Avalon, H.K. T1.1
Par brio le mercredi 5 mai 2004, 20:04 - critique - Lien permanent
H.K. T1.1, par Jean David Morvan et Kévin Hérault, dit "Trantkat" (Glénat, coll. Grafica)
L'Axe est de retour sur Avalon, malgré les crimes commis il y a cinquante ans. Et Avalon déroule le tapis rouge : le besoin est trop fort de renouer des accords commerciaux et diplomatiques avec cette grande puissance. Lola Sterling (la fille du conciliateur chargé de négocier avec l'Axe) et ses amis (tous fils de bonnes familles) refusent la présence des forces axiales sur leur planète. Ils montent un groupe armé pour mener la résistance (casser des voâtures à grands coups de club de golf, quoâ !) et susciter une réaction de masse. Cela les conduit à rencontrer les Initials, une bande de zonards dirigée par Cédrick et Karl Hollister (H. K., c'est lui), qui vit en dérobant des marchandises sur les docks. Confrontation détonante !
H.K. n'est pas une nouveauté : l'album Avalon est originellement paru en 1996 dans une collection manga de Glénat. A l'époque, Kévin Hérault signe Trantkat et Jean-David Morvan n'est pas encore un scénariste très sollicité. La diffusion de la saga est donc sans doute très en deçà de son potentiel. Pour lui offrir une seconde vie, Hérault a décidé de tout réécrire. La démarche va bien au-delà d'une réédition : tout ou presque a changé. H.K. déserte les collections manga pour passer en format d'album conventionnel. Chaque planche est retouchée en profondeur pour s'adapter à cette contrainte : dessins additionnels, nouveau découpage et insertion de huit planches totalement inédites. Pour les couleurs, c'est encore plus radical : Hérault efface tout et recommence. Le résultat est à couper le souffle, en particulier dans les premières planches particulièrement soignées. Les dialogues à leur tour ont été entièrement réécrits : plus bavards et plus châtiés. Par exemple : "Merde ! Mate ça !" devient "Que…? Regarde ! T'as vu ça ?!". C'est le seul point faible de cette réédition : les précédents dialogues étaient plus directs, plus rythmés. Mais il fallait peut-être cela pour donner au lecteur le temps d'admirer…
