Le briographe

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lundi 1 octobre 2007

Valérian et Laureline, 40 ans de voyages spatio-temporels

Interview de Christin & Mézières

Il y a un paradoxe Valérian : après sa parution dans Pilote, la première aventure, Les mauvais rêves, est restée totalement méconnue jusqu'en 1983, date à laquelle elle fut publiée dans une compilation d'inédits disparates de Mézières. La série démarre donc officiellement avec La cité des eaux mouvantes, album qui ne semble au départ pas spécialement mémorable. Et pourtant, c'est grâce à lui que la série (qui entretemps a décollé en qualité) a pu se sublimer, prenant une coloration métaphysique sans rien perdre de son humour ni de sa poésie.

Dans cette histoire, les auteurs imaginent une civilisation du futur, Galaxity, fondée sur les cendres de notre société, quasi anéantie par un holocauste nucléaire en 1986. Ecrire cela à la fin des années 1960, en toute insouciance, c'était facile. Mais quelques vingt ans plus tard, se trouver dans l'obligation de résoudre le paradoxe temporel induit (puisque la catastrophe n'a pas eu lieu), dans une série dont le héros est précisément un agent spatio-temporel, voilà une mise en abime des plus vertigineuses. Au point que le vocabulaire peine à décrire le phénomène (il faudrait de nouveaux mots : rétro-uchronie ? antécipation ?).

En tout cas, si 2007 est marqué par le quarantième anniversaire de la série, par la sortie d'un nouvel album (L'ordre des pierres, avant-dernier épisode de la saga selon les auteurs), une adaptation en dessin animé, une exposition à la galerie Bosser et la parution d'une intégrale, n'en tirons pas de conclusion hâtive : l'année Valérian, ce n'est pas 2007, cela restera, pour toujours, 1986 !

 

 





Cette histoire d'holocauste de 1986, prédit en 1967, et qu'il vous faut résoudre vingt ans plus tard, c'était un coup prémédité ?

Pierre Christin : Pas vraiment, non ! Quand j’ai commencé à vouloir faire de la science-fiction graphique, désir qui allait aboutir à Valérian, c’était sur un fond qui était celui de la guerre froide et de la menace nucléaire. L’époque était clairement nucléariste, avec des optimistes, comme ces ingénieurs soviétiques qui à l’époque, disaient : « Notre réacteur de Tchernobyl est d’une telle excellence, que nous n’hésiterions pas à le construire sur la Place Rouge en face du Kremlin ! ». De l’autre, il y avait ceux qui vivaient dans l’angoisse de la bombe atomique.
Il y avait un côté très dominant de la science-fiction américaine, qui devenait déjà une super-puissance. En même temps, c’était peu après l’assassinat de Kennedy. New York était la seule métropole verticale, à l’époque, d’où l’envie de fusionner l’orgueil urbanistique, l’orgueil économique de la puissance dominante, et la menace qui pouvait régner à l’égard de tout cela. Partant de là, j'ai posé l'idée qu’il se passerait quelque chose en 1986. C’est une date que j’ai voulue un peu distanciée de 1984, pour éviter un rapprochement avec Orwell.


Oui, mais vous n’avez pas choisi 2084 ou un futur beaucoup plus éloigné. Vingt ans dans le futur, ça vous paraissait à ce point lointain ?

Jean-Claude Mézières : Oh, on ne faisait pas de projection !

PC : J’étais loin de penser qu’on continuerait à faire Valérian en 1986 ! Nous faisions nos histoires tranquillement, Jean-Claude et moi. Mais vers 1982, j’ai commencé à gamberger en me disant que 1986 approchait et qu’il allait falloir s’occuper du problème que cela posait. Si nous arrivions en 1986, cela signifiait que le cataclysme nucléaire cité dans Valérian n’avait pas eu lieu. Et par ailleurs, cela posait un challenge littéraire tout à fait inédit. Etre rejoint par sa création de vingt ans plus tôt, ce n’est pas si fréquent.
A présent, cela me paraît simple d’en parler, mais à l’époque, je me suis bien pris la tête pour trouver une solution. Il fallait retoucher l’histoire. En même temps que je trouvais une solution, cela faisait apparaître un problème : la modification de l’Histoire bouleversait l’existence de Galaxity. C'était comme si, en 1967, nous avions posé une mine à fragmentation qui allait exploser vingt ans plus tard. Et il nous faut vingt ans de plus pour résoudre complètement la question. Vous aurez la réponse dans le prochain Valérian !


A partir de 1982, vous travaillez sur les moyens de recanaliser la série pour lui conserver une cohérence historique malgré la non-catastrophe nucléaire de 1986… et en 1986, Tchernobyl arrive.

PC : Oui, ça nous a paru énorme. Nous avions tout réorganisé en fonction de l’inexistence d’une catastrophe nucléaire… et voilà qu’il y a cet accident à Tchernobyl ! J’étais complètement stupéfait, et résoudre ma relation avec ces événements m’a beaucoup occupé. Comme je l’évoque dans Le sarcophage, dessiné par Bilal, je suis parti en reportage à Tchernobyl. L'accident survenu là-bas concrétise l’effondrement de l’empire soviétique, que nous annoncions dans Partie de chasse. Tchernobyl est en quelque sorte la métaphore technique de l’effondrement de tout un système politique.


