par Katou, d'après Tony Hillerman (Emmanuel Proust)
L'indien de la tribu Zuni qui devait incarner le dieu du Feu lors du prochain Shalako (une cérémonie sacrée) a été assassiné. Pour sa tribu, il s'agit non seulement d'un meurtre mais aussi d'un sacrilège. Le principal suspect est George Bowlegs, un jeune Navajo qui a pris la fuite. Le lieutenant Joe Leaphorn de la police Navajo ne croit pas un instant à la culpabilité de cet adolescent. Il part à sa poursuite, conscient qu'il faut au plus vite élucider cette affaire pour éviter de raviver les anciennes rivalités tribales.
Récit à la première personne, ce roman nous fait suivre le parcours et les pensées du lieutenant Leaphorn. Navajo et flic en pays zuni, il n'est doublement pas le bienvenu. Il lui faut donc faire preuve de la plus grande diplomatie. Traqueur émérite (il sait lire dans les empreintes au sol et remonter ainsi une piste), sa méthode d'enquête consiste à comprendre et anticiper les réactions de ses antagonistes. Pour cela, Leaphorn va devoir assimiler le mode de pensée zuni. Plus qu'un polar, Là où dansent les morts est une ode à la sagesse et aux cultures amérindiennes. Ecrit en 1973, le roman de Tony Hillerman (disponible en français aux éditions Rivages / Noir) avait obtenu le prix du meilleur roman policier américain. Son adaptation en bande dessinée par Katou (l'auteur de Portrait de femmes avec tueur et Le syndrome de Munchausen) est une réussite : rythmée et captivante, agrémentée d'un dessin minutieux dans un style réaliste qui sait conserver une place à la rêverie.
