Le briographe

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Tag - Jirô Taniguchi

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dimanche 4 janvier 2015

Elle s’appelait Tomoji, de Jirô Taniguchi

Quand Taniguchi travaille sur commande

Elle s’appelait Tomoji, de Jirô Taniguchi et Miwako Ogihara
Rue de Sèvres, 176 p. N&B, 17 €

 

Tomoji naît en 1912. Elle est assidue à l’école, ce qui lui permet de trouver un travail de couturière en ville, puis un bon mari. Ensemble, ils fonderont le bouddhisme Shinnyo-en, « mais c’est une autre histoire ».

 

Curieux, très curieux, le tout nouveau Taniguchi ! Il faut lire l’interview de l’auteur, en postface de l’ouvrage, pour enfin comprendre ce qui s’y joue réellement : avec ce livre, le mangaka a répondu à un travail de commande, sans toutefois répondre tout à fait aux espérances de ses commanditaires. Plus clairement : Madame Taniguchi, l’épouse du maître, fréquente un certain temple bouddhiste depuis près de 30 ans avec assiduité. Les prêtres de ce temple ont fini par oser demander au mangaka qu’il leur dessine une vie de Tomoji Itô, née Tomoji Uchida, la fondatrice de ce temple et de toute une obédience du bouddhisme japonais, pour le bulletin trimestriel du temple. Et le mangaka, un peu obligé par cette demande, d’accepter de faire « quelque chose », sans vouloir se lancer ni dans une hagiographie, ni même dans une biographie complète, exigeant de pouvoir « fictionnaliser librement ».

La célèbre Tomoji…

Taniguchi est allé assez loin dans cette prise de liberté, puisqu’il a « presque entièrement gommé ce qui concerne le temple et sa création », qui ne sont que très fugitivement évoqués dans la toute dernière planche, pour se concentrer sur la jeunesse de Tomoji, cherchant à comprendre ce qui a pu pousser cette jeune femme « à choisir la voie de la spiritualité ». Or, si cette intention porte éventuellement sens auprès du public originellement visé par ce récit, à savoir les lecteurs du fameux bulletin paroissial de ce temple bouddhiste, il en est tout à fait autrement du lecteur occidental, qui se demande où le mangaka veut bien en venir avec l’histoire de cette jeune fille japonaise plus ou moins anonyme, dans la campagne magnifique mais banale de l’ère Taishô (1912-1926). On assiste à sa naissance en 1912, au décès accidentel de son père quatre ans plus tard, à d’autres drames et événements familiaux… et tout au long de la lecture, on ressent un manque et une certaine bizarrerie. Les auteurs, dans leur narration, sous-entendent qu’on devrait connaître l’héroïne et ses proches. On devrait avec eux trouver étonnant que Tomoji et celui qui deviendra des années plus tard son mari, aient failli se croiser bien avant leur mariage…

Mais si, voyons, Tomoji !

Cette étrangeté de la narration vient notamment des récitatifs qui commentent les faits et gestes de Tomoji avec cette sorte de distance prudente et respectueuse dont on entoure les personnages historiques qui auront un destin à accomplir. Pour éclairer ce décalage ressenti à la lecture de cette bande dessinée, prenons une comparaison. Imaginez un livre qui parlerait de la jeunesse d’un petit garçon dans sa campagne corse au 18e siècle, et qui s’arrêterait avant même que ce garçon n’intègre son école militaire. Imaginez que ce livre soit publié au Japon, et qu’à aucun moment, on n’explique au lecteur japonais que le garçon s’appelle Napoléon Bonaparte, ni quelle a été son importance au cours des décennies suivantes dans l’histoire de France. Le lecteur français, lui, comprendrait éventuellement la construction du futur homme d’Etat. Mais le lecteur exotique, de l’autre côté de la planète, aurait bien du mal à comprendre l’intérêt d’un tel récit… ! Voilà grosso modo où nous en sommes avec Elle s’appelait Tomoji. Tout dans la narration suppose que nous la connaissons, que nous savons ce qu’elle accomplira… Or, il n’en est rien, et hormis l’interview de l’auteur qui survole le sujet, on n’en saura pas plus. Reste éventuellement à admirer l’art de Taniguchi, l’élégance de son trait, la précision de ses décors, la justesse de représentation des émotions… mais ce sont des qualités présentes dans chacun de ses autres livres. On ne conseillera celui-ci qu’aux inconditionnels de Taniguchi, à ceux qui ont déjà lu tous ses autres récits. Pour le lecteur qui voudrait découvrir ce mangaka de génie, débuter par ce livre serait un bien mauvais choix.

