Le briographe

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lundi 5 mars 2012

Olympe de Gouges, de Catel Muller et José-Louis Bocquet

Olympe, nouveau sommet de Catel et Bocquet

Olympe de Gouges, de Catel Muller et José-Louis Bocquet
Casterman, 488 p. N&B, 24 euros

 

Après Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges. Le duo Catel et Bocquet se glisse une nouvelle fois dans les pas d’une femme d’exception, grâce à qui toute une époque va nous être contée.

 

Née au sein d’une famille bourgeoise de province en 1748, Marie Gouze se marie à 17 ans et devient veuve un an plus tard. Elle adopte alors un pseudonyme, s’octroyant au passage une particule qui facilitera peut-être son admission dans la bonne société parisienne. C’est la naissance d’Olympe de Gouges, passionnée de théâtre et dramaturge dont les pièces sont autant de pamphlets engagés.

Féministe avant la lettre

Figure de la Révolution française, Olympe de Gouges est principalement connue pour avoir rédigé en 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, où elle revendiquait avec un siècle et demi d’avance plus d’égalité entre les sexes, peut-être même le droit de vote pour les femmes (qui, rappelons-le, ne deviendra effectif qu’en 1944). Rejeté, son argument était pourtant imparable : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de montrer à la Tribune. » Longtemps méprisée ou ignorée des historiens, son importance et le caractère précurseur de ses idées politiques sont progressivement reconnus au cours du XXe siècle. Parmi ses combats, la lutte pour l’abolition de l’esclavage, pour les droits des femmes et contre la terreur instituée par Robespierre. Contestataire à une époque qui d’admettait pas la polémique, elle est condamnée à mort et exécutée en 1793.

De Kiki à Olympe

Un destin aussi tragique et romanesque ne pouvait pas manquer d’inspirer une grande saga. Catel et Bocquet, qui ont déjà connu le succès public et critique avec Kiki de Montparnasse, trouvent en Olympe de Gouges une personnalité de choix pour un nouvel ouvrage. Du titre précédent, celui-ci reprend la structure et la démarche, en un mot le concept. Il s’agit d’évoquer à nouveau le parcours d’une femme d’exception dans un univers d’hommes, et de brosser au passage un tableau d’ensemble de l’époque. À la fin du récit, une postface érudite voit se succéder une chronologie détaillée, la fiche biographique de la plupart des protagonistes du récit et une bibliographie d’une rigueur toute académique. Ce qui change réellement, au-delà de l’époque, c’est le ton : Kiki, avec son insouciance toute artistique, conservait tout au long de l’ouvrage une légèreté qui participait de son charme. Olympe de Gouges, au contraire, brille par son tempérament revendicatif, son agilité intellectuelle et le refus le laisser les hommes lui dicter sa pensée. Les deux ouvrages sont également réussis. On ne se lasse pas d’observer combien la personnalité de l’héroïne et par conséquent, le propos du récit, a d’incidence sur le trait de la dessinatrice.

 

 

Jérôme Briot

dimanche 4 mars 2012

Les Amis de Pancho Villa, de Léonard Chemineau

Le sombre héros de la Revolución

Les Amis de Pancho Villa, de Léonard Chemineau d’après James Carlos Blake
Rivages/Casterman/Noir, 128 p. couleurs, 18 euros

 

Le réalisateur Emir Kusturica avait projeté d’adapter Les Amis de Pancho Villa en film. C’est finalement Léonard Chemineau qui tire le premier, avec une adaptation dessinée de l’épopée du révolutionnaire mexicain.

 

 

Les Amis de Pancho Villa, roman de James Carlos Blake, dénote au sein de la collection Rivages/Casterman/Noir. Certes, on est bien dans un registre « noir », avec une violence omniprésente. Mais l’atmosphère est plus celle d’un western crépusculaire que d’un polar. L’action se situe au Mexique en 1910, au tout début de la guerre civile. Rodolfo Fierro, un aventurier sanguinaire et sans scrupule, rejoint le petit groupe de révolutionnaires dirigé par Pancho Villa. Autour de ce leader charismatique, il y a Tomas l’ami d’enfance, Felipe Angeles qui a suivi des études militaires en France et l’indien Calixto. De gang, ils vont devenir une véritable armée de révolution, à mi-chemin entre rapines organisées et guérilla politique.

