Le briographe

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jeudi 6 mai 2010

La Trilogie des ventres creux, T1, Mèches courtes

Journaliste de bande dessinée et auteur d’un essai remarquable (Culture manga aux éditions Nouveau Monde), Fabien Tillon passe au scénario, avec un récit pessimiste et brutal situé dans une métropole du Sud non identifiée, mais tous les ghettos se ressemblent. Des superflics décidés à « nettoyer la ville » sont de mèche avec les trafiquants de drogue, qui eux-mêmes font des affaires avec les édiles locaux. Les victimes sont toujours les mêmes : les enfants, les damnés de la terre, les forçats de la faim... Une certaine fantaisie dans le langage et les dessins jetés et lumineux de Gaël Remise, apportent une certaine poésie crépusculaire à ce récit sombre et très politique.

 

mardi 4 mai 2010

The Zumbies T1, (anonyme)

À cause d’une injection de vitamines qui a mal tourné, les quatre membres du groupe les Sugar Dolls s’est retrouvé zombifié. Depuis, ils continuent d’écumer les scènes et croquent la vie à pleine dents (faut bien bouffer). Amateurs de trash et de série Z, cet album est pour vous. Cannibalisme, sexe et Rock’n’roll sont au programme, ainsi qu’une apparition de l’inénarrable Screamin’ Jaw Hawkins, revenu d’entre les morts pour un duo d’anthologie avec  Deborah (lead voice des Zumbies). L’ouvrage est anonyme, mais de toute façon, qui connaît Lindingre et Julien/CDM ?

lundi 3 mai 2010

Le Dessinateur T2, Abbesses de Trolley

Sale temps pour les prisonniers qui viennent de purger leur peine : un tueur d’assassins les attend à la sortie !

 

Après 30 ans passés à croquer des criminels et des meurtriers en tous genres, certains simples victimes des circonstances, d’autres psychopathes avérés, un dessinateur judiciaire passe la barrière et sombre dans une folie meurtrière. Ivre de vengeance après le viol et le suicide de sa fille Caroline, il s’arme et décide d’exécuter différents meurtriers oubliés, dès leur sortie de prison. Dans un premier temps, ce « justicier dans la ville », assassin d’assassins, se trouve grisé par ses premiers succès. Il prend même le risque inouï de recontacter Léa, un ancien flirt commissaire de police, qui est justement chargée de l’enquête sur cette série de meurtre peu banale. Mais bientôt la chance lui tourne le dos, et la galère commence : un des ex-taulards qu’il pensait avoir abattu vient de se réveiller à l’hôpital… et un désaxé plus malin que les autres, surnommé « le samouraï », le pourchasse. La deuxième partie du diptyque est tout entière consacrée à ce jeu du chat et de la souris, dans lequel il n’est plus si évident de savoir qui est le chat.

Il n’est pas rare, à la lecture de faits divers sordides ou de certaines affaires criminelles, qu’on se dise que la réalité n’a rien à envier aux délires des scénaristes les plus imaginatifs. Cette opinion est pourtant assez illusoire. En réalité, un fait divers donne rarement une bonne histoire. Les crimes, même spectaculaires, ne répondent généralement pas aux contraintes techniques d’une bonne histoire, qui nécessite intrigues, rebondissements et dénouements. En revanche, une collection de faits divers orchestrés autour d’un fil rouge peut tout à fait pimenter une histoire… à condition bien sûr de trouver un prétexte crédible pour réunir des affaires apparemment sans relation les unes aux autres.

En mettant en scène un dessinateur judiciaire, François Dimberton et Erroc ont trouvé un personnage capable d’incarner ce lien entre différentes affaires criminelles. Ce métier, qui consiste à assister aux procès d’assises et à réaliser des portraits sur le vif pour rendre compte de l’atmosphère des audiences (où caméras et appareils photographiques sont interdits) est celui d’un observateur… sauf si le dessinateur concerné décide de passer à l’action.

