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  <title>Le briographe - Tag - Vertige Graphic</title>
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  <description>Farbouillages, blafissure et grovulements. Et un soupçon de 9e art.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 12:07:04 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Scott McCloud : « En BD, il n’y a pas de règles ; les voici ! »</title>
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    <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Delcourt</category><category>McCloud</category><category>Vertige Graphic</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Quelle est la nature de la bande dessinée
? Que peut-on faire en BD ? Comment le faire ? Le dessinateur
américain Scott McCloud (qui sera présent aux rencontres internationales du
Festival d’Angoulême 2008) répond à ces questions dans &lt;em&gt;L’Art
Invisible&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Faire de la bande
dessinée&lt;/em&gt;, trois ouvrages de référence qui passionneront tous ceux qui
s’intéressent à la BD en tant que mode d’expression.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; height=&quot;305&quot; alt=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/ArtInvisible%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Au départ, Scott McCloud est un auteur de
comics &lt;em&gt;comme les autres&lt;/em&gt;. Né en 1960, il vit de son art depuis 1984,
année où il lance sa propre série, &lt;em&gt;Zot.&lt;/em&gt; Lucide, McCloud évalue que
cette série arrive en cinquième position sur la liste des activités qui
contribuent à sa célébrité. Car ce n’est pas dans la fiction que son talent se
montre le plus éclatant, mais dans un domaine bien plus spécifique : la
réflexion sur la bande dessinée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Will Eisner, pionnier du renouveau de la BD américaine sous
sa forme de « roman graphique » (c’est-à-dire des histoires aux
thématiques et aux formats moins stéréotypés que ceux qui étaient offerts au
public américain, à la fin des années 1970), avait été un des premiers auteurs
à utiliser la bande dessinée pour parler de bande dessinée, dans deux ouvrages
pédagogiques : &lt;em&gt;La bande dessinée, Art séquentiel&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le récit
graphique&lt;/em&gt; (parus chez Vertige Graphic). Dans les pas de ce maître, qui fut
aussi son professeur, Scott McCloud a consigné quinze années de réflexion dans
trois livres qui forment ce qu’il faudrait appeler un « cycle de
conférences sur la bande dessinée ». Le 9&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art y est décodé de
l’intérieur, puisque l’auteur a choisi d’exposer l’état de ses réflexions et
analyses en dessins, en se représentant sous les traits d’un conférencier – et
en ne lésinant pas sur le budget diaporama !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Publié en 1993 aux Etats-Unis et en 2000 en France, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; a depuis été adapté en seize langues. Le titre a obtenu de
nombreuses distinctions, dont le Prix de la Critique décerné en 2000 par l’ACBD
(association des critiques et journalistes de bande dessinée), et une
reconnaissance par des auteurs réputés comme un des plus intelligents livres
jamais écrits sur le sujet. Introuvable depuis quelques mois, le voilà réédité
chez Delcourt, avec une lisibilité améliorée par un nouveau
lettrage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; height=&quot;284&quot; alt=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Reinventingcomics%28Couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Outre une définition de la bande
dessinée et de précieuses explications sur son fonctionnement, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; milite pour une reconnaissance de la BD comme forme artistique
spécifique. L’auteur explique aussi pourquoi la BD fonctionne, comment des
images fixes et muettes peuvent produire une impression de mouvement et de son.