Coup d’essai

Comment un dessinateur tout juste repéré par le concours Jeunes Talents du festival d’Angoulême 2009 se retrouve t-il chargé d’adapter un tel ouvrage en bande dessinée ? « Par un heureux hasard », admet Léonard Chemineau. Parti à Angoulême avec quelques planches sous le bras, il rencontre les éditeurs et directeurs de collection de Casterman. « J'avais emporté un travail personnel, une adaptation du roman L'escadron guillotine de Guillermo Arriaga, qui se déroule aussi au Mexique et met en scène Pancho Villa. Ils m'ont proposé de faire quelques essais en vue de l'adaptation du roman de James Carlos Blake ».

Attaques ferroviaires à cheval, opérations chirurgicales, scènes de guerre... Le dessinateur n’a pas ménagé ses efforts pour rendre la saga dynamique : « Il était très important pour moi d'assurer le plus haut niveau graphique possible. Plus le dessin coule naturellement et colle à l'univers, et plus on l'oublie pour se focaliser sur l'histoire. Le Mexique étant un pays complexe avec une histoire chargée, les décors et les mises en scènes devaient suivre pour complètement transporter le lecteur dans l'ambiance. »

Coups de sang

Héros de la révolution ou brutes impitoyables ? Chaque lecteur se forgera sa propre opinion. Léonard Chemineau, pour sa part, affirme avoir été surtout marqué par le contraste entre les différents personnages : « Il y a des idéalistes purs, comme Pancho Villa, qui sont sanguinaires et tuent pour transformer le pays, sans aucun intérêt personnel. Il y a des aventuriers dans l'âme qui ne savent faire que la révolution, comme Rodolfo Fierro. Il y a aussi des paumés, des poètes, et une myriade de caractères pimentés et différents. Il y a enfin des grands salauds, souvent à la tête du pays, qui organisent le pillage des richesses pour leur profit personnel et ceux de leurs amis. Ils sont tous très intéressants à leur façon. »

 

 

Jérôme Briot

samedi 3 mars 2012

Le Semeur d’étoiles, de Shizuka Nakano

Le Semeur d’étoiles, de Shizuka Nakano
IMHO, 176 p. N&B, 16 euros

 

Le Japon, qui sacralise le fait d’aller regarder tomber les pétales des cerisiers en fleur au point d’avoir un mot pour désigner cette activité (le « Hanami »), est forcément un pays où plus qu’ailleurs, les habitants sont enclins à la contemplation et à la poésie. Cela n’est pas flagrant dans le tsunami éditorial qui déferle chaque année dans nos librairies. C’est pourquoi il faut lire Shizuka Nakano. Pour découvrir un manga différent, hors genre. Pour s’embarquer dans son monde plein de rêves, de jardiniers d’étoiles et de délicatesse. Et pour s’immerger dans son graphisme à la fois rétro, quelque part entre Tove Jansson et Miroslav Sasek, et contemporain avec cette façon si unique d’utiliser les trames.

 

vendredi 2 mars 2012

Collection Explora, chez Glénat

À la découverte des explorateurs

 

Magellan, Jusqu’au bout du monde, par Christian Clot, Bastien Orenge et Thomas Verguet

Glénat, 56 p. couleurs, 14,50 €

Mary Kingsley, La Montagne des dieux, par Esteban Mathieu, Guillaume Dorison et Julien Telo

Glénat, 56 p. couleurs, 14,50 €

 

Si les grands explorateurs ont repoussé les limites de la connaissance, que savons-nous vraiment de leurs exploits, de leurs expéditions, de leurs motivations ? Explora, nouvelle collection de Glénat, propose de voyager aux côtés de ces personnalités d’exception.

