7 secondes T3, par Jean David Morvan et Gérald Parel (Delcourt)
Les séquences de 7 secondes sont rythmées par le lent écoulement d'un compte à rebours fatidique. La pression monte depuis deux tomes… et les auteurs n'ont toujours pas levé le voile sur la nature réelle de l'événement censé s'accomplir à l'heure H. Que les impatients se rassurent : tout est dévoilé dans ce tome 3. On y apprend enfin la nature exacte de la catastrophe planétaire qui menace le monde.
Pour l'heure, Gabriel Bénavidès est le seul civil en possession de l'information, grâce à un cédérom que son ami Venise lui a confié avant de se suicider. Malgré les tueurs de la CIA qui sont à ses trousses pour étouffer l'affaire, Gabe est décidé à avertir le monde via les médias. Craignant que la télévision regorge de taupes à la solde du gouvernement, il entre en contact avec Oléane Cockroft, animatrice d'une émission de libre antenne pour la radio WRTN. Elle est plutôt difficile à convaincre, saturée à longueur d'émission par les névroses de ses interlocuteurs. Gabe lui donne rendez-vous sur le parking de la radio après lui avoir prédit : "vous allez mourir le 26 avril prochain à 17H23"…
L'action est assez dense, ce qui pousse Gérald Parel à dessiner un nombre inhabituel de strips dans chaque planche et donc des cases assez petites. Avec une exception notable, une image unique sur la double planche cruciale où nous apprenons ce qui menace la planète et les enjeux politiques qui y sont liés.
Jean-David Morvan construit un formidable personnage de salaud avec Vogelstrauss, président des USA méprisant et égocentrique, bouffi d'autosuffisance. Mais la surprise la plus étonnante, c'est que Gabriel, architecte de profession et constructeur de cathédrales, qui semblait être un avatar de Gabriel l'archange annonciateur, faillit complètement à sa mission : ce n'est finalement pas lui qui révèle l'holocauste à ses contemporains. Au temps de la sur-médiatisation, il est effectivement impossible de rejouer à l'envi la théorie du grand complot.
Reste qu'en fin de tome 3, le héros semble n'avoir plus aucun rôle à jouer… ce qui ne fait que renforcer notre attente de la suite de l'aventure, pour découvrir comment le scénariste va relancer la machine.
Dans tous les films qui utilisent le principe du compte à rebours, on constate qu'à mesure qu'on s'approche du zéro au compteur, chaque minute prend une durée de plus en plus longue. Jean-David Morvan semble ne pas construire son thriller sur ce modèle : le compteur a démarré dans le tome 1 à moins huit jours et quelques heures, et il reste à la fin du tome 3 encore plus de 7 jours avant l'échéance. Comme la série a été annoncée sur 5 tomes, les deux derniers épisodes risquent de faire circuler le temps un peu plus vite, mais on peut s'attendre… à de l'inattendu !
