Le briographe

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Tag - Ted Naifeh

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jeudi 5 mai 2011

Courtney Crumrin Hors-série 2 : La Ligue des Gentlemen ordinaires

Portrait du sorcier en gentleman

 

Après trois ans d’interruption de la saga, les fans de Courtney Crumrin pouvaient craindre que Ted Naifeh ne délaisse cette petite héroïne au profit de ses autres séries. Heureusement il n’en est rien !

 

En tout juste quatre tomes, Courtney Crumrin a réussi à imposer son univers de sorcellerie gothique et flamboyante, peuplé de monstres roublards mais finalement pas plus pervers que tous ces humains obsédés par leur besoin de paraître, dans une société qui prône le matérialisme et la cupidité. Si les parents de Courtney n’échappent pas à cette règle sociale, son oncle Aloysius est d’une toute autre trempe. Maître des lieux, il se fait passer pour un vieil original un peu cinoque et profondément misanthrope, pour mieux tromper son monde. Au fur et à mesure des épisodes, on le découvre que cet inquiétant sorcier est plus chaleureux et infiniment plus puissant qu’on n’aurait pu le suspecter. Comme il cultive le mystère, c’est naturellement lui qui emporte la curiosité du lecteur…

Conscient du potentiel de ce personnage, l’auteur lui a très tôt donné son propre spin-off, avec un hors-série intitulé Portrait du sorcier en jeune homme. Nous y découvrons Aloysius du temps de sa jeunesse intrépide, n’hésitant pas à infiltrer la Brigade anti-sorciers créée par William Crisp, officiellement avocat de profession et père d’une charmante Alice, et pactisant avec ladite Brigade dans une alliance apparemment contre-nature… Le second hors-série intitulé La Ligue des gentlemen ordinaires, est dans la continuité immédiate du premier. L’auteur y approfondit les relations passionnées autant que tumultueuses entre Aloysius et Alice ; on y retrouve également le grotesque et infortuné aventurier Goose. Tout cela, avec l’élégance habituelle de ces noirs et blancs si bien maîtrisés, jusque dans leur extravagance.

 

 

mardi 6 septembre 2005

Courtney Crumrin et le royaume de l'ombre, Courtney Crumrin T3

Courtney Crumrin T3, de Ted Naifeh (Akileos)

 

Enfin le troisième recueil des aventures de Courtney Crumrin, apprentie sorcière au caractère bien trempé. "Enfin" ? Courtney Crumrin et l'assemblée des sorciers n'a même pas six mois d'ancienneté… ne faut-il pas écrire "déjà" ? Non, car voilà une des sagas les plus addictives du moment. Une fois tombé dedans, on en veut toujours plus. A croire que l'héroïne a jeté un sort à ses lecteurs – elle en serait capable ! Les plus accros qui se tournent vers l'édition originale remarqueront qu'elle est de bien moins belle facture que l'édition française : papier et impression médiocres, petit format… et pourtant un prix similaire. On se réjouit donc de ce qu'Akileos a choisi de mettre en valeur les dessins d'inspiration gothique de Ted Naifeh comme ils le méritent. Et un rythme de publication soutenu !

dimanche 7 novembre 2004

Courtney Crumrin et les choses de la nuit

Courtney Crumrin T1, par Ted Naifeh (Akileos)

Les parents de Courtney Crumrin ont décidé d'emménager chez l'oncle Aloysius. Un loyer gratuit dans une banlieue chic, ça ne se refuse pas ! En pleine adolescence, Courtney vit mal ce déménagement : le manoir est lugubre, les nouveaux camarades de classe la snobent, elle subit une tentative de racket… et ses idiots de parents jubilent d'habiter enfin dans les beaux quartiers ! Le cauchemar intégral. Du moins, jusqu'à ce que Courtney découvre les petits secrets de l'oncle Aloysius : sa bibliothèque est remplie d'ouvrages comme "Magie interdite", "La nécromancie aujourd'hui". Il est même l'auteur du "Bestiaire des choses de la nuit". Pas étonnant : le manoir grouille de monstres que les parents de Courtney ne semblent pas remarquer…

L'univers de Naifeh est chargé de critique sociale caustique : comme dans Beetlejuice ou Edward aux mains d'argent de Tim Burton, Courtney et son oncle sont des marginaux au sein d'une communauté qui suit à la lettre l'American way of life : surconsommation, obsession de l'insertion sociale et des apparences.

En quatre chapitres, Ted Naifeh construit un univers très attachant. Mais il faut d'abord s'habituer à son graphisme particulier d'influence gothique. Au premier coup d'œil, ses dessins dérangent un peu : les noirs et blancs sculptent des ombres improbables, les personnages ont des visages mal proportionnés, avec des erreurs morphologiques qui sautent aux yeux… Par cet artifice, l'auteur crée une étrangeté qu'on finit par accepter et apprécier, tant elle accentue la dimension fantastique de son récit. Nommée aux Eisner awards, Courtney Crumrin serait en cours d'adaptation au cinéma : les droits ont été achetés par la Fox pour rivaliser avec Harry Potter. Par prudence, découvrez l'œuvre originale avant qu'elle soit édulcorée par Hollywood !