Le briographe

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lundi 12 septembre 2005

Et maintenant, embrassez-vous !

par Ralf König (Glénat)

 

Comme Claire Brétécher ou de Christian Binet, deux auteurs dont il est d'ailleurs proche graphiquement, Ralf König s'est spécialisé dans l'humour sociologique. Encore qu'avec ce dernier, on ne sache trop s'il faut écrire "satirique" avec ou sans Y…

 

König tire le portrait de personnages pour la plupart homosexuels, avec un mélange de tendresse et de férocité amusée. Il lui arrive de devenir plus grave pour explorer des sujets sensibles, comme le SIDA dans Super Paradise.  Ce nouvel album, publié en 2003 en Allemagne, fait partie des albums à thème, mais on reste cette fois dans la comédie de mœurs.

 

Après quinze ans à vivre ensemble, Conrad s'est décidé à faire à Paul une demande en mariage. Ou plutôt, une demande en "partenariat", l'équivalent allemand du PACS français. Prévue en comité restreint, la cérémonie devient rapidement une affaire de famille (selon la mère de Paul, c'est l'occasion idéale pour faire cracher sa fortune présumée à Mémé Tilla !), voire une affaire politique, quand deux lesbiennes amies de Conrad (pas question pour Paul de fréquenter des femmes !) décident de se "partenarier" deux jours avant eux. Ce qui nous vaut un discours de mariage assez inoubliable de l'un des beaux-papas. Comme si ce n'est pas assez compliqué, Paul s'entiche d'un jeune Turc un peu trop jaloux.

 

König entremêle les histoires parallèles avec le savoir-faire d'un auteur de vaudeville, mais ne tombe jamais dans le superficiel ni la facilité. Résultat : une histoire sans aucun moment faible, drôle et intelligente, avec ce qu'il faut de provocation pour faire progresser le débat.

 

dimanche 5 juin 2005

Lovely Planet

par Tehem (Glénat)

 

Bientôt les vacances ! Que vous partiez aux îles Maladives, au Nonobstan, en Patatagonie, sur la planète Mars ou que vous restiez au Chémoiland, le guide Lovely Planet (avec son passeport inclus) vous apporte les conseils pratiques indispensables à tout baroudeur : ce qu'il faut visiter, les souvenirs à ramener, les spécialités culinaires à ne pas manquer comme les sushis d'oursin (ouille) du Yapon  ou le  caviar de hamster (beuh) du Tebostan. >?xml:namespace prefix =" ""o" ns =" ""urn:schemas-microsoft-com:office:office" /?<

Tehem, l'auteur de Malika Secouss et de Zap collège réalise ici une parodie de guide touristique remplie de pays farfelus et pourtant familiers, avec des gags visuels si nombreux que plusieurs lectures sont nécessaires pour en profiter pleinement. La maquette est calquée sur celle des albums Captain Biceps de Zep et Tebo, avec un résultat tout aussi désopilant.

 

samedi 4 juin 2005

La grande île, Déesses T1

Déesses T1, de Michel Pierret et Jacques Denoël (Glénat)

 

Alors que l'Egypte pharaonique, la Grèce antique ou l'Empire romain ont régulièrement été évoqués en bande dessinée, la civilisation minoenne restait ignorée. Et pourtant ! La Crète est une terre de légendes entre toutes : n'est-elle pas le lieu de naissance de Zeus et le refuge du Minotaure, enfermé dans le fameux Labyrinthe ? Même historiquement la Crète est fascinante : vingt siècles avant notre ère, une civilisation prospère y était établie, versée dans les arts, capable de bâtir des palais de trois à quatre étages, connaissant même les canalisations d'eau. Le patrimoine archéologique qu'elle nous a légué est très riche : fresques, sculptures, poteries, tablettes d'argile écrites… En revanche, le mystère persiste quant à la raison du brusque déclin de cette civilisation pourtant très avancée : invasion barbare, cataclysme naturel ?

C'est autour de cette question que les auteurs ont bâti leur histoire. Nous suivons deux époques en parallèle. Dans les années 1930, deux archéologues sur un chantier de fouille espèrent réaliser bientôt des découvertes retentissantes. Plus de vingt-cinq siècles plus tôt, Pylos et Asinée, deux esclaves faisant partie du tribut annuel d'Athènes à Cnossos, vivent de tumultueuses aventures dans leur tentative d'échapper à leur destin.