Tout viendrait de cette capacité des lecteurs à comprendre les ellipses,
autrement dit à établir un lien entre deux cases. La bande dessinée existe,
explique McCloud, à cause de ce qu’il y a entre les cases. D’où ce titre
d’&lt;em&gt;Art invisible&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Les chapitre 3 et 4 sont particulièrement éclairants :
l’auteur liste les différents types d’enchainements possibles d’une vignette à
l’autre, et examine l’utilisation de chacune des catégories par différents
auteurs américains, européens ou japonais. Cette mesure, traduite en
diagrammes, montre que la narration manga est différente des autres. Quinze ans
avant tout le monde, McCloud définissait donc le manga non pas comme une
appellation d’origine, mais en tant que mode narratif objectivement
particulier. De quoi donner raison aux auteurs internationaux qui se
revendiquent de la culture manga sans être japonais !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; height=&quot;306&quot; alt=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/MakingComics%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Visionnaire, McCloud
tente de l’être dans &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt;, nouvelle conférence
dans laquelle il imagine quelles conséquences l’ordinateur et les réseaux
informatiques peuvent avoir sur la bande dessinée, en tant que discipline
artistique d’une part, mais également en tant qu’industrie commerciale. Ce
livre apparaît d’une portée moins universelle que le précédent, car très centré
sur les préoccupations des auteurs américains à l’aube du 21&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;
siècle, sur fond de crise d’un secteur de plus en plus concurrencé par des
loisirs technologiques, comme l’usage d’internet ou le jeu vidéo. Le lecteur
européen ne pourra s’empêcher de trouver McCloud exagérément optimiste dans son
exposé du modèle économique espéré pour les webcomics. En revanche, les
développements sur les possibilités d’une bande dessinée affranchie des
contraintes physiques du papier sont tout à fait passionnants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Enfin, McCloud livrait en 2006 un nouvel opus, publié en
octobre 2007 chez Delcourt sous le titre &lt;em&gt;Faire de la bande dessinée&lt;/em&gt;.
Le narrateur-conférencier revient, et cette fois c’est pour aider les auteurs
en herbe ou confirmés à explorer toutes les voies de perfectionnement
possibles. Rendre les personnages crédibles (aussi bien dans leur
représentation que leur psychologie), construire des univers riches, choisir
ses cadrages, trouver son style, choisir ses outils… En principe, il s’agit de
passer de la théorie à la pratique. Mais c’est peut-être l’inverse, puisque ce
livre permet à McCloud de préciser les différentes thèses exprimées dans
&lt;em&gt;L’Art invisible&lt;/em&gt;, à la lumière de quinze ans d’expérience
supplémentaires ! Le lecteur non praticien y trouve son compte : il
n’est pas si fréquent qu’un auteur prenne le temps d’évoquer les petites
ficelles du métier, avec un tel esprit de synthèse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;em&gt;Paru dans Zoo#10&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>Les innocents</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2005/04/10/Les-innocents</link>
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    <pubDate>Sun, 10 Apr 2005 20:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Coconino Press</category><category>Gipi</category><category>Vertige Graphic</category>    
    <description>    &lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA; mso-no-proof: yes&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les innocents&lt;/em&gt; T1, de Gipi (&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA; mso-no-proof: yes&quot;&gt;Coconino
Press – Vertige Graphic)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial&quot;&gt;Pourquoi diable les Alpes ne
sont-elles pas un peu plus plates ?! Il a fallu plus de dix ans pour que
l'éclatant talent de Gipi traverse les frontières italiennes pour arriver
jusqu'à nous. La revue &lt;em&gt;Black&lt;/em&gt; est la première à l'avoir fait découvrir
au public francophone, avec de courts récits. Après &lt;em&gt;Notes pour une histoire
de guerre&lt;/em&gt; publié chez Actes Sud BD et en attendant la traduction
d'&lt;em&gt;Esterno Notte,&lt;/em&gt; le livre qui lui a valu de nombreuses distinctions
aux festivals italiens, voici &lt;em&gt;Les innocents&lt;/em&gt;, une nouvelle d'une
trentaine de planches.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial&quot;&gt;Aujourd'hui Giuliano devait
emmener son petit neveu Andrea en sortie, dans un parc de loisirs. Le programme
a été bouleversé par un coup de fil. Un vieil ami de Giuliano lui a proposé de
venir le retrouver. Parmi les amis de Giuliano, beaucoup sont des délinquants.