 

 

Jérôme Briot

samedi 3 janvier 2015

Jirô Taniguchi, portrait

Jirô Taniguchi, le mangaka universel

  

Une des expositions les plus attendues du FIBD 2015 est la rétrospective « L’Homme qui rêve » consacrée à Jirô Taniguchi. Publié en français depuis 1995, Taniguchi a longtemps fait figure de porte-étendard d’un manga intimiste. Son œuvre, très variée, ne se résume pas à cela.

 

Premier auteur japonais primé à Angoulême, avec le prix du meilleur scénario en 2003 pour Quartier lointain, Jirô Taniguchi a ensuite également reçu le prix du meilleur dessin, en 2005, pour Le Sommet des dieux. Si le premier titre est un manga nostalgique et intimiste, le second parle d’alpinisme, du dépassement de soi. Avec deux titres aussi différents récompensés à deux ans d’intervalle, le message est clair : Taniguchi est un grand, un immense auteur.

Les années d’apprentissage

Jirô Taniguchi nait le 12 août 1947 dans une famille modeste, à Tottori, une ville moyenne de Honshu, à huit heures de train de Tokyo. Comme de nombreux enfants de sa génération, il se passionne pour le manga, dessine beaucoup et participe aux concours organisés par les hebdomadaires comme Shônen Sunday et Shônen magazine… mais il est loin d’envisager de faire du dessin sa profession. À 18 ans, il saisit la première opportunité de quitter sa province pour une grande ville, en acceptant un emploi de bureau dans une entreprise de Kyoto… et déchante rapidement : la vie de salary man ne lui convient pas du tout. Heureusement, au bout de six mois, un ami de Tokyo lui parle d’un poste d’assistant à pourvoir chez un mangaka professionnel, Kyûta Ishikawa (un auteur inédit en France, spécialisé dans les histoires animalières dans un style réaliste et avec des décors soignés, un peu à la Tarzan). Taniguchi y fait son apprentissage pendant cinq ans. Puis il tente de dessiner ses propres récits, une première version pour enfants de la vie de Seton, le grand naturaliste américain. Il répond également à quelques commandes de mangas érotiques, puis redevient assistant, cette fois auprès de Kazuo Kamimura (l’immense auteur de Lady Snowblood, Le Fleuve Shinano, La Plaine du Kantô…). Taniguchi se souviendra de ses jeunes années, de façon romancée, dans Un zoo en hiver (Casterman, 2009). Quant à la ville de Tottori qu’il était si pressé de fuir à 18 ans, il en fera le théâtre de deux de ses romans graphiques parmi les plus fameux : Le Journal de mon père (1999) et Quartier lointain (2002).

Du polar au récit littéraire…

En 1977, son tantosha (agent éditorial) lui présente l’écrivain Natsuo Sekikawa, qui devient son scénariste. Ensemble, ils vont composer des polars inspirés par le roman noir américain, notamment Trouble is my business (Kana, 2013). Le succès est modeste et en 1986 Sekikawa est prêt à jeter l’éponge. Mais leur éditeur leur donne carte blanche pour un ultime projet. Par bravade, Sekikawa propose un thème qui lui semble à contrecourant de la mode de l’époque : une grande fresque historique sur le monde littéraire et artistique pendant l’ère Meiji. L’éditeur accepte, et les cinq tomes d’Au temps de Botchan sont publiés de 1987 à 1991 (traduits au Seuil à partir de 2002, puis par Casterman en 2011). Cette fois le public est au rendez-vous, et la critique acclame la naissance du « manga littéraire ». Mais plutôt que de creuser ce sillon, Taniguchi décide de diversifier sa production. Il multiplie les collaborations avec différents scénaristes, apportant la même exigence à réaliser des mangas sportifs, des histoires animalières, des aventures d’alpinisme, des épopées de samouraïs ou des récits intimistes…

