par Mitsuru Adachi (Pika)
Katsuki Satoyama s'est inscrit dans le club de boxe dirigé par le père de Katsuki Mizutani, une fille de sa classe. Il espérait que ça le rapprocherait d'elle mais cette stratégie s'avère désastreuse. La belle est en froid avec son boxeur de père. Elle affiche même une haine irrépressible à l'encontre du "noble art" et de ses pratiquants. Qu'à cela ne tienne : il suffit à notre héros de ne pas poursuivre les cours et tant pis pour les frais d'inscriptions exorbitants. Seulement le destin est farceur - surtout quand il est guidé par un auteur comme Adachi : la boxe s'attache aux deux Katsuki et ce, bien malgré eux…
L'argument de Katsu! pourrait sembler proche de celui de Noritaka, le roi de la baston (par Murata et Hamori ; 18 tomes parus) : dans les deux sagas on trouve un mélange de combats, de romance et d'humour. La comparaison s'arrête ici car le traitement est diamétralement opposé. Noritaka est un manga de baston loufoque destiné aux garçons. Les filles y sont représentées comme des créatures mystérieuses et futiles, placées sur un piédestal pour éviter de trop leur donner la parole. Dans Katsu! au contraire tout tourne autour de l'héroïne qui est le personnage clé, même si l'histoire est racontée du point de vue des garçons. Quant à la boxe, c'est uniquement le moteur qui entraîne les engrenages que sont les personnages, les situations et les sentiments. Katsu! mêle sport et romance, ce qui en fait un manga pour tous publics. Mitsuru Adachi a souvent utilisé cette recette avec des titres comme Touch (baseball) ou Rough (sports nautiques) à paraître chez Glénat au premier semestre.
Katsu! s'avère captivant et très plaisant à lire en raison de son humour léger et subtil, jamais dans l'exagération ; grâce aussi à un graphisme épuré mais expressif, remarquable de simplicité : une sorte de ligne claire manga. Ni trop, ni trop peu : Adachi est dans cette frugalité décrite par Nicolas Bouvier comme l'âme même du Japon dans son livre Chronique japonaise (éditions Payot).
