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  <title>Le briographe</title>
  <link>http://www.briographe.com/</link>
  <description>Farbouillages, blafissure et grovulements. Et un soupçon de 9e art.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 17 Jul 2008 20:21:32 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>DicoManga, la bible de la bande dessinée japonaise</title>
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    <pubDate>Fri, 21 Mar 2008 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Fleurus</category><category>Nicolas Finet</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;ouvrage coordonné par Nicolas Finet (Fleurus)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;DicoManga, collectif dirigé par Nicolas Finet (Fleurus)&quot; hspace=&quot;5&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/news278-dicomanga_(couv)jpg.jpg&quot; align=&quot;left&quot; vspace=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt; Les mangas représentent aujourd'hui près
de 40% des nouveautés de bande dessinée publiées dans l'espace francophone
européen. Mais ce phénomène est très récent. Les tout premiers mangas en
version française ont paru il y a trente ans. Le manga n'a réellement conquis
le grand public qu'au milieu des années 1980. Et le tsunami éditorial n'a
commencé que depuis le début de ce millénaire. En conséquence, malgré l'offre
pléthorique actuelle, la production manga reste encore, à ce jour,
&amp;quot;dénombrable&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant que cela ne soit plus possible, le spécialiste des cultures asiatiques
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Finet&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Nicolas
Finet&lt;/a&gt; a eu la lumineuse idée de réunir une équipe de neuf rédacteurs pour
composer le &lt;strong&gt;DicoManga&lt;/strong&gt;, un « dictionnaire encyclopédique de la
bande dessinée japonaise». L'ambition de cet ouvrage consiste à faire le tour
exhaustif du sujet. Riche de 1500 entrées, 900 illustrations et d'une vingtaine
de focus thématiques, le DicoManga établit les fiches biographiques de
&lt;em&gt;tous&lt;/em&gt; les auteurs et chronique &lt;em&gt;toutes&lt;/em&gt; les séries, diptyques et
one-shots de manga parus en France au 31 décembre 2006. Excusez du peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme, toujours en raison de la relative jeunesse du domaine, la quasi
totalité des titres manga sont disponibles (en librairies, chez les éditeurs ou
d'occasion), le DicoManga a toutes les chances d'être, en plus d'un ouvrage de
référence, la source de toutes les tentations !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Quelle est l'histoire de votre relation avec le manga
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Nicolas Finet :&lt;/strong&gt; L’histoire de ma relation avec le manga se
confond avec celle de ma relation avec l’Asie orientale, qui est ancienne et
profonde. Je voyage et je séjourne très régulièrement dans cette région du
monde depuis une vingtaine &lt;img alt=&quot;Portrait de Nicolas Finet, façon manga, par Ta Van Huy&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/Dico-Manga-NicolasFinet.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;d’années. Le Japon fait évidemment partie des destinations qui
me sont très familières. Par ailleurs, j’entretiens, depuis à peu près aussi
longtemps, une relation étroite avec le monde de la bande dessinée –tour à tour
comme journaliste, auteur, éditeur, consultant, etc. Assez logiquement, j’ai
entrepris de faire la synthèse de ces deux passions, ce qui nous amène au
manga. J’ai commencé à creuser le sujet à partir de 1995, à l’époque où je
collaborais à la revue de bande dessinée aujourd’hui défunte des éditions
Casterman, (À Suivre) – revue à laquelle j’ai d’ailleurs consacré un livre
mémorial il y a quatre ans. Casterman, alors, commençait à publier ses
premières bandes dessinées japonaises, et c’est dans ce cadre que j’ai fait
paraître plusieurs dossiers consacrés aux mangas. J’ai également réalisé, pour
(À Suivre), plusieurs entretiens avec des mangakas. Je crois notamment avoir
été le premier journaliste français à interviewer Jirô Taniguchi. Dans les
années qui ont suivi, souvent au fil de mes voyages au Japon, j’ai
régulièrement fait paraître des reportages, des dossiers et des articles sur la
bande dessinée japonaise dans la presse magazine française – la plupart du
temps des titres non-spécialisés, comme CB News, Challenges, Ça m’intéresse, A
Nous Paris, etc. Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; qui paraît aujourd’hui est aussi, d’une
certaine manière, la résultante de ce double compagnonnage, de longue haleine,
avec la bande dessinée d’une part et l’Asie orientale d’autre part.&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;L'équipe DicoManga, croquée par Ta Van Huy&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/news278-dicomanga_team(s).jpg&quot; align=&quot;right&quot; vspace=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Un dictionnaire du manga, pourquoi faire ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un tel ouvrage n’existait tout simplement pas. Non seulement en France, mais
aussi –à ma connaissance en tout cas– nulle part ailleurs dans le monde. En
France, pays de naissance de l’&lt;em&gt;Encyclopédie&lt;/em&gt;, nous avons une
réceptivité particulière aux dictionnaires de toute nature, et sans doute un
réel savoir-faire éditorial en la matière. La raison d’être d’un dictionnaire,
quel qu’en soit le thème, c’est de structurer, clarifier et organiser la
transmission d’une connaissance sur un sujet donné, avec, souvent, une
intention d’exhaustivité. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire avec
le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; — d’autant que le domaine s’y prête tout particulièrement
: la profusion est telle que beaucoup de lecteurs, qu’ils soient néophytes ou
amateurs, sont en manque de repères, ils ne parviennent plus à appréhender,
suivre, décoder cette masse d’ouvrages. Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; répond à ce
besoin ; il veut être à la fois un outil de curiosité, à la fois informatif et
ludique, et une sorte de boussole pour s’orienter dans l’océan des
mangas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Référencer et chroniquer la quasi totalité des mangas parus en
France, est assurément un travail de titan. Comment avez-vous constitué
l'équipe ? Y avait-il des consignes particulières d'écriture ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L’équipe rédactionnelle est constituée de neuf personnes, moi compris,
pratiquement à parité hommes / femmes, avec une petite moitié de japonisants.
Je connaissais presque tous les auteurs avant d’entreprendre ce travail. Mes
critères de choix ont été la familiarité des auteurs avec le sujet, l’aptitude
à trouver, hiérarchiser et transmettre l’information, et enfin la qualité
d’écriture. Il n’y avait pas de consigne particulière d’écriture, excepté, de
ma part, une exigence de rigueur de tous les instants. J’ai même encouragé
chacun à laisser s’exprimer librement son style particulier, et je me suis
efforcé, à l’arrivée, de respecter le regard et les options éditoriales des uns
et des autres. J’espère que cela se ressent à la lecture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Le manga, dites-vous, est en train de conquérir le monde. Mais
pourquoi la France se passionne t-elle plus que d'autres pays pour les mangas ?
Qu'est-ce qui a changé entre l'époque où &amp;quot;Le cri qui tue&amp;quot; intéressait une
poignée de pionniers, et aujourd'hui où la lecture de manga est devenu un
phénomène de masse ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J’ai développé mon analyse de ce phénomène dans la préface du
&lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt;. J’y expose cinq facteurs à mes yeux décisifs, qui se sont
conjugués les uns aux autres :&lt;br /&gt;
1. l’espace francophone européen est de longue date une « terre de bande
dessinée », et à ce titre est probablement dépositaire d’une réceptivité au
genre qui a facilité la percée de la bande dessinée japonaise.&lt;br /&gt;
2. la première génération des passionnés, véritables « militants » de la cause
manga, a joué un rôle déterminant dans la propagation du genre — ils sont
d’ailleurs souvent aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, à la tête des
structures qui participent de son épanouissement.&lt;br /&gt;
3. l’effet générationnel – et là, vous me pardonnerez de me citer moi-même,
mais &lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/DicoManga_interieur_F_165.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;c’est encore la meilleure manière d’être précis : « Le monde
foisonnant des mangas, et des multiples créations qui en découlent (animation,
jeux vidéos, figurines, jouets et goodies en tout genre), est probablement le
premier à avoir permis à toute une jeunesse d’inscrire ses pratiques
culturelles non pas en rupture mais dans le prolongement logique de celles de
ses parents (disons, pour simplifier, un respect partagé pour la bande
dessinée), tout en réussissant néanmoins à affirmer sa différence, sinon sa
rébellion, à travers des contenus, des codes et des goûts parfaitement
hermétiques et incompréhensibles pour les générations précédentes. Quelle
séduisante combinaison ! »&lt;br /&gt;
4. l’intelligence stratégique et tactique de la communauté éditoriale
japonaise, qui exporte à travers le manga les valeurs culturelles du Japon
(c’est le « modèle hollywoodien »), et développe à cet effet des politiques
commerciales extrêmement efficaces.&lt;br /&gt;
5. l’extraordinaire aptitude des auteurs et des éditeurs japonais à valoriser
la proximité des œuvres avec leurs lecteurs – ce que ne fait pas, ou mal, ou
pas assez, la bande dessinée de tradition européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Selon le rapport ACBD 2007 de Gilles Ratier, neuf séries manga
concentrent plus de 50% des ventes... Comment lisez-vous cette statistique
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cela ne m’apparaît pas comme une chose étonnante. Dans la plupart des activités
humaines qui s’organisent dans un rapport marchand, quelles qu’elles soient,
80% de ce qui se commercialise provient de 20%, ou moins, de ce qui se produit.
La bande dessinée n’y échappe pas, même lorsqu’elle est d’origine
japonaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- La frénésie avec laquelle les éditeurs publient les titres ne porte
t-elle pas ombrage à certains ouvrages, qui n'ont pas le temps de trouver leur
public ? Par exemple, l'oeuvre quasi intégrale de Tezuka publiée en quelques
années, est-ce bien raisonnable ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Si, bien sûr, la frénésie des éditeurs peut être un facteur de préjudice. Mais
ce n’est à mon sens pas spécifique au manga ; on peut faire la même remarque
pour l’ensemble du secteur de la bande dessinée aujourd’hui en France, qui tend
à une surproduction dommageable pour la visibilité et la pérennité de la
création en général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Manga, pour vous, cela désigne un mode de narration, ou c'est une
simple appellation d'origine ? Que pensez-vous des livres non-japonais qui se
réclament de la culture manga ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/dicomanga/DicoManga_interieur_F_166.jpg&quot; align=&quot;right&quot; /&gt;Le sous-titre du DicoManga est « le dictionnaire encyclopédique
de la bande dessinée japonaise ». Pour moi, le terme manga désigne une origine,
pas davantage. Exactement comme l’usage du terme « comics » a fini par
s’imposer pour qualifier la bande dessinée anglo-saxonne. Il s’agit encore et
toujours de bande dessinée. Ce qui n’empêche pas, par ailleurs, de constater
que les auteurs et les éditeurs japonais ont collectivement développé des modes
narratifs et graphiques qui leur sont propres, et d’examiner en quoi c’est
intéressant, novateur, différent, etc.&lt;br /&gt;
Je n’ai pas encore d’opinion arrêtée sur les livres non-japonais qui se
réclament de la culture manga : le phénomène me paraît, pour l’heure, beaucoup
trop récent et anecdotique (je n’y mets pas de sens péjoratif) pour pouvoir
être évalué de façon pertinente. Intuitivement, j’aurais tendance à dire que ce
qui compte de toute façon, comme toujours, c’est le talent des auteurs :
ont-ils quelque chose à raconter ? sont-ils les dépositaires d’une œuvre qui
fait sens ? Ce sont, à mon sens, les critères qui prévalent ; que les auteurs,
ensuite, mettent en œuvre ce qu’ils ont à dire dans une forme qui emprunte à la
culture manga, ou qui s’en réclame, est au fond relativement secondaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Le &lt;em&gt;DicoManga&lt;/em&gt; ne distingue pas les ouvrages en fonction de
leur intérêt... Mais vous, quels seraient vos cinq indispensables ? Et vos
titres préférés dans les parutions actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Exercice toujours difficile, mais enfin, voilà :&lt;br /&gt;
- Cinq indispensables : « &lt;em&gt;Planètes&lt;/em&gt; » de Yukimura Makoto, «
&lt;em&gt;Monster&lt;/em&gt; » de Urasawa Naoki, « &lt;em&gt;Ayako&lt;/em&gt; » de Tezuka Osamu, «
&lt;em&gt;Lone Wolf &amp;amp; Cub&lt;/em&gt; » de Kojima Goseki et Koike Kazuo, « &lt;em&gt;L’école
emportée&lt;/em&gt; » de Umezu Kazuo.&lt;br /&gt;
- Quelques titres que j’apprécie dans la production actuelle (actuelle au sens
de « sortant actuellement sur le marché français », il peut donc s’agit
d’œuvres datant, au Japon, de plusieurs années) : « &lt;em&gt;Helter Skelter&lt;/em&gt; »
de Okazaki Kyoko, « &lt;em&gt;Kitaro le repoussant&lt;/em&gt; » de Mizuki Shigeru, «
&lt;em&gt;Vagabond&lt;/em&gt; » de Inoue Takehiko, « &lt;em&gt;Lady Snowblood&lt;/em&gt; » de Kamimura
Kazuo et Koike Kazuo, « &lt;em&gt;Un monde formidable&lt;/em&gt; » de Asano Inio, «
&lt;em&gt;Sidooh&lt;/em&gt; » de Takahashi Tsutomu, « &lt;em&gt;Ushijima&lt;/em&gt; » de Manabe
Shohei.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Propos recueillis en mars 2008&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ex-Libris, quand la bande dessinée s'empare de la littérature mondiale</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2008/02/17/Ex-Libris</link>
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    <pubDate>Sun, 17 Feb 2008 20:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Delcourt</category><category>Jean David Morvan</category><category>Loïc Dauvillier</category>    
    <description>    &lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;4&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;big&gt;L'adaptation en bande dessinée
d'oeuvres issues de la littérature non graphique, que par simplification on
appelle &amp;quot;adaptations littéraires&amp;quot;, n'est pas un phénomène nouveau. Jusqu'à
présent, il s'agissait surtout de projets isolés, à l'initiative des auteurs
eux-mêmes. Ce qui a changé récemment, c'est le lancement de structures ou de
collections spécialisées par les éditeurs eux-mêmes. Delcourt a ouvert le bal,
en mars 2007, avec la collection Ex-Libris confiée à Jean David Morvan.