Montagne et nature

Taniguchi entreprend sa toute première saga d’alpinisme extrême en 1987, sur un scénario de Shiro Tosaki.  K (édité chez Kana en 2006) décrit les sauvetages périlleux réalisés par un alpiniste surdoué, presque irréel, dans une certaine tradition du dépassement de soi courante dans le manga. Lorsque treize ans plus tard Taniguchi adapte Le Sommet des Dieux (d’après le roman original de Yumemakura Baku), l’alpiniste Habu Jôji n’est cette fois pas infaillible.  La saga n’en est que plus crédible, elle y gagne en intensité dramatique. Taniguchi excelle à représenter les ambiances de montagne ou du grand Nord, comme dans Le Chien Blanco (1990) ou dans L’Homme de la toundra (2005). Dans la méticulosité graphique de Taniguchi, transparaît son profond amour pour la nature, les grands espaces et la faune qui les peuple. On ne s’étonne donc pas de trouver parmi ses œuvres une évocation de la vie du naturaliste Ernest Thomson Seton (2004), l’inspirateur du scoutisme, ou une Encyclopédie des animaux de la préhistoire (2006).

Registre intime et contemplatif

Une autre composante de l’œuvre de Taniguchi, primordiale dans sa conquête du public occidental, tient dans sa capacité à raconter des histoires émouvantes sans jamais verser dans le pathétique. Quartier lointain, Le Journal de mon père ou Un ciel radieux sont trois célébrations de l’existence, trois rappels de sa fragilité et de l’urgence à profiter de ses proches, tant qu’ils sont là ! Avec une économie d’expression toute asiatique, l’auteur aime aussi célébrer les petites joies fugaces. L’Homme qui marche, suite de balades contemplatives sans histoire à proprement parler, est une ode à la flânerie où le chemin compte plus que la destination. Le Gourmet solitaire reprend le même principe, mais il s’agit cette fois de balades gastronomiques. Les Années douces, adapté du roman d’Hiromi Kawakami, ajoute à la célébration du temps présent une pincée de romance.

Coopérations

Fasciné très tôt par sa découverte des revues Heavy Metal et Métal Hurlant, Taniguchi revendique l’influence des dessinateurs occidentaux sur son œuvre. Il en retire une ouverture aux collaborations avec les auteurs français relativement inédite, même si la distance géographique ou les différences culturelles ne facilitent pas les choses. Icare, sur un scénario de Moebius, ne tient pas les promesses qu’un tel choc des titans laissait espérer. Mon année, projet sur un scénario de Jean-David Morvan, semble aujourd’hui interrompu au premier tome sur quatre. Au-delà des coopérations avec des auteurs occidentaux, Taniguchi s’est vu proposer des expériences par des éditeurs occidentaux, donnant lieu à des albums pas toujours publiés au Japon, comme La Montagne magique au format album (Casterman 2007), ou plus récemment Les Gardiens du Louvre (coédition Futuropolis et Louvre éditions) ou un carnet de voyage sur Venise dans la collection « Travel books » de Louis Vuitton.

Big in France

Que reste-t-il à conquérir à cet auteur touche-à-tout ? Son propre public, peut-être. Taniguchi fait partie des mangakas favoris des français,  mais au Japon son succès est plus modeste : il s’est vendu dix fois plus d’albums Quartier lointain en France qu’au Japon. Pour ce qui est de la gageure artistique, parmi les genres qu’il n’a pas encore traités, il lui reste éventuellement à tenter l’aventure du manga pour enfants... il y songe, selon le livre d’entretiens avec Benoît Peeters Jirô Taniguchi, L’Homme qui dessine (Casterman, 2012). Taniguchi envisagerait également une adaptation en manga des haïkus du poète Bashô ! En attendant ces hypothétiques travaux futurs, il reste quantité de livres que 20 ans d’adaptation en français ont laissés inédits.

