Le briographe

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Tag - Alain Ayroles

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lundi 2 novembre 2009

De cape et de crocs, acte IX

De cape et de crocs, acte IX, Revers de fortune, d’Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou

DELCOURT, 48 P. COULEUR, 12,90€

 

 

Une série dont un des running gags consiste à conjuguer le verbe choir à tous les temps, surtout s’ils sont inusités, mérite forcément le détour. En ce pénultième acte (déjà !), nos héros sont déconfits, emprisonnés ou tombés sous les coups des armes inélégantes. Mais c'est compter sans l’intervention du sempiternel Deus ex Machina : Eusèbe, en chair et en oreilles. Si vous n’êtes pas encore à-crocs à cette série qui dé-cape, c’est que vous ne vous y êtes pas encore plongé. Hâtez-vous de la lire, que les bras vous en cheyent !

lundi 3 mai 2004

Luna Incognita, De cape et de crocs T6

De cape et de crocs T6, par Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou (Delcourt)

Un singulier équipage vogue vers la Lune : un homme (Raïs Kader), deux femmes (Séléné et Dona Hermine), un renard gentilhomme (Armand Raynal de Maupertuis), un loup hidalgo (Don Lope Villalobos y Sangrin) et le lapin Eusèbe. Ils espèrent y trouver fortune : la lune regorge d’arbres insolites couverts d’or et de pierres précieuses. Ils doivent aussi sauver Andréo et Plaisant, leurs compagnons captifs du cruel prince Jean Sans Lune. D’autres qu’eux convoitent ces trésors : le funeste Mendoza, outre l’appât du gain, a un duel en cours avec nos gentilshommes (techniquement des gentilscanidés, d’ailleurs) et Bombastus, qui veut étudier de près ce monde inconnu, par curiosité scientifique.

Armand et Don Lope sont aux anges : ils ont enfin retrouvé leur dulcinées (même si leur affection de ces dernières tend à se détourner au profit d’Eusèbe, qui est vraiment trop mignon). Après quelques péripéties, nos héros réussissent à alunir en toute sérénité (mais ouf, pas dans la mer du même nom).

Les premiers pas sur la lune… un moment émouvant qu’Armand traduit en savoureux alexandrins : « A la solennité préférons l’élégance. Aux grands bonds conquérants, de petits pas de danse ». Après ces paroles historiques, nos héros se mettent à la recherche des Sélénites. Point besoin d’aller en ville, c’est Callikinitopolis (littéralement, la jolie cité mouvante) qui vient à eux. Apprenant que le prince Jean est de retour de son exil sur Terre, les Sélénites s’affolent et conduisent nos amis auprès du roi de la Lune qui, stupeur ! ressemble à son frère comme deux gouttes d’eau (ainsi qu’au duc de Bordeaux, mais les auteurs ont omis de le signaler). Par précaution, une mission leur est confiée : retrouver le Maître d’armes, un autre terrien érudit, philosophe, poète et fin bretteur par-dessus tout, seul capable de reformer les cadets de la lune et d’organiser la défense…

Admirateurs de cette série raffinée et exubérante, fruit de la collaboration entre deux auteurs perfectionnistes à bon escient, vous serez comblés par ce nouvel opus. Que ceux qui ne connaissent pas encore ce bijou du 9e art se précipitent de toute urgence vers le premier tome : De cape et de crocs est une splendeur indispensable que les superlatifs les plus élogieux peinent à décrire selon ses mérites infinis : plein de panache, érudit, humaniste, inattendu, spirituel, poète, enthousiasmant… En un seul mot : jouissif !

 

Mini-interview

Les fans de la saga redoutent déjà la proximité du dénouement de cette histoire. Poursuivrez-vous De cape et de crocs dans un second cycle ?

Alain Ayroles : L’histoire devrait s’achever avec la parution de l’acte IX. Je dis bien « devrait », car à chaque nouveau tome, de nouvelles idées de gags viennent se greffer sur l’intrigue principale et en repoussent le dénouement ; car si je m’efforce de respecter une trame cohérente, mon écriture laisse la part belle à l’improvisation, dans un esprit proche de la commedia dell’arte et du feuilleton à la Dumas. Lorsque ce récit sera terminé, nous préfèrerons certainement réaliser des one shot (la peste soit de l’anglicisme ! ne pourrait-on dire des « un coup » ?) plutôt qu’entamer un nouveau cycle. Mais allez donc raconter une histoire complète en 46 pages quand des personnages secondaires – je pense particulièrement à certain lapin – essaient constamment de tirer la couverture à eux !…

Et que diable Eusèbe allait-il faire dans cette galère !? Finirons-nous par le savoir ?

Alain Ayroles  : On trouve dans l’acte VI quelques révélations concernant le passé trouble de l’ex-galérien. Toute la lumière sera un jour faite sur « l’Affaire » : j’ai déjà écrit le scénario du un coup relatant le parcours d’Eusèbe jusqu’à son arrivée aux galères. Nous en saurions déjà plus si messieurs de Maupertuis et Villalobos daignaient prêter une oreille attentive aux propos de leur ami. Hélas ! Il est fort malaisé de se faire entendre lorsqu’on est un lapin !

paru dans Bédéka #4