 

 

La bande dessinée aime les aventuriers. Elle se nourrit d’Histoire. Et avec la mode du biopic venue du cinéma, elle raconte l’existence de personnalités remarquables. À l’intersection de ces trois mondes, Explora, la nouvelle collection des éditions Glénat, nous invite à « plonger au cœur de la véritable histoire des grands explorateurs et de leurs expéditions extraordinaires ». L’approche est celle de la BD d’aventure, avec « pour aller plus loin » dans la connaissance du personnage, des dossiers historiques. Lancés simultanément pour inaugurer la collection, les deux premiers titres se consacrent l’un à Magellan, le célèbre navigateur à l’origine du premier tour du monde ; l’autre à Mary Kingsley, une exploratrice britannique peu connue en France, dont les récits de voyage en Angola ont contribué à combattre les idées reçues de son époque à propos des peuples indigènes d’Afrique tropicale.

À l’initiative de cette collection dont il assure la coordination éditoriale, Christian Clot, vice-président de la Société des explorateurs français et explorateur lui-même, nous explique sa démarche…

 

 

Qu’est-ce que cela signifie, être un explorateur ?

Christian Clot : Le concept d’explorateur est assez vaste. Il s’agit d’aller quelque part avec un questionnement ou un but de découverte. Pour certaines personnes, cela peut être la recherche d’insectes inconnus. Pour d’autres, des travaux glaciologiques. Mon domaine consiste à étudier comment l’Homme s’adapte à des milieux extrêmes.

 

Pourquoi avoir proposé aux éditions Glénat de lancer une collection consacrée aux explorateurs ?

J’ai depuis toujours la passion des histoires et de la transmission. J’étais comédien avant de devenir explorateur. J’ai aussi écrit quelques livres. La bande dessinée est une de mes passions, c’est un monde dans lequel j’avais envie d’entrer depuis longtemps. J’ai commencé à creuser la question et un jour c’est devenu une évidence : on s’inspire beaucoup des explorateurs et des aventuriers en bande dessinée et au cinéma, pourquoi ne pas raconter leur vie réelle ? J’ai donc regroupé mes deux passions, l’exploration et la bande dessinée, pour proposer cela à Jacques Glénat.

 

Quel est le cahier des charges de la collection ?

Nous cherchons une certaine authenticité qui passe par une importante recherche documentaire. Mais on ne raconte pas nécessairement l’exacte vérité. Ce n’est pas forcément en racontant de façon linéaire un personnage qu’on le raconte le mieux. Explora s’attache avant tout à retranscrire l’état d’esprit ou la personnalité des explorateurs.

 

 

Dans Magellan, vous n’hésitez pas à exploiter les zones blanches de la biographie du navigateur pour livrer une hypothèse romanesque…

Magellan est parti avec cinq navires. C’est un fait historique que nous allons donc respecter dans la collection : on ne va pas en mettre quatre ou six. En revanche, on sait finalement peu de choses de ses trois ans de voyage. Ce qui permet de proposer des éventualités, du moment qu’elles restent plausibles. Typiquement, lorsque j’imagine que Magellan a provoqué sa propre mort, c’est une théorie parfaitement défendable.

Mary Kingsley, pour sa part, a fait deux grands voyages. Nous avons choisi de les regrouper et de révéler une histoire d’amour avec un indigène. Cette histoire n’a jamais été officialisée, mais dans une de ses lettres, Kingsley écrivait « J’ai trouvé là-bas l’amour ». On se base sur cela pour fonder une partie de l’intrigue.

 

Deux autres tomes sont prévus cette année, consacrés à Richard Francis Burton et à Percy Fawcett. Comment choisissez-vous les explorateurs mis en avant dans cette collection ?