Vous êtes assez familier des prémonitions : dans Par des temps incertains, vous décapitez littéralement un building d’affaires, et ceci, trois mois avant le 11 septembre 2001.

PC : Aussitôt qu’on fait de la projection, si on reste dans des horizons atteignables, il n’est pas rare que de telles coïncidences se produisent. Dans un de ses romans, Barjavel avait imaginé une société où tout le monde avait un téléphone à l’oreille... J’ai moi aussi eu quelques visions. Parfois, les coïncidences sont troublantes. Par exemple, l’effondrement des tours du World Trade Center a eu lieu le jour où j’ai apporté à Dargaud le bon à tirer de Adieu, rêve américain. J’ai appris les événements à la radio en sortant de chez l'éditeur. Quand l’annonce a été faite d’un troisième avion qui se crashait sur le Pentagone, je me suis demandé un moment si on n’était pas en train de nous refaire le coup de La guerre des mondes, d’Orson Welles !
En tout cas, c’est vrai que mes travaux de fiction ont plusieurs fois été rejoints par la réalité, avec une brutalité inattendue. Je suis poursuivi par ça : France Info sort un bouquin à l’occasion de ses 20 ans, ils ont demandé à de nombreux auteurs de participer... Et forcément, j’ai écopé du 9/11 ! S’agissant de débusquer les coïncidences, le 11 septembre montre les limites de l’exercice : un certain nombre de cinglés du chiffre 11 se sont livrés à de savantes recherches, et ils trouvent du 9/11 partout. Cela va faire comme avec l’affaire Kennedy : plus les années passent, plus les hypothèses se multiplient.

JCM : Ces coïncidences sont remarquées à cause de la longévité de la série.

PC : Valérian est une chronologie imaginaire, mais que nous avons voulue crédible. Ce n’est pas échevelé. Au pire, l’incertitude ressentie doit être comparable à celle d’un lecteur de livres d’Histoire ancienne. Dans le prochain Valérian, on trouvera deux interprétations différentes du futur de la Terre, qui seront développées par deux protagonistes. Et si on travaille encore sur Valérian quand on aura 92 ans, il faudra ENCORE que je trouve quelque chose pour résoudre d’autres paradoxes…

JCM : Euh ! On verra, on verra ! Il reste encore de longs tunnels de travail…




Il parait qu’il y a autant de façons de travailler, que de tandems Scénariste / Dessinateur. Comment vous répartissez-vous la tâche ?

PC : Pour ma part, j’aime discuter beaucoup avec les dessinateurs, pour connaître leurs envies du moment. Par exemple, Le long voyage de Léna résulte de discussions avec André Juillard, qui me faisait part de son envie de travailler sur des ambiances un peu nostalgiques. Je décris les projets dans un synopsis, qui peut être assez bref avec mes vieux complices, comme Jean-Claude Mézières, Bilal ou Annie Gotzinger. On se comprend à mi-mots, ce n’est pas la peine que je fasse du style. Je commence donc par une trame d’une dizaine de feuillets. Pour qu’on en discute. Après quoi, je livre quelque chose de très charpenté, image par image, avec beaucoup de didascalies, d’explications d’images, beaucoup de documents typologiques : des portraits psychologiques des personnages, éventuellement des photos, de temps à autres quelques croquis malencontreux…

JCM : ah oui, au moins tes dessins nous laissent une grande liberté d’interprétation !!!


Vous allez jusqu’à définir des cadrages ?

PC : Non, surtout pas ! Prenons un exemple. Si pour Valérian, il est nécessaire de créer une nouvelle bestiole cosmique, je vais beaucoup m’attarder à décrire ses propriétés. Mais après, le fait qu’elle soit à plumes, à poils, à pattes, à pinces ou à bec… C’est à Jean-Claude d’en décider. Je lui détaille les capacités de la créature, je lui décris l’environnement dans lequel elle vit, ses raisons d’agir. Mais c’est lui qui décide complètement de son apparence. Il peut juste m’arriver d’émettre des réserves comme « surtout pas insectoïde », parce que c’est presque toujours synonyme d’antipathique. Mais pour ce qui est des cadrages, les rares indications que je vais donner sont du genre « ici, une grande image pourrait être nécessaire ».

JCM : Ce qui n’empêche pas une réinterprétation.

PC : Il y a aussi le fait que les dessinateurs ont tendance à avancer case par case…

JCM : ah moi non, j’avance par lot de six pages.

PC : d’accord, mais moi j’ai quarante pages d’avance. Un détail qui peu paraître anodin en début d’histoire peut se révéler crucial trente-cinq pages plus loin. Je vais donc devoir insister pour que tel ou tel élément ait été vu. En revanche, définir s’il aura été vu en plongée ou en contre plongée, ce n’est pas moi qui m’en occupe. Après tout cela, Jean-Claude se met au travail, ce qui ouvre un autre tour de négociations, parfois harmonieuses, parfois grinçantes…


Quels sont les points de désaccords qui peuvent survenir ?