 

Jérôme Briot

jeudi 2 juin 2011

Garôden, comme un loup affamé

Retour de baston pour Taniguchi !

 

Un nouveau livre de Jirô Taniguchi, c’est toujours un événement. Surtout quand le plus européen des mangakas livre un one-shot dans un genre dans lequel on ne l’attendait pas : les arts martiaux.

 

Connaissez-vous le « Dôjô-Yaburi » ? C’est la pratique qui consiste, pour un combattant valeureux, à aller défier le meilleur représentant d’une école d’arts martiaux, en espérant lui coller une rouste en combat singulier. Bunshichi Tanba, adepte du karaté, a connu l’humiliation de la défaite, il y a quelques années, en allant provoquer un dôjô de catcheurs. Comme beaucoup, il pensait que le catch est un sport truqué. Un certain Kajiwara s’était chargé de lui faire comprendre que dernière le spectacle, il y a des combattants résolus, aux techniques éprouvées. Furieux depuis sa défaite, Tanba s’entraîne dans l’espoir d’une revanche…

On pensait avoir tout vu de Jirô Taniguchi. Ce dessinateur japonais est le tout premier mangaka à avoir été primé à Angoulême. Après le Prix du Meilleur Scénario en 2003 pour Quartier Lointain, il avait obtenu le Prix du Meilleur Dessin en 2005 pour Le Sommet des dieux. Au-delà de cette reconnaissance institutionnelle, Taniguchi est très apprécié du public européen. Il est notamment connu pour être un ambassadeur du manga : son trait à la fois réaliste et expressif séduit les amateurs de bande dessinée franco-belge les plus sceptiques face aux productions nippones. Et ses histoires sont à la fois universelles (elles fonctionnent partout) et très diversifiées. Manga littéraire avec Au temps de Botchan ou Les Années douces, récits sensibles avec Le Journal de mon père ou Un ciel radieux, ouvrages improbables et contemplatifs comme L’homme qui marche et surtout Le Gourmet solitaire, sagas humanistes, autobiographie romancée, histoires animalières, récits de samouraïs, western, polar, science-fiction… Il semble n’y avoir aucune limite aux genres abordés par cet auteur. Pas même de limites géographiques : en 1997, Taniguchi réalisait Icare, sur un scénario de Moebius. Et Mes saisons, une collaboration avec  Jean-David Morvan, est en cours. Taniguchi est le dessinateur par lequel Casterman avait inauguré sa collection manga, dès 1995. Oui, depuis plus de quinze ans que ses œuvres paraissent en français, on pensait avoir à peu près tout vu de lui… On se trompait !

Dans les années 1990, Taniguchi a réalisé des récits hard boiled qui n’ont pas connu un grand succès – mais il faut rappeler qu’au Japon, Taniguchi continue de toucher un public relativement confidentiel. Garôden est un one-shot de la fin de cette époque. Preuve de l’efficacité de ce récit très sportif, L’Equipe magazine l’a sélectionné et va le publier pendant tout l’été, avant sa sortie en album fin août.

 

 

 

PS : Vous avez trouvé Garôden un peu court, vous pensez que ce one-shot aurait mérité une suite, ou que certaines scènes de combat auraient gagné en lisibilité à être un peu plus développées ? C’est la magie Taniguchi qui opère : vous voilà mûrs pour la lecture des classiques du manga de combat. Laissez-vous séduire par le « noble art » à la japonaise, en suivant Ashita no Joe (Glénat) ou Ippo, la rage de vaincre (Kurokawa). Et pour des combats moins codifiés, moins académiques mais d’autant plus efficaces, vous trouverez votre bonheur dans Coq de combat (Akata).

