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  <title>Le briographe - Tag - Fleurus</title>
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  <description>Farbouillages, blafissure et grovulements. Et un soupçon de 9e art.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 12:07:04 +0100</pubDate>
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    <title>DicoManga, la bible de la bande dessinée japonaise</title>
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    <pubDate>Fri, 21 Mar 2008 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Fleurus</category><category>Nicolas Finet</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;ouvrage coordonné par Nicolas Finet (Fleurus)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;DicoManga, collectif dirigé par Nicolas Finet (Fleurus)&quot; hspace=&quot;5&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/news278-dicomanga_(couv)jpg.jpg&quot; align=&quot;left&quot; vspace=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt; Les mangas représentent aujourd'hui près
de 40% des nouveautés de bande dessinée publiées dans l'espace francophone
européen. Mais ce phénomène est très récent. Les tout premiers mangas en
version française ont paru il y a trente ans. Le manga n'a réellement conquis
le grand public qu'au milieu des années 1980. Et le tsunami éditorial n'a
commencé que depuis le début de ce millénaire. En conséquence, malgré l'offre
pléthorique actuelle, la production manga reste encore, à ce jour,
&amp;quot;dénombrable&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant que cela ne soit plus possible, le spécialiste des cultures asiatiques
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Finet&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Nicolas
Finet&lt;/a&gt; a eu la lumineuse idée de réunir une équipe de neuf rédacteurs pour
composer le &lt;strong&gt;DicoManga&lt;/strong&gt;, un « dictionnaire encyclopédique de la
bande dessinée japonaise». L'ambition de cet ouvrage consiste à faire le tour
exhaustif du sujet. Riche de 1500 entrées, 900 illustrations et d'une vingtaine
de focus thématiques, le DicoManga établit les fiches biographiques de
&lt;em&gt;tous&lt;/em&gt; les auteurs et chronique &lt;em&gt;toutes&lt;/em&gt; les séries, diptyques et
one-shots de manga parus en France au 31 décembre 2006. Excusez du peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme, toujours en raison de la relative jeunesse du domaine, la quasi
totalité des titres manga sont disponibles (en librairies, chez les éditeurs ou
d'occasion), le DicoManga a toutes les chances d'être, en plus d'un ouvrage de
référence, la source de toutes les tentations !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Quelle est l'histoire de votre relation avec le manga
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Nicolas Finet :&lt;/strong&gt; L’histoire de ma relation avec le manga se
confond avec celle de ma relation avec l’Asie orientale, qui est ancienne et
profonde. Je voyage et je séjourne très régulièrement dans cette région du
monde depuis une vingtaine &lt;img alt=&quot;Portrait de Nicolas Finet, façon manga, par Ta Van Huy&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/Dico-Manga-NicolasFinet.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;d’années. Le Japon fait évidemment partie des destinations qui
me sont très familières. Par ailleurs, j’entretiens, depuis à peu près aussi
longtemps, une relation étroite avec le monde de la bande dessinée –tour à tour
comme journaliste, auteur, éditeur, consultant, etc. Assez logiquement, j’ai
entrepris de faire la synthèse de ces deux passions, ce qui nous amène au
manga. J’ai commencé à creuser le sujet à partir de 1995, à l’époque où je
collaborais à la revue de bande dessinée aujourd’hui défunte des éditions
Casterman, (À Suivre) – revue à laquelle j’ai d’ailleurs consacré un livre
mémorial il y a quatre ans. Casterman, alors, commençait à publier ses
premières bandes dessinées japonaises, et c’est dans ce cadre que j’ai fait
paraître plusieurs dossiers consacrés aux mangas. J’ai également réalisé, pour
(À Suivre), plusieurs entretiens avec des mangakas. Je crois notamment avoir
été le premier journaliste français à interviewer Jirô Taniguchi. Dans les
années qui ont suivi, souvent au fil de mes voyages au Japon, j’ai
régulièrement fait paraître des reportages, des dossiers et des articles sur la
bande dessinée japonaise dans la presse magazine française – la plupart du
temps des titres non-spécialisés, comme CB News, Challenges, Ça m’intéresse, A
Nous Paris, etc. Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; qui paraît aujourd’hui est aussi, d’une
certaine manière, la résultante de ce double compagnonnage, de longue haleine,
avec la bande dessinée d’une part et l’Asie orientale d’autre part.&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;L'équipe DicoManga, croquée par Ta Van Huy&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/news278-dicomanga_team(s).jpg&quot; align=&quot;right&quot; vspace=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Un dictionnaire du manga, pourquoi faire ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un tel ouvrage n’existait tout simplement pas. Non seulement en France, mais