JCM : C'est-à-dire que Pierre me fournit un récit rêvé, que je suis chargé de concrétiser. A cette étape interviennent en même temps les contraintes de rythme, de choix de cadrages, de composition des doubles pages, et de continuité des ambiances. On se met d’accord pour définir par exemple que les doubles page comporteront entre 14 et 16 images en moyenne, ce qui permet à Pierre d’adopter un certain rythme dans son écriture.
Je garde la liberté de réinterpréter les scènes, en donnant plus d’importance à telle ou telle scène qui me semble le mériter, en apportant des modulations dans le rythme. Tout cela est assez normal, et je ne peux pas être un dessinateur aux ordres, surtout dans un domaine comme la science-fiction, qui privilégie autant l’imaginaire. Il arrive que certains points de détail posent un problème, qu’il faut résoudre. La création d’un nouveau personnage peut nous amèner à modifier l’histoire !


PC : Si le personnage imaginé par Jean-Claude me séduit d’emblée, je vais retirer des dialogues à d’autres personnages pour alimenter celui-ci. Mais les négociations portent parfois sur de petites choses. Dans Au bord du grand rien, il y a eu une sourde bataille entre nous autour de l’identité de la petite jeune fille qui fabrique des scaphandres, qui s’appelle Ki-Gai. J’avais rapporté des photos de Birmanie, avec de jeunes couturières fluettes… et Jean-Claude s’était mis en tête de dessiner une espèce de bonne femme colossale, et il n’en démordait pas. En même temps, c’était un personnage réussi… qui est devenu la commandante. Une fois qu’on a débloqué ça, comme par miracle, la couturière est redevenu ce qu’elle devait être…

JCM : Je voulais un contraste, pour éviter d’avoir deux silhouettes de même valeur. D’où mon insistance, qui nous a bloqué temporairement, mais cela s’est soldé par un enrichissement.


Dans L’ordre des pierres, vous livrez (comme dans Les Héros de l’équinoxe) une interprétation des mondes par différents personnages. Valérian, une fois de plus, refuse de participer à l’exercice et s’en sort par une pirouette. L’interprétation du scientifique de la bande est très chaotique, avec une représentation inspirée par Jackson Pollock, qu’on retrouve quelques pages plus loin.

PC : Oh, ça a été un combat, ça aussi… Je tenais par-dessus tout à ce que ce soit traité à la manière de Jackson Pollock parce que ça préparait le monde qu’ils allaient vraiment voir vingt pages plus loin. Jean-Claude a regimbé, mais plus il rentrait dans l’histoire, mieux il comprenait les raisons de mon insistance. Il m’a cassé les nougats pendant des jours et des jours sur le premier Pollock, mais quand pour lui c’est devenu quelque chose d’interprétable dans le contexte de Valérian, c’est lui qui a pris l’initiative, et il était tout fier de me montrer ce qu’il en avait fait !

JCM : Avec le recul, j’oublie tous ces détails. Sur les dialogues, quand je lui propose des changements, il y a toujours des arrangements parce que je vois les choses en terme de mise en scène. Si c’était un film au lieu d’être une bande dessinée, ce serait vite réglé. Là, c’est plus compliqué. Et puis, il n’aime pas retoucher.

PC : J’adore les discussions sur le visuel. Mais pour les dialogues, je suis un peu comme les auteurs de théâtre, j’ai une certaine raideur. Je considère toujours les destructions narratives qu’une modification peut apporter.

JCM : Je soumets aussi parfois des problèmes de pagination, quand il y a un pavé de texte qui me semble trop important. J’ai vraiment besoin de travailler en séquences. Mon travail consiste à interpréter d’une façon graphique les récits que me soumet Pierre. Je négocie quand j’ai la sensation de manquer de place, où quand je pense que le récit a besoin de respirer un peu plus.


Entre Valérian et Laureline, les moeurs sont assez libres. Ce qui reflète l'idéal en vogue au moment où la série a démarré. Depuis, la libération sexuelle a connu quelques revers. Cela vous pose t-il un problème aujourd’hui ?

PC : Valérian et Laureline sont nés en pleines sixties. J’ai été très marqué par le situationnisme, par Simone de Beauvoir, par le Women’s Lib américain. On rentrait des USA, où le féminisme était un courant très fort. C’est un combat qui me séduisait. Valérian et Laureline vivent une sorte d’union libre, où chacun garde un quant-à-soi. Aucun n’est inféodé à l’autre. C’est effectivement très sixties. Mais je crois que personne n’a rien proposé de mieux. C’est comme ça qu’il faut continuer d’être, si possible.
Les mœurs ont changé, c’est vrai, et cela ne nous pose aucun problème sur le medium bande dessinée. En revanche, dès qu’on passe à une adaptation en dessin animé, c’est une autre histoire. Les chaines de télévision redoutent les plaintes des ligues de vertu, et veulent tout formater en fonction de cette menace. Cela passe donc par le rajeunissement drastique des personnages, qui deviennent des quasi-adolescents, pour que le spectateur puisse raisonnablement penser qu’ils n’ont pas de relations sexuelles.
Ce n’est pas le seul problème que pose Valérian pour une exploitation commerciale sur le petit écran. Une idée forte des années 70, c’est le refus de la xénophobie et de l’ostracisme. Mais aussitôt que la série devient un objet commercial, les chaines se plaignent : qui sont les méchants ? Il n’y a pas de méchants dans Valérian. Ce n’est pas une BD angélique. Il y a des combats, des confrontations, des enjeux importants. Mais il n’y a pas de méchants, chacun a sa propre vérité, parfaitement admissible. Nous pouvons penser qu’un monstre aquatique comme le Groubos nous trouve répugnants, avec nos petits nez en trompette et le fait que nous respirons de l’oxygène.
Ceci, c’est la base de la série BD. Mais on sent bien que ça ne plait pas à tout le monde. Oh oui, en quarante ans, les mœurs ont changé…


Vous avez modifié le titre de la série : Valérian, agent spatio-temporel devient Valérian et Laureline. C'est une réhabilitation tardive, parce qu'en réalité, cela fait longtemps que c’est Laureline qui se tape le plus gros du travail, non ?

