Imaginée et coordonnée par Frank Giroud, Destins est la nouvelle série-concept des éditions Glénat : pas moins de quatorze albums sont à paraître, entre janvier 2009 et janvier 2011.
Dans
sa jeunesse, Ellen a fait une grosse erreur de parcours. Amoureuse d’un
apprenti- révolutionnaire, elle l’accompagne dans un braquage qui vire au
drame. Une autre femme est suspectée à sa place et risque la chaise électrique…
mais celle-ci est innocentée par un faux-témoignage. Ellen quitte les USA pour
la Grande-Bretagne, épouse un avocat talentueux, a des enfants… Bref, elle
refait sa vie et rachète sa faute en s’investissant dans une organisation
caritative. Jusqu’au moment où son passé se rappelle à elle de façon brutale,
la conduisant à un choix déchirant. Quelle voie adopter ? Toutes.
L’idée est en effet de suivre toutes les existences possibles de l’héroïne, qui découlent de ses décisions. Le tome 1, intitulé Le Hold-up se poursuit par Le Fils ou par Le Piège africain. Chacune de ces histoires se conclut sur un nouveau dilemme, et nous voilà en présence de quatre destins parallèles. Après cette phase d’expansion, les intrigues se resserrent et convergent vers un album final unique. Au total, Ellen mènera cinq existences différentes.
Contrairement au Décalogue, où Giroud scénarisait la totalité des histoires, apportant une cohérence à l’ensemble, chaque tome de Destins est écrit et dessiné par des auteurs différents, à l’exception du tome d’ouverture et de l’unique album de conclusion, tous deux exécutés par Frank Giroud et Michel Durand (dessinateur de Cuervos ; « Durandur » pour les intimes). Le projet s’apparente donc à une sorte de course de relais narratif ou de cadavre exquis concerté. La trame d’ensemble a été mise au point en réunissant tous les scénaristes, mais il était conseillé à chacun d’eux de conserver son style personnel. D’où une variété de tons qui ajoutera à l’intérêt du projet. Voilà qui prouve, si besoin en était, que la bande dessinée « classique » sait également être expérimentale.
