Mister i
Par brio le mardi 4 octobre 2005, 20:05 - critique - Lien permanent
par Lewis Trondheim (Delcourt, coll. Shampooing)
En octobre 2005 Lewis Trondheim, devenu directeur de collection pour les éditions Delcourt, lance le label Shampooing : "Shampooing, ça lave la tête et ça fait des bulles", explique t-il. Des bulles, on n'en verra pas beaucoup dans Mister I, le livre inaugural de cette collection : il s'agit d'un album muet. Sur le même principe que Mister O (dont la réédition est annoncée), chaque planche propose en 60 cases une histoire complète, variation comique sur un thème unique. Pour Mister O, il s'agissait de franchir un ravin. Mister I pour sa part est soumis au supplice de Tantale : malgré la proximité d'arbres fruitiers et de fenêtres garnies de tartes laissées à refroidir, tout se ligue pour l'empêcher d'assouvir sa faim.
Les cases, minuscules, sont dessinées avec un maximum d'économie graphique. On y trouve des personnages aux corps patatoïdes, avec des membres en fil de fer et deux points pour les yeux... Pourtant cela fonctionne. D'abord, parce que la simplicité graphique n'empêche pas l'expressivité. Du fait aussi d'un séquençage très lisible des mouvements et des actions, qui donne la sensation de suivre une série de dessins animés sans paroles. L'essentiel réside bien sûr dans l'originalité et le farfelu des histoires, très scénarisées (n'oublions pas qu'une planche "standard" contient souvent six cases et non soixante). Etonnant, Mister I offre toutefois une performance narrative moindre que Mister O, dont le thème était autrement plus complexe à décliner.
