Tommy Egg T3, par Eco (Paquet)
Ils sont trois sur un cargo pris dans la tempête : Tommy, le capitaine Van de Zee et Poisson, qui dans son bocal rêve de liberté. A sa demande (Poisson parle, mais refuse de s'en expliquer à Tommy tant qu'il ne saura pas répondre à la question : "De quelle couleurs sont les petits pois ?". Indice : la réponse, c'est pas "verts"), Tommy le jette à la mer. Autant dire que ses relations avec le capitaine ne vont pas s'améliorer. Tout s'arrange pourtant quand Van de Zee parvient à accoster sur une île pour laquelle il possède une carte au trésor. Il ignore qu'un autre navire a jeté l'ancre un peu plus loin et arbore le redoutable pavillon noir. Eh oui : pas d'île au trésor sans son lots de pirates. A la tête des flibustiers, portant un bandeau sur l'œil (oh, il voit parfaitement, il a piqué cet accessoire au bosco parce qu'il trouve que ça fait classe), le tristement célèbre Zwarte Jack. Pour Tommy, ce n'est pas tout à fait un inconnu…
Comme son nom l'indique, Tommy Egg a une tête d'œuf et l'innocence d'un poussin à peine éclos, qui lui permet de franchir chaque obstacle avec facilité, simplement parce qu'il ignore que c'est difficile. En revanche, il est doté d'un sens aigu (et très personnel) du ridicule. En pleine tempête, son compagnon d'infortune lui tend aimablement un ciré : "Hé voilà la pluie ! Mets ça gamin ! – Heum !... c'est que… j'aime pas trop le jaune capitaine !". Situations et répliques inattendues et déconcertantes se multiplient au long de cette aventure signée Eco, dans un graphisme proche de l'école Blain / Larcenet avec quelque chose de plus juvénile et insouciant. C'est frais, drôle et joyeux, mais cette aventure se dévore… un peu trop rapidement. Arrivé au terme de son odyssée, Tommy pourrait bien faire siens les vers nostalgiques de Joachim du Bellay ou ceux de Brassens : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage et puis a retrouvé après maintes traversées le pays des vertes années…
