Le briographe

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Tag - Soleil

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vendredi 19 mars 2004

Le premier pas, Le livre des destins T1

Le livre des destins T1, par Serge Le Tendre et Franck Biancarelli (Soleil)

 

De sa mère, décédée alors qu'il avait douze ans, Roman Guénodon a hérité une passion pour la lecture et un prénom de circonstance. Mais le jeune homme est resté inconsolable, sombrant dans une mélancolie chronique que seule la lecture compulsive de nombreux romans d'aventures peut endiguer. En 1932, Roman a 20 ans et ses rêveries commencent à agacer franchement son père, qui prend des mesures draconiennes : les livres sont désormais proscrits à la maison.

Roman trouve refuge à la bibliothèque. Là, il rencontre un personnage insolite qui lui remet une clé et le "livre des destins", relié en 1784 et peut-être écrit par le diable lui-même. L'ouvrage raconte dans les moindres détails la vie de Roman : passé, présent, futur. Mais il n'a pas le temps de consulter son avenir : le livre lui est subtilisé par les "hommes en blanc". Car en définitive, le livre des destins ne raconte pas spécifiquement la vie de Roman Guénodon, mais celle du lecteur, quel qu'il soit. Pouvoir connaître son avenir, c'est pouvoir le changer. Tout cela attire les convoitises.  Roman, comme bien d'autres personnes, se met sur les traces du précieux ouvrage. Il dispose d'un avantage sérieux sur ses concurrents : la clé qu'il possède est indispensable pour pouvoir consulter le livre des destins…

Le nouveau thriller de Serge Le Tendre se dévore d'une traite. Son atmosphère rappelle nettement Indiana Jones et la dernière croisade, avec même une scène de fuite en moto et side-car (lequel finit bien entendu par se désolidariser du deux-roues. A croire que les side-cars n'existent que dans ce but). A l'euphorie de la découverte succède le temps des questions : pourquoi le livre des destins est-il spécifiquement remis à Roman ? Quels sont ces autres groupes qui s'intéressent à l'objet, quelles sont leurs motivations ?

Au-delà de l'aventure, il s'agit peut-être d'une parabole sur la confusion entre réalité et imaginaire : Roman parle dans la rue à des personnages qu'il est seul à voir ; assommé et kidnappé, il est persuadé en se réveillant d'avoir franchi une dimension parallèle… Franck Biancarelli traduit parfaitement en dessins cette exaltation du héros pour la lecture : chaque livre le transporte dans un univers de fiction. Roman s'identifie aux héros dont il parcourt les aventures, et tous portent son visage : Peter Pan (son personnage favori, symbolique de son enracinement dans l'enfance, avec qui il tient un dialogue permanent), un chevalier en armure ou un aventurier de Kipling. Exception notable quand Roman lit le Livre des destins : alors qu'il s'agit du récit de sa propre existence, tous les personnages apparaissent sous la forme d'ombres. Encore un mystère à éclaircir. Quand sort le tome 2 ?

paru dans Bédéka #2

dimanche 14 mars 2004

Astralum Cauchemardem, Le collège invisible T3

Le collège invisible T3, par Ange et Régis Donsimoni (Soleil)

 

Guillaume étudie la magie au Collège Invisible. Oui, comme Harry Potter dans son collège anglais. A cette différence près que Guillaume est plutôt du genre cancre… ce qui ne l'a pas empêché de se distinguer par son héroïsme dans les deux premiers tomes de la série.

Le voyage astral, voilà une matière qui devrait lui plaire. Surtout que la nouvelle prof qui anime ce cours, Stéphanie Etrange, est super mignonne.  "– Elle s'appelle Etrange ? – Bizarre, hein ? Surtout qu'elle est docteur en magie… – Elle doit être bonne. – Oui, je l'ai déjà dit !". Comble de bonheur, les formules de magie que Guillaume n'a pas su apprendre dans le monde normal ne fonctionnent de toute façon pas dans l'Astral. Vraiment, cette dimension parallèle mérite le voyage… à condition de ne pas oublier le chemin de retour vers son corps physique. A condition aussi qu'un petit peuple à fourrure ne se mette pas en tête que vous êtes le Sauveur, celui annoncé par la prophétie, qui doit les libérer du joug de la méchante Kalika…

L’atmosphère du Collège Invisible est plaisante, avec de bonnes idées (les projections mentales dans l’Astral donnent de précieuses indications sur le caractère des personnages) et quelques bons dialogues. Tout cela habille heureusement un scénario qui sinon serait un peu mince : la grande scène de la méchante Kalika ou la libération des Drims sont finalement assez peu passionnantes, bien moins que les relations prof-élèves ou les amitiés et rivalités entre camarades de classe.

Le couple de scénariste Ange (Anne et Gérard Guero) s'est librement inspiré de Harry Potter pour ce Collège Invisible. Est-ce à blâmer ?  Non. Il serait regrettable qu’un seul auteur puisse faire vivre une idée riche d’un potentiel aussi vaste. Cela étant, le fait de nommer le collège anglais de magie "Péquaure", voilà qui rend peu hommage à la série qui les a inspirés. Quel manque de fair-play… Shocking !

paru dans Bédéka #2

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