Interview de Christin & Mézières

Il y a un paradoxe Valérian : après sa parution dans Pilote, la première aventure, Les mauvais rêves, est restée totalement méconnue jusqu'en 1983, date à laquelle elle fut publiée dans une compilation d'inédits disparates de Mézières. La série démarre donc officiellement avec La cité des eaux mouvantes, album qui ne semble au départ pas spécialement mémorable. Et pourtant, c'est grâce à lui que la série (qui entretemps a décollé en qualité) a pu se sublimer, prenant une coloration métaphysique sans rien perdre de son humour ni de sa poésie.

Dans cette histoire, les auteurs imaginent une civilisation du futur, Galaxity, fondée sur les cendres de notre société, quasi anéantie par un holocauste nucléaire en 1986. Ecrire cela à la fin des années 1960, en toute insouciance, c'était facile. Mais quelques vingt ans plus tard, se trouver dans l'obligation de résoudre le paradoxe temporel induit (puisque la catastrophe n'a pas eu lieu), dans une série dont le héros est précisément un agent spatio-temporel, voilà une mise en abime des plus vertigineuses. Au point que le vocabulaire peine à décrire le phénomène (il faudrait de nouveaux mots : rétro-uchronie ? antécipation ?).

En tout cas, si 2007 est marqué par le quarantième anniversaire de la série, par la sortie d'un nouvel album (L'ordre des pierres, avant-dernier épisode de la saga selon les auteurs), une adaptation en dessin animé, une exposition à la galerie Bosser et la parution d'une intégrale, n'en tirons pas de conclusion hâtive : l'année Valérian, ce n'est pas 2007, cela restera, pour toujours, 1986 !

 

 





Cette histoire d'holocauste de 1986, prédit en 1967, et qu'il vous faut résoudre vingt ans plus tard, c'était un coup prémédité ?

Pierre Christin : Pas vraiment, non ! Quand j’ai commencé à vouloir faire de la science-fiction graphique, désir qui allait aboutir à Valérian, c’était sur un fond qui était celui de la guerre froide et de la menace nucléaire. L’époque était clairement nucléariste, avec des optimistes, comme ces ingénieurs soviétiques qui à l’époque, disaient : « Notre réacteur de Tchernobyl est d’une telle excellence, que nous n’hésiterions pas à le construire sur la Place Rouge en face du Kremlin ! ». De l’autre, il y avait ceux qui vivaient dans l’angoisse de la bombe atomique.
Il y avait un côté très dominant de la science-fiction américaine, qui devenait déjà une super-puissance. En même temps, c’était peu après l’assassinat de Kennedy. New York était la seule métropole verticale, à l’époque, d’où l’envie de fusionner l’orgueil urbanistique, l’orgueil économique de la puissance dominante, et la menace qui pouvait régner à l’égard de tout cela. Partant de là, j'ai posé l'idée qu’il se passerait quelque chose en 1986. C’est une date que j’ai voulue un peu distanciée de 1984, pour éviter un rapprochement avec Orwell.


Oui, mais vous n’avez pas choisi 2084 ou un futur beaucoup plus éloigné. Vingt ans dans le futur, ça vous paraissait à ce point lointain ?

Jean-Claude Mézières : Oh, on ne faisait pas de projection !

PC : J’étais loin de penser qu’on continuerait à faire Valérian en 1986 ! Nous faisions nos histoires tranquillement, Jean-Claude et moi. Mais vers 1982, j’ai commencé à gamberger en me disant que 1986 approchait et qu’il allait falloir s’occuper du problème que cela posait. Si nous arrivions en 1986, cela signifiait que le cataclysme nucléaire cité dans Valérian n’avait pas eu lieu. Et par ailleurs, cela posait un challenge littéraire tout à fait inédit. Etre rejoint par sa création de vingt ans plus tôt, ce n’est pas si fréquent.
A présent, cela me paraît simple d’en parler, mais à l’époque, je me suis bien pris la tête pour trouver une solution. Il fallait retoucher l’histoire. En même temps que je trouvais une solution, cela faisait apparaître un problème : la modification de l’Histoire bouleversait l’existence de Galaxity. C'était comme si, en 1967, nous avions posé une mine à fragmentation qui allait exploser vingt ans plus tard. Et il nous faut vingt ans de plus pour résoudre complètement la question. Vous aurez la réponse dans le prochain Valérian !