Avec une vraie élégance dans le dessin et une palette de couleurs toute méditerranéenne, Jacques Denoël nous emmène dans un véritable voyage dans le passé. Parfaitement conformes aux sites antiques et aux vestiges conservés dans les musées, les palais, les peintures murales, la salle du trône, les vêtements, les jeux de tauromachie... sont montrés de façon réaliste et vivante. De plus, l'intrigue bâtie par Michel Pierret (dessinateur des Aigles décapités qui troque son Moyen-âge familier pour la douceur crétoise) se révèle plus captivante qu'un simple prétexte à explorer cette époque.

mercredi 1 juin 2005

Urusei Yatsura (Lamu) T1

Urusei Yatsura (Lamu) T1, de Rumiko Takahashi (Glénat)

 

Enfin traduit en français, Urusei Yatsura que les amateurs de dessin animé connaissent plutôt sous le titre Lamu nous arrive directement en bunko, c'est-à-dire dans ce format poche assez compact introduit en France par Asuka pour la réédition du Black Jack de Tezuka. Il s'agit de la première grande œuvre à succès Rumiko Takahashi, créatrice culte (plus de 100 millions de livres vendus dans le seul Japon !) de Maison Ikkoku, Inu Yasha et bien sûr Ranma ½. >?xml:namespace prefix =" ""o" ns =" ""urn:schemas-microsoft-com:office:office" /?<

Le point de départ est le suivant : des extra-terrestres débarquent au Japon pour prendre possession de notre planète. Joueurs, ils laissent quand même une chance à l'humanité, avec un duel à un contre un. Leurs ordinateurs ont désigné Lamu, la princesse des extra-terrestres en bikini tigré contre... Ataru Moroboshi, un lycéen maladroit, pas très fute-fute et dragueur invétéré. Pour sauver la planète Ataru, champion malgré lui, doit réussir à attraper Lamu par les cornes avant dix jours…

Sur le livre, Glénat a ajouté un bandeau qui précise que Urusei Yatsura n'est rien moins que le manga le plus lu des années 1980 au Japon. La raison de ce succès ? Un univers délirant, truffé de jeux de mots et de calembours pas toujours traduisibles que le traducteur français ne manque pas de commenter en marge, hélas dans une taille de caractères à faire pâlir d'envie un rédacteur de contrats d'assurance… format bunko oblige.

Cela étant, que les lecteurs de la version française se rassurent : l'inventivité sans limite de l'auteur,  le comique des situations et du dessin, la galerie toujours grandissante de personnages déjantés sont des éléments suffisants pour emporter notre enthousiasme et nous faire éclater de rire. Exubérant et plein de références à la culture japonaise,  Urusei Yatsura n'est pas un manga à conseiller aux personnes qui n'en ont jamais lu. En revanche, les initiés vont adorer ! Si vous tombez dedans, sachez que vous en prenez pour 18 volumes.

 

mercredi 5 janvier 2005

Légendes urbaines, Raghnarok T4

Raghnarok T4, de Boulet (Glénat)

 

Dans ce quatrième album, Raghnarok (dragonnet que sa mère désespère de transformer en terreur des marais) n'est pas loin de se faire piquer la vedette par ses copines ! Il faut dire que Najette (petite fée dans le style de Clochette, habillée en treillis et coiffée comme la princesse Leïa) a de graves problèmes de baguette magique. Mais la vraie star de cet album, c'est Roxane, aussi peste qu'une Kriss de Valnor de huit ans, barbare typique avec un casque à cornes et une hache à deux tranchants constamment dégainée. Victime d'un quiproquo, Roxane est arrachée à son milieu hostile naturel et envoyée dans le confort insupportablement douillet d'une pension pour jeunes filles…

Les séries d'humour avec des gags en une à deux planches sont un genre particulièrement difficile : il faut en peu d'espace mettre en place une situation, la développer et la conclure de façon efficace et drôle... Et surtout, il faut en permanence trouver de nouvelles idées et faire évoluer la série. Boulet y parvient avec panache, produisant quelques nouvelles merveilles comme cette visite de la grand-mère de Raghnarok dans une ville humaine, dans la plus pure ambiance Godzilla. Ce n'est plus un doute : Raghnarok est un des futurs grands classiques de la BD d'humour.