Gallimard a suivi, avec le label Fétiche ; Adonis s'est lancé dans un vaste
programme de parution de 50 albums sous l'appellation Romans de toujours. Petit
à Petit, déjà actif avec des collections de chansons, nouvelles ou poésies en
BD, a complété son offre avec Littérature en BD et Théâtre en BD. Chez Soleil,
le label spécialisé Noctambule devrait voir le jour au second semestre 2008.
Enfin, Casterman prépare pour mai prochain le lancement d'une collection
d'adaptations de romans policiers du catalogue Rivages Noir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N'en doutons plus, que les motivations des éditeurs soient artistiques,
humanitaires (c'est l'argument d'Adonis, donc la collection a reçu le soutien
bienveillant de l'UNESCO), éducatives (la BD ayant retrouvé grâce aux yeux de
l'Education Nationale, il n'est pas sot de vouloir imaginer des oeuvres
qualibrées pour être utilisables en classe), stratégiques (ne pas laisser les
autres éditeurs occuper seuls une niche qui pourrait - qui sait ? - devenir
fructueuse) ou économiques, nous sommes face à une sorte de course
éditoriale.&lt;/big&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;10&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;INTERVIEWS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;br /&gt;
Nous avons rencontré Jean David Morvan et Loïc Dauvillier au moment du
lancement de la collection Ex-Libris. Nous complétons ces témoignages par une
nouvelle interview du directeur de la collection, près d'un an plus tard, pour
évoquer l'adaptation qu'il a réalisée de romans chinois, et pour dresser un
premier bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;strong&gt;Jean David Morvan, à l'occasion du
lancement de la collection Ex-Libris (23 mars 2007)&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avant de devenir directeur de la
collection Ex-Libris pour Delcourt, tu avais déjà réalisé quelques adaptations.
Et notamment, chose assez rare, l'adaptation du roman SF d'un auteur encore
vivant…&lt;br /&gt;
Jean David Morvan&lt;/strong&gt; : Jack Vance a plus de 80 ans à présent, et il a
perdu la vue, ce qui m'empêche de lui demander son avis sur la bande dessinée
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le cycle de Tschaï&lt;/em&gt; était ta première adaptation
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Oui, c'est la première fois que je me confrontais physiquement à cet exercice.
Mais mentalement, non. Chaque fois que je lis un livre, je me pose toujours la
question de savoir comment je ferais pour faire ressentir à un lecteur de BD
tel ou tel sentiment, rythme ou ambiance. C'est un réflexe. De même que la
recherche d'astuces pour éviter d'avoir trop de textes &amp;quot;off&amp;quot;. Du coup, ça ne
m'a pas spécialement posé de problème de passer à l'adaptation de Jack Vance.
En revanche, cet exercice m'a appris plein de choses. J'ai l'habitude de faire
du montage alterné dans mes albums : je passe d'un personnage à l'autre, une
scène avec le héros, une autre avec son opposant, puis on revient au héros etc.
A contrario, &lt;em&gt;Le cycle de Tschaï&lt;/em&gt; est très linéaire, ce à quoi il a
fallu que je m'adapte.  &lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris01.jpg&quot; height=&quot;255&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment la collection « Ex-Libris »
a-t-elle été créée ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Elle est née avec &lt;em&gt;Lord Clancharlie&lt;/em&gt;, qui est une adaptation de
&lt;em&gt;L'homme qui rit&lt;/em&gt;, de Victor Hugo. Il y avait un problème de couleurs
sur cet album, et nous avions aussi le regret de ne pas lui avoir gardé son
titre original.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris02.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;188&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Quand nous avons signé le projet pour &lt;em&gt;Les
trois mousquetaires&lt;/em&gt;, nous avions dit à Guy Delcourt que nous aimerions
faire aussi &lt;em&gt;20 ans après&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le vicomte de Bragelonne&lt;/em&gt;, pour
offrir au lecteur une vision plus panoramique du travail de Dumas autour de cet
univers. Comme j'étais en train de travailler sur deux adaptations en
parallèle, j'ai imaginé de créer un projet plus global autour de cette idée.
J'en ai parlé avec quelques copains auteurs, qui se sont vite montrés
enthousiastes. Ils ressentaient la même envie de faire partager leur amour pour
certains livres.  &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Le processus est le même chez beaucoup d'auteurs
: on raconte des histoires, parce qu'au départ, on a aimé en lire beaucoup.
J'ai aussi constaté l'envie générale d'une certaine fidélité au texte, ce qui
consiste, pour &lt;em&gt;Les trois mousquetaires&lt;/em&gt; par exemple, à ne pas donner de
pouvoirs magiques à Milady, et à ne pas mélanger cette intrigue avec celle du
Masque de fer.&lt;br /&gt;
Dans ce qu'on appelle les &amp;quot;grands classiques&amp;quot;, il y a beaucoup d'œuvres qui ne
sont connues que par leurs adaptations filmées. Les gens ont l'impression de
connaître les œuvres, sans jamais les avoir lues, et en étant un peu trompés
par la volonté hollywoodienne de mettre du happy end partout. Quitte à faire
des adaptations, nous voulions aussi revenir à une certaine authenticité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des adaptations, il en existait avant
Ex-Libris. Qu'est-ce qu'une collection apporte de plus ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un cadre éditorial ! Par exemple, Christophe Gaultier avait déjà pensé à
dessiner un &lt;em&gt;Robinson Crusoé&lt;/em&gt;, sans forcément oser en parler à un
éditeur, faute d'une structure éditoriale adéquate pour accueillir ce projet.
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Un cahier des charges a été défini ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Uniquement le fait de revenir vers le texte. La collection ne cherche pas à
formater. Les styles graphiques et narratifs sont très différents, d'un livre à
l'autre. Nous ne cherchons pas du tout à proposer un style de référence, auquel
les auteurs devraient s'adapter. Le style de chaque dessinateur doit permettre
de transmettre le style d'écriture des écrivains concernés. La diversité est
donc nécessaire. Sur les trois premiers livres de la collection, il y a
beaucoup de textes off dans &lt;em&gt;Robinson Crusoé&lt;/em&gt;, assez peu dans &lt;em&gt;Les
trois mousquetaires&lt;/em&gt;, et aucun dans &lt;em&gt;Oliver Twist&lt;/em&gt;. On a le droit de
faire des citations de l'auteur dans le livre, ou de ne pas en faire. Les
seules contraintes que je fixe, c'est : ne pas trahir les œuvres originales, et
que ce soient des projets sincères. Je ne veux pas de travaux de commande.
L'idée n'est pas du tout d'établir une liste d'auteurs ou de romans dans
lesquelles il faudrait piocher.  &lt;br /&gt;
Ce n'est pas nouveau de faire des adaptations. Il y en avait avant, il y en
aura après. Chez Delcourt, toutes les adaptations n'ont pas vocation à
s'inscrire dans la collection, surtout pas quand elles ont un point de vue
particulier. Paradoxalement, il est possible que &lt;em&gt;L'homme qui rit de Victor
Hugo&lt;/em&gt; ne s'inscrive pas dans Ex-Libris, parce qu'il y a une transposition
en science-fiction. Encore une fois, le but n'est pas d'aspirer toutes les
adaptations existantes de chez Delcourt. David Chauvel et Fred Simon, qui
avaient commencé à faire une Ile au trésor d'après Stevenson, ont d'eux-mêmes
demandé à rejoindre la collection, ce qui n'a rien d'impératif.  *&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui va distinguer un album
Ex-Libris d'une autre BD adaptée d'un roman ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'idée forte, c'est qu'on ne fera pas du Reader's digest. Bien qu'on se
s'interdise pas les one-shots à forte pagination, la collection sera surtout
composée d'albums en 46 pages, avec un nombre de volumes proportionnel à
l'importance des intrigues. Pour certains romans chinois, qui seront adaptés
par des auteurs chinois (car il me semble important de faire travailler les
gens du monde entier sur leur propre littérature), nous sommes partis sur six
albums.  &lt;br /&gt;
Ce qui donne son homogénéité à la collection, c'est la maquette des couvertures
: à l'arrière de chaque album, on trouvera un portrait de l'auteur original,
réalisé par le dessinateur de l'adaptation, avec des informations
biographiques. Sans chercher à trop pousser la dimension didactique, ce serait
dommage de ne donner aucun référent sur l'auteur ou la date d'écriture du
bouquin.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris03.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;222&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Le dossier de presse insiste plus que toi sur la dimension pédagogique de cette
collection...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La base de notre travail, c'est de faire de bons
albums de BD. Si les écoles s'y intéressent, tant mieux. Ce n'est pas le but
premier de la collection, mais si des profs veulent étudier un roman et son
adaptation en BD, ça peut être un exercice intéressant. Quand on lit un livre,
au bout d'un moment on ne voit plus des mots mais directement des images. En
bande dessinée, c'est un peu la même chose, sauf que ce sont les images de
quelqu'un d'autre qu'on regarde.&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment les livres sont-ils choisis ?
Parmi les premiers projets, il y a surtout des livres du XIXe siècle, ou
d'époques antérieures. Des œuvres non encore libres de droit sont elles
susceptible d'être adaptées ?&lt;/strong&gt;  &lt;br /&gt;
Sans aucun problème. Il y a un projet sur un bouquin de Boris Vian, en cours de
réalisation. Mais bien sûr, quand les romans ne sont pas libres, il faut
préalablement s'entendre avec les auteurs ou leurs ayants droit. Concrètement,
ça prend plus de temps.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Adapter un roman, c'est essayer de partager la vision qu'on en a. C'est
plus facile pour un dessinateur que pour un scénariste, non ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pas forcément. Le scénariste choisit le dessinateur avec qui il veut
travailler. On sait comment fonctionne la bande dessinée, et l'adaptation n'est
pas un travail très différent du scénario original. Les personnages qu'un
scénariste invente restent assez flous jusqu'à ce que le dessinateur les
précise sur papier. Il faut accepter, en tant que scénariste, que rien de notre
boulot n'apparaisse dans le livre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Au moins, dans un scénario original, l'histoire et les personnages
appartiennent au scénariste !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il faut se les accaparer, être à la fois proche de l'auteur et donner sa propre
vision. C'est bien ce qui est passionnant ! &lt;em&gt;Le cycle de Tschaï&lt;/em&gt; est un
roman de science-fiction écrit dans les années 1970. Son héros est un vrai
américain de l'époque : il débarque sur une planète pour y régler tous les
problèmes. Jack Vance cultive le second degré ; n'empêche que son personnage
Adam Reith est une sorte de super-GI, dont les motivations m'échappent un peu.