Celui-là sort de douze ans de détention. &amp;quot;Ce n'est pas un délinquant, il était
innocent&amp;quot;, affirme Giuliano pour s'excuser auprès de son neveu. Moqueur, Andrea
réplique alors : &amp;quot;Tes amis qui sont allés en prison étaient tous innocents
?&amp;quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial&quot;&gt;A l'image de cet échange, ce
récit est tout en finesse, en retenue et en sensibilité. Comme elles sont loin,
les exagérations de la Commedia dell'Arte ! Au cinéma, une légère poussée sur
une porte suffit à l'enfoncer. Ici, comme dans la réalité, une épaule ou un
poignet sont plus fragiles qu'une porte… ce qui peut suffire à faire abandonner
certains projets coupables.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial&quot;&gt;Lorsque Giuliano évoque ses
souvenirs, le dessin passe d'un lavis soigné avec des encrages de contour assez
épais, à un mode fil de fer. Comme pour montrer que Giuliano ne dévoile pas
tout à son neveu, trop jeune pour une version non édulcorée. Autre procédé
intéressant : l'histoire s'interrompt sans chute, sans signature, sans la
mention &amp;quot;Fin&amp;quot; ni &amp;quot;À suivre&amp;quot;. C'est un peu abrupt, mais cela montre simplement
que la vie continue pour l'oncle et son neveu. A nous d'imaginer ce qui se
passe au-delà de cet après-midi particulier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Babel</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2004/03/06/Babel</link>
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    <pubDate>Sat, 06 Mar 2004 20:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Coconino Press</category><category>David B.</category><category>Vertige Graphic</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Babel
T1&lt;/em&gt;, par David B. (&lt;span lang=&quot;EN-GB&quot; style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: EN-GB; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA; mso-no-proof: yes&quot;&gt;Vertige graphic &amp;amp; Coconino Press, coll.
Ignatz)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Quand David B.
décide de coucher en bande dessinée ses souvenirs d'enfance et le combat
désespéré de sa famille contre l'épilepsie de son frère aîné, il estime que
cette œuvre occupera trois tomes. Exorciser ses démons intérieurs est
assurément un combat de longue haleine, et &lt;em&gt;L'ascension du haut mal&lt;/em&gt;
compte finalement six volumes. Au terme de cette série, l'auteur constate avec
une certaine déception que le travail de mémoire ne l'a ni libéré ni émancipé
de son passé. Personne ne sera donc réellement surpris de retrouver la famille
Beauchard en première planche de &lt;em&gt;Babel&lt;/em&gt;. Pour autant, le propos n'est
pas de rouvrir ce qui vient d'être achevé, mais plutôt d'apporter un éclairage
sur les influences subies par l'auteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Edité en
bichromie rouge et noir, &lt;em&gt;Babel&lt;/em&gt; est le premier album de la collection
Ignatz, collaboration entre Coconino Press (un éditeur italien à ne pas
confondre avec son quasi-homonyme angoumoisin Coconino-World) et Vertige
Graphic. Ce livre rassemble des récits de rêves et des souvenirs d'enfance de
David B., ainsi qu'un reportage historique poignant sur la guerre du Biafra,
illustré en planches spectaculaires où les cases disparaissent au profit
d'images géantes foisonnantes de monstres, à la manière des peintures de Jérôme
Bosch. Les phylactères et certains éléments graphiques y découpent des têtes de
mort, qu'on ne voit pas au premier regard mais qui frappent l'inconscient.