 

jeudi 2 décembre 2004

Qui va tuer Barbara Wolf ?, Barbara Wolf T2

Barbara Wolf T2, par François Maingoval et Bruno Marivain (Glénat)

 

Ce polar qui n'est pas fait pour les impatients : le tome 1 s'ouvre sur un meurtre banal et au bout d'une dizaine de pages, on se demande pourquoi des auteurs continuent de recycler  inlassablement les mêmes thèmes. Erreur ! Soudain l'intrigue se met en place, la série gagne en consistance, le scénario devient étonnant… et on se trouve pris dans les filets. Un meurtre sans mobile apparent, une conspiration visant une jeune femme, un gang d'assassins qui fait très bien le ménage derrière lui… c'est l'enquête impossible dont hérite l'inspecteur Degimbol, vieux briscard qui possède l'intuition de Derrick et la pipe de Maigret !  Si les auteurs évitaient d'inutiles scènes de charme qui brisent le rythme, cette série à l'intérêt croissant serait vraiment haletante. Dénouement : au prochain tome.

vendredi 10 septembre 2004

Nadia se marie, Titeuf T10

Titeuf T10, par Zep (Glénat)

Les noces dare-dare

Les écoliers seront souriants pour la rentrée des classes : le dixième tome de Titeuf est arrivé ! Glénat l'a édité à deux millions d'exemplaires. C'est encore loin derrière les trois millions d'Astérix et Latraviata, mais Titeuf est encore une jeune série…

Depuis sa création en 1993, il s'en est vendu douze millions d'albums. Les aventures de Titeuf, traduites en vingt langues, dépassent l'univers BD. Il a été adapté en romans, en dessins animés et on ne compte plus les objets dérivés à son effigie (ni d'ailleurs les contrefaçons). S'il compte un public important à tous les âges, il est surtout la coqueluche des cours de récré. Son plus grand exploit ? Avoir conduit un million de gamins à réclamer un manuel d'éducation sexuelle à leurs parents : Le guide du zizi sexuel. Comme Harry Potter, Titeuf attire à la lecture toute une population qui ne lit ordinairement pas, sans pour autant déplaire à ceux qui lisent beaucoup.

La raison de cette belle unanimité : un humour débridé et des thèmes qui parlent à chacun (les lecteurs de Titeuf sont soit des enfants, soit d'anciens enfants), un langage attachant avec des jurons explosifs et fantaisistes, une bonne dose d'insolence, le tout servi par un dessin caricatural très efficace.

Lors de la sortie du tome précédent, Zep racontait avoir créé plus d'une centaine de planches non exploitées dans son album. Depuis, les lecteurs fidèles du magazine Tchô! ont eu l'occasion d'y découvrir des gags inédits en album. Mais il ne s'agissait pas de prépublication. Ou du moins, pas dans l'immédiat. Pour célébrer le tome 10, Zep crée la surprise en s'essayant au long récit, un format dans lequel il a toujours déclaré ne pas se sentir très à l'aise (visiblement, ça va beaucoup mieux), que les jeunes lecteurs lui réclamaient régulièrement. Petite concession à son public et surtout gageure de l'auteur, nous accompagnons Titeuf dans une grande histoire. Ce n'est pas une aventure exotique : nous restons dans son univers familier, avec les copains, l'école et la famille.

Dans dix jours à peine, c'est la fête de l'école et il y aura une boum. Titeuf n'est pas vraiment le favori de Nadia, mais si quelqu'un doit danser les slows avec elle, ce sera lui et pô un autre ! Il faut donc la séduire avant la date fatidique. Oui mais… sortir avec une fille, comment on fait ? Heureusement Manu accepte de jouer au coach pour aider Titeuf à déclarer sa flamme. Ou au moins, inviter Nadia au cinéma. Surmontant sa timidité et poussé par son pote, Titeuf sonne chez elle. Un garçon inconnu ouvre et explique que Nadia ira effectivement au cinéma demain : avec lui. Nadia a un amoureux ! Si ça se trouve, elle va se marier avec lui !? C'est le moment d'inventer un plan d'urgence…