J'aimais bien son odyssée, d'où l'envie de produire une adaptation en BD. Le
personnage passe donc par toutes les étapes décrites par Jack Vance, mais son
caractère est celui que je lui ai donné. Il est donc plus ironique que son
alter ego du roman, même si la trame et l'intrigue sont similaires. Il faut
travailler sur le texte, tout en donnant son propre point de vue.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pourquoi aviez-vous besoin de vous mettre à deux scénaristes, sur
l'adaptation des Trois mousquetaires ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Parce que j'ai trop de travail, mon ami ! (rires) Quand Ruben a proposé ce
projet, on a décidé avec Michel Dufranne de la structure des bouquins. J'écris
les pages et Michel retravaille les dialogues. C'est un travail très
complémentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'accompagnement que tu fais
des auteurs de la collection ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Même si c'est nouveau pour moi, j'essaie de proposer un accompagnement
d'éditeur, plutôt qu'un regard de scénariste. Ce qui me passionne, c'est de
lire des adaptations qui ne sont pas celles que j'aurais écrites moi-même. Je
n'interviens donc pas sur la manière de raconter.&lt;br /&gt;
  &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris04.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;264&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Parmi les auteurs Ex-Libris, il y a des
auteurs qui ont déjà publié de nombreux albums. Il y a aussi des dessinateurs
dont ce sera le premier album. Comment ceux-ci ont-ils été sélectionnés ?
Stanislas Gros par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est moi qui l'ai contacté. J'aime bien ce qu'il fait ; c'est un copain de
Li-An, ils faisaient ensemble un fanzine à Orléans, qui m'avait beaucoup plu.
Stanislas galérait pour placer ses projets… il ne lui manquait qu'un scénariste
un peu connu. Victor Hugo, comme chaperon, ça paraissait pas mal pour être
lancé dans le métier. Vu son style assez noir, je lui ai proposé de regarder
&lt;em&gt;Le dernier jour d'un condamné&lt;/em&gt;. En fait, il connaissait déjà ce livre.
Au début, j'avais prévu de me charger de l'adaptation, mais Stanislas s'est
approprié le projet, et vu la qualité de son travail, il n'avait pas besoin
d'aide pour le mener à bien.  &lt;br /&gt;
Il y a un autre auteur, Tommy Redolfi (NDLR : auteur de &lt;em&gt;La perspective
Nevski&lt;/em&gt;, d'après Gogol, aux éditions Paquet, et de &lt;em&gt;Viktor&lt;/em&gt; à La
boîte à bulles) qui m'a envoyé un projet pour un one-shot. Lui m'a été présenté
par José-Louis Bocquet de chez Dupuis.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Il y a quelques années, tu m'avais dit ton envie de faire une adaptation des
&lt;em&gt;Mystères de Paris&lt;/em&gt;, d'Eugène Sue. Alors ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
On travaille dessus. On ne sait pas encore quand ça va sortir, le planning
éditorial est un travail complexe qui n'est pas de mon ressors. J'imagine que
le premier tome sortira en 2008 ou 2009.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pour un tel pavé, vous prévoyez combien de volumes ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq. Il y a dix parties dans le livre, c'est massif, mais il y a beaucoup de
scènes de dialogue dont on peut se passer. Le but n'étant pas de faire du texte
intégral, naturellement. Ca a été un projet difficile à monter. Il y a eu
plusieurs tentatives avortées, mais j'y tenais vraiment. Alors ça se fait, avec
un dessinateur qui s'appelle Manu Lemaire. Lui, je l'ai vraiment asticoté, pour
qu'il produise quelque chose qui était de son niveau. C'est aussi une partie de
mon travail de scénariste, de faire avancer les dessinateurs dans une direction
qui me semble être la leur, pour leur permettre de trouver une voie qui leur
corresponde.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Certains livres brillent surtout par le style de leur auteur. Comment
est-ce qu'on préserve cela ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Eh bien, il y a du style aussi en bande dessinée ! On peut sans doute comparer
le style d'un dessinateur à celui d'un écrivain. Un dessinateur peut jouer sur
sa narration, sa mise en scène pour proposer des choses enlevées ou plus
intérieures. Je ne voudrais pas qu'on limite une adaptation littéraire à
l'histoire d'un livre. Un livre c'est aussi un ton, un style, un rythme, tout
cela en même temps.  &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Effectivement, il y a une grande variété
de styles chez les premiers auteurs Ex-Libris, entre Ruben qui a un style très
cartoon, et Gaultier qui est plus dans les canons de la &amp;quot;nouvelle
BD&amp;quot;...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J'ai envie que la collection Ex-Libris soit aussi variée que ma bibliothèque
personnelle. J'aime la bande dessinée, dans toute sa richesse. J'aime les
comics, j'aime les mangas. Et tous les sous-genres. Je suis très ouvert,
j'achète et je lis beaucoup de BD, depuis longtemps. Je n'aurais vraiment pas
voulu que la collection soit univoque.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Tu parlais d'auteurs chinois, travaillant sur des romans chinois
?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ca me parait vraiment important que les œuvres
asiatiques soient mises en images par des dessinateurs qui connaissent la
culture. Autant c'est facile pour un Européen de s'approprier un roman
américain, autant un auteur européen, même avec beaucoup de documentation,
aurait du mal à produire un récit asiatique qui ne soit pas constellé de
petites erreurs.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;En quoi ce risque concerne les dessinateurs et pas les scénaristes
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Parce que les scénaristes s'appuient sur le texte ! Du reste, un roman comme
&lt;em&gt;Au bord de l’eau&lt;/em&gt; est à peu près aussi connu en Chine que peut l'être
la Bible chez nous. Si un scénariste européen faisait un contresens, le
dessinateur chinois le lui ferait immédiatement remarquer.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C'est ton voyage en Chine, lors du Salon de l'image française dessinée
à Beijing en 2005, qui t'a permis de découvrir les auteurs chinois avec
lesquels tu collabores sur Ex-Libris ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris05.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;246&quot; width=&quot;184&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Exactement. Je remercie d'ailleurs Patrick Abry,
qui depuis a créé les éditions Xiao Pan, de m'avoir invité à ce festival. Le
programme de visite prévoyait trois jours de festival et deux jours de visite.
Au lieu d'aller voir la Grande Muraille et la Cité interdite, j'ai préféré
prendre contact avec des éditeurs et rencontrer des auteurs chinois, pour
établir des ponts et des collaborations.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une collection d’adaptation est
parallèlement en train de s’ouvrir aux éditions Soleil…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Elle commence dans un an seulement, et il y a déjà des dossiers de presse.
C’est bizarre…  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Comment ces deux collections vont-elles se démarquer ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je ne me pose pas la question, et je ne veux pas me la poser. Chaque vision
d’une œuvre est légitime. Je ne suis pas dans une optique de concurrence. Si
deux auteurs différents veulent faire un &lt;em&gt;Robinson Crusoé&lt;/em&gt;, qu’ils le
fassent. Nous allons faire notre travail le plus consciencieusement possible,
il n’est pas utile qu’on s’embarrasse en plus de contraintes liées à la
concurrence d’autres éditeurs.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quelle serait ta réponse aux parents qui diraient « si mon gamin lit
Robinson Crusoé en BD, il ne va jamais aller le lire dans sa version originale
» ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Qu’ils ont tort. Le fait de connaître une histoire n’empêche pas de s’y
intéresser. Les films &lt;em&gt;Harry Potter&lt;/em&gt; ont largement contribué au succès
des livres de cette série. Les romans comme &lt;em&gt;Robinson Crusoé&lt;/em&gt; sont
souvent plus connus par les adaptations qui en ont été faites que par les
romans eux-mêmes. &lt;em&gt;Tom Sawyer&lt;/em&gt; de Mark Twain est un super roman, mais
c’est le dessin animé qui l’a vraiment rendu très populaire chez nous. C’est
peut-être nos livres qui permettront aux lecteurs de s’intéresser aux œuvres
originales. Les BD ne remplacent pas les romans, elles expriment seulement la
vision des auteurs qui les font. Et puis la réciproque est peut-être vraie
aussi : notre démarche est susceptible d’intéresser des gens qui ne lisent pas
de bande dessinée habituellement. Nous proposons des albums que nous pensons
être de bons albums, les gens en font ce qu’ils veulent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Tu disais que la fidélité aux œuvres était la seule contrainte de la
collection… Qu'est-ce que ça signifie concrètement ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La fidélité, c’est quelque chose de complexe. Ce que je demande aux auteurs,
c’est d’être fidèles à leur vision du texte, à ce qu’ils ont ressenti quand ils
ont lu le livre. Et de tenir suffisamment aux textes qu’ils sont en train
d’adapter, pour les respecter, même s’ils travaillent dessus. L’intrigue de
&lt;em&gt;L’homme qui rit&lt;/em&gt; de Victor Hugo est une sorte de puzzle, dont on
découvre les pièces en passant d’un personnage à l’autre. Cette structure n’est
pas adaptée au médium bande dessinée. Pour adapter ce livre, j’ai capté des
éléments de la jeunesse des personnages, chez chacun d’entre eux, et j’ai fait
un tome d’introduction qui raconte la rencontre des personnages. Cet album
regroupe des événements qui sont présents dans le roman, mais qui sont
extrêmement morcelés. Une telle présentation des faits n'existe pas dans la
structure employée par Victor Hugo, mais permet pourtant d’être fidèle à son
œuvre, puisque cela permettra ensuite de mieux comprendre la saga. Trahir la
forme permet parfois d’être plus près de l’œuvre. C’est l’essence même du
travail d’adaptation.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Tu étais déjà très occupé avant de devenir directeur de collection… Il
te restait du temps libre ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un certain nombre de mes séries s'achèvent, et j’ai le vœu pieu d’écrire moins
de scénarios. Une idée avec la création de cette collection, c'était de ne pas
laisser tomber les dessinateurs avec qui je travaillais, et qui sont mes
copains. Etre &amp;quot;directeur de collection&amp;quot; me permet de continuer de travailler
avec eux, sans avoir forcément à leur écrire un scénario. Si je veux réduire la
voilure, c'est parce que j'ai des projets aux Etats-Unis et au Japon qui sont
en train de se concrétiser. Tout ça prend du temps.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Propos recueillis le 23 mars 2007&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;strong&gt;Loïc Dauvillier : témoignagne d'un
auteur Ex-Libris&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt; &lt;big&gt;&lt;strong&gt;(23 mars
2007)&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Peut-on se dire &amp;quot;scénariste&amp;quot; d'&lt;em&gt;Oliver Twist&lt;/em&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Loïc Dauvillier : Dans le cadre des adaptations littéraires, on prend une
histoire qui nous intéresse et on la met en image, au même titre qu'on fait une
continuité dialoguée sur une histoire qui nous est propre. La différence, c'est
qu'on part d'une base déjà posée.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Oliver Twist&lt;/em&gt; n'est pas ma première adaptation, j'avais déjà fait
&lt;em&gt;Le portrait&lt;/em&gt; de Gogol chez Carabas. C'est un exercice que j'aime. Quand
on écrit sa propre histoire, on bâtit une dramaturgie qui amène à se poser des
questions sur la structure de l'histoire. Pour attaquer une adaptation, les
questions qu'on se pose, outre la sélection de ce qu'on va garder ou non,
portent plutôt sur la narration. Comment réécrire les dialogues sans trahir
Dickens ? Comment être au plus proche de se qu'on a ressenti en lisant le roman
? J'ai quelques amis qui regardaient ce travail de haut, avant d'essayer de s'y
mettre… et finalement, ils se rendent compte que ce n'est pas si facile que
cela.&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs de BD qui adaptent un roman
sont souvent suspectés de pratiquer l'exercice par manque
d'imagination...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je peux expliquer ma démarche. Quand Dickens écrit Oliver Twist, il se fiche
totalement du garçon dont il parle. Ce qui l'intéresse c'est de caractériser la
vermine du bas Londres. Derrière chaque histoire, il y a une intention qu'on
peut, de la même façon, exprimer en une phrase simple. Un auteur qui veut
travailler un sujet donné, va commencer à regarder dans la peinture, la
littérature de l'époque, pour y trouver de la matière. Si on veut évoquer la
pègre du Londres de l'époque victorienne, et qu'on tombe sur un livre comme
&lt;em&gt;Oliver Twist&lt;/em&gt;, la réflexion évidente c'est &amp;quot;Pourquoi je cherche à
raconter une histoire, alors que Dickens l'a fait de façon merveilleuse ? Je
peux faire quelque chose autour de cette œuvre&amp;quot;.  &lt;br /&gt;
Dernièrement, je voulais raconter l'histoire d'un écrivain en doute de
création, et rencontrant une jeune femme qui allait le débloquer. Un ami à qui
j'expliquais cela, m'a conseillé de lire &lt;em&gt;Hygiène de l'assassin&lt;/em&gt;,
d'Amélie Nothomb. Effectivement, c'est proche de ce que je voulais raconter. La
trame est différente, la fin aussi, mais tout est à l'intérieur. Dès lors, la
question se pose : créer un récit original ou faire une adaptation en BD
?&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris07.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;252&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qu'est ce qui t'intéresse
particulièrement dans Oliver Twist ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Chez Dickens, Oliver Twist est un gamin qui subit, qui se prend des baffes
pendant toute son enfance, jusqu'au moment où il décide de se révolter. Nous
avons au contraire décidé de montrer un enfant qui n'a simplement pas la force
nécessaire pour prendre le dessus. Mais il ne subit pas, il a son destin en
main. Le point de vue est donc légèrement différent. Nous adoptons la
dramaturgie de Dickens, mais pas son point de vue sur le personnage principal.
