Petit guide
zoologique à l’attention des touristes de l’extrême, décidés à entamer un
safari sur le monde d’Akbar.
Montures
À lui seul, le
lopvent justifie le déplacement sur Akbar. Il s’agit d’une
monture ailée, capable de transporter confortablement un passager et son
équipement sur des distances appréciables. Le survol de la Marche des Mille
Verts en lopvent est un incontournable du tourisme sur Akbar. Le lopvent a
toutefois deux inconvénients : premièrement, il n’est pas donné. Et
surtout, il est assez fragile, car sa docilité et son manque d’initiative font
de lui une proie facile pour de nombreux prédateurs. Pour les randonnées
terrestres ou les petits trajets, des bipèdes apparentés à l’autruche autant
qu’au batracien, sont à recommander. Mais évitez absolument de vous faire
fourguer une bouvrelle. Cet animal domestique, sorte de vache
colossale, pourrait certes vous fournir du lait pour votre voyage, mais c’est
une piètre monture, plus capricieuse qu’une bourrique.
Mastodontes
Est-ce l’influence
conjuguée de ses deux soleils ? Akbar regorge de bêtes colossales, plus
féroces les unes que les autres. Le massif trivulge, par
exemple, tout en muscles et en fureur, est la terreur des villageois. Plus
redouté encore, à cause de sa langue dont chaque claquement fait jaillir des
braises qui perforent et dévorent toute matière, le Borak est
sans conteste l’animal le plus prisé des amateurs de trophée photo. Zoom
puissant obligatoire, car, comme le dit un proverbe local,
utilisé pour évoquer la fatalité ou l’évidence,
« nul n’est jamais sorti vivant d’une rencontre avec un
Borak ». Anecdote amusante, cet animal étant doté d’une tête qui
rappelle celle du tamanoir, il est totalement dépourvu de mâchoires.
L’expression « par les crocs du Borak ! », que vous
entendrez sans doute plus d’une fois dans votre périple sur Akbar, est une
interjection qui accompagne un événement improbable, ou qui souligne la
surprise, l’étonnement. C’est l’équivalent de notre expression qui évoque ce
temps absurde « où les poules auront des dents ».
Monstres
Son biotope se limite
heureusement aux déserts de la Marche des Lèvres de Sable, sur lesquels elle
règne en maître absolu : la mort rampante est une
gigantesque lamproie fouisseuse, qui semble nager dans le sable. Elle est
capable de happer par surprise un imprudent et sa monture qui se seraient
aventurés hors des chemins balisés.
Tout aussi
cauchemardesque, quoique relativement moins dangereuse, la pode
rouge est un genre de calmar terrestre géant, capable d’utiliser ses
tentacules urticants comme autant de fouets.
Myriades
Tous les animaux décrits
ci-dessus, aussi dangereux soient-ils, sont des solitaires. Mais il se trouve
sur Akbar des créatures qui ont opté pour une autre stratégie, celle du
déferlement en masse. Parmi elles, les Ch’tines, sorte de
crustacés terrestres, accomplissent tous les treize ans une migration massive,
à la manière des colonnes de fourmis en guerre. Ce spectacle est très prisé
dans la Marche des Voiles d’écume, au pays des Palfangeux. Les places se
réservent des mois à l’avance. Un conseil : arrangez-vous pour ne jamais
vous trouver sur le chemin des Ch’tines, qui dévorent tout sur leur
passage.
Malgré une apparence
insignifiante, l’animal le plus terrifiant d’Akbar est peut-être le
Ponge. Cet insecte volant et carnivore, très agressif,
développe des galeries dans ses victimes pour s’en nourrir et y pondre ses
œufs. Une seule piqûre de Ponge peut être fatale à celui qui la reçoit… et un
essaim compte des dizaines de milliers d’individus.
Mythes
Quant au
Fourreux et à l’Oiseau du temps, le premier
est rarissime, il serait étonnant que vous en croisiez un. Et le second n’est
qu’un mythe, une légende…