Le briographe

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Tag - Sylviane Corgiat

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lundi 5 juillet 2004

L'appel des dieux, Stellaire T1

Stellaire T1, par Alberto Ponticelli, Christelle Pecout, Sylviane Corgiat & Patrick Galliano
(Humanoïdes associés)

En 120 avant JC, un chef barbare résiste à l'envahisseur romain. Mais tout puissant, indomptable ou déterminé qu'il soit, Heddaya est trahi par ses amis. Les Romains l'envoient dans l'arène comme gladiateur, puis comme apéritif pour les lions. Les pauvres bêtes vont devoir sauter un repas : une colonne de lumière disloque les chaînes du Numide et l'enlève dans les airs…

Plus tard et plus loin :  Californie, l'an 2000. Mélanie et Tony vont se marier. Peu avant la cérémonie, alors qu'ils (ahem!) révisent la nuit de noce dans la limousine qui doit les conduire à l'autel, Tony est capturé à son tour par une inexplicable colonne de lumière. Sous le choc, Mélanie trouve une explication : son fiancé a été victime d'un enlèvement par les extra-terrestres. Pour mener l'enquête et avertir le monde de la menace alien, elle devient journaliste. Mais pourquoi diable des agents gouvernementaux font-ils tout leur possible pour étouffer ce type d'affaires ?

Dans la plus pure ambiance X-Files, voilà le retour de la théorie du grand complot ! Pour fonctionner, ce type de scénario nécessite un juste équilibre entre mystères et révélations. Sur ce point, hélas, Stellaire n'est pas convaincant.  Les auteurs tournent autour du pot, s'encombrent de détails sans importance (exemple : des palabres sur le style vestimentaire de Tina, l'amie de Mélanie). Si ces digressions étaient intéressantes, nous n'y verrions rien de gênant. Mais au lieu d'installer leur intrigue, les auteurs s'ingénient à ne pas trop en dire, et n'en disent pas assez.

Cela étant, il est impossible de présumer de la suite de cette saga. La séquence antique, très réussie, démontre le savoir-faire des auteurs et leur capacité à nous surprendre. Si les prochains volumes exploitent cette veine, Stellaire conquérra nos bibliothèques facilement. Pour l'heure, dans le doute, l'autorisation d'atterrissage de cet album à l'étagère Science Fiction ou Paranormal est mise en délibération.

 

vendredi 2 juillet 2004

Le jeu des corps célestes, Elias le maudit T1

Elias le maudit T1, par Sylviane Corgiat et Corrado Mastantuono (Humanoïdes associés)

Quand Elias, roi jeune, cruel et présomptueux, commit l'imprudence de vouloir en découdre avec le mage Melchior, il y perdit son royaume, sa fierté et pire que tout… son visage. Car le redoutable sorcier échangea ses traits avec ceux du roi, et il n'y perdait pas au change. Elias désormais serait obligé de vivre sous les traits du sorcier, tandis que ce dernier usurperait son identité et prendrait possession de son royaume. Mais l'unique but des deux hommes était ailleurs : ils vivaient dans l'unique but de rassembler les 32 tablettes du jeu des corps célestes : un ensemble de sortilèges doté d'une puissance magique extraordinaire. Celui qui accomplira l'exploit de rassembler les 32 plaques disséminées à travers le monde obtiendra un 33e sortilège en récompense de ses efforts : la possibilité de remonter le fil du temps et de recommencer son existence à la période de son choix. Ce qui permettrait à Elias de retrouver son visage perdu. Mais qui sait ce que Melchior pourrait faire de cette capacité ?

La quête d'Elias l'amènera à rencontrer de très intéressants compagnons de route : Evangèle tout d'abord, médecin de profession. Cette jeune femme défend avec ferveur la science (une discipline encore jeune) contre la magie, domaine en lequel elle ne croit guère. Mais aussi Bertil le Zwerg (un peuple de lutins mangeur d'hommes) qui au prix de mille douleurs a modifié sa chair pour se rapprocher d'une apparence humaine, car sa soif de connaissance était plus grande que l'appétit cannibale propre à son espèce. Un des thèmes forts de cette saga est celui de l'identité : Elias, silencieux mais non résigné, souffre d'habiter le corps de son ennemi. Il lui est particulièrement désagréable d'apparaître séduisant pour Evangèle dans ces conditions. Bertil aussi a une apparence modifiée, mais contrairement à Elias, il a choisi ce destin. Au delà du non-dit, on sent naître une connivence très forte entre les deux personnages.

Les Humanoïdes associés ont réuni un tandem aussi efficace qu'inédit  : Sylviane Corgiat, romancière et scénariste pour la télévision s'est fraîchement convertie au 9e art. Elle signe quatre séries aux Humanos, déjà parues (Lune d'ombre) ou à paraître courant 2004 (Stellaire ; L'embaumeur). Mastantuono, dessinateur inconnu en France, a quinze ans de métier : il est une star des fumetti italiens. Graphisme expert et écriture originale : les deux auteurs font une entrée remarquable dans le paysage BD français. Elias le maudit nous capture d'emblée dans un univers crédible qui évite les poncifs du genre. Pas de découpage tape-à-l'œil ni de dialogue artificiellement moyenâgeux. Mais de la subtilité et le charme propre aux grandes épopées.