aussi –à ma connaissance en tout cas– nulle part ailleurs dans le monde. En
France, pays de naissance de l’&lt;em&gt;Encyclopédie&lt;/em&gt;, nous avons une
réceptivité particulière aux dictionnaires de toute nature, et sans doute un
réel savoir-faire éditorial en la matière. La raison d’être d’un dictionnaire,
quel qu’en soit le thème, c’est de structurer, clarifier et organiser la
transmission d’une connaissance sur un sujet donné, avec, souvent, une
intention d’exhaustivité. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire avec
le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; — d’autant que le domaine s’y prête tout particulièrement
: la profusion est telle que beaucoup de lecteurs, qu’ils soient néophytes ou
amateurs, sont en manque de repères, ils ne parviennent plus à appréhender,
suivre, décoder cette masse d’ouvrages. Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; répond à ce
besoin ; il veut être à la fois un outil de curiosité, à la fois informatif et
ludique, et une sorte de boussole pour s’orienter dans l’océan des
mangas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Référencer et chroniquer la quasi totalité des mangas parus en
France, est assurément un travail de titan. Comment avez-vous constitué
l'équipe ? Y avait-il des consignes particulières d'écriture ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L’équipe rédactionnelle est constituée de neuf personnes, moi compris,
pratiquement à parité hommes / femmes, avec une petite moitié de japonisants.
Je connaissais presque tous les auteurs avant d’entreprendre ce travail. Mes
critères de choix ont été la familiarité des auteurs avec le sujet, l’aptitude
à trouver, hiérarchiser et transmettre l’information, et enfin la qualité
d’écriture. Il n’y avait pas de consigne particulière d’écriture, excepté, de
ma part, une exigence de rigueur de tous les instants. J’ai même encouragé
chacun à laisser s’exprimer librement son style particulier, et je me suis
efforcé, à l’arrivée, de respecter le regard et les options éditoriales des uns
et des autres. J’espère que cela se ressent à la lecture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Le manga, dites-vous, est en train de conquérir le monde. Mais
pourquoi la France se passionne t-elle plus que d'autres pays pour les mangas ?
Qu'est-ce qui a changé entre l'époque où &amp;quot;Le cri qui tue&amp;quot; intéressait une
poignée de pionniers, et aujourd'hui où la lecture de manga est devenu un
phénomène de masse ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J’ai développé mon analyse de ce phénomène dans la préface du
&lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt;. J’y expose cinq facteurs à mes yeux décisifs, qui se sont
conjugués les uns aux autres :&lt;br /&gt;
1. l’espace francophone européen est de longue date une « terre de bande
dessinée », et à ce titre est probablement dépositaire d’une réceptivité au
genre qui a facilité la percée de la bande dessinée japonaise.&lt;br /&gt;
2. la première génération des passionnés, véritables « militants » de la cause
manga, a joué un rôle déterminant dans la propagation du genre — ils sont
d’ailleurs souvent aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, à la tête des
structures qui participent de son épanouissement.&lt;br /&gt;
3. l’effet générationnel – et là, vous me pardonnerez de me citer moi-même,
mais &lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/DicoManga_interieur_F_165.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;c’est encore la meilleure manière d’être précis : « Le monde
foisonnant des mangas, et des multiples créations qui en découlent (animation,
jeux vidéos, figurines, jouets et goodies en tout genre), est probablement le
premier à avoir permis à toute une jeunesse d’inscrire ses pratiques
culturelles non pas en rupture mais dans le prolongement logique de celles de
ses parents (disons, pour simplifier, un respect partagé pour la bande
dessinée), tout en réussissant néanmoins à affirmer sa différence, sinon sa
rébellion, à travers des contenus, des codes et des goûts parfaitement
hermétiques et incompréhensibles pour les générations précédentes. Quelle
séduisante combinaison ! »&lt;br /&gt;
4. l’intelligence stratégique et tactique de la communauté éditoriale
japonaise, qui exporte à travers le manga les valeurs culturelles du Japon
(c’est le « modèle hollywoodien »), et développe à cet effet des politiques
commerciales extrêmement efficaces.&lt;br /&gt;
5. l’extraordinaire aptitude des auteurs et des éditeurs japonais à valoriser
la proximité des œuvres avec leurs lecteurs – ce que ne fait pas, ou mal, ou
pas assez, la bande dessinée de tradition européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Selon le rapport ACBD 2007 de Gilles Ratier, neuf séries manga
concentrent plus de 50% des ventes... Comment lisez-vous cette statistique
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cela ne m’apparaît pas comme une chose étonnante. Dans la plupart des activités
humaines qui s’organisent dans un rapport marchand, quelles qu’elles soient,
80% de ce qui se commercialise provient de 20%, ou moins, de ce qui se produit.