Erroc ajoute ici une fameuse corde à son arc. Le scénariste de la série d’humour Les Profs (dessinée par Pica) change radicalement de registre avec ce polar très noir, raconté presque entièrement à la première personne, du point de vue de ce dessinateur en pleine dérive névrotique. Détail amusant, le dessinateur Jean Trolley n’a pas hésité à se prendre lui-même pour modèle, pour créer le personnage principal.

dimanche 2 mai 2010

Quand Fabrice Neaud réécrit son Journal…

Journal, de Fabrice Neaud, est une œuvre majeure. La parution d’une « édition augmentée » du troisième opus, nous fournit l’occasion idéale de le rappeler !

 

L’explosion récente du nombre des blogs dessinés pourrait faire oublier qu’il existe toutes sortes d’autobiographies. Le carnet spontané, croqué sur le vif, dessiné sans s’autoriser de retouches ni de crayonnés préalables, bref le carnet tel que popularisé par Lewis Trondheim et Joann Sfar n’est pas la seule forme possible. Il suffit pour s’en convaincre de se plonger dans les quatre volumes parus de Journal, de Fabrice Neaud, et tout particulièrement dans Journal (3), l’actuelle clé de voûte de cette œuvre en devenir, un volume qui était déjà riche de près de 380 pages, et que l’auteur vient de compléter d’une soixantaine de pages additionnelles et inédites pour en préciser le propos, dix ans après sa première parution.

Journal ne suit aucun des « principes » édictés ci-dessus. Loin d’être spontané, il est réalisé dans un style réaliste parmi les plus posés et réfléchis qui soit, faisant magnifiquement écho aux récitatifs et dialogues. Si l’expression du « moi », chez Fabrice Neaud, s’accompagne nécessairement du réalisme, c’est qu’il ne s’agit pas pour l’auteur de chercher une connivence avec le lecteur, ni sa sympathie, ni surtout son identification aux « personnages » (ce qu’un graphisme épuré faciliterait), mais au contraire de signifier son altérité, sa différence. Fabrice Neaud évoque ses jeunes années, celles d’un jeune adulte traversant une désespérance matérielle et sentimentale, que le narrateur attribue à son appartenance à plusieurs minorités « gênantes » : artiste, précaire, homosexuel, tout cela dans une ville moyenne de province. Ici, au début des années 1990, le regard des autres pèse de tout son poids ; impossible de se réfugier dans l’anonymat propre aux grandes métropoles.

Les quatre premiers volumes, parus entre 1996 et 2002, couvrent une période qui va de 1992 à 1996. Ce temps de recul est aussi celui de la réflexion. Avec finesse et une intelligence jamais défaillante, l’auteur théorise sur des sujets comme le rapport entre réalité et perception, sur la valeur des images, ou sur la démarche autobiographique (de l’impossibilité de se raconter sans impliquer son entourage, ce qui semble devoir à coup sûr avoir des conséquences sur le comportement des personnes concernées). En intercalant dans le récit initial 58 nouvelles planches, l’auteur précise encore sa pensée, et fait la lumière sur quelques passages restés jusqu’alors par trop elliptiques, qu’il s’agisse de sa rencontre d’un soir avec un militaire qui influencera durablement sa libido, de discussions houleuses autour du « droit à l’image », ou de régler ses comptes avec son école d’Arts.

Chronique sentimentale autant que témoignage militant à l’esthétique raffinée, Journal est un monument, un jalon du 9e art. Sa lecture fait partie des expériences littéraires marquantes.

samedi 1 mai 2010

Y'a bon Libon !

Retranscription d'interview de Libon, avec la participation de Capucine

 

Quelle formation as-tu suivie ?
Libon : Au départ, je suis concepteur graphique, diplômé de l’EPSAA. En sortant de l'école et j'ai tout de suite trouvé du boulot dans les jeux vidéo, parce que je faisais du graphisme sur ordinateur depuis que je suis tout petit. Je suis resté dans ce milieu pendant cinq ou six ans, avec une petite incursion dans le web design. Mais j'avais envie d'autonomie pour mes projets et j'ai donc arrêté le jeu vidéo, domaine qui nécessite de travailler en équipe. Mon arrivée dans la BD correspond au besoin de pouvoir raconter des histoires, de les dessiner et de tout gérer tout seul.

