Le briographe

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 5 janvier 2012

Nu-Men T1, Guerre urbaine

Neaud Future

Fabrice Neaud en 48 CC ! Non, ce n’est pas la nouvelle interjection destinée à détrôner « Ta mère en short ! » dans les cours de récréation. Neaud se lance, au format album, dans une grande saga de science-fiction post-apocalyptique : Nu-Men. 

 

Fabrice Neaud, le pape de l’autobiographie dessinée (en tout cas le pape orthodoxe, car on peut voir en Lewis Trondheim un pape hétérodoxe de cette discipline), se détourne de son grand-œuvre, Journal – probablement un des dix travaux les plus importants de l’histoire de la BD européenne, avec quatre tomes parus chez Ego comme x. Il s’en explique en préface de la réédition de Journal (1) et (2), désormais rassemblés sous une même couverture : notre époque de « respect du droit à l’image » et son pendant de menaces judiciaires, rendent tout à fait impossible publication d’un tome 5 dans l’esprit originel du projet. Réalisme graphique et autobiographie minutieuse ne sont pas compatibles. Contraint de trouver exil hors du réel, Neaud se projette dans le futur et crée Nu-Men, saga qui mélange politique fiction et science fiction.


Akira chez les Men In Black

En 2022, une série de catastrophes naturelles d’ampleur globale a totalement redistribué les cartes du pouvoir mondial. L’Amérique du Nord n’est plus, l’Afrique a été ravagée… Une trentaine d’années plus tard la situation reste chaotique, et la guerre d’Ukraine a laissé des séquelles. Ce qui n’a pas changé, ce sont les luttes de pouvoir entre différentes agences plus ou moins occultes et les rivalités entre les forces officielles de l’exécutif et celles, officieuses, des officines. Au cœur de toutes les convoitises, le programme expérimental Nu-Men, fruit de la recherche yocto-technologique d’avant la catastrophe, qui avait permis l’émergence d’individus aux facultés surhumaines… Ce programme et ses membres ont-ils véritablement disparu ? Et quand bien même, n’est-il pas envisageable de reprendre les recherches ?


Nu-Men’s land

Tout l’enjeu, dans ce premier tome d’installation de l’univers et de l’intrigue, consiste pour l’auteur à en révéler suffisamment pour éveiller la curiosité, mais de cacher l’essentiel pour faire naître un véritable suspense. On croisera donc nombre de personnages aux motivations énigmatiques, qui agissent sans qu’on puisse véritablement comprendre la portée de leurs actions. C’est compensé par un univers rendu dense et cohérent par l’impeccable trait réaliste de Neaud, et par une multitude de détails saupoudrés dans le récit. Jusqu’au langage, qui a très légèrement évolué en cinquante ans. Et malgré son naturel plutôt cérébral, l’auteur a su profiter du supplément de liberté que lui offre la fiction pour quelques pétages de plomb. Les lecteurs de Journal s’amuseront à chercher parmi les protagonistes de Nu-Men quelques ressemblances avec des personnages déjà croisés… Ressemblances fortuites, bien entendu.

 

 

PS : L’expression « 48 CC » désigne les albums de 48 pages cartonnés couleurs, c’est-à-dire le format le plus standard de la bande dessinée mainstream, par opposition aux formats supposés moins industriels de l’édition alternative.

 

dimanche 2 novembre 2008

Lanfeust des étoiles T8

Lanfeust des étoiles T8 : Le sang des comètes, de Christophe Arleston et Didier Tarquin (Soleil)

Lanfeust et ses amis ont arraché Glin, contre son gré, à sa captivité dorée chez Thanos. Pour sauver la galaxie et tenter de renverser le tyrannique Prince Delhuu (ou du moins, la créature qui se fait passer pour lui), ils vont devoir s’en approcher. Mais nos rebelles sont déclarés hors-la-loi sur tous les systèmes planétaires connus, ce qui ne facilite ni leurs déplacements, ni leurs projets. Même l’indestructible Hébus souffre de maux d’estomac, c’est dire si la situation est critique. À l’heure du dénouement, les jeux sont loin d’être faits, et le happy end n’est pas garanti !