A partir de 1982, vous travaillez sur les moyens de recanaliser la série pour lui conserver une cohérence historique malgré la non-catastrophe nucléaire de 1986… et en 1986, Tchernobyl arrive.

PC : Oui, ça nous a paru énorme. Nous avions tout réorganisé en fonction de l’inexistence d’une catastrophe nucléaire… et voilà qu’il y a cet accident à Tchernobyl ! J’étais complètement stupéfait, et résoudre ma relation avec ces événements m’a beaucoup occupé. Comme je l’évoque dans Le sarcophage, dessiné par Bilal, je suis parti en reportage à Tchernobyl. L'accident survenu là-bas concrétise l’effondrement de l’empire soviétique, que nous annoncions dans Partie de chasse. Tchernobyl est en quelque sorte la métaphore technique de l’effondrement de tout un système politique.


Vous êtes assez familier des prémonitions : dans Par des temps incertains, vous décapitez littéralement un building d’affaires, et ceci, trois mois avant le 11 septembre 2001.

PC : Aussitôt qu’on fait de la projection, si on reste dans des horizons atteignables, il n’est pas rare que de telles coïncidences se produisent. Dans un de ses romans, Barjavel avait imaginé une société où tout le monde avait un téléphone à l’oreille... J’ai moi aussi eu quelques visions. Parfois, les coïncidences sont troublantes. Par exemple, l’effondrement des tours du World Trade Center a eu lieu le jour où j’ai apporté à Dargaud le bon à tirer de Adieu, rêve américain. J’ai appris les événements à la radio en sortant de chez l'éditeur. Quand l’annonce a été faite d’un troisième avion qui se crashait sur le Pentagone, je me suis demandé un moment si on n’était pas en train de nous refaire le coup de La guerre des mondes, d’Orson Welles !
En tout cas, c’est vrai que mes travaux de fiction ont plusieurs fois été rejoints par la réalité, avec une brutalité inattendue. Je suis poursuivi par ça : France Info sort un bouquin à l’occasion de ses 20 ans, ils ont demandé à de nombreux auteurs de participer... Et forcément, j’ai écopé du 9/11 ! S’agissant de débusquer les coïncidences, le 11 septembre montre les limites de l’exercice : un certain nombre de cinglés du chiffre 11 se sont livrés à de savantes recherches, et ils trouvent du 9/11 partout. Cela va faire comme avec l’affaire Kennedy : plus les années passent, plus les hypothèses se multiplient.

JCM : Ces coïncidences sont remarquées à cause de la longévité de la série.

PC : Valérian est une chronologie imaginaire, mais que nous avons voulue crédible. Ce n’est pas échevelé. Au pire, l’incertitude ressentie doit être comparable à celle d’un lecteur de livres d’Histoire ancienne. Dans le prochain Valérian, on trouvera deux interprétations différentes du futur de la Terre, qui seront développées par deux protagonistes. Et si on travaille encore sur Valérian quand on aura 92 ans, il faudra ENCORE que je trouve quelque chose pour résoudre d’autres paradoxes…

JCM : Euh ! On verra, on verra ! Il reste encore de longs tunnels de travail…




Il parait qu’il y a autant de façons de travailler, que de tandems Scénariste / Dessinateur. Comment vous répartissez-vous la tâche ?

PC : Pour ma part, j’aime discuter beaucoup avec les dessinateurs, pour connaître leurs envies du moment. Par exemple, Le long voyage de Léna résulte de discussions avec André Juillard, qui me faisait part de son envie de travailler sur des ambiances un peu nostalgiques. Je décris les projets dans un synopsis, qui peut être assez bref avec mes vieux complices, comme Jean-Claude Mézières, Bilal ou Annie Gotzinger. On se comprend à mi-mots, ce n’est pas la peine que je fasse du style. Je commence donc par une trame d’une dizaine de feuillets. Pour qu’on en discute. Après quoi, je livre quelque chose de très charpenté, image par image, avec beaucoup de didascalies, d’explications d’images, beaucoup de documents typologiques : des portraits psychologiques des personnages, éventuellement des photos, de temps à autres quelques croquis malencontreux…

JCM : ah oui, au moins tes dessins nous laissent une grande liberté d’interprétation !!!