La bande dessinée n’y échappe pas, même lorsqu’elle est d’origine
japonaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- La frénésie avec laquelle les éditeurs publient les titres ne porte
t-elle pas ombrage à certains ouvrages, qui n'ont pas le temps de trouver leur
public ? Par exemple, l'oeuvre quasi intégrale de Tezuka publiée en quelques
années, est-ce bien raisonnable ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Si, bien sûr, la frénésie des éditeurs peut être un facteur de préjudice. Mais
ce n’est à mon sens pas spécifique au manga ; on peut faire la même remarque
pour l’ensemble du secteur de la bande dessinée aujourd’hui en France, qui tend
à une surproduction dommageable pour la visibilité et la pérennité de la
création en général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Manga, pour vous, cela désigne un mode de narration, ou c'est une
simple appellation d'origine ? Que pensez-vous des livres non-japonais qui se
réclament de la culture manga ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/DicoManga_interieur_F_166.jpg&quot; align=&quot;right&quot; /&gt;Le sous-titre du DicoManga est « le dictionnaire encyclopédique
de la bande dessinée japonaise ». Pour moi, le terme manga désigne une origine,
pas davantage. Exactement comme l’usage du terme « comics » a fini par
s’imposer pour qualifier la bande dessinée anglo-saxonne. Il s’agit encore et
toujours de bande dessinée. Ce qui n’empêche pas, par ailleurs, de constater
que les auteurs et les éditeurs japonais ont collectivement développé des modes
narratifs et graphiques qui leur sont propres, et d’examiner en quoi c’est
intéressant, novateur, différent, etc.&lt;br /&gt;
Je n’ai pas encore d’opinion arrêtée sur les livres non-japonais qui se
réclament de la culture manga : le phénomène me paraît, pour l’heure, beaucoup
trop récent et anecdotique (je n’y mets pas de sens péjoratif) pour pouvoir
être évalué de façon pertinente. Intuitivement, j’aurais tendance à dire que ce
qui compte de toute façon, comme toujours, c’est le talent des auteurs :
ont-ils quelque chose à raconter ? sont-ils les dépositaires d’une œuvre qui
fait sens ? Ce sont, à mon sens, les critères qui prévalent ; que les auteurs,
ensuite, mettent en œuvre ce qu’ils ont à dire dans une forme qui emprunte à la
culture manga, ou qui s’en réclame, est au fond relativement secondaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; ne distingue pas les ouvrages en fonction de
leur intérêt... Mais vous, quels seraient vos cinq indispensables ? Et vos
titres préférés dans les parutions actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Exercice toujours difficile, mais enfin, voilà :&lt;br /&gt;
- Cinq indispensables : « &lt;em&gt;Planètes&lt;/em&gt; » de Yukimura Makoto, «
&lt;em&gt;Monster&lt;/em&gt; » de Urasawa Naoki, « &lt;em&gt;Ayako&lt;/em&gt; » de Tezuka Osamu, «
&lt;em&gt;Lone Wolf &amp;amp; Cub&lt;/em&gt; » de Kojima Goseki et Koike Kazuo, « &lt;em&gt;L’école
emportée&lt;/em&gt; » de Umezu Kazuo.&lt;br /&gt;
- Quelques titres que j’apprécie dans la production actuelle (actuelle au sens
de « sortant actuellement sur le marché français », il peut donc s’agit
d’œuvres datant, au Japon, de plusieurs années) : « &lt;em&gt;Helter Skelter&lt;/em&gt; »
de Okazaki Kyoko, « &lt;em&gt;Kitaro le repoussant&lt;/em&gt; » de Mizuki Shigeru, «
&lt;em&gt;Vagabond&lt;/em&gt; » de Inoue Takehiko, « &lt;em&gt;Lady Snowblood&lt;/em&gt; » de Kamimura
Kazuo et Koike Kazuo, « &lt;em&gt;Un monde formidable&lt;/em&gt; » de Asano Inio, «
&lt;em&gt;Sidooh&lt;/em&gt; » de Takahashi Tsutomu, « &lt;em&gt;Ushijima&lt;/em&gt; » de Manabe
Shohei.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Propos recueillis en mars 2008&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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