Action, rebondissements multiples, calembours redoutables, humour potache et personnages déjantés… on retrouve dans Lanfeust des étoiles tout ce qui faisait le charme de Lanfeust de Troy, un soupçon d’innocence en moins. Dans ce second cycle, Arleston fait basculer ses héros dans un univers space-opéra, et se frotte aux pièges des paradoxes temporels. Magie et science font rarement bon ménage, aussi a-t-il fallu recourir à différentes astuces pour priver Lanfeust de sa toute-puissance. Un certain nombre de détails feront lever le sourcil aux lecteurs soucieux d’une cohérence parfaite entre les deux séries… mais à quoi bon ? Mieux vaut considérer Lanfeust des étoiles pour sa dimension comique, pour le dépaysement et la dynamique des dessins de Tarquin, et apprécier le théâtre des relations interpersonnelles. Par une ultime pirouette, Arleston crée un contexte favorable au lancement d’un troisième cycle (jamais deux sans Troy), qui verra Lanfeust de retour sur sa planète d’origine. 

vendredi 4 juillet 2008

Harding was here

Harding was here, par Adam et Midam (Soleil Quadrants)

Après 450 gags de Kid Paddle, et deux albums de la série dérivée Game Over, Midam ressentait le besoin de changer un peu d’atmosphère, de briser la routine et de se mettre en danger en tentant quelque chose de très différent. Mû parallèlement par la volonté de mettre en valeur le trait semi-réaliste de son assistant Adam (à qui il a pourtant fallu deux ans de travail pour dessiner à la manière de Midam, dans le cadre de la série Game Over), voici Harding was here !, un projet qui (comme Game Over) repose sur les multiples répétitions d’un concept original et déclinable à merci.

 

Tout commence lorsque le riche et génial professeur Harding développe une machine à voyager dans le temps. Alléché par un article qui annonce le niveau record de mise en vente d'une toile de Van Gogh, il décide, pour expérimenter sa machine, de contacter le peintre directement, en lui proposant d'acheter cette toile. Mais négocier avec quelqu’un d’aussi imprévisible que Van Gogh s’avère n’être pas de tout repos…

Le sujet de départ, d’une certaine façon, est assez proche de celui de la série Timoléon, créée en 1974  par Fred et Alexis, et dont le slogan était : «Ils voyagent dans le temps pour de l’argent».  Mais il y a tout de même une différence de poids : Harding est plus excentrique que vénal, et surtout, il est déjà riche. Rapidement, sa motivation est donc moins de rapporter une toile susceptible de consolider sa fortune, que de peser sur la vie ou les œuvres de différents peintres.

Harding was here réussit à concilier à la fois une documentation rigoureuse (références à la folie autodestructrice de Van Gogh, aux soucis d’argent de Rembrandt…) et les péripéties les plus loufoques. Chaque chapitre est la rencontre avec un artiste, autour d’une œuvre qui présente des caractéristiques étonnantes, inexpliquées à ce jour par l’histoire de l’Art. Le jeu de Midam consiste à proposer une explication qui ne contredit pas la réalité historique du tableau, tout en faisant intervenir Harding. Le professeur, dans un premier temps, subit les dérèglements de la réalité que ses voyages dans le temps engendrent. Mais rapidement il en prend son parti, et s’amuse même à mesurer l’impact de sa présence ou des conseils qu’il livre aux artistes, sur les biographies des peintres. Sans avoir de visée éducative, cette série parvient tout de même à promouvoir les peintres et l’histoire de la peinture, les esprits curieux approfondiront s’ils le souhaitent.  Une vraie réussite, parfaitement servie par le trait d’Adam et les couleurs de Jérôme Maffre, et un premier tome qui s’achève sur un cliffhanger particulièrement critique.

 

dimanche 11 novembre 2007

Paroles de Verdun

Paroles de Verdun, Collectif (Soleil) 

« A de rares exceptions près, ceux qui font la guerre ne sont pas ceux qui la racontent », écrivait Jean Galtier-Boissière dans un article – censuré ! – du Crapouillot. D’où l’importance de ces lettres de poilus, citées in extenso puis adaptées en bande dessinée par différents dessinateurs. Avec un sujet aussi exigeant, les auteurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes et l’ouvrage est un hommage inoubliable à tous ces soldats et officiers morts dans un conflit aussi inhumain qu’absurde. Une pensée particulière pour le commandant Herduin, condamné à mort par sa hiérarchie en 1916 et réhabilité dix ans plus tard.

jeudi 19 janvier 2006

Les gardes pourpres, Le seigneur d'ombre T3

par Dim D. et Jean-Luc Istin (Soleil)


C'est une époque sombre pour le monde du Dyfed. Fedath, le Seigneur d'Ombre, poursuit son insatiable quête du pouvoir. Il a rassemblé une armée d'orcs et de bannsheen, qu'il envoie à l'assaut du Mont Saint Ange, où les gardes pourpres veillent sur Talandar, l'épée légendaire. Pour Bran, dernier survivant de l'ordre des Ravenfeld et seul être capable de contrer Fedath, l'heure est venue de se séparer de ses compagnons et d'accomplir son destin…

