Space Bob, Trop de Bonheur T2
Par brio le mardi 3 février 2004, 20:04 - critique - Lien permanent
Trop de Bonheur T2, par Jean David Morvan et Steven Lejeune (Delcourt, coll. Neopolis)
Mégalopole Mars-Aix, 2049. Dans la ligne de mire d’un fusil à lunette : Grzegorz Wiszlicka, le dernier survivant de l’équipe de mercenaires qui trois ans plus tôt avait dévasté un village d’Amérique du Sud. Le village de Chacthmool, dirigeant du complexe industriel qui porte son nom, producteur de drogues et paradis artificiels. Activiste écologiste, tendance intervention musclée et pas de quartiers. N’hésitant pas à faire liquider par des commandos d’assassins toute personne participant à la déforestation de l’Amazonie. Mais le mercenaire n’est pas n’importe qui non plus : un tireur d’élite vient de lui loger une balle dans le buffet… cela s’avère insuffisant pour le stopper. Les rôles s’inversent et si le Polonais termine à l’hôpital, ses agresseurs prennent la direction de la morgue.
Dans le même temps, Sev’ et Toff essaient sans grand succès d’écouler le matos fourni par Pagnol : un produit qui rend heureux, sans accoutumance et gratuit par-dessus le marché ! Une telle description sonne vraiment trop louche aux oreilles des zonards du cours Julien, qui craignent que tout cela ne soit une astuce pour les empoisonner. Mais Marius, débris humain qui n’a rien à perdre et n’a plus bougé de son coin de bitume depuis dix ans, se laisse séduire par la proposition. Aussitôt après absorption du produit, il se lève d’un air décidé sous les yeux médusés de l’assemblée. Cette fois c’est l’émeute, tout le monde veut goûter au « bonheur ». Le bonheur, c’est aussi le nom de cette étrange créature que tout le monde poursuit : la police, une secte d’allumés, d’anciens légionnaires, des maffiosi brésiliens.
Morvan, scénariste très productif aux styles variés est autant à son aise dans des séries de SF, comme Sillage ou Le Cycle de Tschaï (d’après Jack Vance) que les séries humoristiques comme Troll ou Merlin. Avec Trop de Bonheur, il trouve l’occasion de cumuler les deux genres. Le dessin dynamique de Lejeune donne vie à cet univers speedé et permet au lecteur de digérer le caractère pour le moins décousu du scénario, avant la révélation attendue dans les prochains volumes. A chaque groupe de personnage correspond un style graphique : coupe de cheveux et scène de baston très manga pour les miliciens cybernétisés et enrichis aux nano-machines, ligne claire pour la police, style réaliste pour les séides de Chacthmool.
La génération "Club Dorothée" retrouvera avec plaisir quantité de clins d’œil à des séries des années 1980 : L’homme qui valait trois milliards (convertis en euros, modernité oblige !), Ken le survivant... Ajoutons que les dessins fourmillent de petits gags qui peuvent passer inaperçus lors de la première lecture, mais qui pimentent les relectures.