C'est dans cette vision que réside l'originalité de notre adaptation.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;S'approprier les personnages, n'est-ce pas les trahir ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Non, l'appropriation, c'est ce que tout lecteur fait. Nous ne trahissons pas
l'œuvre originale, dans le sens où nous n'inventons pas une fin alternative.
Mais il y a des souplesses qu'on peut se permettre. Par exemple, nous avons
décidé de différer un peu l'apparition de Nancy. Ce n'est pas une trahison,
parce que nous faisons comprendre au lecteur que Fagin la connaît déjà.
 &lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris08.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;264&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas perturbant d'arriver après
Will Eisner, qui dans &lt;em&gt;Fagin le juif&lt;/em&gt; modernise l'intrigue en la
centrant sur Fagin plutôt que sur Oliver Twist ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nous sommes fidèles à l'histoire originale, sans y être scotchés. Nous
apportons aussi une certaine modernisation, qui tient à notre découpage. Cela
ne va pas jusqu'à transformer le cadre narratif, comme l'a fait Will Eisner,
démarche qui ne s'inscrit pas dans le cadre de la collection Ex-Libris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel est le cadre fixé par Jean David
Morvan ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Jean David nous a demandé deux choses : respecter l'œuvre originale, et qu'on
se fasse plaisir. J'ai signé deux adaptations : &lt;em&gt;Oliver Twist&lt;/em&gt;, et
&lt;em&gt;Le tour du monde en 80 jours&lt;/em&gt;, de Jules Verne. Jean David est l'âme de
la collection. Il est très présent, mais sans être envahissant. S'il y a un
cadre plus rigide que celui très vague qu'il a exprimé, lui seul le maîtrise.
Il exerce son influence avec assez de subtilité et d'ouverture, pour que nous
conservions l'impression d'une liberté totale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Propos recueillis le 23 mars 2007&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;strong&gt;Jean David Morvan : nouvelle
rencontre, au sujet des &amp;quot;romans chinois&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt; &lt;big&gt;&lt;strong&gt;(24
janvier 2008)&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Deux des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise
sont en cours d’adaptation dans la collection Ex-Libris : &lt;em&gt;Voyage en
Occident&lt;/em&gt; sous le titre &lt;em&gt;Le dieu singe&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;Au bord de
l’eau&lt;/em&gt;. Les deux autres ont également vocation à être adaptés
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Oui, si je trouve des dessinateurs endurants. &lt;em&gt;Rêve dans le pavillon
rouge&lt;/em&gt; raconte des histoires de cour, de femmes galantes, bref c’est un
roman plus féminin et c’est un tel pavé qu’avant de se lancer il faut bien
réfléchir à comment le faire. Et pour &lt;em&gt;L’histoire des trois royaumes&lt;/em&gt;,
c’est en discussion avec un dessinateur chinois. Mais nous préférons lancer les
deux premiers et attendre un peu avant de commencer les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour adapter &lt;em&gt;Le Voyage en
Occident&lt;/em&gt;, tu es revenu au nom chinois du héros, Sun Wukong, alors qu’il
est plus connu sous son nom japonais San Goku (grâce à Dragon Ball notamment).
Mais pourquoi avoir changé le titre du livre en Le dieu singe ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A vrai dire, le titre original peut être interprété de différentes façons. On
le trouve sous l’intitulé &lt;em&gt;Voyage en Occident&lt;/em&gt;, parfois aussi
&lt;em&gt;Pérégrinations vers l’Ouest&lt;/em&gt;. Le titre anglais est tout simplement
&lt;em&gt;Monkey&lt;/em&gt;. J’aurais pu l’appeler &lt;em&gt;Sun Wukong&lt;/em&gt;. Traditionnellement,
le personnage est surnommé Roi-singe, mais il a des pouvoirs incroyables, il
devient immortel… ça me paraissait plus juste de l’appeler Dieu Singe.&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tu sais déjà en combien de volumes les
romans seront découpés ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Non, c’est difficile de faire des prévisions. Ce sont de gros romans. Pour une
adaptation vraiment proche, il faudrait un nombre de livres important. Avec Guy
Delcourt, nous nous sommes mis d’accord sur un nombre de tomes pour lancer les
romans et voir si ça fonctionne. En cas d’insuccès, nous trouverons un moyen
pour arrêter la série sans frustrer tout le monde. Mais plutôt que de partir
sur un découpage prédéfini en trois ou cinq albums, qui risquerait d’être
abusivement résumé, j'ai préféré bien traiter le début et nous laisser la
possibilité de mener le projet comme nous le rêvons. Des projets comme ceux-là
prennent tout le sens avec une certaine ampleur. Bien sûr, cela nécessite
d'avoir du succès, et dans la durée. Nous avançons. Un livre après l’autre.
 &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le mode de narration est très différent,
entre &lt;em&gt;Le dieu singe&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Au bord de l’eau&lt;/em&gt;. A quoi cela tient,
qu’est-ce qui te fait choisir de mettre plus ou moins de récitatifs dans une
adaptation plutôt qu’une autre, par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Au bord de l’eau&lt;/em&gt; commence avec un chapitre important, mais déconnecté
de la suite. Il était nécessaire d’avoir un narrateur pour éluder certains
chapitres assez rapidement. En revanche, Le dieu singe est plus centré sur
l’action, les textes off sont moins nécessaires. Au-delà de ces contraintes, ce
n’est pas plus mal qu’ils soient différents !&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris09.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;307&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Concrètement, comment tu travailles avec
les auteurs chinois ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Tout partait de l’envie de travailler avec Wang Peng. Je trouvais que c’était
un dessinateur remarquable, et je cherchais un projet à lui proposer. Je me
suis rendu compte qu’Au bord de l’eau était le roman de base d’une série TV qui
m’avait passionné : La légende des chevaliers aux 108 étoiles. Quand je suis
tombé dessus par hasard, j’ai lu ça d’une traite, avec l’envie immédiate d’en
faire une version BD.  &lt;br /&gt;
Nous ne nous sommes pas forcément rencontrés physiquement. Je travaille en
français, et mes scénarios sont traduits sur place en chinois. Cela pose
parfois des problèmes de compréhension, ou d’erreur d’interprétation, mais cela
se gère. Les principaux problèmes sont techniques, par exemple les habitudes en
matière de placement des bulles  sont assez différentes en Chine. Et puis
il a fallu définir comment se transmettre les fichiers ou les instructions.
Mais à présent que tous ces détails sont résolus, c’est calé.  &lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Ex-libris/Ex-Libris10.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;608&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi de réaliser les
adaptations toi-même, plutôt que de les confier à des auteurs chinois
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Avant tout, parce que j’avais envie, et parce que je ne connaissais pas de
scénariste chinois. Mais ce n’est pas tout. Pour faire du manhua, les Chinois
sont les meilleurs. Mais pour faire de la BD telle qu’elle se pratique chez
nous, puisque le but était de sortir des livres dans la collection Ex-Libris,
le plus simple était de passer par une coopération franco-chinoise. Cela étant,
nous adaptons un conte japonais intitulé &lt;em&gt;Le coupeur de bambous&lt;/em&gt;, et ce
projet est mené par un scénariste et un dessinateur japonais.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le dessinateur avec qui tu fais &lt;em&gt;Le dieu singe&lt;/em&gt; est aussi
l’auteur de &lt;em&gt;Five colors&lt;/em&gt;, publié en français aux éditions Xiao Pan.
C’est donc quelqu’un qui a l’ambition d’être un auteur complet.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Five colors&lt;/em&gt; est un recueil d’histoires courtes, avec assez peu de
cases. On n’y trouve pas la densité des bandes dessinées d’un éditeur comme
Delcourt. Jian Yi est très capable en tant qu’auteur complet. Je lui ai proposé
un projet qu’il a accepté, voilà tout. Il travaille aussi sur un autre projet
avec Vatine. Il faut préciser qu’il n’y a pas de marché de la bande dessinée,
en Chine. L’Europe est donc une sorte de planche de salut pour les auteurs
chinois. Nous ne les payons pas moins au motif qu’ils sont Chinois. De leur
côté, ils travaillent avec beaucoup de courage et de talent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ex-Libris s’empare du patrimoine
littéraire mondial… Tu as des priorités ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Non, les priorités sont définies en fonction des projets qui se présentent.
Dans les albums en préparation, il y a L’Iliade et L’Odyssée, un Ancien et un
Nouveau Testament, réalisés par des Yougoslaves, qui font un très bon boulot.
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Tu disais que l’idée fondatrice d’Ex-Libris est de permettre à des
dessinateurs d’adapter leur livre favori. L’adaptation BD de La Bible entre
dans ce cadre ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L’idée ne vient pas de moi mais des auteurs, donc c’est possible. D’ailleurs un
des dessinateurs a un oncle qui est cardinal auprès du Pape !  &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La collection a été lancée il y a près
d’un an. Quels sont les titres qui ont le mieux marché pour le moment
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je ne sais pas vraiment. Nous étions très attendus et surveillés, on nous
suspectait d’avoir une démarche purement commerciale. Les lecteurs ont pu se
rendre compte que nous ne faisions pas un travail formaté, et que les auteurs
font les livres avec assez de liberté.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; cellspacing=&quot;0&quot; width=&quot;700&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je ne crois pas que ce soit un lancement
fulgurant, mais ça doit être suffisamment honnête pour qu’on puisse continuer.
