Le briographe

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Tag - Vents dOuest

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lundi 3 octobre 2005

Les enfants de l'abîme, Lune d'argent sur Providence T1

Lune d'argent sur Providence T1, par Eric Hérenguel (Vents d'Ouest)

 

1880. Une charmante jeune femme débarque dans la petite ville de Providence pour évaluer (dit-elle) la succession de Spencer, un fermier récemment décédé. Le shérif qui l'escorte sur place lui révèle que la mort de Spencer s'accompagne de circonstances pour le moins étranges : les trois vaches du fermier ont été retrouvées atrocement mutilées. La dépouille de l'une d'elles est inexplicablement perchée sur un arbre. Quant au chien de Spencer, il reste aphone depuis le décès de son maître, tant il a hurlé à la mort cette nuit là. Non, Providence n'est pas la petite ville tranquille qu'on pourrait croire...

 

Erik Hérenguel (auteur de Krän le Barbare et d'un cycle de la Balade au bout du monde) signe ici un thriller western mâtiné de fantastique, où la kabbale rejoint le shamanisme, avec en plus des personnages glamour à souhait. Comme si cela ne suffisait pas, l'auteur a aussi saupoudré une pincée d'humour et de réparties acerbes dans ses dialogues. A vrai dire, c'est plutôt dommage : l'histoire aurait gagné à rester concentrée sur l'intrigue, au lieu de cultiver le second degré avec d'incessantes bonnes réparties qui ont surtout pour effet d'atténuer la crédibilité de l'histoire. Hormis ce regret, c'est une lecture agréable. L'album surprend aussi par son prix : 12 euros pour un album de 72 planches, dont un cahier bonus de huit pages, voilà qui est très inhabituel !

 

 

Providence, capitale de l'Etat de Rhode Island, est la ville dans laquelle le grand maître du fantastique HP Lovecraft (1890-1937) a passé l'essentiel de sa vie…

 

samedi 3 septembre 2005

Les précieuses ridicules

par Simon Léturgie, d'après Molière (Vents d'Ouest, coll. Comedia)

 

Quoi de plus artificiel que le texte écrit d'une pièce de théâtre, avec ses indications scéniques minimales (les didascalies) et la succession de dialogues précédés du nom du personnage qui les prononce…? Le texte d'une pièce n'est pas l'œuvre elle-même, mais un simple document de travail pour les acteurs et le metteur en scène. Le théâtre à proprement parler, c'est sur les planches que cela se passe.

La bande dessinée s'exprimant elle aussi sur des planches, on ne s'étonnera pas de l'annonce par Vents d'Ouest d'une collection consacrée au théâtre. "Comedia" verra l'adaptation en BD d'une sélection de grands classiques.

Ouvrant le bal, Simon Léturgie (le dessinateur de Polstar et de Spoon & White) donne Les précieuses ridicules de Molière. Mettons de côté la pseudo performance qui consiste à publier le texte intégral de la pièce, et posons d'emblée la question essentielle : ces personnages de papier, comment jouent-ils ? N'ayant pour eux ni les mouvements, ni les intonations, force est de constater que leur jeu est assez limité. A vrai dire, le dessinateur a certes mis en image la pièce de Molière, mais on ne peut pas réellement parler d'une mise en scène. La plupart des cases sont des plans serrés du personnage qui s'exprime, ce qui est assez réducteur. Plus étonnant encore, les décors sont aussi dépouillés que possible. Reconnaissons toutefois que cet album remplit sa mission pédagogique : la forme bande dessinée rend effectivement le texte de la pièce plus vivant. Elle aide à mieux se représenter les personnages… et encourage le lecteur à aller voir cette pièce au théâtre.