La volupté
Par brio le vendredi 1 septembre 2006, 20:06 - critique - Lien permanent
de Blutch (Futuropolis)
Sur une route française, une berline roule à vive allure. A son bord, un président de région discute d’une situation de crise avec son état-major. Comme son adjoint se plaint brusquement d’un lacet défait, on arrête la voiture. Sitôt son conseiller à terre, le président ordonne au chauffeur de redémarrer et éclate d’un rire sardonique…
Après un premier livre chez Futuropolis où il interrogeait l’idée du bonheur, Blutch explore les méandres de la volupté. Comme il s’agit plus de rechercher cette sensation que de l’atteindre, le récit se révèle rapidement une radioscopie du fantasme plutôt que de l’extase. Construit en courtes séquences enchevêtrées, La volupté fait la part belle à l’insolite, à l’ambigu, au malentendu. Mais la première surprise est d’ordre esthétique. Blutch, souvent admiré pour son art du pinceau, a choisi ici d’expérimenter le dessin avec simplement deux crayons, un noir et un rouge. Résultat : un livre qui se démarque de la production actuelle. Inspiré par le cinéaste Luis Buñuel, Blutch joue un surréalisme à mi-chemin entre la poésie et le grotesque. Les situations, les personnages et leurs réactions sont à la fois comiques et bizarres. En un mot : c’est drôle !
