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L'adaptation en bande dessinée
d'oeuvres issues de la littérature non graphique, que par simplification on
appelle "adaptations littéraires", n'est pas un phénomène nouveau. Jusqu'à
présent, il s'agissait surtout de projets isolés, à l'initiative des auteurs
eux-mêmes. Ce qui a changé récemment, c'est le lancement de structures ou de
collections spécialisées par les éditeurs eux-mêmes. Delcourt a ouvert le bal,
en mars 2007, avec la collection Ex-Libris confiée à Jean David Morvan.
Gallimard a suivi, avec le label Fétiche ; Adonis s'est lancé dans un vaste
programme de parution de 50 albums sous l'appellation Romans de toujours. Petit
à Petit, déjà actif avec des collections de chansons, nouvelles ou poésies en
BD, a complété son offre avec Littérature en BD et Théâtre en BD. Chez Soleil,
le label spécialisé Noctambule devrait voir le jour au second semestre 2008.
Enfin, Casterman prépare pour mai prochain le lancement d'une collection
d'adaptations de romans policiers du catalogue Rivages Noir.
N'en doutons plus, que les motivations des éditeurs soient artistiques, humanitaires (c'est l'argument d'Adonis, donc la collection a reçu le soutien bienveillant de l'UNESCO), éducatives (la BD ayant retrouvé grâce aux yeux de l'Education Nationale, il n'est pas sot de vouloir imaginer des oeuvres qualibrées pour être utilisables en classe), stratégiques (ne pas laisser les autres éditeurs occuper seuls une niche qui pourrait - qui sait ? - devenir fructueuse) ou économiques, nous sommes face à une sorte de course éditoriale. |
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INTERVIEWS
Jean David Morvan, à l'occasion du
lancement de la collection Ex-Libris (23 mars 2007) |
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Avant de devenir directeur de la
collection Ex-Libris pour Delcourt, tu avais déjà réalisé quelques adaptations.
Et notamment, chose assez rare, l'adaptation du roman SF d'un auteur encore
vivant… |
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Comment la collection « Ex-Libris »
a-t-elle été créée ? |
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Quand nous avons signé le projet pour Les trois mousquetaires, nous avions dit à Guy Delcourt que nous aimerions faire aussi 20 ans après et Le vicomte de Bragelonne, pour offrir au lecteur une vision plus panoramique du travail de Dumas autour de cet univers. Comme j'étais en train de travailler sur deux adaptations en parallèle, j'ai imaginé de créer un projet plus global autour de cette idée. J'en ai parlé avec quelques copains auteurs, qui se sont vite montrés enthousiastes. Ils ressentaient la même envie de faire partager leur amour pour certains livres. |
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Le processus est le même chez beaucoup d'auteurs
: on raconte des histoires, parce qu'au départ, on a aimé en lire beaucoup.
J'ai aussi constaté l'envie générale d'une certaine fidélité au texte, ce qui
consiste, pour Les trois mousquetaires par exemple, à ne pas donner de
pouvoirs magiques à Milady, et à ne pas mélanger cette intrigue avec celle du
Masque de fer. Des adaptations, il en existait avant
Ex-Libris. Qu'est-ce qu'une collection apporte de plus ? |
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Qu'est-ce qui va distinguer un album
Ex-Libris d'une autre BD adaptée d'un roman ? |
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La base de notre travail, c'est de faire de bons
albums de BD. Si les écoles s'y intéressent, tant mieux. Ce n'est pas le but
premier de la collection, mais si des profs veulent étudier un roman et son
adaptation en BD, ça peut être un exercice intéressant. Quand on lit un livre,
au bout d'un moment on ne voit plus des mots mais directement des images. En
bande dessinée, c'est un peu la même chose, sauf que ce sont les images de
quelqu'un d'autre qu'on regarde. |
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Comment les livres sont-ils choisis ?
Parmi les premiers projets, il y a surtout des livres du XIXe siècle, ou
d'époques antérieures. Des œuvres non encore libres de droit sont elles
susceptible d'être adaptées ? Quel est l'accompagnement que tu fais
des auteurs de la collection ? |
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Parmi les auteurs Ex-Libris, il y a des
auteurs qui ont déjà publié de nombreux albums. Il y a aussi des dessinateurs
dont ce sera le premier album. Comment ceux-ci ont-ils été sélectionnés ?