Vous allez jusqu’à définir des cadrages ?

PC : Non, surtout pas ! Prenons un exemple. Si pour Valérian, il est nécessaire de créer une nouvelle bestiole cosmique, je vais beaucoup m’attarder à décrire ses propriétés. Mais après, le fait qu’elle soit à plumes, à poils, à pattes, à pinces ou à bec… C’est à Jean-Claude d’en décider. Je lui détaille les capacités de la créature, je lui décris l’environnement dans lequel elle vit, ses raisons d’agir. Mais c’est lui qui décide complètement de son apparence. Il peut juste m’arriver d’émettre des réserves comme « surtout pas insectoïde », parce que c’est presque toujours synonyme d’antipathique. Mais pour ce qui est des cadrages, les rares indications que je vais donner sont du genre « ici, une grande image pourrait être nécessaire ».

JCM : Ce qui n’empêche pas une réinterprétation.

PC : Il y a aussi le fait que les dessinateurs ont tendance à avancer case par case…

JCM : ah moi non, j’avance par lot de six pages.

PC : d’accord, mais moi j’ai quarante pages d’avance. Un détail qui peu paraître anodin en début d’histoire peut se révéler crucial trente-cinq pages plus loin. Je vais donc devoir insister pour que tel ou tel élément ait été vu. En revanche, définir s’il aura été vu en plongée ou en contre plongée, ce n’est pas moi qui m’en occupe. Après tout cela, Jean-Claude se met au travail, ce qui ouvre un autre tour de négociations, parfois harmonieuses, parfois grinçantes…


Quels sont les points de désaccords qui peuvent survenir ?

JCM : C'est-à-dire que Pierre me fournit un récit rêvé, que je suis chargé de concrétiser. A cette étape interviennent en même temps les contraintes de rythme, de choix de cadrages, de composition des doubles pages, et de continuité des ambiances. On se met d’accord pour définir par exemple que les doubles page comporteront entre 14 et 16 images en moyenne, ce qui permet à Pierre d’adopter un certain rythme dans son écriture.
Je garde la liberté de réinterpréter les scènes, en donnant plus d’importance à telle ou telle scène qui me semble le mériter, en apportant des modulations dans le rythme. Tout cela est assez normal, et je ne peux pas être un dessinateur aux ordres, surtout dans un domaine comme la science-fiction, qui privilégie autant l’imaginaire. Il arrive que certains points de détail posent un problème, qu’il faut résoudre. La création d’un nouveau personnage peut nous amèner à modifier l’histoire !


PC : Si le personnage imaginé par Jean-Claude me séduit d’emblée, je vais retirer des dialogues à d’autres personnages pour alimenter celui-ci. Mais les négociations portent parfois sur de petites choses. Dans Au bord du grand rien, il y a eu une sourde bataille entre nous autour de l’identité de la petite jeune fille qui fabrique des scaphandres, qui s’appelle Ki-Gai. J’avais rapporté des photos de Birmanie, avec de jeunes couturières fluettes… et Jean-Claude s’était mis en tête de dessiner une espèce de bonne femme colossale, et il n’en démordait pas. En même temps, c’était un personnage réussi… qui est devenu la commandante. Une fois qu’on a débloqué ça, comme par miracle, la couturière est redevenu ce qu’elle devait être…

JCM : Je voulais un contraste, pour éviter d’avoir deux silhouettes de même valeur. D’où mon insistance, qui nous a bloqué temporairement, mais cela s’est soldé par un enrichissement.


Dans L’ordre des pierres, vous livrez (comme dans Les Héros de l’équinoxe) une interprétation des mondes par différents personnages. Valérian, une fois de plus, refuse de participer à l’exercice et s’en sort par une pirouette. L’interprétation du scientifique de la bande est très chaotique, avec une représentation inspirée par Jackson Pollock, qu’on retrouve quelques pages plus loin.

