Dupuy - Berberian, de Monsieur Jean à "Monsieur Les Présidents"
Par brio le samedi 5 juillet 2008, 20:08 - interview - Lien permanent
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Surprise de l'édition 2008, le Grand Prix
d’Angoulême était décerné, non pas à une, mais à deux personnalités : Philippe
Dupuy et Charles Berberian. Il faut admettre que, malgré quelques œuvres en
solo (Hanté, aux éditions Cornélius, pour Dupuy) ou collaborations
inédites (Cycloman avec Grégory Mardon pour Berberian, également chez
Cornélius), ils sont indissociables : Dupuy et Berberian rédigent et dessinent
ensemble, selon une méthode exposée dans Le journal d’un album
(L’Association). Leur style graphique, héritier d’une certaine vision de la
ligne claire a fait école, auprès de nombreux auteurs, dont Jean-Philippe
Peyraud ou Andi Watson par exemple.
Entrés à Fluide Glacial en 1984, ils produisent, outre quelques récits isolés, Le journal d’Henriette, saga d’une préadolescente complexée (pléonasme ?) en conflit larvé avec ses parents, et trouvant dans l’écriture un exutoire. Quittant le magazine d’Umour et Bandessinée en 1989, le tandem crée Monsieur Jean, aux Humanoïdes Associés puis chez Dupuis, un personnage ni héros, ni anti-héros, préfigurant cette « nouvelle bande dessinée » plus attachée à décrire le quotidien qu’à imaginer des aventures romanesques. Figure emblématique mais pas caricaturale du trentenaire urbain, célibataire mais en couple, Monsieur Jean est rempli d’hésitations quant à la direction à donner à son existence, et de contradictions qui ajoutent à son réalisme. Dépeindre les sentiments complexes de l’adolescence, puis de l’âge adulte, telle est véritablement la marque de fabrique de Dupuy et Berberian. Pour leur retour (inattendu) à Fluide Glacial en 2007, ils se sont lancés dans l'étude à la fois caustique et amusée de cette population qu'on désigne par un vocable qui semble relever du paradoxe ou de l’oxymore : les bourgeois-bohême. Bienvenue à Boboland, donc, pour une visite commentée par Monsieur les présidents d’Angoulême 2009 ! |
| INTERVIEW DE DUPUY & BERBERIAN |
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Vous avez été élus Grand(s) Prix de la
ville d'Angoulême, en janvier dernier. C'est la première fois qu'un tandem
d'auteurs n'était pas séparé. Vous aurez une ou deux voix au sein du collège
des Grands Prix d’Angoulême ? |
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Vous deviez participer au film
Peur[s] du noir, et finalement ça ne s’est pas fait. Pourquoi, que
s’est-il passé ? |
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Le premier Boboland… Il va donc
y en avoir d’autres ? |
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Le rythme de publication de la presse
est une contrainte… D'un autre côté, vous semblez apprécier la prépublication,
non ? |
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Ce n’est certainement jamais simple de «
revenir chez les parents ». Qu’est ce qui vous a fait retourner dans Fluide
Glacial ? |
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C’était un interlude nécessaire, de
décrire la population des bourgeois-bohème, pour éviter que l’étiquette bobo
soit collée à votre personnage Monsieur Jean ? |
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C’est cette contradiction qui nous plait. Le
bobo est l’urbain parfait. On n’est pas sociologues, économistes ou
politologues. On se contente d’observer et de raconter. Nous parlons de nous,
des gens que nous côtoyons. Nous partons du quartier de Paris dans lequel nous
sommes, mais Boboland est en lui-même un pays, avec des ramifications à
l’échelle de la planète… Peut-être même des boyaux de communication d’une
capitale à l’autre. Les lieux de passage d’une zone à l’autre, ce seraient les
magasins. On entrerait dans un « Occitane » à Paris, et on sortirait dans
l’Occitane de Hong Kong. |
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Dans Monsieur Jean, vous aviez une
approche plus réaliste. Boboland force plus le trait, vous êtes plus dans la
satire et la caricature… |
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Vous faites de l’illustration de
publicitaire. Vous avez essayé de vendre « dans quel monde Vuitton »
? |
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PD : Le FIBD a besoin de ça
depuis un moment. L’idée est de pouvoir rendre cohérent tout ce qui est visuel
dans le festival, pour que ça ne s’arrête pas à l’affiche : les programmes, les
supports papiers, la signalétique peut-être même. Le FIBD utiliserait ce
travail pour l’édition 2009, mais aussi pour les suivantes. Ca n’a l’air de
rien, c’est assez technique, mais c’est vraiment du boulot. |
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