(Florilège BD Nordique - Dossier de Zoo #31)
Klas Katt voit le jour en 1979 sous les crayons du Suédois Gunnar Lundkvist. Ce chat anthropomorphe et indolent passe le plus clair de son temps dans son appartement, à lire dans son fauteuil, à se perdre en introspection ou à tourner en rond, dans un vertige d’inaction alimenté par son angoisse du monde extérieur. Il faut admettre que Hell City, où il habite, est un lieu sinistre et morne. Il semble y faire toujours nuit – et après tout, ce doit être vrai plusieurs mois dans l’année, car le cercle polaire n’est pas loin. Pourquoi Klas Katt, avec une description aussi déprimante, est-il une BD culte ? Parce que ce n’est pas le diable, mais la beauté qui est dans les détails. Et ce qui paraît plat vu de loin s’avère nettement plus subtil et contrasté, vu de l’intérieur. Ce livre n’est pas glacial, il est givré.