PC : Quand on a commencé, les journaux de BD s’adressaient plutôt à un public de garçons. Et cette série entrait dans un format assez classique. Quand j’ai commencé à travailler avec Bilal, cinq ou six ans plus tard, ça avait déjà bougé. Ce qu’on a appelé depuis des one-shots était devenu un format envisageable. Il y a un certain archaïsme dans Valérian, que j’ai voulu sciemment miner de l’intérieur. C’est un héros masculin… mais qui est un faux héros. Valérian n’a aucun super-pouvoir, il n’est pas spécialement beau. Tout au plus, il est courageux et c’est un bon pilote. Dès le départ, j’ai éprouvé le besoin qu’il y ait une héroïne à part entière. Beaucoup de BD m’énervaient par leur machisme naïf. Peu à peu, Laureline a littéralement pris le dessus. Jean-Claude a réussi à en faire un personnage extrêmement attachant, dont je me suis amouraché. Et de façon générale, j’aime beaucoup faire dialoguer les femmes. Les paroles, les réactions de Laureline me viennent spontanément. Nous aurions sans doute dû changer le titre de la série plus tôt.


Une chose amusante à propos de Laureline : pendant au moins quinze albums, vous aviez oublié son passé de licorne, et depuis la réédition des Mauvais rêves, vous ne cessez d’y faire allusion. Pourquoi une amnésie aussi longue, et pourquoi cet attachement à présent ?

JCM : Il faut remettre les choses dans leur contexte. Il y a quarante ans, quand Pierre m’a livré un scénario futuriste, avec Galaxity, capitale du futur, tout ça, je me demandais vraiment comment j’allais dessiner ça !

PC : C’est vrai que j’ai donné à Jean-Claude du grain à moudre, en transportant les personnages dans notre passé, avec du coup un château fort, un cheval, un licorne…


Justement, dans Les mauvais rêves, vous faites appel à la magie. Or, la magie, c’est l’absolu contraire de la science-fiction. Qui peut bien avoir besoin de science dans un monde magique ?

PC : Mon intime conviction, c’est que la plus belle science-fiction s’ancre dans des mythes anciens. J’ai lu récemment Ilium et Olympos de Dan Simmons. L’idée est de faire rejouer, dans un futur stratosphérique, l’Iliade et l’Odyssée par des non-humains. C’est extrêmement touchant. L’un des personnages est une sorte de sous-marin à la con, qui n’a que des pièces qui foutent le camp. L’autre est un avorton de métal et nano-technologies. Et du coup, tout prend un sens totalement différent. C’est magnifique. Un peu comme dans L’odyssée de l’espace de Kubrick : c’est à la fois l’aube de l’humanité et son futur qui sont incarnés par le monolithe.
Au début, Valérian et Laureline sont très ‘service-service’. Après la perte de la terre, ils deviennent un peu des clodos de l’espace, moins impliqués. Depuis quatre ou cinq albums, ils sont obligés de chercher au plus profond d’eux-mêmes des parades et des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent, et du sens à leur existence. C’est aussi pourquoi je fais revenir ce passé de Laureline. Il y a des éléments qu’on va trouver dans le prochain et dernier titre, qui ne sont pas de nature entièrement rationnelle. Une sorte de croyance aux forces de l’esprit. Les Terriens ne sont plus que trois : Valérian, Laureline et Jal. Ils sont un peu comme les Limbos, qui ont été victimes d’un génocide alors qu’ils ont été une grande civilisation.
Tout à coup, ce n’est plus seulement en étant un bon pilote d’astronef, ou en étant une fine mouche dialecticienne qu’on peut s’en sortir. Valérian doit chercher très profondément en lui le désir de retrouver sa terre de naissance, Galaxity. Quant à Laureline, elle a connu un univers magique et l’a perdu, et le fait de rencontrer des êtres qui d’une certaine façon lui sont proches est sans doute important. Après, je ne fais pas tout de manière consciente, hein…

JCM : Ouais ! Et après, c’est à moi de ramer pour rendre ça sur papier !






Propos recueillis en janvier 2007

vendredi 21 septembre 2007

Construire un feu

par Christophe Chabouté (Vents d'Ouest)

« Un homme marche dans le Grand Nord canadien, vers une mine où d’autres sont déjà, à chercher l’or qui pourrait faire leur fortune et changer leur vie. Sous ce ciel sans soleil, il est accompagné de son chien-loup. Il fait probablement soixante degrés en dessous de zéro. Il connait la région. Il sait faire un feu. Parviendra-t-il à atteindre sa destination ? » (résumé idéal par Laurent Cirade, de BDGest).