Au niveau presse, ça se passe bien. Notre intention avec Guy Delcourt, n’est
pas de faire un coup ponctuel, mais de poser la collection de façon progressive
et durable. Pour l’instant il me suit, on verra jusqu’où ça va. C’est certain
qu’un ou deux vrais best-sellers ne feraient pas de mal.&lt;br /&gt;
Après, les bouquins ont des succès à des degrés divers. &lt;em&gt;Les derniers jours
d’un condamné&lt;/em&gt;, par exemple, de Stanislas Gros d’après Victor Hugo, a été
sélectionné par l’Education Nationale. Ce livre va donc faire un succès, mais
hors des circuits traditionnels de librairie.  &lt;br /&gt;
Très franchement, je ne sais pas, pour les chiffres. Pour le moment, toutes les
séries continuent.  &lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;em&gt;Propos recueillis en mars 2007 et janvier
2008 par Jérôme Briot&lt;br /&gt;
Dossier préparé par Stéphane Farinaud et Jérôme Briot&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2008/02/17/Ex-Libris#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Se souvenir de Zig et Puce et de quelques autres...</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2008/02/16/Se-souvenir-de-Zig-et-Puce-et-de-quelques-autres</link>
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    <pubDate>Sat, 16 Feb 2008 20:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>actu</category>
            
    <description>    &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le fonds Saint-Ogan du CNBDI,
numérisé, est proposé en ligne !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/news270-CNBDI-logo.jpg&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; vspace=&quot;2&quot; /&gt; A l’heure où la Bibliothèque Nationale de France
relance son programme de numérisation Gallica et modernise les sites concernés,
le Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image (CNBDI) d’Angoulême se
lance à son tour dans un vaste programme qui associe conservation et mise à
disposition du public d’œuvres et de documents qui font l’Histoire de la bande
dessinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour inaugurer les collections numérisées, c’est le fonds « Saint-Ogan » qui a
été choisi, constitué des 82 cahiers manuscrits dans lesquels le dessinateur a
archivé ses articles et illustrations, mais également son abondante
correspondance professionnelle. Alain Saint-Ogan (1895-1974), créateur de Zig
et Puce, fut un des premiers auteurs à succès de la bande dessinée. Dans les
années 1930, son « pingouin » Alfred déclencha un phénomène de mode sans
précédent, et fut le fétiche de différentes personnalités, dont Mistinguett,
l’aviateur Lindbergh et jusqu’au président Gaston Doumergue. Saint-Ogan,
premier auteur européen d'importance à avoir systématisé l’usage des bulles de
dialogues aux dépends des récitatifs sous l’image dans ses planches, fut aussi
une influence revendiquée d’Hergé. Il fut président de la première édition du
festival d’Angoulême en 1974 ; lequel festival conserva Alfred comme mascotte
jusqu'en 1988.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cahiers de cet auteur, qui couvrent une période qui va de 1905 à 1972, sont
une mine d’informations pour les chercheurs. Puisqu’ils sont consultables en
ligne, les voilà également offerts à la curiosité des amateurs et de toute
personne souhaitant connaître l’œuvre de Saint-Ogan ou, au-delà, se faire une
idée de la littérature et de la presse destinées à la jeunesse, à la période
concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/news270-couv-St-ogan.jpg&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; hspace=&quot;10&quot; vspace=&quot;2&quot; /&gt;Pour compléter ces pièces
uniques, une sélection de livres dessinés ou écrits par Saint-Ogan est
proposée. Outre &lt;em&gt;Zig et Puce&lt;/em&gt;, qui avait fait l’objet d’une réédition
complète dans les années 1990 chez Glénat, les lecteurs mis en appétit par le
récent ouvrage de Thierry Groensteen et Harry Morgan, &lt;em&gt;L’art d’Alain
Saint-Ogan&lt;/em&gt; (paru fin 2007 chez Actes Sud – L’An2) pourront découvrir ce
&lt;em&gt;Monsieur Poche&lt;/em&gt; qui inspira à Greg son personnage d’Achille Talon, les
romans illustrés qui y sont cités, ainsi que cette autobiographie de Saint-Ogan
intitulée &lt;em&gt;Je me souviens de Zig et Puce et de quelques autres&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seul point noir, des choix assez malheureux d’interface utilisateur, qui gênent
la consultation des albums. Car si l’application web permet de consulter assez
efficacement les documents de petit format, pour les albums, tout est trop
petit. Un mode zoom est proposé, mais son usage s’avère fastidieux et,
finalement, pas réellement utilisable faute de navigation possible entre les
pages dans ce mode. Espérons que ces défauts soient temporaires, et retenons
surtout l’avancée majeure que cette initiative représente pour la mémoire du
9ème art.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lien : &lt;a href=&quot;http://www.cnbdi.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.cnbdi.fr/&lt;/a&gt;
puis menu « &lt;a href=&quot;http://www.cnbdi.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=850&amp;amp;Itemid=64&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;collections numérisées&lt;/a&gt; »&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2008/02/16/Se-souvenir-de-Zig-et-Puce-et-de-quelques-autres#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Nos âmes sauvages, Prix Artémisia 2008</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2008/01/23/Nos-ames-sauvages-Prix-Artemisia-2008</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2beb7eb9d7b13b4ab5ed1cd52551a6ea</guid>
    <pubDate>Wed, 23 Jan 2008 20:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>actu</category>
        <category>Artémisia</category><category>Futuropolis</category><category>Johanna Schipper</category>    
    <description>    &lt;p&gt;En plus du centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir, le 9 janvier
2008 était également marqué par l'annonce du premier Prix Artémisia, qui
récompense une œuvre de bande dessinée scénarisée ou dessinée par une
femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Au sein d’une sélection très cosmopolite annoncée en décembre, c’est Johanna
Schipper qui devient la première lauréate, avec &lt;strong&gt;Nos âmes
sauvages&lt;/strong&gt;, paru chez Futuropolis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;Johanna Schipper : Nos âmes sauvages (Futuropolis)&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-09.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;La cérémonie officielle de remise du prix aura lieu le 26
janvier à Angoulême, au cours d'une conférence de presse qui permettra à
l'association Artémisia de «présenter ses objectifs esthétiques et
politiques».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Introspection et voyage semblent décidément indissociables pour Johanna
Schipper. Dans &lt;em&gt;Née quelque part&lt;/em&gt; (éd. Delcourt), la dessinatrice
retournait à Taïwan, lieu de sa naissance, pour une quête de ses
origines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce nouveau récit à mi-chemin entre autofiction et carnet de pensées, son
alter ego Nina (pseudonyme sous lequel Johanna Schipper a publié &lt;em&gt;Une par
une&lt;/em&gt; aux éditions de L'an 2) part à la recherche d'elle-même, guidée par un
authentique chaman qui, comme le fameux sorcier Yaqui de Carlos Castanéda,
enseigne une philosophie mystique fondée sur l'état de transe et
(accessoirement) l'usage de psychotropes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce livre ne saurait toutefois se résumer à un &amp;quot;trip&amp;quot; ni à un voyage. Dense,
riche, complexe, &lt;em&gt;Nos âmes sauvages&lt;/em&gt; évoque la difficulté d'être soi
dans le monde actuel : « &lt;em&gt;Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre
les outrages que l'ont fait subir à la Terre et ceux faits aux femmes à qui
l'on demande toutes sortes de soumissions&lt;/em&gt; », déclare l'héroïne, amazone
rêvant d'Amazonie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres livres figurant dans la &lt;em&gt;Sélection officielle Artémisia 2008&lt;/em&gt;
:&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;
&lt;div&gt;&lt;img alt=&quot;Florence Dupré la Tour : Capucin T2 - Pour quelques coups de baguette (Gallimard-Bayou)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-01.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Daphné Collignon : Cœlacanthes T2 - Emma (Vents d'Ouest)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-02.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Isabelle Pralong : L'éléphant (Vertige Graphic)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-06.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;Rutu Modan : Exit wounds (Actes Sud BD)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-03.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Jung Kyung-a : Femmes de réconfort (Au diable vauvert – 6 Pieds sous terre)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-04.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Nadja : La forêt de l'oubli T3 - La fille sauvage (Gallimard-Bayou)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-05.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;Zeïna Abirached : Mourir partir revenir – Le jeu des hirondelles (Cambourakis)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-07.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Ji Di : My way T1 (Xiao Pan)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-08.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;  &lt;img alt=&quot;Miriam Katin : Seules contre tous (Seuil)&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/artemisia/Artemisia2008Selection-10.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Florence Dupré la Tour : &lt;strong&gt;Capucin T2 - Pour quelques coups de
baguette&lt;/strong&gt; (Gallimard)&lt;br /&gt;
- Daphné Collignon : &lt;strong&gt;Cœlacanthes T2 - Emma&lt;/strong&gt; (Vents
d'Ouest)&lt;br /&gt;
- Isabelle Pralong : &lt;strong&gt;L'éléphant&lt;/strong&gt; (Vertige Graphic)&lt;br /&gt;
- Rutu Modan : &lt;strong&gt;Exit wounds&lt;/strong&gt; (Actes Sud BD)&lt;br /&gt;
- Jung Kyung-a : &lt;strong&gt;Femmes de réconfort&lt;/strong&gt; (Au diable vauvert – 6
Pieds sous terre)&lt;br /&gt;
- Nadja : &lt;strong&gt;La forêt de l'oubli T3 - La fille sauvage&lt;/strong&gt;
(Gallimard)&lt;br /&gt;
- Zeïna Abirached : &lt;strong&gt;Mourir partir revenir – Le jeu des
hirondelles&lt;/strong&gt; (Cambourakis)&lt;br /&gt;
- Ji Di : &lt;strong&gt;My way T1&lt;/strong&gt; (Xiao Pan)&lt;br /&gt;
- Miriam Katin : &lt;strong&gt;Seules contre tous&lt;/strong&gt; (Seuil)&lt;br /&gt;
 &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Meilleurs voeux !</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2008/01/01/Meilleurs-voeux</link>
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    <pubDate>Tue, 01 Jan 2008 20:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;A toutes et tous, je souhaite une merveilleuse année 2008, pleine
d'accomplissements, de petits bonheurs, de joies inattendues et de grandes
réussites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/voeuxbriot2008.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Scott McCloud : « En BD, il n’y a pas de règles ; les voici ! »</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/11/20/Scott-McCloud-%3A-En-BD-il-ny-a-pas-de-regles-les-voici</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Delcourt</category><category>McCloud</category><category>Vertige Graphic</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Quelle est la nature de la bande dessinée
? Que peut-on faire en BD ? Comment le faire ? Le dessinateur
américain Scott McCloud (qui sera présent aux rencontres internationales du
Festival d’Angoulême 2008) répond à ces questions dans &lt;em&gt;L’Art
Invisible&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Faire de la bande
dessinée&lt;/em&gt;, trois ouvrages de référence qui passionneront tous ceux qui
s’intéressent à la BD en tant que mode d’expression.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; height=&quot;305&quot; alt=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/ArtInvisible%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Au départ, Scott McCloud est un auteur de
comics &lt;em&gt;comme les autres&lt;/em&gt;. Né en 1960, il vit de son art depuis 1984,
année où il lance sa propre série, &lt;em&gt;Zot.&lt;/em&gt; Lucide, McCloud évalue que
cette série arrive en cinquième position sur la liste des activités qui
contribuent à sa célébrité. Car ce n’est pas dans la fiction que son talent se
montre le plus éclatant, mais dans un domaine bien plus spécifique : la
réflexion sur la bande dessinée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Will Eisner, pionnier du renouveau de la BD américaine sous
sa forme de « roman graphique » (c’est-à-dire des histoires aux
thématiques et aux formats moins stéréotypés que ceux qui étaient offerts au
public américain, à la fin des années 1970), avait été un des premiers auteurs
à utiliser la bande dessinée pour parler de bande dessinée, dans deux ouvrages
pédagogiques : &lt;em&gt;La bande dessinée, Art séquentiel&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le récit
graphique&lt;/em&gt; (parus chez Vertige Graphic). Dans les pas de ce maître, qui fut
aussi son professeur, Scott McCloud a consigné quinze années de réflexion dans
trois livres qui forment ce qu’il faudrait appeler un « cycle de
conférences sur la bande dessinée ». Le 9&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art y est décodé de
l’intérieur, puisque l’auteur a choisi d’exposer l’état de ses réflexions et
analyses en dessins, en se représentant sous les traits d’un conférencier – et
en ne lésinant pas sur le budget diaporama !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Publié en 1993 aux Etats-Unis et en 2000 en France, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; a depuis été adapté en seize langues. Le titre a obtenu de
nombreuses distinctions, dont le Prix de la Critique décerné en 2000 par l’ACBD
(association des critiques et journalistes de bande dessinée), et une
reconnaissance par des auteurs réputés comme un des plus intelligents livres
jamais écrits sur le sujet. Introuvable depuis quelques mois, le voilà réédité
chez Delcourt, avec une lisibilité améliorée par un nouveau
lettrage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; height=&quot;284&quot; alt=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Reinventingcomics%28Couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Outre une définition de la bande
dessinée et de précieuses explications sur son fonctionnement, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; milite pour une reconnaissance de la BD comme forme artistique
spécifique. L’auteur explique aussi pourquoi la BD fonctionne, comment des
images fixes et muettes peuvent produire une impression de mouvement et de son.
