Narvalo T1, par Erik Juszezak et Yann (Dargaud)

 

Narvalo et son équipe de mercenaires de choc sont engagés par la principauté du Zeeland pour assurer sa défense et celle d'Akim Cey, prince autoproclamé de l'endroit, une sorte de plateforme off-shore au large des eaux territoriales néerlandaises. Refuge et paradis fiscal pour un certain nombre de sociétés, le Zeeland se prépare à faire face aux assauts musclés de différentes puissances à qui son existence pose problème...

A première vue, Narvalo s'inscrit dans la grande tradition des séries d'aventures à grand spectacle façon James Bond : scènes d'action explosives, un soupçon de complot, jolies filles et gros flingues. Sauf qu'on est à deux doigts d'échapper à ce modèle. Il y a un moment étonnant, où le prince du Zeeland exige que les mercenaires abandonnent leur artillerie habituelle au profit d'armes non mortelles, comme par exemple un fusil à colle qui se contente d'immobiliser sa victime ou ce canon sonique capable d'assommer un bœuf. Quoi, la fin des tueries dans les séries d'espionnage ? Un court instant, le lecteur se souvient qu'en 1956 le génial Franquin avait initié cette démarche avec l'invention du métomol, idéale arme anti-armes présentée dans Le dictateur et le champignon (Spirou tome 7)… Yann n'est pas Franquin. Il dissipe rapidement le malentendu : unanimes, les combattants de cette histoire reprennent leurs armes conventionnelles (tellement plus efficaces) avec une moue dédaigneuse. Ouf, le bain de sang traditionnel pourra finalement avoir lieu, il nous est promis pour la suite et fin de ce diptyque.

On trouve donc dans Narvalo ce qu'on peut y attendre et quelques idées amusantes pour pimenter le récit. Le dessin de Juszezak et les couleurs de Chagnaud sont parfaitement exécutés, irréprochables. Le rythme est au rendez-vous, l'action et le suspense aussi. Qu'on parle du personnage ou de la série : à défaut d'être humaniste, Narvalo est efficace.