Le Seigneur d'ombre est la seconde saga co-signée par Jean-Luc Istin et Dim D : avant cela, il y avait eu Aleph, un triptyque de science-fiction paru aux éditions Nucléa. En changeant de série, Dim D a également changé radicalement de technique graphique. Le Seigneur d'Ombre, entièrement composé en numérique, fait entrer la bande dessinée dans l'âge des effets spéciaux. Ici, ce ne sont pas seulement les couleurs qui sont informatiques, mais les matières, les décors, les arrière-plans… et jusqu'aux visages de certains personnages, comme Cathaar le chef des gardes pourpres, parfait sosie de Viggo Mortensen (Aragorn dans le film Le Seigneur des Anneaux réalisé par Peter Jackson). A ce niveau de photoréalisme, on ne sait plus vraiment distinguer la part de dessin et de transformation informatique de photographies dans les vignettes.
Cette technique permet sans conteste à Dim D d'atteindre un niveau de détails tout à fait inhabituel pour les décors : jamais les murs, tapis et autres moucharabiehs n'ont été aussi précis dans une bande dessinée.
Est-ce un progrès ? Pas forcément. D'abord, parce que le niveau de précision des décors n'est pas toujours homogène, pas même au sein d'une même vignette : p.25, une case en plongée juxtapose un dallage à motif géométrique qui reste précis jusqu'à perte de vue avec des murs assez flous, à la limite du pixellisé. Cette case est doublement fausse : à la fois trop précise dans sa représentation du sol (l'œil humain ne peut former une image simultanément précise sur le proche et sur le distant) et trop vaporeuse sur le reste.
De même, si la représentation des armées en marche (p.11) enflamme l'imagination, à d'autres endroits (pp.22 et 23) on repère trop facilement que la foule est formée de la répétition du même groupe de trois femmes, figées dans une immuable pose sur presque dix cases.

D'un autre côté, parfois cela fonctionne, et alors c'est du grand spectacle. La découverte de l'armée de Fedath (p. 5) est impressionnante, de même que les panoramiques des pages 46 et 47.

Au-delà du divertissement que peut susciter cette saga héroïco-mystique, le lecteur pourra s'amuser à repérer les nombreux clins d'œil cinématographiques ou littéraires dont ce livre est rempli. Pêle-mêle, entre les références à Tolkien ou au Nouveau Testament, on remarque les influences de Star Wars (Akmet ab Thelem avachi sur un monticule de coussins et entouré d'esclaves à demi nues… c'est Jabba the Huth ! Impression confirmée par une remarque considérant que Bran est "Juste de la chair à Sériaki"), de Dune (les yeux de Bran qui luisent comme ceux d'un Fremen), d'Excalibur… et peut-être même celle des Chroniques des guerres de Lodoss. Bref, le Seigneur d'ombre réjouira avant tout les adeptes d'heroic fantasy.

dimanche 4 septembre 2005

Gestus collegiem, Le collège invisible T5

Le collège invisible T5, par Ange et Régis Donsimoni (Soleil)

 

Autrefois, le monde était infesté de dragons protégés par un champ maléfique qui déformait la réalité, le Veill. Pour lutter contre cette nuisance : les Chevaliers-Dragons, un ordre mythique de guerrières qui… Attendez ! On est au Collège invisible, là ? Tout à fait, et en pleine leçon d'Histoire. Mademoiselle Vidaura ne se contente pas d'enseigner : elle est résolue à reformer les chevaliers-dragons, en les recrutant parmi les étudiants. On le constate également à la couverture de l'album : les univers imaginaires d'Ange sont ici en pleine collision. Clin d'œil parodique plus que cross-over, cette autoréférence a tout de même l'avantage de faire diversion : pour une fois, on réussit à parler du Collège invisible sans citer Harry Potter… Caramba, encore raté !

mercredi 6 juillet 2005

Rock'n'Troll Attitude, Trolls de Troy T8

Trolls de Troy T8, par Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier (Soleil)

 

Une nouvelle épidémie frappe Eckmül, la principale ville des humains du monde de Troy : le rauque, cette musique gutturale chantée par des groupes de trolls enchantés, enflamme les foules. Le plus célèbre de ces groupes, les Groaring Trolls, est mené par Ynghstön, qui a le don de rendre les jouvencelles passablement hystériques. A la suite d'un accident de chasse, la passion du rauque va débarquer à Phalompe, village des indomptables Trolls. Une nouvelle occasion pour les humains de tenter un enchantement collectif, pendant le concert du Stock de Bois ?

Révisez vos classiques avant d'ouvrir cet album : une bonne connaissance du répertoire des Rolling Stones (qui ne jouaient pas à Woodstock !) ne vous sera pas inutile pour goûter aux chansons de leurs cousins trolls, des hits comme "Jacques le lumineux sautillant", "Commence-moi dessus" ou "Je peux avoir pas satisfaction". Comme à son habitude, Arleston multiplie dans cet album les références décalées à des émissions ou séries TV, à des objets à la mode. Certains clins d'œil risquent de devenir incompréhensibles dans quelques années… pour le moment, tout fonctionne à merveille.