Tout viendrait de cette capacité des lecteurs à comprendre les ellipses,
autrement dit à établir un lien entre deux cases. La bande dessinée existe,
explique McCloud, à cause de ce qu’il y a entre les cases. D’où ce titre
d’&lt;em&gt;Art invisible&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Les chapitre 3 et 4 sont particulièrement éclairants :
l’auteur liste les différents types d’enchainements possibles d’une vignette à
l’autre, et examine l’utilisation de chacune des catégories par différents
auteurs américains, européens ou japonais. Cette mesure, traduite en
diagrammes, montre que la narration manga est différente des autres. Quinze ans
avant tout le monde, McCloud définissait donc le manga non pas comme une
appellation d’origine, mais en tant que mode narratif objectivement
particulier. De quoi donner raison aux auteurs internationaux qui se
revendiquent de la culture manga sans être japonais !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; height=&quot;306&quot; alt=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/MakingComics%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Visionnaire, McCloud
tente de l’être dans &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt;, nouvelle conférence
dans laquelle il imagine quelles conséquences l’ordinateur et les réseaux
informatiques peuvent avoir sur la bande dessinée, en tant que discipline
artistique d’une part, mais également en tant qu’industrie commerciale. Ce
livre apparaît d’une portée moins universelle que le précédent, car très centré
sur les préoccupations des auteurs américains à l’aube du 21&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;
siècle, sur fond de crise d’un secteur de plus en plus concurrencé par des
loisirs technologiques, comme l’usage d’internet ou le jeu vidéo. Le lecteur
européen ne pourra s’empêcher de trouver McCloud exagérément optimiste dans son
exposé du modèle économique espéré pour les webcomics. En revanche, les
développements sur les possibilités d’une bande dessinée affranchie des
contraintes physiques du papier sont tout à fait passionnants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Enfin, McCloud livrait en 2006 un nouvel opus, publié en
octobre 2007 chez Delcourt sous le titre &lt;em&gt;Faire de la bande dessinée&lt;/em&gt;.
Le narrateur-conférencier revient, et cette fois c’est pour aider les auteurs
en herbe ou confirmés à explorer toutes les voies de perfectionnement
possibles. Rendre les personnages crédibles (aussi bien dans leur
représentation que leur psychologie), construire des univers riches, choisir
ses cadrages, trouver son style, choisir ses outils… En principe, il s’agit de
passer de la théorie à la pratique. Mais c’est peut-être l’inverse, puisque ce
livre permet à McCloud de préciser les différentes thèses exprimées dans
&lt;em&gt;L’Art invisible&lt;/em&gt;, à la lumière de quinze ans d’expérience
supplémentaires ! Le lecteur non praticien y trouve son compte : il
n’est pas si fréquent qu’un auteur prenne le temps d’évoquer les petites
ficelles du métier, avec un tel esprit de synthèse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;em&gt;Paru dans Zoo#10&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2007/11/20/Scott-McCloud-%3A-En-BD-il-ny-a-pas-de-regles-les-voici#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Sélection préalable au Prix ACBD 2008</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/11/15/Selection-prealable-au-Prix-ACBD-2008</link>
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    <pubDate>Thu, 15 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>actu</category>
        <category>ACBD</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La procédure de sélection du Grand Prix de la Critique 2008 est
engagée...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 novembre prochain, en direct de Blois dans le cadre du festival BD
Boum, l'ACBD annoncera les 5 albums finalistes en lice pour le &lt;strong&gt;Grand
Prix de la Critique 2008&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rappelons que ce prix, décerné par les membres actifs de l'Association des
Critiques et journalistes de Bande Dessinée, récompense une oeuvre publiée
entre novembre 2006 et octobre 2007.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste des 15 albums sélectionnés pour la discussion au festival BDBOUM de
Blois, par ordre alphabétique des éditeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;« Kiki de Montparnasse » par Catel et José-Louis Bocquet, Casterman, coll. Écritures&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_01.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img alt=&quot;« La théorie du grain de sable » par François Schuiten et Benoît Peeters, Casterman &quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_02.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img alt=&quot;« Là où vont nos pères » par Shaun Tan, Dargaud &quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_03.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img alt=&quot;« Chroniques Birmanes » par Guy Delisle, Delcourt&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_04.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 192px&quot; alt=&quot;« L'espace d'un soir » par Colonel Moutarde et Brigitte Luciani, Delcourt&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_05.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 188px&quot; alt=&quot;« Happy Living » par Jean-Claude Götting, Delcourt&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_06.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 212px&quot; alt=&quot;« Trois ombres » par Cyril Pedrosa, Delcourt&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_07.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 209px&quot; alt=&quot;« Abdallahi T2 » par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch, Futuropolis&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_08.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 205px&quot; alt=&quot;« La ligne de fuite » par Benjamin Flao et Christophe Dabitch, Futuropolis&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_09.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 213px&quot; alt=&quot;« Par les chemins noirs T1 : Les prologues » par David B., Futuropolis&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_10.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 196px&quot; alt=&quot;« Chaque chose » par Julien Neel, Gallimard-Bayou &quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_11.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 196px&quot; alt=&quot;« RG T1 : Riyad-sur-Seine » par Frederick Peeters et Pierre Dragon, Gallimard-Bayou&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_12.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 196px&quot; alt=&quot;« Seules contre tous » par Miriam Katin, Seuil&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_13.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 199px&quot; alt=&quot;« Construire un feu » par Christophe Chabouté [d'après Jack London], Vents d'Ouest&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_14.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 150px; HEIGHT: 224px&quot; alt=&quot;« Massacre au pont de No Gun Ri » par Park Kun-woong [d'après Chung Eun-yong], Vertige Graphic&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_15.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
- « Kiki de Montparnasse » par Catel et José-Louis Bocquet, Casterman&lt;br /&gt;
- « La théorie du grain de sable » par François Schuiten et Benoît Peeters,
Casterman&lt;br /&gt;
- « Là où vont nos pères » par Shaun Tan, Dargaud&lt;br /&gt;
- « Chroniques Birmanes » par Guy Delisle, Delcourt&lt;br /&gt;
- « L'espace d'un soir » par Colonel Moutarde et Brigitte Luciani,
Delcourt&lt;br /&gt;
- « Happy Living » par Jean-Claude Götting, Delcourt&lt;br /&gt;
- « Trois ombres » par Cyril Pedrosa, Delcourt&lt;br /&gt;
- « Abdallahi T2 » par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch,
Futuropolis&lt;br /&gt;
- « La ligne de fuite » par Benjamin Flao et Christophe Dabitch,
Futuropolis&lt;br /&gt;
- « Par les chemins noirs T1 : Les prologues » par David B., Futuropolis&lt;br /&gt;
- « Chaque chose » par Julien Neel, Gallimard-Bayou&lt;br /&gt;
- « RG T1 : Riyad-sur-Seine » par Frederick Peeters et Pierre Dragon,
Gallimard-Bayou&lt;br /&gt;
- « Seules contre tous » par Miriam Katin, Seuil&lt;br /&gt;
- « Construire un feu » par Christophe Chabouté [d'après Jack London], Vents
d'Ouest&lt;br /&gt;
- « Massacre au pont de No Gun Ri » par Park Kun-woong [d'après Chung
Eun-yong], Vertige Graphic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Rappelons que ce prix, décerné par les membres actifs de l'Association des
Critiques et journalistes de Bande Dessinée, récompense une oeuvre publiée
entre novembre 2006 et octobre 2007.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NB. &lt;em&gt;Liste établie par les votes de Nicolas Anspach, Philippe Audoin, Julien
Ausou, Philippe Belhache, Thierry Bellefroid, Hélène Beney, Jean Bernard, Alain
Bessec, Jérôme Briot, Christophe Brunella, Hervé Cannet, Philippe Corbou, Yaël
Eckert, Virginie François, Yves Frémion, Nicolas Fréret, Laure Garcia, Patrick
Gaumer, Gérard Girard, Philippe Guillaume, Antoine Guillot, Brieg F. Haslé,
Boris Henry, Ariel Herbez, Patrick de Jacquelot, Yves-Marie Labé, Michel
Litout, Jean-Philippe Martin, Gilles Médioni, Laurent Mélikian, Xavier
Mouton-Dubosc, Michel Nicolas, Jean-Christophe Ogier, Pascal Ory, Frédérique
Pelletier, Dominique Petitfaux, Fabrice Piault, Christelle et Bertrand
Pissavy-Yvernault, Denis Plagne, Éric Potel, Didier Quella-Guyot, Gilles
Ratier, Jean-Pierre Rémond, Stéphane Rossi, Denis Sénié, Jean-Laurent Truc, Anh
Hoà Truong, Laurent Turpin, Pascal Vigneron et Monique Younes.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
» Rappel de la &lt;a href=&quot;http://www.bdgest.com/news.php?IdNews=144&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sélection ACBD 2007&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Zoo #10</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/11/10/Zoo-10</link>
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    <pubDate>Sat, 10 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>revue de presse</category>
        <category>Zoo</category>    
    <description>    &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Zoo n°10, couverture de Frank Pé&quot; height=&quot;208&quot; alt=&quot;&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://www.zoolemag.com/images/CouvZoo10.jpg&quot; width=&quot;161&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;Après
quelques mois d'interruption pour changement de propriétaire, le &lt;a href=&quot;http://www.zoolemag.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;magazine Zoo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;,
premier gratuit culturel spécialisé BD, revient, non pas dans les kiosques
(puisqu'on vous dit que c'est gratuit !) mais sur les festivals (au BDBOUM de
Blois, par exemple) et chez plus de 200 dépositaires : librairies BD ou grandes
surfaces culturelles (Fnac, Espaces culturels Leclerc).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soucieux de faire rimer qualité et gratuité, Zoo propose une revue bimestrielle
de tout ce qui fait la bande dessinée contemporaine, quelles que soient ses
origines géographiques : actualités, interviews, dossiers, passerelle avec les
autres arts, visites d'expositions... La nouvelle équipe rédactionnelle est
animée par Olivier Thierry (déjà directeur éditorial du prozine spécialisé sur
la BD US « SCARCE ») et réanimée par Olivier Pisella, ancien collaborateur de
Zoo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Des séries et des zooms&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au Zoommaire du numéro 10, un clin d'oeil qu'il aurait été dommage de manquer à
Frank Pé et Philippe Bonnifay pour &lt;em&gt;Zoo&lt;/em&gt;, la série (qui revient aussi,
après une absence un peu plus longue...), des rencontres avec Philippe Katerine
(le chanteur est aussi auteur d'un récit graphique, &lt;em&gt;Doublez votre
mémoire&lt;/em&gt;, chez Denoël), Gwen de Bonneval ou Etienne M, un zoom sur la saga
comics &lt;em&gt;Civil War&lt;/em&gt;, des explications pour comprendre la mode des
intégrales, les blogs BD ou le phénomène du &amp;quot;livre sans poche&amp;quot;, un dossier
consacré à Scott McCloud, un focus sur différents mangas notables
(&lt;em&gt;Tokkô&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;River's Edge&lt;/em&gt;) et une bonne trentaine de courtes
chroniques sur les nouveautés les plus notables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zoo n°10 a été imprimé à 50 000 exemplaires papier ; au cas où ça ne suffirait
pas, le magazine peut également être téléchargé sous forme d'archive PDF sur le
site &lt;a href=&quot;http://www.zoolemag.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;zoolemag.com&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
» Zoo n°10, version électronique : &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.zoolemag.com/pdfs/ZOO10.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;2.9 Mo (format
PDF)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>L'autre fin du monde</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/11/01/Lautre-fin-du-monde</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Atrabile</category><category>Ibn Al Rabin</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'autre fin du monde&lt;/em&gt;, de Ibn Al Rabin
(Atrabile)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;&lt;img hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/AutreFinDuMonde(couv)2.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;Depuis le décès accidentel de sa fiancée, Milch vit dans le manoir
qu’elle lui a légué, une grande demeure isolée à côté de la forêt. Tous les
soirs, la défunte ou plutôt son fantôme, vient lui rendre visite. Milch tente
bien de communiquer, mais elle reste désespérément muette. Ou est-ce lui qui
n'arrive pas à l'entendre ? Survient l'idée un peu folle d'aller consulter un
médecin pour soigner cette surdité. Pas très loin de là, un couple fait des
recherches en forêt : il s'agit de retrouver les traces d'un grand-père
disparu, un aviateur dont la légende familiale prétend qu'il était peut-être un
grand écrivain, puisqu'il avait plus de dix ans travaillé sur un mystérieux
manuscrit...  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: normal; FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-bidi-font-style: italic; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
L’autre fin du monde&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;est
un livre déroutant à de nombreux titres. Tout d’abord, il cultive le
paradoxe : avec 1120 pages, peut-on encore parler de BD minimaliste ?
Contrairement à &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
Lapinot et les carottes de Patagonie&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, joyeuse improvisation
brillante et débridée d'un Trondheim en folle liberté (et qui n'avait pas
forcément prévu de publier ces travaux), &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
L’autre fin du monde&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; est un récit dense, structuré, qui frappe par
sa cohérence malgré la fantaisie du propos. Enfin, à quelques exceptions près,
qui n'en sont que plus intrigantes. Nous y reviendrons dans quelques instants.
