Lincoln T3, par Olivier et Jérôme Jouvray
(Paquet)
Même quand
Dieu l'emmène en vacances sur une plage (évidemment) paradisiaque, Lincoln
trouve le moyen de s'ennuyer et recommence à râler. Pour passer le temps, le
cow-boy taquine le poisson au revolver (ça change de la dynamite du tome 1) et
se saoule au Tropic Bar. Surprise : le nouveau barman est une vieille
connaissance – le Diable, qui le défie à la vodka.
Le
lendemain, Lincoln mérite plus que jamais son surnom "crâne de bois" : il a la
gueule assortie. Dans la nuit, le Diable l'a transporté à New York, le terrain
de jeux idéal pour rallier le cow-boy à sa cause : des centaines de banques et
de boutiques à piller… D'ailleurs le braquage de la Trust Bank est déjà
organisé. Jusqu'à présent, Lincoln s'était montré peu enclin à suivre la voie
tracée par Dieu. Le Diable saura t-il séduire notre héros-malgré-lui ?
Heureusement que Dieu a accordé l'immortalité à Lincoln : ce troisième tome lui
aurait été fatal. Car le scénariste peu charitable lui a multiplié les pains
dans la tronche. Lincoln ne cesse de se prendre de copieuses roustes durant
tout l'album. Dieu a parié que Lincoln finirait par trouver le bonheur… Il
aurait mieux fait de retourner jouer aux dés (n'en déplaise à Einstein).
Avec un
graphisme très "nouvelle BD", des réparties cinglantes et un personnage à
l'opposé de l'archétype du cow-boy, les Jouvray Brothers réussissent une fois
encore à créer la surprise dans ce western à l'envers. D'abord Lincoln tire
comme un manche. Et puis un parcours d'Ouest en Est, à l'inverse de la course
du soleil et à contresens de la colonisation américaine… On n'avait jamais vu
ça. Mais comme Lincoln le dit à Dieu : "C'est fini l'époque des justiciers
solitaires. On est au XXe siècle mon ami, faut évoluer…". Bienvenue dans les
temps modernes !