 

Comment as-tu géré la transition entre ton activité salariée et un statut d'auteur ?
J'avais mis un peu d'argent de côté. Et Capucine, ma compagne qui est elle aussi dessinatrice et auteur, travaillait. C'était donc moins casse-gueule que si j'avais fait cette rupture tout seul. J'ai peut-être eu de la chance, mais j'ai réussi à m’en sortir assez vite.

 

Tu as commencé par quoi en bande dessinée ?
Par le Psikopat. C’est Carali qui le premier, m’a ouvert ses colonnes et m’a pris des planches, comme il l'a fait avec plein de gens. J'ai commencé par illustrer des nouvelles d'Olivier Ka, et proposer quelques gags en une planche. Ensuite j’ai un peu participé au magazine Tchô, mais on m’y reprochait de faire trop proche de Fluide Glacial. J’ai envoyé des planches à Thierry Tinlot, rédacteur en chef de Spirou à cette époque. C’est ainsi qu’ont commencé les aventures de Jacques [Jacques, le petit lézard géant, 3 tomes parus chez Dupuis NDLR].

 

Jacques ne s’appelait pas encore comme ça, au début…
Je l’avais appelé Claude Zilla… mais on s’est aperçu que ce nom existait déjà en littérature jeunesse ! On a donc changé de nom en catastrophe. Je ne voulais pas lui donner un nom de mascotte, je voulais qu’il ait un vrai prénom, comme quelqu’un. D’où Jacques. Jacques est un petit lézard à la con, comme on en voit sur les murs quand il fait beau. Au cours d’une expérience nucléaire secrète, prévue pour rester très discrète, Jacques s’est pris une toute petite bombe atomique sur la tronche. Et à la suite d’une mutation, il est devenu un petit peu géant. C’est un peu l’histoire de Godzilla, mais en mini. Du coup, il parle et marche, et pense (un peu). Lui est content, mais il fait peur à tout le monde (sans s’en apercevoir).

 

Et comment es-tu passé chez Fluide Glacial ?
C’est Thierry Tinlot (devenu entre temps rédac-chef de Fluide) qui m’a rappelé. Il m’a demandé si j’avais un truc plus adulte à lui proposer. J’avais justement envie de raconter les aventures d’un gros con super branchouille. Ça a donné Hektor Kannon. Au début, c’est un personnage à qui je voulais faire subir les pires choses… et finalement, il est resté débile, mais sans jamais être méchant. Et je ne suis pas non plus très méchant avec lui. Hektor est juste devenu quelqu’un de complètement irresponsable. Quand il a une idée, elle est forcément bonne, et il y va à fond, sans jamais de demander s’il y aura des conséquences.

 

Ton trait et tes couleurs sont particuliers. Ton « style » est le fruit d’une recherche ?
Pas réellement. Le dessin, c’est un peu comme l’écriture. On peut bien sûr essayer d’imiter l’écriture de quelqu’un, mais chacun de nous possède une écriture « normale », qui lui est propre. Je n’ai pas travaillé mon dessin en termes de recherche graphique. Mais les choses évoluent d’elles-mêmes. Pour élaborer le premier album de Jacques le petit lézard géant, j’ai dû redessiner les deux premières histoires. Je me suis alors rendu compte que la figure de Jacques avait doublé de taille dans l’intervalle. Cela s’explique par le fait que toutes les expressions de Jacques partent de sa bouche.

Je crois aussi que mon souci n’est pas tant le dessin lui-même, que l’envie que les personnages « jouent » bien. Il m’arrive d’ailleurs de changer quelques mots dans une bulle, pour que le texte corresponde mieux à une expression de visage particulière sur un dessin. Mes histoires, je les imagine comme au Muppet show, c'est-à-dire filmées sur une scène, depuis le public. Je ne fais donc pas vraiment de placements caméra originaux. Il m’est arrivé de tenter des plongées ou contreplongées, mais ça apportait plus de confusion à l’histoire que d’intérêt… J’ai donc vite laissé tomber.