C'est incontestable : David B. n'a pas son égal pour représenter l'horreur
surréaliste des champs de bataille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Babel&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;peut être lu
comme un album autonome. Il se suffit à lui-même. Mais les références aux
autres travaux de l'auteur y abondent, au point qu'on peut considérer ce livre
comme une pierre de voûte de la bibliographie de David B. ou comme une
&lt;em&gt;ouverture&lt;/em&gt; à son œuvre (au sens musical du terme).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Ou peut-être
faut-il y voir une profession de foi, l'exposé de sa vocation précoce de
dessinateur. Les médecins sont incapables de trouver une explication à la
maladie de son frère. Les adultes conservent le silence et refusent de lui
expliquer le sens des crises qui touchent la planète. Tout cela est donc du
domaine de l'ineffable ? Si les mots ne sont d'aucun secours, les images et les
dessins sont la solution : ils incarnent&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; un langage universel.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Troisième voie possible :
ne chercher dans cet album que le récit passionnant des mémoires de l'auteur et
de ses rêves fascinants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Dans sa célèbre série
&lt;em&gt;Little Nemo&lt;/em&gt;, Winsor McCay décrivait les rêves d'un petit garçon plongé
chaque nuit dans des aventures incroyables au pays de Slumberland. Tout cela
s'achevait à chaque fois par un réveil brutal. Le rêve était un artifice pour
ce pionnier de la bande dessinée. Il permettait de justifier les situations les
plus absurdes et les plus invraisemblables : en rêve, tout est possible et tout
est permis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Chez David B.,
le rapport au rêve est radicalement différent. Il ne s'agit pas d'inventer mais
de raconter des rêves véritablement vécus, retranscrits avec soin dans un
cahier. Les plus évocateurs sont adaptés en bande dessinée, dont le récit
parsème les œuvres du dessinateur. &lt;em&gt;Le cheval blême&lt;/em&gt; par exemple, est un
bouquet de rêves et cauchemars particulièrement suggestifs. Se souvenir de ses
rêves participe du travail d'autobiographie : les rêves sont une autre mesure
du temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;L'auteur n'a
commencé à archiver ses rêves qu'au début des années 80, mais il a conservé un
souvenir très précis de quelques songes de sa jeunesse. Par exemple le &amp;quot;rêve
des ancêtres&amp;quot; lui donna ses premiers émois existentiels et mystiques. Mais
concernant la plupart des autres rêves de cette époque, David B. avoue n'en
avoir que des souvenirs diffus. Pour en traduire néanmoins l'atmosphère, il se
met avec humour dans la peau&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; du
Nemo de McCay, le temps de quatre planches en forme d'hommage : &amp;quot;Little Fafou
and the King of the World&amp;quot;. Sous-entendu : contrairement aux autres, ce rêve-ci
est inventé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Mini-interview&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Que représente Babel pour vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
David B. :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
Dans la tradition biblique, Babel c'est la confusion des langues. Pour moi,
c'est une façon de parler d'un ensemble de choses différentes mais reliées
ensemble, comme les briques d'une tour. Il y a donc des chapitres de rêves, de
souvenirs. Je voulais montrer mes influences, mes centres d'intérêt, ce que
j'ai pu voir pendant les années 60, faire référence à la culture de l'époque.
Le but est d'amener une réflexion sur ce que je suis à présent. C'est sûrement
un projet illusoire… comme la tour de Babel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Vous y replongez dans un univers familier…&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
David B.&lt;/span&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
et familial ! Dans l'Ascension du haut mal, je cherchais à recomposer les
sentiments tels que je les éprouvais à l'époque. Après avoir fini le dernier
tome, j'ai eu envie de parler du regard que j'ai maintenant sur mon enfance et
mon adolescence. Dans Babel, je mets en scène à la fois Pierre-François et
David, mes états enfant et adulte.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Il y a un bel hommage au &lt;em&gt;Little Nemo&lt;/em&gt; de Winsor Mc
Cay.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
David B.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
à cette époque je ne notais pas mes rêves. J'en ai de vagues souvenirs,
quelques images sont restées… Mais je ne peux pas prétendre raconter un rêve
que j'aurais noté de A à Z. Utiliser Little Nemo traduit le fait que c'est une
reconstitution. J'aime cette idée : c'est une idée de bande dessinée. Ce n'est
pas comme mettre un cartouche &amp;quot;attention, ce rêve là est inventé&amp;quot;. Faire de la
bande dessinée, c'est exactement cela : trouver des solutions dessinées pour
raconter l'histoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h6&gt; &lt;/h6&gt;
&lt;h6&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
publié dans Bédéka #2&lt;/span&gt;&lt;/h6&gt;</description>
    
    
    
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