Nous essayons avant tout de trouver des personnages avec un destin qui nous touche. Ce ne sont pas forcément les plus évidents ni les plus connus. Explora a pour vocation de raconter des personnages de toutes nationalités, de toutes les époques. Je tenais à ce qu’il y ait au moins une exploratrice parmi les quatre premiers titres. Mary Kingsley est très peu connue en France, mais elle a un parcourt extraordinaire, j’avais envie de la faire connaître.

 

Le calibre de la collection, 46 pages d’aventures suivies de huit pages de dossier historique, ne risque t-il pas d’« égaliser » des destins qui n’ont pas forcément les mêmes mérites ni le même intérêt ?

Certains personnages auront plusieurs albums. C’est le cas pour Richard Francis Burton, dont l’épopée sera traitée en deux ou trois albums. Du reste, notre but n’est pas de raconter la vie in extenso des explorateurs, mais de faire comprendre son état d’esprit. Cela passe par la recherche d’une expédition qui a été formatrice. Marco Polo a voyagé pendant trente ans, mais il suffit de raconter une certaine période, dans son parcours, pour prendre la mesure du personnage et comprendre comment il est devenu, de simple voyageur, un explorateur qui a marqué son époque. Cela, on le racontera en un seul tome.

 

Vous êtes né en Suisse, on vous sait fan de Tintin… Allez-vous consacrer un volume d’Explora à Auguste Piccard, qui inspira le professeur Tournesol ?

C’est un personnage fabuleux. Il y a un événement que j’aimerais particulièrement raconter : la toute première plongée de son premier bathyscaphe. Piccard était accompagné de son fils Jacques, de Théodore Monod, de Jacques-Yves Cousteau… Tous ces explorateurs réunis autour d’une même passion, c’est quelque chose de rare. Car si les explorateurs ont beaucoup d’abnégation, ce sont souvent de fortes têtes, qui ont du mal à travailler les uns avec les autres. Auguste Piccard, en réunissant des gens qui n’avaient pas vocation à l’être, a accompli là une sorte d’exploit !

 

 

 

Propos recueillis par Jérôme Briot

 

jeudi 1 mars 2012

De cape et de crocs T10, De la Lune à la Terre

Le rideau choit, mais ne déchoit pas !


De cape et de crocs T10, De la Lune à la Terre, par Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou
Delcourt, 48 p. couleurs, 13,50 euros

 

Final en beauté pour De cape et de crocs, avec le dixième et dernier volume des aventures d’Armand le renard et Don Lope le loup, rimeurs et escrimeurs au service d’une valeur : le panache !

 

Un Loup gris hidalgo sans doute un peu trop fier, son compagnon Renard poète et mousquetaire, leurs belles égéries qui ont du caractère, une carte au trésor dans une bouteille en verre, des pirates joyeux rêvant d’être corsaires, un inventeur génial bien que rébarbatif, Cénile l’armateur avare maladif, le fourbe Mendoza habile de sa rapière, d’étranges Sélénites exilés sur la Terre. De retour sur la Lune où tout se paie en vers : des rivières de diamants, des arbres aurifères… Et pour enfin conclure cet étrange inventaire, point de raton laveur en hommage à Prévert, mais un lapin mignon condamné aux galères. Croyez-m’en la série est faite pour vous plaire. Si vous ne l’avez pas, courez chez un libraire !

 

 

Questions à Alain Ayroles

 

Le monument De cape et de crocs devait durer cinq actes…

Alain Ayroles : En réalité, trois ! Dans le projet initial, au tome 2 ils partaient vers la lune, et ils en revenaient au tome 3…

 

… il en fait finalement dix. Dites, Monsieur l’architecte, comment expliquez-vous un tel dépassement de budget ?