 

samedi 4 septembre 2010

Les années douces, T1

Rien d’étonnant à ce que le roman sentimental Les années douces d’Hiromi Kawakami ait suscité l’idée d’une adaptation dessinée à Jirô Taniguchi. L’auteur de L’homme qui marche, très à l’aise dans les scènes de silence contemplatif, est en univers connu dans les rencontres récurrentes et faussement fortuites, entre une trentenaire célibataire et son ancien professeur, de trente ans son aîné. Et qui mieux que le dessinateur du Gourmet solitaire pouvait dessiner avec la patience requise, l’affection qui se tisse lentement entre les protagonistes, au gré des verres et des mets partagés dans un troquet ?

dimanche 5 juillet 2009

Taniguchi en apprenti mangaka

Un Zoo en hiver, de Jirô Taniguchi (Casterman) 

 

Si vous en êtes encore à vous demander pourquoi la bande dessinée japonaise connaît un tel succès, si vous n’êtes pas du genre à échanger un baril de franco-belge contre deux barils de manga, lisez Jirô Taniguchi ! Vous ne serez plus jamais le même lecteur.

 

Kyoto, décembre 1966. Occupé à crobarder sur le vif les pensionnaires à plume ou à fourrure d'un zoo enneigé, le jeune Hamaguchi ronge son frein en attendant des jours meilleurs. Ce passionné de dessin, qui espérait participer au design des tissus dans l’atelier textile qui l’emploie, est pour l'heure affecté aux livraisons. Bientôt, une toute autre mission lui est confiée. Il va servir de chaperon à la fille du patron, désavouée pour avoir provoqué l’échec son mariage (arrangé, il faut dire) en prenant un amant parmi lesemployés de son père. Hamaguchi va recevoir une leçon : la liberté n'est pas un dû, c’est une chose à conquérir, et peu importent les efforts qu’il faut consacrer à cette quête. Marqué par cette expérience, il va savoir saisir sa chance, quand un de ses copains l’emmène rencontrer un mangaka professionnel.

 

Récit initiatique, sur les plans artistique et sentimental, Un zoo en hiver permet à Taniguchi de raconter l’ambiance des studios de mangas, dans le Tokyo des années 1960. Le fait que le personnage porte un nom qui sonne un peu comme le sien n’est certainement dû au hasard : à l’évidence Taniguchi exploite ici des éléments de sa propre expérience. Ce n’est toutefois pas une autobiographie, la trame est romancée, juste ce qu’il faut pour élargir le propos, maintenir l’intérêt du lecteur et réaliser le portrait d’une époque et surtout d’un milieu. Ce témoignage est précieux, car peu d’œuvres permettent d’appréhender, de l’intérieur, le quotidien dans un studio.

 

Le manga répond à des contraintes industrielles qui n’ont rien à voir avec celles de la BD européenne. Pour être capable de livrer les dizaines de planches hebdomadaires que réclament les épais magazines spécialisés, les auteurs sont obligés de s’entourer de toute une équipe de petites mains, chargée de réaliser les décors, les encrages, les finitions, ou encore de poser les fameuses trames sur les planches crayonnées par le "maître". Cela, dans une effervescence rythmée par la succession des bouclages. Pour veiller à faire respecter les délais, il n'est pas rare qu'un représentant du magazine s'établisse au studio. Parmi les assistants, beaucoup rêvent de voir leurs travaux personnels publiés un jour. Cela exige de l’opiniâtreté, car l’assistant qui aspire à devenir auteur, ne peut travailler sur ses propres oeuvres, que pendant ses rares temps de repos… Oui, mais voilà, comme le répète le frère d'Hamaguchi en visite au studio, avec une pointe d'envie, « faire ce qu'on aime... ce doit être merveilleux ».

 

 

À lire également, du même auteur : Quartier lointain, Le Journal de mon père (chez Casterman Ecritures) et Le sommet des Dieux (éditions Kana). Dans une fibre plus poétique, Le Gourmet solitaire est également un incontournable.

 

Pour en savoir plus sur l’univers des créateurs de mangas, et la vie des studios, on se reportera à la très hagiographique mais passionnante biographie d’Osamu Tezuka, racontée post-mortem par son propre studio : Osamu Tezuka (4 tomes parus chez Casterman, collection Ecritures).