Lewis rit de se voir Siwel en ce miroir


C’est l’histoire d’une jeune fille lancée à la poursuite d’un lapin blanc... avec Lapinot dans le rôle du lapin. Hommage à Lewis Carroll (et à quelques autres…), accompagné d’un clin d’œil à Lewis Trondheim, Le Songe de Siwel est le troisième livre du tandem Enfin Libre, formé par David Barou (au dessin) et Philippe Renaut (au scénario). Siwel, comme Alice, accomplit un voyage initiatique rempli de lieux étranges, mais surtout de rencontres placées sous le signe d’un absurde tour à tour comique ou inquiétant, poétique ou philosophique. Comme leurs deux titres précédents, Le Fluink (la rencontre entre deux peuples séparés par un fleuve d’encre) et La Rumeur (la traversée d’un village par un personnage énigmatique, qui suscitant des commentaires et ragots de plus en plus givrés au fil de sa progression), il s’agit d’un album-concept. On peut même ici parler d’un véritable livre à clés : les auteurs ont construit une narration à plusieurs niveaux, avec une révélation finale qui bouscule tellement notre perception de l’intrigue, qu’une seconde lecture s’avère immédiatement nécessaire. L’expérience est à la limite du mystique, car l’intrigue semble littéralement métamorphosée… pourtant non, bien sûr, tout était là depuis le début. Captivant.