Déesses T1, de Michel Pierret et Jacques Denoël (Glénat)

 

Alors que l'Egypte pharaonique, la Grèce antique ou l'Empire romain ont régulièrement été évoqués en bande dessinée, la civilisation minoenne restait ignorée. Et pourtant ! La Crète est une terre de légendes entre toutes : n'est-elle pas le lieu de naissance de Zeus et le refuge du Minotaure, enfermé dans le fameux Labyrinthe ? Même historiquement la Crète est fascinante : vingt siècles avant notre ère, une civilisation prospère y était établie, versée dans les arts, capable de bâtir des palais de trois à quatre étages, connaissant même les canalisations d'eau. Le patrimoine archéologique qu'elle nous a légué est très riche : fresques, sculptures, poteries, tablettes d'argile écrites… En revanche, le mystère persiste quant à la raison du brusque déclin de cette civilisation pourtant très avancée : invasion barbare, cataclysme naturel ?

C'est autour de cette question que les auteurs ont bâti leur histoire. Nous suivons deux époques en parallèle. Dans les années 1930, deux archéologues sur un chantier de fouille espèrent réaliser bientôt des découvertes retentissantes. Plus de vingt-cinq siècles plus tôt, Pylos et Asinée, deux esclaves faisant partie du tribut annuel d'Athènes à Cnossos, vivent de tumultueuses aventures dans leur tentative d'échapper à leur destin.

Avec une vraie élégance dans le dessin et une palette de couleurs toute méditerranéenne, Jacques Denoël nous emmène dans un véritable voyage dans le passé. Parfaitement conformes aux sites antiques et aux vestiges conservés dans les musées, les palais, les peintures murales, la salle du trône, les vêtements, les jeux de tauromachie... sont montrés de façon réaliste et vivante. De plus, l'intrigue bâtie par Michel Pierret (dessinateur des Aigles décapités qui troque son Moyen-âge familier pour la douceur crétoise) se révèle plus captivante qu'un simple prétexte à explorer cette époque.