Parmi toutes les séries qu'Arleston anime dans le monde de Troy, Trolls de Troy est un cas à part. Même si l'humour est présent dans toutes les séries, Lanfeust ou Conquérants de Troy sont avant tout des aventures heroic fantasy où le suspense domine. Trolls de Troy utilise exactement les mêmes ingrédients, mais avec des proportions complètement inversées. Ici, l'histoire importe peu : elle est un pur prétexte pour permettre au scénariste de mettre en place des situations abracadabrantes et les calembours les plus épouvantables. Le dessinateur n'est pas en reste : Mourier passe son temps à barbouiller des gags visuels partout dans les planches. Et cela fait huit tomes que ça dure !

 

vendredi 8 avril 2005

Rebirth, NemesisT6

NemesisT6, par Ange et Vicente Cifuentes (Soleil)

 

Habitués à affronter les entités d'une autre dimension libérées sur notre monde par des essais atomiques, les agents du FBI Fischer et Mallow vont cette fois devoir repousser un démon invoqué par une secte d'allumés adeptes de sacrifices humains.

Janolle, au dessin jusqu'alors, a laissé sa place à l'Espagnol Cifuentes. Sans doute préférait-il se concentrer sur la nouvelle série Babel (toujours en collaboration avec Ange)… ou peut-être était-il las de ces personnages ? En tout cas, les scénaristes ne semblent pas non plus s'être beaucoup investis dans cet ultime volume de Nemesis. Une preuve ? Dans les premiers tomes Mallow est un homme d'âge mur. Il est désormais grand, athlétique et rajeuni d'au moins quinze ans. Tant mieux pour lui, mais les lecteurs peuvent se demander si on ne les prend pas pour des truffes.

 

lundi 4 avril 2005

Qui est mon père ?, Les contes de l'Ankou T2

Les contes de l'Ankou T2, avec Istin, Liberge, Lebreton, Debois, Sorel, Stambecco & Gwendal (Soleil)

 

En marge des Contes du Korrigan ou des Contes de Brocéliande (dont le tome 2 paraît également ce mois-ci), il est certaines légendes du pays celte qui ne se chuchotent qu'à voix basse, de peur d'attirer celui dont elles racontent les aventures : l'Ankou. Abandonnons un instant toute prudence, le temps de dire combien cette série dépasse en richesse graphique et en puissance évocatrice les autres titres cités plus haut ! Avec notamment Guillaume Sorel (Algernon Woodcock) et Eric Liberge (Monsieur Mardigras-Descendres) au générique de l'album, ce festival de contes macabres serait capable de faire pâlir l'Ankou lui-même. Parions que les bédéphiles ne passeront pas à côté d'un festival d'Ankou blême !

samedi 2 octobre 2004

Les élus, Mordichaï T1

Mordichaï T1, par Jean-Luc Loyer et Vincent Sauvion (Soleil)

Dans une ville souterraine à leur mesure, des souris et des rats civilisés vivent une période sociale trouble. Les mines de lichen phosphorescent qui leur apportaient lumière et énergie sont épuisées. Le chômage flambe, l'inquiétude ronge les citoyens. Le grand Vénère lui-même (une sorte de chef religieux) ne cesse de prophétiser un drame, si "le puits de la connaissance" venait à s'éteindre. Or, cela pourrait bien se produire avant un mois. Il s'ingénie donc à constituer et former des équipes d'éclaireurs, pompeusement dénommés "les élus". Les élus ont pour mission de trouver un passage vers la surface et le monde des humains et d'aller solliciter l'aide de l'énigmatique Mordichaï. Pour l'heure, toutes les missions successives ont été des échecs : aucun élu n'est jamais revenu.

L'agitation sociale et l'insuccès du Grand Vénère arrangent les affaires de Carlossino, chef politique très doué pour galvaniser la foule avec des discours populistes, qui se trouve aussi à la tête d'une milice de partisans… Un vrai petit dictateur en puissance ! Armand et son beau-frère, désignés bien malgré eux comme les nouveaux élus, vont devoir surmonter bien des épreuves…

Cet album figure dans la collection Heroic Fantasy de Soleil. C'est un choix dont on pourra s'étonner, car si le dessin de Sauvion apparente effectivement cette histoire avec ce genre à la mode, le scénario très politique l'en éloigne. Le scénariste Jean-Luc Loyer, membre du fameux atelier Sanzot, réalise ici un virage à angle droit : jusqu'à présent, on lui doit essentiellement des séries destinées aux enfants. Avec Mordichaï, il démontre de façon convaincante qu'il a plus d'une corde à son arc. Le début de l'histoire bénéficie d'une belle mise en place : les auteurs prennent soin de détailler le contexte avec précision avant d'envoyer leurs héros à l'aventure.

- page 1 de 2