Trolls de Troy T8, par Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier (Soleil)

 

Une nouvelle épidémie frappe Eckmül, la principale ville des humains du monde de Troy : le rauque, cette musique gutturale chantée par des groupes de trolls enchantés, enflamme les foules. Le plus célèbre de ces groupes, les Groaring Trolls, est mené par Ynghstön, qui a le don de rendre les jouvencelles passablement hystériques. A la suite d'un accident de chasse, la passion du rauque va débarquer à Phalompe, village des indomptables Trolls. Une nouvelle occasion pour les humains de tenter un enchantement collectif, pendant le concert du Stock de Bois ?

Révisez vos classiques avant d'ouvrir cet album : une bonne connaissance du répertoire des Rolling Stones (qui ne jouaient pas à Woodstock !) ne vous sera pas inutile pour goûter aux chansons de leurs cousins trolls, des hits comme "Jacques le lumineux sautillant", "Commence-moi dessus" ou "Je peux avoir pas satisfaction". Comme à son habitude, Arleston multiplie dans cet album les références décalées à des émissions ou séries TV, à des objets à la mode. Certains clins d'œil risquent de devenir incompréhensibles dans quelques années… pour le moment, tout fonctionne à merveille.

Parmi toutes les séries qu'Arleston anime dans le monde de Troy, Trolls de Troy est un cas à part. Même si l'humour est présent dans toutes les séries, Lanfeust ou Conquérants de Troy sont avant tout des aventures heroic fantasy où le suspense domine. Trolls de Troy utilise exactement les mêmes ingrédients, mais avec des proportions complètement inversées. Ici, l'histoire importe peu : elle est un pur prétexte pour permettre au scénariste de mettre en place des situations abracadabrantes et les calembours les plus épouvantables. Le dessinateur n'est pas en reste : Mourier passe son temps à barbouiller des gags visuels partout dans les planches. Et cela fait huit tomes que ça dure !