 

Construire un feu, de Christophe Chabouté d'après Jack LondonQuelle surprise que Chabouté, dont on connaît la maîtrise voire la prédilection pour le noir, se lance dans l’adaptation d’une œuvre dominée par une telle lumière ! Dans ce Klondike aux températures extrêmes, neige, glace et ciel polaire font jouer des blancs ou gris aussi aveuglants que mordants. Tout le spectre des couleurs en est affecté, et même les flammes sont blêmes, décalées vers le blanc. Cette volte-face chromatique de Chabouté n’est qu’une illusion : ce récit est l’un de ses plus sombres.
 
Pourtant il y a comme un acte manqué dans Construire un feu. Ce n’est pas que le dessinateur ait ménagé sa peine. Graphiquement, répétons-le, c’est magnifique. Mais après l’épatant Henri Désiré Landru, ce nouveau livre semble tout de même, eh bien, manquer d'audace. Comme si, sur ce coup là, Chabouté n’était pas allé au bout de sa démarche artistique.
 
Tout au long de l'histoire, on sent la tentation de l’auteur de faire une adaptation totalement muette de la nouvelle de Jack London. Pas moins de vingt planches ne contiennent aucun texte, et ce sont les plus fortes du livre. Construire un feu raconte une solitude. Hormis dans la préface, nécessaire pour poser le contexte, il fallait laisser s'imposer un silence assourdissant. L’utilisation de récitatifs distanciés qui s’adressent au personnage en le tutoyant (« Tu es à Henderson Creek, à seize kilomètres de la fourche. Tu peux y arriver avant midi ») ne fait qu’atténuer la tension dramatique. Sans le recours à cette voix-off, souvent redondante avec le contenu narratif des images, le récit aurait été à la fois plus subtil et plus intense. Au lecteur averti d’essayer d’en faire abstraction pour deviner, derrière les textes inutiles, le chef d’œuvre que ce livre aurait pu être.

samedi 30 juin 2007

Best of Hiver-Printemps 2007, selon l'ACBD

À partir de la liste de toutes les nouveautés BD parues entre le 10 novembre 2006 et le 10 juin 2007 (pas moins de 2000 titres), chaque membre actif de l’ACBD a choisi 10 albums qui lui ont semblé incontournables ; ceci afin de sélectionner 20 titres que l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée met en avant pour l’été.

 
Voici les couvertures des 20 incontournables à lire cet été :
 
« Kiki de Montparnasse » par Catel et José-Louis Bocquet, Casterman, coll. Écritures « Seules contre tous » par Miriam Katin, Seuil « Gus T1 : Nathalie » par Christophe Blain, Dargaud « Là où vont nos pères » par Shaun Tan, Dargaud, coll. Long courrier
 
« Le sommeil de Léo » par Jean-Claude Denis, Futuropolis « Abdallahi T2 » par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch, Futuropolis « Chaque chose » par Julien Neel, Gallimard, coll. Bayou « Messire Guillaume T2 : Le pays de vérité » par Matthieu Bonhomme et Gwen de Bonneval,
 
« Aziyadé » par Franck Bourgeron [d'après Pierre Loti], Futuropolis « Île Bourbon 1730 » par Lewis Trondheim et Appollo, Delcourt, coll. Shampooing « Rides » par Paco Roca, Delcourt, coll. Mirages « Le chat du rabbin T5 : Jérusalem d'Afrique » par Joann Sfar, Dargaud, coll. Poisson Pilote
 
« Miss Pas Touche T2 : Du sang sur les mains » par Kerascoët et Hubert, Dargaud, coll. Poisson « Le sommeil du monstre T4 : Quatre ? Dernier acte » par Enki Bilal, Casterman « RG T.1 : Riyad-sur-Seine » par Frederick Peeters et Pierre Dragon, Gallimard, coll. Bayou « L’espace d'un soir » par Colonel Moutarde et Brigitte Luciani, Delcourt
 
« Katharine Cornwell » par Marc Malès, Les Humanoïdes associés « Le cycle de Cyann T4 : Les couleurs de Marcade » par François Bourgeon et Claude Lacroix, « Massacre au pont de No Gun Ri » par Park Kun-woong [d'après Chung Eun-yong], Vertige Graphic « Par les chemins noirs T1 : Les prologues » par David B., Futuropolis
 
 
Et les mêmes, par ordre alphabétique d’éditeurs :

• « Kiki de Montparnasse » par Catel et José-Louis Bocquet, Casterman, coll. Écritures
• « Le sommeil du monstre T4 : Quatre ? Dernier acte » par Enki Bilal, Casterman
• « Gus T1 : Nathalie » par Christophe Blain, Dargaud
• « Le chat du rabbin T5 : Jérusalem d'Afrique » par Joann Sfar, Dargaud, coll. Poisson Pilote
• « Là où vont nos pères » par Shaun Tan, Dargaud, coll. Long courrier
• « Miss Pas Touche T2 : Du sang sur les mains » par Kerascoët et Hubert, Dargaud, coll. Poisson Pilote
• « Rides » par Paco Roca, Delcourt, coll. Mirages
• « L’espace d'un soir » par Colonel Moutarde et Brigitte Luciani, Delcourt
• « Île Bourbon 1730 » par Lewis Trondheim et Appollo, Delcourt, coll. Shampooing
• « Messire Guillaume T2 : Le pays de vérité » par Matthieu Bonhomme et Gwen de Bonneval, Dupuis, coll. Repérages
• « Abdallahi T2 » par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch, Futuropolis
• « Aziyadé » par Franck Bourgeron [d'après Pierre Loti], Futuropolis
• « Par les chemins noirs T1 : Les prologues » par David B., Futuropolis
• « Le sommeil de Léo » par Jean-Claude Denis, Futuropolis
• « Chaque chose » par Julien Neel, Gallimard, coll. Bayou
• « RG T.1 : Riyad-sur-Seine » par Frederick Peeters et Pierre Dragon, Gallimard, coll. Bayou
• « Katharine Cornwell » par Marc Malès, Les Humanoïdes associés
• « Seules contre tous » par Miriam Katin, Seuil
• « Le cycle de Cyann T4 : Les couleurs de Marcade » par François Bourgeon et Claude Lacroix, Vents d'Ouest
• « Massacre au pont de No Gun Ri » par Park Kun-woong [d'après Chung Eun-yong], Vertige Graphic
 