 

Tu es amené à te poser plus de questions, quand tu dessines sur scénario, comme pour la série Animal Lecteur, que lorsqu’il s’agit de ton histoire ? Ou l’inverse ?
Non, c’est exactement pareil. Mais en réalité, Sergio Salma et moi avons exactement la même façon de faire du scénario : en les dessinant. Je ne passe jamais par une pure phase de texte, je dessine mes histoires, ça me permet de voir immédiatement si ça marche ou non.

 

Et pour les couleurs ? Ta palette de couleurs est très personnelle…
Là, en revanche, cela résulte effectivement d’une recherche. Je suis incapable de faire des couleurs à la main, et je n’aimais pas du tout le résultat des aplats posés à l’ordinateur, je trouvais que ça arrachait les yeux. J’ai donc longtemps cherché comment faire des couleurs à l’ordinateur, qui soient compatibles avec mes dessins : j’avais l’impression qu’il me fallait des couleurs pas tout à fait nettes, je trouvais que ça correspondrait mieux à mon trait. Finalement, j’ai scanné de vieux papiers, des pages de gardes d’encyclopédies du 19ème siècle un peu marquées par les années, et j’ai fusionné avec des aplats… Le grain, les tâches, les nuances de couleurs, qui viennent perturber l’aplat et le rendre moins électronique,  sont nés de cette façon. Et pour ce qui est de la palette, comme je n’aime pas les couleurs froides, je corrige en décalant la balance des couleurs.

 

La série Jacques étant achevée au troisième tome, qu’est-ce que tu proposes à Spirou, pour la remplacer ?
J’avais fait un mini-récit, Les cavaliers de l’apocadispe, qui raconte les bêtises de trois petits gamins aussi irresponsables qu’Hektor Kannon. Je vais retourner dans cet univers.

L’univers d’Hektor Kannon, les vernissages, la branchitude, le hype… c’est un monde dont tu fais partie ?
J’habite dans le onzième arrondissement de Paris, il y aurait donc matière à observer, mais ce n’est pas mon monde. J’ai très peu de rapport avec des gens branchés, et Hektor Kannon n’est pas un témoignage sociologique. Ce que je cherche, c’est à lui faire faire les choses les plus débiles possibles. Je ne vais jamais aux vernissages, je n’ai pas d’amis bobos... Tout est fantasmé.

 

Combien de temps ça prend, pour faire une histoire d’Hektor Kannon ?
Le plus long, c’est de peaufiner le scénario et les dialogues. La phase de dessin elle-même est assez rapide.

 

Ta troisième série actuelle, Tralaland, fait elle aussi l’objet d’une prépublication dans un magazine jeunesse de Bayard, BDlire. Tu as un attachement particulier à la presse, il te semble plus simple de communiquer avec une rédaction plutôt qu’avec des éditeurs ?
J’aurais sûrement des difficultés à bosser pendant un an sur un même projet, dans un contexte éditorial cadré et précis. Je préfère avoir plus de variété, c’est ce que me permettent les magazines.

 

Quelle est le pitch de Tralaland ?
C’est une série jeunesse qui fonctionne un peu sur le principe d’Alice au pays des merveilles. On y suit un gamin un peu bagarreur, qui vit dans les terrains vagues et joue à la baston avec ses copains, qui se retrouve dans un pays enchanté, où c’est le bonheur à tous les étages, il y a des arcs-en-ciel et tout le monde est content. Mais pour lui, tout cela est très anxiogène, et il cherche à tout prix à rentrer chez lui. Il tombe sur deux personnages : Bob, qui est un savant sans tête, et Bisou le loup, qui est con comme un balai.