PC : Oh, ça a été un combat, ça aussi… Je tenais par-dessus tout à ce que ce soit traité à la manière de Jackson Pollock parce que ça préparait le monde qu’ils allaient vraiment voir vingt pages plus loin. Jean-Claude a regimbé, mais plus il rentrait dans l’histoire, mieux il comprenait les raisons de mon insistance. Il m’a cassé les nougats pendant des jours et des jours sur le premier Pollock, mais quand pour lui c’est devenu quelque chose d’interprétable dans le contexte de Valérian, c’est lui qui a pris l’initiative, et il était tout fier de me montrer ce qu’il en avait fait !

JCM : Avec le recul, j’oublie tous ces détails. Sur les dialogues, quand je lui propose des changements, il y a toujours des arrangements parce que je vois les choses en terme de mise en scène. Si c’était un film au lieu d’être une bande dessinée, ce serait vite réglé. Là, c’est plus compliqué. Et puis, il n’aime pas retoucher.

PC : J’adore les discussions sur le visuel. Mais pour les dialogues, je suis un peu comme les auteurs de théâtre, j’ai une certaine raideur. Je considère toujours les destructions narratives qu’une modification peut apporter.

JCM : Je soumets aussi parfois des problèmes de pagination, quand il y a un pavé de texte qui me semble trop important. J’ai vraiment besoin de travailler en séquences. Mon travail consiste à interpréter d’une façon graphique les récits que me soumet Pierre. Je négocie quand j’ai la sensation de manquer de place, où quand je pense que le récit a besoin de respirer un peu plus.


Entre Valérian et Laureline, les moeurs sont assez libres. Ce qui reflète l'idéal en vogue au moment où la série a démarré. Depuis, la libération sexuelle a connu quelques revers. Cela vous pose t-il un problème aujourd’hui ?

PC : Valérian et Laureline sont nés en pleines sixties. J’ai été très marqué par le situationnisme, par Simone de Beauvoir, par le Women’s Lib américain. On rentrait des USA, où le féminisme était un courant très fort. C’est un combat qui me séduisait. Valérian et Laureline vivent une sorte d’union libre, où chacun garde un quant-à-soi. Aucun n’est inféodé à l’autre. C’est effectivement très sixties. Mais je crois que personne n’a rien proposé de mieux. C’est comme ça qu’il faut continuer d’être, si possible.
Les mœurs ont changé, c’est vrai, et cela ne nous pose aucun problème sur le medium bande dessinée. En revanche, dès qu’on passe à une adaptation en dessin animé, c’est une autre histoire. Les chaines de télévision redoutent les plaintes des ligues de vertu, et veulent tout formater en fonction de cette menace. Cela passe donc par le rajeunissement drastique des personnages, qui deviennent des quasi-adolescents, pour que le spectateur puisse raisonnablement penser qu’ils n’ont pas de relations sexuelles.
Ce n’est pas le seul problème que pose Valérian pour une exploitation commerciale sur le petit écran. Une idée forte des années 70, c’est le refus de la xénophobie et de l’ostracisme. Mais aussitôt que la série devient un objet commercial, les chaines se plaignent : qui sont les méchants ? Il n’y a pas de méchants dans Valérian. Ce n’est pas une BD angélique. Il y a des combats, des confrontations, des enjeux importants. Mais il n’y a pas de méchants, chacun a sa propre vérité, parfaitement admissible. Nous pouvons penser qu’un monstre aquatique comme le Groubos nous trouve répugnants, avec nos petits nez en trompette et le fait que nous respirons de l’oxygène.
Ceci, c’est la base de la série BD. Mais on sent bien que ça ne plait pas à tout le monde. Oh oui, en quarante ans, les mœurs ont changé…


Vous avez modifié le titre de la série : Valérian, agent spatio-temporel devient Valérian et Laureline. C'est une réhabilitation tardive, parce qu'en réalité, cela fait longtemps que c’est Laureline qui se tape le plus gros du travail, non ?