 
 
Cette liste permettra également d'opérer un premier tri pour le Grand Prix de la Critique 2007 qui sera proclamé en décembre prochain.
 

mardi 26 juin 2007

Concours "Dessinez avec René Goscinny"

Modeste-et-Pompon.gif... Info ou intox ?La lettre Goscinny du 26 juin 2007 est consacrée aux nombreuses réjouissances prévues à Cannes, du 29 juin au 1er juillet dans le cadre de la manifestation "Cannes fête Goscinny".

Entre autres événements, l'annonce d'un concours de bande dessinée libellé ainsi :
« Pour la première fois, Anne Goscinny a accepté qu’un scénario inédit de son père, René Goscinny, soit illustré… par les participants d'un concours de BD. 70 candidats environ vont avoir le bonheur et le privilège d’illustrer un scénario du grand René Goscinny. Nous pouvons vous révéler dès à présent qu’il s’agit d’un gag en une planche, soit 8 cases, qu’il faudra mettre en image en 2 heures de temps. Mais pour l’heure, secret absolu sur ce texte inédit de Goscinny qui met en scène les héros d’une célèbre bande dessinée.
Petit détail émouvant : les candidats auront en main une reproduction du « tapuscrit » original (manuscrit tapé à la machine).

Pour vous inscrire:
«Dessinez avec René Goscinny» - Samedi 30 juin à 10h – Cour de l’Institut Stanislas à Cannes. Inscription dans la limite des places disponibles.
Allô Mairie+ : 0810 021 022 (Prix d’un appel local) de 7 h à 19h.

Le 1er juillet, un prix sera décerné à la meilleure réalisation après délibérations d’un jury composé d’Anne Goscinny, de l’humoriste Gérald Dahan et de quelques stars de la bande dessinée… »


Bigre ! Quel mystère !
Le suspense serait complet si, détail amusant, la miniature du "tapuscrit" original de Goscinny, recouverte d'un point d'interrogation et légendée « Scénario inédit de René Goscinny » ne portait un nom de fichier transparent : Modeste-et-Pompon.gif


Gaffe des organisateurs, ou fausse piste délibéremment posée ? A vous de voir... Mais une relecture de la saga de Franquin et quelques exercices pour capter les personnages ne peuvent pas faire de mal à ceux qui voudraient tenter ce concours...

Merci qui ?

samedi 23 juin 2007

vide-grenier

Chaque année, l'association des commerçants de ma rue organise un vide-grenier.
J'en profite pour regarder les livres jeunesse (pour ma fille) et les BD que les gens de mon quartier remettent en circulation. A l'échelle infime de ma rue, il y a des évolutions étonnantes. Il y a trois ans encore, on était en pleine préhistoire. Pas de bande dessinée ou presque. Exception notable, une omniprésence des "Aventures de l'équipe Cousteau en bande dessinée", série parue chez Robert Laffont. De quoi interloquer des bataillons de sociologues : c'était comme si, par un étrange phénomène collectif, tous les possesseurs de cette saga s'en étaient lassés en même temps. D'ailleurs, le simple fait qu'une demi-douzaine de riverains de ma rue possèdent chacun un exemplaire ou plus de cette BD est en soi une curiosité. Enfin bref.
 
En 2005 les choses se sont améliorées. Grâce, notamment, à deux jeunes mecs qui vendaient les services de presse collectés par, disaient-ils, un copain à eux censé travailler pour un mensuel féminin assez connu. A l'époque, je ne recevais presque jamais de livre des éditeurs, je trouvais donc injuste que des journalistes ou des magazines qui ne publient jamais le moindre article sur la bande dessinée reçoivent autant de livres. Mais faut dire qu'un seul article dans Elle, Cosmo ou Marie-Claire, peut avoir un impact dément. Les éditeurs prennent donc le risque, et ils n'ont pas tort.
En 2006, le manga a fait son apparition sur les tables de camping dressées par mes voisins. Les gamins recyclaient leurs exemplaires de Pokemon, mais j'ai aussi pu mettre la main sur un tome 1 du Bouddha de Tezuka (pour 2 euros) par exemple. Non sans fierté, j'ai aussi vu quelques exemplaires de Bédéka (proposés à 50 centimes). Et j'ai pu acheter des Capsule Cosmique, pour le même prix. Un vendeur proposait une valise entière de magazines Spirou à 30 centimes pièce (soit 87% de ristourne sur le prix de vente en kiosque). Grande année pour les chineurs bibliophiles : tout les vendeurs ou presque avaient des livres à vendre, avec une proportion de BD non négligeable.
 