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;L’histoire est touchante, comme souvent lorsqu’il
est question d’amour et de mort, encore qu’ici les disparitions soient
compensées par des apparitions ; elle est drôle aussi, avec des des dialogues
dynamiques et des réparties d’anthologie. L’auteur, selon sa bonne habitude,
cultive des dessins soignés en ce qui concerne les décors (des architectures en
perspective à deux points de fuite à main levée, excusez du peu), et limités à
des silhouettes pour les personnages. Ces derniers, pour tout dire, sont si peu
dessinés, qu’ils ne sont que des ombres. De ce fait, l’auteur est confronté à
des problèmes de caractérisation, dont il se sort via différents artifices.
Milch, en tant que &amp;quot;héros&amp;quot; de l'histoire, est relativement lisse, ce qui doit
permettre l'identification, ou au moins l'empathie, du lecteur. Les autres
protagonistes ont chacun un attribut qui permet de les reconnaître : une longue
barbe, une coiffure ou un chapeau particuliers. Ce système, s’il fonctionne
dans  l’absolu, n’est pas parfait… mais Ibn Al Rabin parvient à tourner à
son avantage, et avec facétie, cette contrainte forte issue de ses choix
graphiques. Un exemple : dans ce couple sur les traces d’un grand-père disparu,
l’homme est identifiable à son couvre-chef. Et donc, il ne l’enlève jamais. Ou
le moins possible. Il dort carrément avec, ce qui énerve sa femme au plus haut
point. Si l’auteur ne montrait pas l’homme au lit avec son chapeau, on ne
saurait pas de qui il s’agit. En le lui laissant sur la tête, le lecteur
comprend immédiatement de qui il est question, et il se dégage une situation
comique. Spirituel, non ?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;La lecture achevée, le lecteur attentif ressent
tout de même un certain trouble. Dans un ensemble globalement logique, quelques
éléments décousus forment des aspérités sur lesquelles la pensée trébuche. En
premier lieu, le titre du livre reste incompréhensible. Pourquoi « L’autre fin
du monde » ? Quel rapport avec l’histoire qui est racontée ? A priori
aucun. Autre sujet de perplexité, la forme adoptée : l’esthétique de cet objet
livre a été travaillée pour le faire ressembler à un dictionnaire. Le façonnage
lui-même, avec un dos plus rond que celui d’un chat, le fait d’avoir, vers le
milieu du livre, tout un chapitre en pages noires à bord perdu, ce qui crée sur
la tranche du livre une zone de démarquation qui n’est pas sans évoquer les
pages roses du Larousse. Sans oublier, bien sûr, que l’histoire est découpée en
vingt-six chapitres, nommés selon les lettres de l’alphabet, de A à Z. Oui
mais… à quoi sert cette évocation du dictionnaire ?  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Difficile de croire qu’Ibn Al Rabin, dont l’amour
des jeux formels vaut bien celui d’un Trondheim ou d’un Lécroart, et qui a sa
place à l’OuBaPo, aurait accompli tout cela juste pour la forme, sans valeur
ajoutée narrative. D’autant que l’histoire elle-même est une sorte de jeu de
pistes, qui incite discrètement le lecteur à se mettre à l’affut de messages
cachés…  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Il se pourrait, ce serait tout à fait dans
l'esprit de l’histoire (on n’en dira pas plus pour éviter de tomber dans ces
révélations qui vous gâchent une lecture), que l’auteur ait caché un récit dans
le récit. Imaginez un peu : « L’autre fin du monde » ne serait pas le titre de
l’histoire en 1120 pages, mais le titre du récit caché.  Lequel serait à
recomposer sur la base d’un cryptage en rapport avec l’alphabet. Par exemple,
en alignant la première vignette du chapitre A, la deuxième vignette du
chapitre B, la troisième du C, etc, et la vingt-sixième case du chapitre Z…
 Mais ceci est trop évident, sans doute.  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Dan Brown n’a qu’à bien se tenir, le
«&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;Ibn
Al Rabin Code&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;» vous défie ; à vous de le déchiffrer !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Valérian et Laureline, 40 ans de voyages spatio-temporels</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/10/01/Valerian-et-Laureline-40-ans-de-voyages-spatio-temporels</link>
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    <pubDate>Mon, 01 Oct 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Jean-Claude Mézières</category><category>Pierre Christin</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interview de Christin &amp;amp; Mézières&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;img hspace=&quot;5&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/news200-Valerian-integraleT1.jpg&quot; align=&quot;left&quot; vspace=&quot;5&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un paradoxe &lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : après sa parution
dans Pilote, la première aventure, &lt;em&gt;Les mauvais rêves&lt;/em&gt;, est restée
totalement méconnue jusqu'en 1983, date à laquelle elle fut publiée dans une
compilation d'inédits disparates de Mézières. La série démarre donc
officiellement avec &lt;em&gt;La cité des eaux mouvantes&lt;/em&gt;, album qui ne semble au
départ pas spécialement mémorable. Et pourtant, c'est grâce à lui que la série
(qui entretemps a décollé en qualité) a pu se sublimer, prenant une coloration
métaphysique sans rien perdre de son humour ni de sa poésie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette histoire, les auteurs imaginent une civilisation du futur, Galaxity,
fondée sur les cendres de notre société, quasi anéantie par un holocauste
nucléaire en 1986. Ecrire cela à la fin des années 1960, en toute insouciance,
c'était facile. Mais quelques vingt ans plus tard, se trouver dans l'obligation
de résoudre le paradoxe temporel induit (puisque la catastrophe n'a pas eu
lieu), dans une série dont le héros est précisément un agent spatio-temporel,
voilà une mise en abime des plus vertigineuses. Au point que le vocabulaire
peine à décrire le phénomène (il faudrait de nouveaux mots :
&lt;em&gt;rétro-uchronie&lt;/em&gt; ? &lt;em&gt;antécipation&lt;/em&gt; ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, si 2007 est marqué par le quarantième anniversaire de la série,
par la sortie d'un nouvel album (&lt;em&gt;L'ordre des pierres&lt;/em&gt;, avant-dernier
épisode de la saga selon les auteurs), une adaptation en dessin animé, une
exposition à la galerie Bosser et la parution d'une intégrale, n'en tirons pas
de conclusion hâtive : l'année Valérian, ce n'est pas 2007, cela restera, pour
toujours, 1986 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/Vaisseau-Valerian.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Cette histoire d'holocauste de 1986, prédit en 1967, et qu'il vous faut
résoudre vingt ans plus tard, c'était un coup prémédité ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/christin_pierre.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Christin :&lt;/strong&gt; Pas vraiment, non ! Quand j’ai commencé à
vouloir faire de la science-fiction graphique, désir qui allait aboutir à
&lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt;, c’était sur un fond qui était celui de la guerre froide et
de la menace nucléaire. L’époque était clairement nucléariste, avec des
optimistes, comme ces ingénieurs soviétiques qui à l’époque, disaient : «
&lt;em&gt;Notre réacteur de Tchernobyl est d’une telle excellence, que nous
n’hésiterions pas à le construire sur la Place Rouge en face du Kremlin !&lt;/em&gt;
». De l’autre, il y avait ceux qui vivaient dans l’angoisse de la bombe
atomique.&lt;br /&gt;
Il y avait un côté très dominant de la science-fiction américaine, qui devenait
déjà une super-puissance. En même temps, c’était peu après l’assassinat de
Kennedy. New York était la seule métropole verticale, à l’époque, d’où l’envie
de fusionner l’orgueil urbanistique, l’orgueil économique de la puissance
dominante, et la menace qui pouvait régner à l’égard de tout cela. Partant de
là, j'ai posé l'idée qu’il se passerait quelque chose en 1986. C’est une date
que j’ai voulue un peu distanciée de 1984, pour éviter un rapprochement avec
Orwell.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Oui, mais vous n’avez pas choisi 2084 ou un futur beaucoup plus
éloigné. Vingt ans dans le futur, ça vous paraissait à ce point lointain
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/saut-temporelsm.jpg&quot; align=&quot;right&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Claude Mézières :&lt;/strong&gt; Oh, on ne faisait pas de
projection !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; J’étais loin de penser qu’on continuerait à faire
&lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt; en 1986 ! Nous faisions nos histoires tranquillement,
Jean-Claude et moi. Mais vers 1982, j’ai commencé à gamberger en me disant que
1986 approchait et qu’il allait falloir s’occuper du problème que cela posait.
Si nous arrivions en 1986, cela signifiait que le cataclysme nucléaire cité
dans &lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt; n’avait pas eu lieu. Et par ailleurs, cela posait un
challenge littéraire tout à fait inédit. Etre rejoint par sa création de vingt
ans plus tôt, ce n’est pas si fréquent.&lt;br /&gt;
A présent, cela me paraît simple d’en parler, mais à l’époque, je me suis bien
pris la tête pour trouver une solution. Il fallait retoucher l’histoire. En
même temps que je trouvais une solution, cela faisait apparaître un problème :
la modification de l’Histoire bouleversait l’existence de Galaxity. C'était
comme si, en 1967, nous avions posé une mine à fragmentation qui allait
exploser vingt ans plus tard. Et il nous faut vingt ans de plus pour résoudre
complètement la question. Vous aurez la réponse dans le prochain Valérian
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A partir de 1982, vous travaillez sur les moyens de recanaliser la
série pour lui conserver une cohérence historique malgré la non-catastrophe
nucléaire de 1986… et en 1986, Tchernobyl arrive.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Oui, ça nous a paru énorme. Nous avions tout réorganisé
en fonction de l’inexistence d’une catastrophe nucléaire… et voilà qu’il y a
cet accident à Tchernobyl ! J’étais complètement stupéfait, et résoudre ma
relation avec ces événements m’a beaucoup occupé. Comme je l’évoque dans &lt;em&gt;Le
sarcophage&lt;/em&gt;, dessiné par Bilal, je suis parti en reportage à Tchernobyl.
L'accident survenu là-bas concrétise l’effondrement de l’empire soviétique, que
nous annoncions dans &lt;em&gt;Partie de chasse&lt;/em&gt;. Tchernobyl est en quelque sorte
la métaphore technique de l’effondrement de tout un système politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous êtes assez familier des prémonitions : dans &lt;em&gt;Par des temps
incertains&lt;/em&gt;, vous décapitez littéralement un building d’affaires, et ceci,
trois mois avant le 11 septembre 2001.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Aussitôt qu’on fait de la projection, si on reste dans
des horizons atteignables, il n’est pas rare que de telles coïncidences se
produisent. Dans un de ses romans, Barjavel avait imaginé une société où tout
le monde avait un téléphone à l’oreille... J’ai moi aussi eu quelques visions.
Parfois, les coïncidences sont troublantes. Par exemple, l’effondrement des
tours du World Trade Center a eu lieu le jour où j’ai apporté à Dargaud le bon
à tirer de &lt;em&gt;Adieu, rêve américain&lt;/em&gt;. J’ai appris les événements à la
radio en sortant de chez l'éditeur. Quand l’annonce a été faite d’un troisième
avion qui se crashait sur le Pentagone, je me suis demandé un moment si on
n’était pas en train de nous refaire le coup de &lt;em&gt;La guerre des mondes&lt;/em&gt;,
d’Orson Welles !&lt;br /&gt;
En tout cas, c’est vrai que mes travaux de fiction ont plusieurs fois été
rejoints par la réalité, avec une brutalité inattendue. Je suis poursuivi par
ça : France Info sort un bouquin à l’occasion de ses 20 ans, ils ont demandé à
de nombreux auteurs de participer... Et forcément, j’ai écopé du 9/11 !
