de Pierre Christin et André Juillard (Dargaud)
De l’ex-RDA à la Turquie en passant par différents pays de ce qu’on appelait autrefois le bloc soviétique, Léna est chargée d’apporter quelques objets d’apparence anodine à des conspirateurs, d’anciens apparatchiks du Parti qui n’ont pas baissé les armes. Discrétion oblige, la convoyeuse a reçu pour consigne de ne jamais utiliser ni carte bancaire, ni téléphone cellulaire et de ne pas voyager par avion. D’où une certaine lenteur dans les déplacements. Quelles sont les motivations de Léna ? Et à quoi participe t-elle, au juste ?
Pour Enki Bilal, Pierre Christin avait composé des récits politiques pleins de tumulte et de fureur : Les phalanges de l’ordre noir ou Partie de chasse. A l’opposé, Le voyage de Léna est le thriller le moins hollywoodien qu’on puisse imaginer. On n’y trouve pas d’armes, à peine une scène d’action et encore, au dénouement. La douceur du trait d’André Juillard, renforcée par des couleurs vives, ferait presque passer cette odyssée tranquille pour un voyage d’agrément. Pourtant il se dégage de cette intrigue qui ne cherche pas le spectaculaire un rare sentiment d’authenticité. Pour leur première collaboration, les deux auteurs se montrent à la hauteur de leur réputation.
