Meridionn T1, de Nathanaël Godart & Stéphane Lecocq (Clair de Lune)
Meridionn, c’est le nom d’une muraille infranchissable découverte il y a bien longtemps, qui a stoppé net la conquête du continent par les humains. Qui l’a construite ? Nul ne le sait, mais cette construction surhumaine s’est chargée de superstitions et tous la vénèrent. Alya et ses amis de la guilde peut-être un peu moins, occupés qu’ils sont à chaparder de quoi ne pas crever de faim. Leurs larcins ne passent plus inaperçus : Looghan, moine masqué et guerrier surpuissant mandaté par le ténébreux Souverain-Guide Asheron, semble décidé à s’occuper d’eux… A moins que sa mission ne soit liée à la prophétie qui annonce qu’un jour prochain, Meridionn s’ouvrira pour céder le passage à « l’Innommable », une chose ou un être terrifiant qui transformera l’Empire en un champ de ruines. De fait, il se passe dernièrement des événements plutôt étranges dans les catacombes…
Remarquablement mise en couleurs, joliment dessinée et dotée d’un scénario assez original, cette aventure se lit avec plaisir. Les amateurs de jeux de rôle seront ravis par une introduction en trois parchemins qui pose le décor général de l’aventure. Ce premier tome installe les personnages et l’atmosphère, en initiant différentes pistes scénaristiques qui sont autant de mystères : la nature de l’Innommable, les personnalités troubles d’Asheron et de Looghan, la signification de cette "marque des impies" que porte Alya... Tout cela promet une saga riche et non linéaire. Il y a quelque chose dans les rapports entre Looghan et le Souverain-Guide Asheron qui rappelle Dark Vador et l’empereur Palpatine de Star Wars. Cela tient peut-être au visage reptilien d’Asheron ou au masque de Looghan, à ses manières austères et brutales et à ses expressions : "Telle est ma mission". Les bonnes sagas d’heroic fantasy sont souvent celles où les vilains sont réussis. Meridionn devrait, de ce point de vue, être un bon cru.