Stanislas Gros par exemple ? |
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Effectivement, il y a une grande variété
de styles chez les premiers auteurs Ex-Libris, entre Ruben qui a un style très
cartoon, et Gaultier qui est plus dans les canons de la "nouvelle
BD"... |
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Ca me parait vraiment important que les œuvres
asiatiques soient mises en images par des dessinateurs qui connaissent la
culture. Autant c'est facile pour un Européen de s'approprier un roman
américain, autant un auteur européen, même avec beaucoup de documentation,
aurait du mal à produire un récit asiatique qui ne soit pas constellé de
petites erreurs. |
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Exactement. Je remercie d'ailleurs Patrick Abry, qui depuis a créé les éditions Xiao Pan, de m'avoir invité à ce festival. Le programme de visite prévoyait trois jours de festival et deux jours de visite. Au lieu d'aller voir la Grande Muraille et la Cité interdite, j'ai préféré prendre contact avec des éditeurs et rencontrer des auteurs chinois, pour établir des ponts et des collaborations. |
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Une collection d’adaptation est
parallèlement en train de s’ouvrir aux éditions Soleil…
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Loïc Dauvillier : témoignagne d'un
auteur Ex-Libris (23 mars
2007) |
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Les auteurs de BD qui adaptent un roman
sont souvent suspectés de pratiquer l'exercice par manque
d'imagination... |
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Qu'est ce qui t'intéresse
particulièrement dans Oliver Twist ? |
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Ce n'est pas perturbant d'arriver après
Will Eisner, qui dans Fagin le juif modernise l'intrigue en la
centrant sur Fagin plutôt que sur Oliver Twist ? Quel est le cadre fixé par Jean David
Morvan ? |
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Jean David Morvan : nouvelle
rencontre, au sujet des "romans chinois" (24
janvier 2008) Pour adapter Le Voyage en
Occident, tu es revenu au nom chinois du héros, Sun Wukong, alors qu’il
est plus connu sous son nom japonais San Goku (grâce à Dragon Ball notamment).
Mais pourquoi avoir changé le titre du livre en Le dieu singe ? |
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Tu sais déjà en combien de volumes les
romans seront découpés ? Le mode de narration est très différent,
entre Le dieu singe et Au bord de l’eau. A quoi cela tient,
qu’est-ce qui te fait choisir de mettre plus ou moins de récitatifs dans une
adaptation plutôt qu’une autre, par exemple ? |
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Concrètement, comment tu travailles avec
les auteurs chinois ? |
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Pourquoi avoir choisi de réaliser les
adaptations toi-même, plutôt que de les confier à des auteurs chinois
? Ex-Libris s’empare du patrimoine
littéraire mondial… Tu as des priorités ? La collection a été lancée il y a près
d’un an. Quels sont les titres qui ont le mieux marché pour le moment
? |
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Je ne crois pas que ce soit un lancement
fulgurant, mais ça doit être suffisamment honnête pour qu’on puisse continuer.
Au niveau presse, ça se passe bien. Notre intention avec Guy Delcourt, n’est
pas de faire un coup ponctuel, mais de poser la collection de façon progressive
et durable. Pour l’instant il me suit, on verra jusqu’où ça va. C’est certain
qu’un ou deux vrais best-sellers ne feraient pas de mal. Propos recueillis en mars 2007 et janvier
2008 par Jérôme Briot |









Au départ, Scott McCloud est un auteur de
comics comme les autres. Né en 1960, il vit de son art depuis 1984,
année où il lance sa propre série, Zot. Lucide, McCloud évalue que
cette série arrive en cinquième position sur la liste des activités qui
contribuent à sa célébrité. Car ce n’est pas dans la fiction que son talent se
montre le plus éclatant, mais dans un domaine bien plus spécifique : la
réflexion sur la bande dessinée.

Michel, grippé, doit garder la chambre, alors il lit des mangas
(Nausicaa de Miyazaki et Galaxy Express 999 de Matsumoto…
bonne pioche !). Comme son copain Petit Vampire n'y connaît rien, le garçon lui
explique que le Japon est « le pays des bandes dessinées » et ajoute :
« Quand je serai grand, je serai dessinateur. Je serai tellement connu
qu'on m'invitera au Japon ». Influencé par cette conversation et
s'endormant sur les manga de Michel, Puchi Banpi, pardon, Petit Vampire se
retrouve en rêve dans un Tokyo plus exotique, bizarre et impénétrable que
nature…
