par Tronchet et Anne Sibran (Dupuis, coll. Aire Libre)
Après Le quartier évanoui et le très remarqué Là-bas, Anne Sibran et Tronchet coopèrent une nouvelle fois à la réalisation d'une histoire. Attention, il ne faudra pas confondre ce livre avec le film homonyme de Rémi Bezançon, même si les dates de sortie des deux œuvres coïncident. Nous parlons ici de l'adaptation en bande dessinée du second roman d'Anne Sibran, paru en 2001 chez Grasset.
Sous la forme d'un journal intime, dessiné le plus souvent dans un gaufrier à six cases par planches, il s'agit de l'histoire d'Ariane de Samca, une jeune fille qui par un étrange réflexe de survie, a appris à voler. Pas dans les magasins, non, mais dans les airs parmi les oiseaux. C'est que la réalité qui l'entoure est du genre insupportable : son père, maître égorgeur pour une boucherie, la dégoûte. Ariane suspecte d'ailleurs ses parents de violence envers sa sœur Célia, qui dépérit à vue d'œil… Peut-être sont-ils même des vampires ? Fuyant la demeure familiale par la voie des airs, elle trouvera un peu de quiétude auprès de Paulin Magloire, un amoureux des oiseaux qui lui enseigne le cri qui console et la douceur de la tropopause, lieu céleste où tout est harmonie…
"Il faut me croire" réclame l'héroïne dès la première image. Le lecteur n'aura guère d'autre choix, tant dans le récit d'Ariane la rêverie se mêle au réel et la poésie à l'horreur. Le dessin caractéristique de Tronchet, expressif mais non réaliste, et une colorisation tout en contrastes et en oppositions achèvent d'apporter à ce récit l'ambiance surnaturelle qui lui convient.
