Le briographe

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Tag - Fabien Vehlmann

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lundi 2 octobre 2006

Les cinq conteurs de Bagdad

de Fabien Vehlmann et Frantz Duchazeau, Dargaud

 

Le Calife de Bagdad organise un concours : mille et un conteurs ont trois ans pour mettre au point leur meilleure histoire. Fortune et gloire récompenseront le vainqueur ; pour le plus mauvais candidat, ce sera le pal ! Les cinq conteurs les plus talentueux décident d’entreprendre ensemble un voyage, en quête de récits d’exception.

 

Vehlmann démontre avec effronterie et panache sa maîtrise scénaristique : dès les premières pages, par l’intermédiaire d’une devineresse, il se permet de révéler tous les ressorts de l’intrigue, y compris la chute de l’histoire. Au lieu de briser le suspense, cela plonge les personnages dans des considérations existentielles et une perplexité savoureuses. Et comme décidément il est joueur, Vehlmann propose aussi un résumé de l’histoire, page 55, à un moment où les personnages sont invités à raconter leur périple. Gonflé ! Mais par-delà les morceaux de bravoure, il s’agit d’un conte philosophique et moral assez subtil. Pour servir cette ode à l’imagination, il fallait un dessin qui l’enflamme au lieu de la canaliser. Le trait de Duchazeau possède ces qualités : à la fois rigoureux pour immerger le lecteur dans son univers, et suffisamment évasif pour lui offrir de la liberté pendant la lecture.

dimanche 8 mai 2005

Fantaisies meurtrières, Green Manor T3

Green Manor T3, par Fabien Vehlmann et Denis Bodart (Dupuis)

 

Dans tous les clubs de Londres à l'époque victorienne, on trouve des salons feutrés où des gentlemen flegmatiques devisent autour d'un cigare ou d'un whisky. Il en va ainsi du Green Manor, qui se distingue toutefois par le penchant de ses membres pour une discipline assez peu convenable : le crime.

Avec la causticité moqueuse d'un Roald Dahl (dans ses nouvelles pour adultes, comme Kiss Kiss), Fabien Vehlmann construit des histoires en sept planches avec passage obligatoire au Green Manor, version macabre du Drones club cher à P.G. Wodehouse. Le contraste entre l'impassibilité de surface des personnages dessinés par Denis Bodart et la perversité de leurs actes produit de petites merveilles de cruauté raffinée, dans une ambiance so british !