Il y a eu plusieurs appentis, échauguettes et autres poternes qui ont été ajoutées à l’édifice principal, ce qui donne un résultat… assez baroque. Cela fait partie du charme de la série, qui a été conçue all’improviso depuis le début, dans l’esprit de la commedia dell’arte. Tout ce qui relève du gag, de la péripétie, de la situation cocasse ou aventureuse, a été imaginé selon l’humeur ou l’inspiration du moment. L’apparition régulière de nouveaux personnages, que nous n’avions pas le cœur à abandonner, a nécessité aussi de l’espace. Nous leur avons donné à chacun sa petite heure de gloire, à chacun sa tirade. À chaque fois ils ont pris de la place, car ils ont suscité des scènes entières. Comme les scènes de perroquets des pirates, qui se répètent sur au moins trois pages dans la série, sans apporter le moindre soupçon d’avancée à l’intrigue. Mais heureusement qu’il y a ce genre de scènes !

 

Pouvez-vous commenter la composition de la couverture ?

Il y avait une évidence qui s’imposait pour cette couverture : il fallait qu’on y voie un trois-mâts voguant vers la Terre. L’attitude des personnages drapés dans leurs capes, en surimpression, évoque la couverture du premier album de la série. Il fallait qu’on revoie les personnages principaux, surtout le loup et le renard, puisque c’est leur dernière apparition.

 

C’est une série dont le premier tome a été publié en 1995. Que ressentez-vous, à l’heure où paraît l’ultime volume ?

Je suis assez fier qu’on ait su poser un point final à cette histoire. Bien sûr, il y a le diptyque en préparation pour raconter l’histoire du lapin Eusèbe, c’est un à-côté prévu de longue date. Mais l’histoire elle-même se dénoue. Les personnages principaux tirent leur révérence à la fin de cet acte X. Quand nous avons achevé la dernière page, moi pour le découpage et Jean-Luc pour le dessin et les couleurs, nous avons fait nos adieux à Armand et à Lope. Ce n’est pas anodin, il y a beaucoup d’émotion à quitter ses personnages. J’avais déjà eu ce sentiment quand Garulfo s’était achevé après six volumes. Là, il y a quatre tomes de plus, et la densité de l’action est là pour montrer que nous n’avons jamais tiré à la ligne, ni fait durer artificiellement l’intrigue. Tout ce petit théâtre absurde a sa logique interne, que nous avons suivie. Arrive un moment où la logique veut que ce soit la fin. Nous avons essayé à chaque tome de placer la barre un peu plus haut, de nous fixer une gageure supplémentaire. Nous avons gardé jusqu’au bout l’idée de fignoler et de faire de la belle ouvrage. Par respect pour les lecteurs, il faut à un moment que ça s’arrête. Pour pouvoir conserver une vision d’ensemble de l’édifice, tout baroque qu’il soit.

 

« Comment Eusèbe fut condamné aux galères » : au début, ce devait être un one-shot. À présent vous présentez ce projet comme un diptyque… Tout cela va finir en cinq volumes !

L’intrigue est assez dense, mais ça reste dans l’esprit d’un one-shot. Ce n’est pas aussi feuilletonesque et ouvert que la série principale. C’est une histoire qui commence à la fin du tome 10 et qui s’arrête au début du tome 1. On devrait la voir apparaître d’ici environ deux ans. Le scénario est achevé, du moins l’armature de l’intrigue. Nous conservons la possibilité d’ajouter des gags, quand nous finaliserons les dialogues et le découpage.

 

Une scène courte, mais étonnamment poignante : la mort de Cénile, littéralement « aurifié », ce qui est peut-être une forme d’apothéose pour un avare.

C’est un moment dramatique. L’avarice, la cupidité sont des vices tragiques. Le malheureux est dévoré par une passion mortifère, dont on voit les dégâts dans l’économie et la vie actuelle. Mendoza, pour sa part, a une fin théâtrale à la hauteur de son personnage. Son sort n’était pas réglé de longue date. Pour plusieurs personnages et plusieurs situations, j’avais des hésitations et des fins alternatives… Il n’était pas obligatoire que Mendoza meure. Mais au fur et à mesure de l’écriture, les choix se sont affinés, et cette fin s’est imposée.

 

On n’est pas totalement sûr qu’il meure vraiment !

(rires) C’est vrai : est-ce qu’Alien meurt, à la fin du premier film ?

Propos recueillis par Jérôme Briot