Après avoir posé cette intrigue, Zep fait défiler une avalanche de situations loufoques que nous vous laissons découvrir. Libéré de la contrainte de devoir introduire, développer et conclure ses gags dans une même planche, il prend un rythme de croisière à trois strips par page au lieu de quatre dans les autres albums. Les vignettes étant plus grandes, le dessinateur a fignolé de petits détails en arrière-plan : autoportraits, caricatures de copains, personnages de BD. Nous découvrons aussi plus en profondeur quelques personnages de l'entourage de Titeuf, en particulier Manu et Julie (la cousine). Tout cela devrait vous apporter satisfaction. Les plus Titeuf-maniaques pourront compléter avec le nouveau jeu vidéo, le dictionnaire Larousse 2005 (qui comprend un cahier illustré par différents auteurs, dont Zep) et l'album collector Portraits de Titeuf, dans lequel 30 dessinateurs de renom croquent le gamin à leur manière.

 

Les albums de la série :

Dieu, le sexe et les bretelles (1993)

L'amour, c'est pô propre (1993)

Ca épate les filles (1994)

C'est pô juste (1995)

Le derrière des choses (1996)

Tchô, monde cruel ! (1997)

Le miracle de la vie (1998)

Lâchez-moi le slip (2000)

La Loi du Préau (2002)

Nadia se marie (2004)

 

vendredi 3 septembre 2004

Secrets : Le serpent sous la glace T1

par Franck Giroud et Milan Jovanović (Glénat)

Franck Giroud est passionné d'Histoire (il en est d'ailleurs professeur agrégé) et de voyages. Sa nouvelle série Secrets lui offre le prétexte idéal pour transporter le lecteur en des lieux et des époques très variées, puisqu'il s'agit d'évoquer des secrets de famille : un thème universel et déclinable à volonté. Secrets rassemble différentes aventures, confiées chacune à un dessinateur différent… Un principe que le scénariste avait déjà utilisé avec bonheur pour Le décalogue et qui permet à Dupuis de sortir ensemble les deux premières sagas de la série. L'écharde, histoire dessinée par Marianne Duvivier et prévue en deux tomes, nous emmène dans la France de Mai 1968 et celle de 1942. Le serpent sous la glace, réalisé par Milan Jovanović, se déroule majoritairement dans la Russie contemporaine et dans l'URSS au cœur de la guerre froide.

A plus de 80 ans, Vassili Kozlov vient de décéder dans son appartement parisien. En mettant de l'ordre dans ses affaires, ses enfants découvrent une mallette pleine de souvenirs de jeunesse : des coupures de presse qui évoquent une expédition au pôle nord, une médaille, une vieille carte d'identité délavée et surtout une photo de lui, jeune. Une aubaine pour Valentin et Nathalie qui ignorent tout du passé de leur père d'origine russe. Pour quelle raison avait-il fuit l'URSS en 1954 ? Quelle a été sa vie pendant ses quarante premières années ? Jamais il n'a accepté d'apporter le moindre élément de réponse à ces questions simples. Convaincu que cette fameuse mallette pourra enfin faire la lumière sur ce passé trouble, Valentin se lance dans une quête des origines qui l'emmène en Russie. Et bientôt dans un fameux bourbier !

Le dessin de Jovanović, au style réaliste et plutôt conventionnel, montre des personnages au physique ordinaire, des extérieurs mornes et tranquilles… Ne vous fiez pas à cette apparente banalité ! Cette histoire déborde de situations étonnantes, de révélations inattendues, de fausses pistes… et de vrais mystères. Les coups de théâtre se succèdent avec un découpage de scènes étudié pour faire monter le suspense et aiguiser notre curiosité. En apparence, l'enquête de Valentin avance à pas de géant. Mais en réalité, à mesure que le héros progresse dans la recomposition du puzzle familial, il y a de plus en plus de pièces à assembler… Giroud déploie son scénario avec subtilité et panache. Les nombreux dialogues et récitatifs sont rédigés dans un style littéraire très agréable. Le seul mystère dont on n'est pas certain d'avoir la clé dans les tomes à venir, c'est le titre de l'album : il est bien question de glace, mais pourquoi un serpent, fût-il allégorique ?