Cette année, au contraire, c'était sinistre. Du bibelot en veux-tu en voilà, mais des bouquins, que pouitche ! Au passage, mes vendeurs de SP n'avaient pas fait le déplacement, ou peut-être que leur copain a changé d'employeur. Ou alors il faisait pas assez beau. J'étais en train de me lamenter quant au nombre ridicule de livres jeunesse disponibles (puisque c'est ce que je cherchais en priorité), quand au bout d'une allée, je vois une grosse pile de BD. J'y regarde d'un peu plus près : tous publiés aux Humanos. Et certains titres à peine sortis.
 
« Ben dites donc, c'est du super récent, que vous avez là !, admiré-je.
« Oh, bah, c'est des services de presse, me répond le vendeur avec désinvolture
Interloqué (et un peu jaloux de voir une fois de plus quelqu'un être dans les petits papiers d'un éditeur et s'en cogner royalement), je lève un sourcil de réprobation :
« Vous êtes journaliste ?
« Non. Mais je suis dans la BD.
L'expression "dans la BD" m'étonne un peu. Je regarde un peu plus attentivement mon interlocuteur. Et --miracle-- je le reconnais (habituellement, je ne suis pas physionomiste). Surprise, c'est un de ces auteurs dont je connais très bien les oeuvres, pour les avoir relues dizaines de fois.
« Ah oui, effectivement, vous êtes dans la BD. C'est drôle, je fais moi-même du journalisme BD, je ne m'attendais pas à vous rencontrer ici !
« Ben tu dois recevoir plein de services de presse aussi, alors.
« Euh... ça devient plus fréquent. Les SP, ça augmente avec la longévité en écriture. Les éditeurs commencent à s'habituer à moi.
« Moi, je leur ai dit, aux Humanos, d'arrêter de m'envoyer leur bouquins, vu qu'il n'y a presque rien qui m'intéresse dans leurs parutions. Mais ils me les envoient toujours. Alors voilà, je fais un peu de ménage chez moi ! »
 
 
Ouais ouais ouais.
La prochaine fois qu'un auteur me raconte son indignation parce qu'un mec a osé mettre en vente sur e-bay une dédicace exécutée l'après-midi même... je vais simplement hausser les épaules, genre Hein ? Ah oui, ohlala, quelle incorrection.
 
 

lundi 18 juin 2007

L'Afrique de Didier Millotte

Didier Millotte, l'auteur du diptyque oriental Meilleurs voeux chez Carabas, a réalisé le scénario d'une bande dessinée jeunesse qui sort ce mois ci dans la collection Punaise de Dupuis : Prince Gédéon, dessiné par Alex Langlois. Mais l'actualité la plus brûlante de Millotte, c'est sa participation à un séminaire au Cameroun et en République centrafriquaine, du 27 mai au 15 juin derniers, qu'il raconte en textes et en dessins sur un blog ouvert pour l'occasion : http://dimillotteblog.blogspot.com.
 
Le but du séminaire : organiser des ateliers d'écriture d'article et de composition de bandes dessinées, dans le cadre du lancement d'un journal pour adolescents : Jouv'Afrique.
 
 
 

dimanche 17 juin 2007

Si la Tour Eiffel était une girafe...

... elle signerait des autographes.

Notre voisin et ami Manu Lods a composé un nouveau disque de chansons pour enfants. Il a demandé à Monika Briot (ma charmante épouse) de réaliser les illustrations pour le CD. Voici le flyer de l'événement :

 

samedi 16 juin 2007

Fluide Glacial n°372 adopte la BoBo attitude !

 En cahier central de Fluide Glacial n°372 (dessin de couverture par Philippe Dupuy, Charles Berberian et Riad Sattouf), un "spécial bobo" de 32 pages sur papier recyclé. Changer de papier en plein numéro, c'est à peu près aussi écolo qu'un 4×4 qui roule au diester, mais c'est l'intention qui compte : c'est ça, la BoBo attitude !

Ce dossier est l'occasion idéale pour attirer l'attention des lecteurs sur le retour dans le magazine de Dupuy et Berberian. Après plus de quinze ans d'absence, les créateurs d'Henriette et de Monsieur Jean composent "Bienvenue à Boboland", une suite de tranches de vie garanties sans OGM... L'occasion de tout savoir sur, par exemple, le "book crossing".
Fraîche recrue du magazine, Libon est excellent. Ce mois ci, son personnage Hector Kanon se relooke dans le seul but de pouvoir entrer dans une boîte très select. Le déroulement est relativement classique jusqu'à la troisième page, qui pourrait être la chute... mais non, une quatrième planche bouleverse le récit et le transcende.
Enfin, Pascal Brutal himself rend visite à un couple de copains de Paris Centre, quartier réservé aux millionnaires, dans cette France ultra-libérale dirigée par Alain Madelin (Rappelons que Pascal Brutal est une série d'anticipation, située en 2020. Si, si). Et là, il se fait donner une magistrale leçon de virilité par un mouflet impertinent...
 