PC : Quand on a commencé, les journaux de BD s’adressaient plutôt à un public de garçons. Et cette série entrait dans un format assez classique. Quand j’ai commencé à travailler avec Bilal, cinq ou six ans plus tard, ça avait déjà bougé. Ce qu’on a appelé depuis des one-shots était devenu un format envisageable. Il y a un certain archaïsme dans Valérian, que j’ai voulu sciemment miner de l’intérieur. C’est un héros masculin… mais qui est un faux héros. Valérian n’a aucun super-pouvoir, il n’est pas spécialement beau. Tout au plus, il est courageux et c’est un bon pilote. Dès le départ, j’ai éprouvé le besoin qu’il y ait une héroïne à part entière. Beaucoup de BD m’énervaient par leur machisme naïf. Peu à peu, Laureline a littéralement pris le dessus. Jean-Claude a réussi à en faire un personnage extrêmement attachant, dont je me suis amouraché. Et de façon générale, j’aime beaucoup faire dialoguer les femmes. Les paroles, les réactions de Laureline me viennent spontanément. Nous aurions sans doute dû changer le titre de la série plus tôt.


Une chose amusante à propos de Laureline : pendant au moins quinze albums, vous aviez oublié son passé de licorne, et depuis la réédition des Mauvais rêves, vous ne cessez d’y faire allusion. Pourquoi une amnésie aussi longue, et pourquoi cet attachement à présent ?

JCM : Il faut remettre les choses dans leur contexte. Il y a quarante ans, quand Pierre m’a livré un scénario futuriste, avec Galaxity, capitale du futur, tout ça, je me demandais vraiment comment j’allais dessiner ça !

PC : C’est vrai que j’ai donné à Jean-Claude du grain à moudre, en transportant les personnages dans notre passé, avec du coup un château fort, un cheval, un licorne…


Justement, dans Les mauvais rêves, vous faites appel à la magie. Or, la magie, c’est l’absolu contraire de la science-fiction. Qui peut bien avoir besoin de science dans un monde magique ?

PC : Mon intime conviction, c’est que la plus belle science-fiction s’ancre dans des mythes anciens. J’ai lu récemment Ilium et Olympos de Dan Simmons. L’idée est de faire rejouer, dans un futur stratosphérique, l’Iliade et l’Odyssée par des non-humains. C’est extrêmement touchant. L’un des personnages est une sorte de sous-marin à la con, qui n’a que des pièces qui foutent le camp. L’autre est un avorton de métal et nano-technologies. Et du coup, tout prend un sens totalement différent. C’est magnifique. Un peu comme dans L’odyssée de l’espace de Kubrick : c’est à la fois l’aube de l’humanité et son futur qui sont incarnés par le monolithe.
Au début, Valérian et Laureline sont très ‘service-service’. Après la perte de la terre, ils deviennent un peu des clodos de l’espace, moins impliqués. Depuis quatre ou cinq albums, ils sont obligés de chercher au plus profond d’eux-mêmes des parades et des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent, et du sens à leur existence. C’est aussi pourquoi je fais revenir ce passé de Laureline. Il y a des éléments qu’on va trouver dans le prochain et dernier titre, qui ne sont pas de nature entièrement rationnelle. Une sorte de croyance aux forces de l’esprit. Les Terriens ne sont plus que trois : Valérian, Laureline et Jal. Ils sont un peu comme les Limbos, qui ont été victimes d’un génocide alors qu’ils ont été une grande civilisation.
Tout à coup, ce n’est plus seulement en étant un bon pilote d’astronef, ou en étant une fine mouche dialecticienne qu’on peut s’en sortir. Valérian doit chercher très profondément en lui le désir de retrouver sa terre de naissance, Galaxity. Quant à Laureline, elle a connu un univers magique et l’a perdu, et le fait de rencontrer des êtres qui d’une certaine façon lui sont proches est sans doute important. Après, je ne fais pas tout de manière consciente, hein…

JCM : Ouais ! Et après, c’est à moi de ramer pour rendre ça sur papier !






Propos recueillis en janvier 2007