Sebastian X T1, par Michelangelo La Neve et Stuart Immonen (Humanoïdes associés)

 

Voilà un album pour le moins déroutant. En première planche, deux blocs de texte nous expliquent d'entrée le cadre des aventures à venir : à la fin du 21e siècle, le prédicateur Godstar enregistre le brevet d'un médicament miracle, "la Cure", qui soigne tout. Godstar prétend que la formule de la Cure lui a été soufflée par Dieu Soi-même. Mais l'industriel n'est pas un samaritain. Il devient rapidement l'homme le plus puissant de la planète, en appliquant une politique de vente d'un cynisme effrayant : pour se faire prescrire la Cure, il faut préalablement capitaliser un nombre suffisant de points, obtenus en achetant les autres produits de marque Godstar. En résumé, si on ose une parodie… Nous sommes en 2093 après JC. Toute l'économie mondiale est envahie par Godstar. Toute ? Non ! Une organisation dissidente résiste encore et toujours à son empire et tente de combattre son hégémonie : le Mouvement Laïque Clandestin. Parmi les figures emblématiques du MLC, Sebastian X, surfeur devenu mythique après avoir chevauché pendant 9 heures la vague du raz-de-marée qui transforma Hollywood en un marais !

Impressionnant, n'est-ce pas ? Après une telle introduction, on s'attend à de la grande science-fiction mêlant intrigues politiques, manipulations, espionnage et action hollywoodienne, le tout rehaussé d'un zeste de subversion… bref, on s'attend à un univers efficace et haletant, comme ceux qu'invente un Jean Van Hamme inspiré.

Il y a effectivement un peu de tous ces ingrédients dans le scénario de La Neve, mais inutile de le nier, l'aventure n'est pas à la hauteur de son prologue. Au lieu du chef d'œuvre espéré, on lit une histoire non sans point commun avec le film Volte-face de John Woo. Plus grave, on anticipe assez facilement la chute de l'histoire, supposée nous porter au sommet de l'étonnement. Restent néanmoins les dessins de Stuart Immonen et l'espoir que la prochaine aventure de Sebastian X saura mieux nous surprendre.