Harry Cover T1, par Pierre Veys et Baka (Delcourt)

 

Dans les parodies, la difficulté c'est qu'il faut bâtir un univers décalé mais suffisamment proche de l'histoire d'origine, avec de nombreux clins d'œil et gags (car c'est exactement ce que le lecteur vient chercher), tout en imaginant une intrigue cohérente et intéressante en elle-même. Pierre Veys a fait de cet exercice sa spécialité : après s'être amusé de Sherlock Holmes dans Baker Street, après avoir tourné Blake et Mortimer en dérision dans Les aventures de Philip et Francis, il s'attaque une fois encore à un citoyen britannique : sous sa plume, le malheureux Harry Potter devient Harry Cover, élève sorcier au collège magique de Poudrozieu. Cover saura t-il contrarier les plans que le maléfique Boldemorve échafaude pour conquérir l'Angleterre ? Et qu'est-ce que le Père Noël vient faire là-dedans ?

 

Des gags et des références, Harry Cover n'en manque pas : les éléments issus de films, de séries TV ou de BD diverses qui font dans cet album une apparition surprise sont innombrables. Malheureusement tout cela est très décousu. Certaines idées sont amusantes (par exemple, la divination dans le kir royal), mais dans l'ensemble, Harry Cover déçoit à cause de son humour au ras des pâquerettes, souvent lourdingue quand il n'est pas ouvertement scato au risque de consterner les lecteurs de plus de treize ans. S'ajoute à cela un dessin pas toujours très maîtrisé et une colorisation ultra-flashy. Vous voilà prévenus !