même, je n'allais pas faire cette série chez Soleil. A l'inverse, j'ai toujours dit à Jacques Glénat que je ne ferais jamais de fantasy dans son catalogue.