 

dimanche 4 juillet 2004

La rescapée d'Ekaterinodar, Sophaletta T8

Sophaletta T8, par Erik Arnoux et Dominique Hé (Glénat)

Après avoir sauvé son amie Lioubov, Sophaletta avait un plan simple : fuir la Russie en pleine révolution bolchevique. Son cousin Léonid Varioff, contremaître dans une aciérie de l'Oural, devait l'aider. Mais rien n'est simple dans la Russie de 1917 : Varioff est introuvable et le groupe est pourchassé par un émissaire enragé de Lénine…

Sophaletta est une grande fresque historique au style réaliste, élégamment mise en images par Dominique Hé depuis le tome 4. En préface du premier tome, Arnoux rendait hommage à la comtesse de Ségur. Les malheurs de "sa" Sophie sont d'un autre tonneau : on désespère de voir l'héroïne connaître un jour un peu de quiétude… Goût du mélodrame ? Ah… l'âme slave !

 

jeudi 6 mai 2004

Igne Natura Renovatur Integra, I.N.R.I. T1

I.N.R.I. T1, de Didier Convard, Denis Falque et Pierre Wachs (Glénat, coll. La loge noire)

Les sept tomes du Triangle secret nous ont entraînés dans une haletante croisade pour la vérité : Didier Mosèle, franc-maçon et historien, y a mené une dangereuse enquête pour révéler au monde un terrible mensonge de l’Eglise, vieux de 2000 ans. Non, Jésus n’est pas mort sur la croix ! C’est son frère jumeau Thomas qui a pris sa place en haut du Golgotha. Tout cela est décrit dans un cinquième évangile de la main même du Christ, nommé le  "Testament du fou", l’authentique trésor des templiers… Mais les francs-maçons ont perdu la première manche, dupés par le puissant cardinal Montespa qui, pour l’intérêt supérieur de l’Eglise, n’a pas hésité à faire assassiner ses amis. Didier Mosèle a disparu, après avoir retrouvé le corps de Jésus et ses mémoires dans un tombeau secret en région champenoise…

INRI, nouveau cycle en quatre volumes, fait intervenir une notion totalement absente jusqu’à présent : le miracle. Un mot que la cellule scientifique du Vatican ose à peine prononcer. Mais que dire d’autre, alors que l’autopsie de la dépouille de Jésus montre qu’après 2000 ans, la vie y circule toujours ? Le cardinal Montespa fait immédiatement le rapprochement avec la "légende des cinq chevaliers" : en 1104 Hugues de Payns et quatre autres chevaliers de Champagne, héritiers de la Loge première, se mettent en campagne pour retrouver à Jérusalem le tombeau de Thomas, dans lequel Jésus s’était caché des Romains. L’ayant repéré, ils découvrent sur le suaire de l’imposteur un cryptogramme mystique tracé par le messie. Celui qui le déchiffrera détiendra le secret de l’immortalité. Mais ils sont pourchassés par la sinistre confrérie des Gardiens du sang

Le fantastique fait donc son entrée dans la saga etDidier Convard pousse encore un peu plus loin la provocation en montrant les cardinaux plutôt embarrassés à la perspective que Jésus ressuscite... Les manigances politiques de Montespa et de ses séides promettent une nouvelle fois de nous tenir en haleine. Technique désormais rodée, la série s’écoule en différentes époques, chacune étant confiée à un dessinateur : Falque dessine les scènes contemporaines, Wachs s’occupe du Moyen-Âge, tout l’album est colorisé par Paul. L’alternance des styles facilite l’adhésion au principe des flashes-back, et le partage du travail permet une cadence étonnamment rapide de sortie des albums. Le Triangle secret a connu un immense succès en librairie (plus de 700000 albums vendus), il serait miraculeux qu’INRI ne suive pas le même chemin…

 

 

Le Triangle Secret :

1- Le Testament du fou (2000)

2- Le jeune homme au suaire (2000)

3- De cendre et d'or (2001)

4- L'évangile oublié (2001)

5- L'infâme mensonge (2002)

6- La parole perdue (2002)

7- L'imposteur (2003)

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