 

Tralaland est vraiment l’archétype de la série « tout public », qui peut plaire à tous les âges…
Je ne pourrais pas faire une histoire qui m’ennuie à lire. Donc même si je fais des histoires pour les enfants, il faut d’abord qu’elles me fassent rire moi.

 

Comment distingues-tu une histoire jeunesse (ou tout public) d’une histoire pour les adultes ?
Par les thèmes. Un personnage bourré à la coke, ça ne peut pas faire marrer un enfant de six ans. En même temps, au départ, Jacques n’était pas prévu pour Spirou, c’est une histoire que je destinais à Fluide Glacial. Mais je n’ai rien eu besoin de censurer, à l’exception d’une bulle, où des clochards vociféraient des insultes ahurissantes. Je me suis contenté d’agrandir le texte, pour qu’on ne puisse rien lire de précis… Finalement c’est presque pire ! En tout cas, je ne sais pas comment il faut « cibler » un public. C’est pourquoi mon réflexe est toujours d’écrire les histoires pour moi-même.

 

Quelles sont les circonstances de la naissance de la série Animal Lecteur, scénarisée par Sergio Salma ?
C’était à une réunion chez Spirou, je me suis retrouvé assis à côté de Salma, qui m’a expliqué le concept. Le thème me plaisait, c’est comme ça que nous avons démarré. Sergio dessine ses strips, de façon d’ailleurs assez détaillée. Et du coup, je me contente souvent de réinterpréter une scène, avec mon propre dessin. Il m’arrive souvent de m’inspirer de ses dessins pour imaginer les visages des personnages. Le résultat, c’est que c’est un peu comme si on avait vu la même personne, que chacun dessinait à sa façon.

 

Capucine et toi avez fait parti de la toute première vague d'auteurs de BD sur le web, les précurseurs des BDblogs…
Ca s’est fait par hasard. A l’époque où Mélaka avait commence son blog, pour pouvoir y faire des commentaires, il fallait soi-même ouvrir un blog. On s’est donc retrouvés avec un blog, sans trop savoir quoi en faire. Et comme nous avions un espace à disposition, c’était dommage de ne pas en profiter. En même temps que ça ne correspondait pas à un besoin, car nous avions déjà un site, turbolapin. Où, d’ailleurs, nous avons fini par rapatrier le blog.

 

Vous mélangez vos dessins ?
Capucine :
On a fait ça pour la première fois aux 24 heures de la BD. Libon et moi nous sommes inscrits sous une identité commune, en tant que « Dominique Boostopoulet ». Notre histoire a été reprise dans le collectif Boule de neige, [paru chez Delcourt, coll. Shampooing NDLR]. Libon crayonnait, moi j’encrais, et il terminait le travail en salissant un peu mon encrage avec des ombres.

Libon : Tout cela fonctionnait assez bien, c’est pourquoi nous avons eu envie de continuer. Ce qui a donné Sophia, une libre improvisation démarrée en 2007, qui fera prochainement l’objet d’un recueil chez Shampooing.

 

Sophia, en quelques mots ?

Libon : Un jour Capucine a débarqué avec Barbarella [de JC Forrest, NDLR] sous le bras. Elle m’a demandé : « Tu pourrais m’écrire une histoire comme celle-là ? ». « Bah oui », j’ai répondu. « Mais il faudrait qu’il n’y ait que des filles, parce que je n’aime pas dessiner les garçons ». Finalement, nous faisons le scénario à deux. Je crayonne. Capucine encre. Le livre reprend un peu le format des pulps, des romans de gare. Ca se passe à Paris en 1870.

Capucine : Sophia, c’est un mélange entre Angélique, marquise des Anges et Barbarella. L’héroïne est une sorte de beauté fatale qui doit sauver Paris. C’est drôle, mais présenté sous une forme de récit d’aventure. C’est totalement absurde, avec une absence dramatique et pitoyable de documentation, qui tranche avec la quantité des rebondissements. Nous allons terminer l’histoire en juin, et ça devrait sortir en librairie en septembre 2010.

 

Propos recueillis par Olivier Thierry et Jérôme Briot