Hors du dossier bobo, Christian Binet livre l'épilogue de son tome 4 des Impondérables, de courts récits indépendants et interdépendants, qu'il faut impérativement lire d'une traite pour en saisir le fil directeur. Binet est le dernier résistant du noir et et blanc dans le magazine, mais il n'est pas le dernier pour ce qui est de se renouveler dans la forme.
Ailleurs encore, Mélanie Bondage a des démêlés avec les frères Bogdanov, vieilles têtes de Turc du magazine (déjà dans les années 80 !) ; Lindingre orchestre une arnaque à l'Alzheimer.

Côté rédactionnel, on retiendra surtout le portrait de Francis Masse par Yves Frémion. Très à l'honneur ces derniers temps, Francis Masse : Le Seuil vient de sortir L'art attentat, et L'Association réédite L'Avalanche.

Enfin, Léandri livre une nouvelle courte mais bonne "Le Mécène", et son indispensable Chronique du dérisoire, consacrée aux pétages de plombs, souvent sanglants, des coloniaux au début du XXe siècle. A noter, le tome 5 de L'Encyclopédie du Dérisoire vient de sortir, il est cette fois en couleurs et accompagné d'un DVD avec des extraits de "La minute de Léandri", émission sur la télé belge que tout la francophonie leur envie.
Planche réalisée par ISA en pour le bulletin d'abonnement à Fluide Glacial

© ISA / Fluide Glacial 2007

mercredi 23 mai 2007

Sept, la collection qui fait recette !

Les plaies d'Egypte. Les jours de la semaine. Les Nains de Blanche-Neige. Les merveilles du monde. Les péchés capitaux, les couleurs de l'arc-en-ciel, les mers, les lieues des bottes, ... C'est incroyable le nombre de trucs qui vont par sept !

Delcourt va compléter la liste, en lançant ce mois-ci une collection dirigée par David Chauvel, avec un concept particulier : « 7 » regroupera sept albums indépendants, composés par sept tandems de scénaristes et dessinateurs. Le point commun entre ces albums ? Chacun met en scène, à différentes époques, une compagnie de sept personnages avec une mission périlleuse à accomplir. Le modèle est celui du film d'Akira Kurosawa, Les sept Samouraïs, et de son remake western Les sept mercenaires.


Sept Psychopathes (premier scénario de Fabien Velhmann chez Delcourt, avec Sean Philips au dessin) vient de paraître. Il sera suivi par Sept Voleurs (Chauvel/Lereculey) en août et Sept Guerrières (Le Galli/Manapul) en novembre. La collection sera complétée en 2008 par Sept Pirates (Bertho/McBurnie), Sept Prisonniers Gabella/Tandiang, Sept Missionnaires (Ayroles/Critone) et enfin Sept Yakuzas par Morvan et Takahashi.


Bizarre tout de même qu'aucun des scénaristes n'ait proposé "Sept Ascètes". Publié le 07/07/2007, ce livre aurait fait un tabac. Surtout à Sète !

mardi 22 mai 2007

Centenaire de la naissance d'Hergé...

Aujourd'hui, 22 mai 2007, Georges Remi, alias Hergé, aurait eu cent ans.

Si la télévision française n'a pas trouvé utile de consacrer la moindre seconde à cet événement, la presse quotidienne pour sa part n'a pas manqué de signaler l'événement. Les journaux sont donc nombreux à consacrer un article, un focus ou plus encore au créateur de l'immensément célèbre Tintin, mais aussi de séries relativement moins connues comme Quick & Flupke ou Jo, Zette & Jocko.

Les aventures de Tintin n'étant pas spécialement d'actualité (Tintin et les Picaros date de 1977...), les angles choisis pour marquer ce centenaire sont assez variés.

Le Monde privilégie l'approche économique, en inspectant la présence de la marque Tintin sur les différents marchés (livres, figurines et autres licences). Le projet d'un film par Spielberg (pour 2009) est perçu comme une opportunité indispensable pour Moulinsart SA, la société qui gère les droits et l'héritage d'Hergé. Dans un autre article, le journaliste Christophe Quillien interroge Nick Rodwell, directeur de Moulinsart SA.

Pour Le Figaro, Olivier Delcroix précise que le projet d'adaptation de Tintin au cinéma serait en réalité une trilogie, qui verrait la collaborateur entre Steven Spielberg et Peter Jackson. Rien de moins !

Reprise par de nombreux sites, une dépêche AFP rapporte que Philippe Goddin, nouveau biographe d'Hergé dont le livre est annoncé pour octobre prochain, aurait confié dans une interview au quotidien belge Le Soir la conviction suivante : Hergé serait mort non pas d'une leucémie mais du SIDA, contracté par transfusion sanguine. Voilà une théorie des plus douteuses, sachant d'une part que cette maladie est sexuellement transmissible, et d'autre part que, de la séropositivité à l'infection et au décès, il s'écoule généralement plusieurs années, dix ans en moyenne. Souhaitons que M. Goddin soit plus scientifique dans ses recherches biographiques, que dans ses considérations médicales...

Plus classiquement, la plupart des titres dressent une biographie succinte de l'auteur, s'intéressent au projet de Musée Hergé, aux adaptations hollywoodiennes promises ou à l'histoire du phénomène Tintin.


A découvrir en priorité :
» le site de l'Express, qui présente un gros dossier Tintin, avec des documents inédits
» le programme officiel des festivités, sur tintin.com

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