par Eric Corbeyran et Olivier Balez (Dargaud)
Sébastien Dugroin, dirigeant d'une modeste agence publicitaire (Dugroin ! Une agence qui a du pif !) débarque au village de son père qui vient d'être la victime d'un accident de voiture, pour les obsèques. Obligé de rester sur place pour régler quelques affaires, Dugroin ne tarde pas à découvrir de nombreux artéfacts de magie noire dans la maison : une poupée entourée de barbelés, un collier de plumes sous le lit, un cœur planté de clous, etc. Comme si tout le village s'était ligué contre Dugroin père pour l'ensorceler. Mais alors… Se pourrait-il que son accident de voiture ait été provoqué ?
Après Le village qui s'amenuise il y a un an, Olivier Balez et Eric Corbeyran nous proposent un nouveau one-shot en univers rural. Cette fois, il s'agit moins de railler le bon sens paysan et les querelles de voisinage que de montrer comment des Parisiens tendance bobo se dépatouillent, perdus dans une cambrousse renfrognée remplie d'autochtones superstitieux et peu disposés à coopérer. Qui sort gagnant de ce match ville contre campagne ? Personne ! Tout le monde se rend ridicule : les villageois aigres qui règlent leurs différents en utilisant les service d'un rebouteux comme on va chez le coiffeur ; ce fils qui enterre son père avec un caméscope au poing et regrette quelque jours plus tard leurs non-relations, comme s'il avait "usé son forfait sans communiquer".
Pour toutes les explications théoriques sur la sorcellerie, Olivier Balez troque son style réaliste (et fantasque) contre des schémas et des symboles non dénués de comique. Les auteurs rappellent qu'un Français sur deux croit dur comme fer à la magie noire. Voulaient-ils par cet artifice éviter d'aggraver cette statistique ? En tout cas, cela a pour conséquence d'éviter à l'album une ambiance
marquée par le fantastique. On est plus dans une chronique sociale, sarcastique et divertissante.
