par Mattt Konture (L'Association)

 

Des créatures étranges peuplaient les rêves de Mattt Konture dès sa petite enfance. Dotées de pattes et d'ailes d'oiseau déplumé et d'un corps en forme de champignon, elles sont à l'origine de son pseudonyme : ce sont les Contures. En partant à leur recherche par une série de planches mi-autobiographiques, mi-délirantes, l'auteur nous ouvre les portes de sa mythologie intime et se livre à un travail d'introspection très détaillé.

Il commence par retrouver l'origine du mot, inventé pour désigner des lampadaires de jardin qui avaient frappé son imagination alors qu'il avait quelques années. Par extension, "conture" lui servait pour nommer tout chose mystérieuse. Ses rêves sont ainsi devenus le pays des Contures, où vivaient aussi quelques personnages humains : une jolie fée-princesse, une vilaine sorcière et un chevalier ridicule et constamment tiré à quatre épingles dans un costume étriqué : Gilbert Maniac !

Ayant retrouvé tous les personnages et les décors de son imaginaire d'enfance, l'auteur tente d'écrire une histoire au pays des Contures, dédiée à sa fille Alice. Mais au bout de quelques pages, Mattt entre en scène dans sa BD de façon incongrue (et comique), sous le regard désabusé des personnages, et nous explique que non, vraiment, improviser des histoires mièvres, ce n'est pas son truc !

Son truc, c'est l'auto-psy : la recherche de ses souvenirs enfouis et de son imaginaire perdu. La seconde phase consiste à dénouer la pelote du souvenir en la déconstruisant… ce qui se termine assez souvent par une déception liée à la démythification : par exemple, un souvenir mystique bouleversant s'avère n'être peut-être qu'un feu d'artifice…

L'album rassemble des planches publiées à partir de 1996 dans la revue Lapin, augmentées de travaux inédits plus récents. Il présente une grande variété de styles graphiques, tour à tour psychédélique, archi-brouillon, parodique ou se lançant dans de pures recherches esthétiques.

paru dans Bédéka #3