S’agissant de débusquer les coïncidences, le 11 septembre montre les limites de
l’exercice : un certain nombre de cinglés du chiffre 11 se sont livrés à de
savantes recherches, et ils trouvent du 9/11 partout. Cela va faire comme avec
l’affaire Kennedy : plus les années passent, plus les hypothèses se
multiplient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM&lt;/strong&gt; : Ces coïncidences sont remarquées à cause de la longévité
de la série.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt; est une chronologie imaginaire, mais
que nous avons voulue crédible. Ce n’est pas échevelé. Au pire, l’incertitude
ressentie doit être comparable à celle d’un lecteur de livres d’Histoire
ancienne. Dans le prochain &lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt;, on trouvera deux interprétations
différentes du futur de la Terre, qui seront développées par deux
protagonistes. Et si on travaille encore sur Valérian quand on aura 92 ans, il
faudra ENCORE que je trouve quelque chose pour résoudre d’autres
paradoxes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM&lt;/strong&gt; : Euh ! On verra, on verra ! Il reste encore de longs
tunnels de travail…&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/building-Vivaxis.jpg&quot; align=&quot;center&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Il parait qu’il y a autant de façons de travailler, que de tandems
Scénariste / Dessinateur. Comment vous répartissez-vous la tâche
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Pour ma part, j’aime discuter beaucoup avec les
dessinateurs, pour connaître leurs envies du moment. Par exemple, &lt;em&gt;Le long
voyage de Léna&lt;/em&gt; résulte de discussions avec André Juillard, qui me faisait
part de son envie de travailler sur des ambiances un peu nostalgiques. Je
décris les projets dans un synopsis, qui peut être assez bref avec mes vieux
complices, comme Jean-Claude Mézières, Bilal ou Annie Gotzinger. On se comprend
à mi-mots, ce n’est pas la peine que je fasse du style. Je commence donc par
une trame d’une dizaine de feuillets. Pour qu’on en discute. Après quoi, je
livre quelque chose de très charpenté, image par image, avec beaucoup de
didascalies, d’explications d’images, beaucoup de documents typologiques : des
portraits psychologiques des personnages, éventuellement des photos, de temps à
autres quelques croquis malencontreux…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; ah oui, au moins tes dessins nous laissent une grande
liberté d’interprétation !!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous allez jusqu’à définir des cadrages ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Non, surtout pas ! Prenons un exemple. Si pour
&lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt;, il est nécessaire de créer une nouvelle bestiole cosmique,
je vais beaucoup m’attarder à décrire ses propriétés. Mais après, le fait
qu’elle soit à plumes, à poils, à pattes, à pinces ou à bec… C’est à
Jean-Claude d’en décider. Je lui détaille les capacités de la créature, je lui
décris l’environnement dans lequel elle vit, ses raisons d’agir. Mais c’est lui
qui décide complètement de son apparence. Il peut juste m’arriver d’émettre des
réserves comme « &lt;em&gt;surtout pas insectoïde&lt;/em&gt; », parce que c’est presque
toujours synonyme d’antipathique. Mais pour ce qui est des cadrages, les rares
indications que je vais donner sont du genre « &lt;em&gt;ici, une grande image
pourrait être nécessaire&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM&lt;/strong&gt; : Ce qui n’empêche pas une réinterprétation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Il y a aussi le fait que les dessinateurs ont tendance à
avancer case par case…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM&lt;/strong&gt; : ah moi non, j’avance par lot de six pages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; d’accord, mais moi j’ai quarante pages d’avance. Un
détail qui peu paraître anodin en début d’histoire peut se révéler crucial
trente-cinq pages plus loin. Je vais donc devoir insister pour que tel ou tel
élément ait été vu. En revanche, définir s’il aura été vu en plongée ou en
contre plongée, ce n’est pas moi qui m’en occupe. Après tout cela, Jean-Claude
se met au travail, ce qui ouvre un autre tour de négociations, parfois
harmonieuses, parfois grinçantes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/mezieres_jean-claude.jpg&quot; align=&quot;right&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les points de désaccords qui peuvent
survenir ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; C'est-à-dire que Pierre me fournit un récit rêvé, que je
suis chargé de concrétiser. A cette étape interviennent en même temps les
contraintes de rythme, de choix de cadrages, de composition des doubles pages,
et de continuité des ambiances. On se met d’accord pour définir par exemple que
les doubles page comporteront entre 14 et 16 images en moyenne, ce qui permet à
Pierre d’adopter un certain rythme dans son écriture.&lt;br /&gt;
Je garde la liberté de réinterpréter les scènes, en donnant plus d’importance à
telle ou telle scène qui me semble le mériter, en apportant des modulations
dans le rythme. Tout cela est assez normal, et je ne peux pas être un
dessinateur aux ordres, surtout dans un domaine comme la science-fiction, qui
privilégie autant l’imaginaire. Il arrive que certains points de détail posent
un problème, qu’il faut résoudre. La création d’un nouveau personnage peut nous
amèner à modifier l’histoire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Si le personnage imaginé par Jean-Claude me séduit
d’emblée, je vais retirer des dialogues à d’autres personnages pour alimenter
celui-ci. Mais les négociations portent parfois sur de petites choses. Dans
&lt;em&gt;Au bord du grand rien&lt;/em&gt;, il y a eu une sourde bataille entre nous autour
de l’identité de la petite jeune fille qui fabrique des scaphandres, qui
s’appelle Ki-Gai. J’avais rapporté des photos de Birmanie, avec de jeunes
couturières fluettes… et Jean-Claude s’était mis en tête de dessiner une espèce
de bonne femme colossale, et il n’en démordait pas. En même temps, c’était un
personnage réussi… qui est devenu la commandante. Une fois qu’on a débloqué ça,
comme par miracle, la couturière est redevenu ce qu’elle devait être…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; Je voulais un contraste, pour éviter d’avoir deux
silhouettes de même valeur. D’où mon insistance, qui nous a bloqué
temporairement, mais cela s’est soldé par un enrichissement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/news200-ordrepierres(couv).jpg&quot; align=&quot;right&quot; vspace=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;em&gt;L’ordre des
pierres&lt;/em&gt;, vous livrez (comme dans &lt;em&gt;Les Héros de l’équinoxe&lt;/em&gt;) une
interprétation des mondes par différents personnages. Valérian, une fois de
plus, refuse de participer à l’exercice et s’en sort par une pirouette.
L’interprétation du scientifique de la bande est très chaotique, avec une
représentation inspirée par Jackson Pollock, qu’on retrouve quelques pages plus
loin.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Oh, ça a été un combat, ça aussi… Je tenais par-dessus
tout à ce que ce soit traité à la manière de Jackson Pollock parce que ça
préparait le monde qu’ils allaient vraiment voir vingt pages plus loin.
Jean-Claude a regimbé, mais plus il rentrait dans l’histoire, mieux il
comprenait les raisons de mon insistance. Il m’a cassé les nougats pendant des
jours et des jours sur le premier Pollock, mais quand pour lui c’est devenu
quelque chose d’interprétable dans le contexte de Valérian, c’est lui qui a
pris l’initiative, et il était tout fier de me montrer ce qu’il en avait fait
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; Avec le recul, j’oublie tous ces détails. Sur les
dialogues, quand je lui propose des changements, il y a toujours des
arrangements parce que je vois les choses en terme de mise en scène. Si c’était
un film au lieu d’être une bande dessinée, ce serait vite réglé. Là, c’est plus
compliqué. Et puis, il n’aime pas retoucher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; J’adore les discussions sur le visuel. Mais pour les
dialogues, je suis un peu comme les auteurs de théâtre, j’ai une certaine
raideur. Je considère toujours les destructions narratives qu’une modification
peut apporter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; Je soumets aussi parfois des problèmes de pagination,
quand il y a un pavé de texte qui me semble trop important. J’ai vraiment
besoin de travailler en séquences. Mon travail consiste à interpréter d’une
façon graphique les récits que me soumet Pierre. Je négocie quand j’ai la
sensation de manquer de place, où quand je pense que le récit a besoin de
respirer un peu plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Entre Valérian et Laureline, les moeurs sont assez libres. Ce qui
reflète l'idéal en vogue au moment où la série a démarré. Depuis, la libération
sexuelle a connu quelques revers. Cela vous pose t-il un problème aujourd’hui
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Valerian/Valerian-Laureline.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Valérian et Laureline sont nés en pleines
sixties. J’ai été très marqué par le situationnisme, par Simone de Beauvoir,
par le Women’s Lib américain. On rentrait des USA, où le féminisme était un
courant très fort. C’est un combat qui me séduisait. Valérian et Laureline
vivent une sorte d’union libre, où chacun garde un quant-à-soi. Aucun n’est
inféodé à l’autre. C’est effectivement très sixties. Mais je crois que personne
n’a rien proposé de mieux. C’est comme ça qu’il faut continuer d’être, si
possible.&lt;br /&gt;
Les mœurs ont changé, c’est vrai, et cela ne nous pose aucun problème sur le
medium bande dessinée. En revanche, dès qu’on passe à une adaptation en dessin
animé, c’est une autre histoire. Les chaines de télévision redoutent les
plaintes des ligues de vertu, et veulent tout formater en fonction de cette
menace. Cela passe donc par le rajeunissement drastique des personnages, qui
deviennent des quasi-adolescents, pour que le spectateur puisse raisonnablement
penser qu’ils n’ont pas de relations sexuelles.&lt;br /&gt;
Ce n’est pas le seul problème que pose Valérian pour une exploitation
commerciale sur le petit écran. Une idée forte des années 70, c’est le refus de
la xénophobie et de l’ostracisme. Mais aussitôt que la série devient un objet
commercial, les chaines se plaignent : qui sont les méchants ? Il n’y a pas de
méchants dans Valérian. Ce n’est pas une BD angélique. Il y a des combats, des
confrontations, des enjeux importants. Mais il n’y a pas de méchants, chacun a
sa propre vérité, parfaitement admissible. Nous pouvons penser qu’un monstre
aquatique comme le Groubos nous trouve répugnants, avec nos petits nez en
trompette et le fait que nous respirons de l’oxygène.&lt;br /&gt;
Ceci, c’est la base de la série BD. Mais on sent bien que ça ne plait pas à
tout le monde. Oh oui, en quarante ans, les mœurs ont changé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous avez modifié le titre de la série : &lt;em&gt;Valérian, agent
spatio-temporel&lt;/em&gt; devient &lt;em&gt;Valérian et Laureline&lt;/em&gt;. C'est une
réhabilitation tardive, parce qu'en réalité, cela fait longtemps que c’est
Laureline qui se tape le plus gros du travail, non ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Quand on a commencé, les journaux de BD s’adressaient
plutôt à un public de garçons. Et cette série entrait dans un format assez
classique. Quand j’ai commencé à travailler avec Bilal, cinq ou six ans plus
tard, ça avait déjà bougé. Ce qu’on a appelé depuis des one-shots était devenu
un format envisageable. Il y a un certain archaïsme dans &lt;em&gt;Valérian&lt;/em&gt;, que
j’ai voulu sciemment miner de l’intérieur. C’est un héros masculin… mais qui
est un faux héros. Valérian n’a aucun super-pouvoir, il n’est pas spécialement
beau. Tout au plus, il est courageux et c’est un bon pilote. Dès le départ,
j’ai éprouvé le besoin qu’il y ait une héroïne à part entière. Beaucoup de BD
m’énervaient par leur machisme naïf. Peu à peu, Laureline a littéralement pris
le dessus. Jean-Claude a réussi à en faire un personnage extrêmement attachant,
dont je me suis amouraché. Et de façon générale, j’aime beaucoup faire
dialoguer les femmes. Les paroles, les réactions de Laureline me viennent
spontanément. Nous aurions sans doute dû changer le titre de la série plus
tôt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une chose amusante à propos de Laureline : pendant au moins quinze
albums, vous aviez oublié son passé de licorne, et depuis la réédition des
&lt;em&gt;Mauvais rêves&lt;/em&gt;, vous ne cessez d’y faire allusion. Pourquoi une amnésie
aussi longue, et pourquoi cet attachement à présent ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;JCM :&lt;/strong&gt; Il faut remettre les choses dans leur contexte. Il y a
quarante ans, quand Pierre m’a livré un scénario futuriste, avec Galaxity,
capitale du futur, tout ça, je me demandais vraiment comment j’allais dessiner
ça !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; C’est vrai que j’ai donné à Jean-Claude du grain à
moudre, en transportant les personnages dans notre passé, avec du coup un
château fort, un cheval, un licorne…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Justement, dans &lt;em&gt;Les mauvais rêves&lt;/em&gt;, vous faites appel à la
magie. Or, la magie, c’est l’absolu contraire de la science-fiction. Qui peut
bien avoir besoin de science dans un monde magique ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;PC :&lt;/strong&gt; Mon intime conviction, c’est que la plus belle
science-fiction s’ancre dans des mythes anciens. J’ai lu récemment &lt;em&gt;Ilium et
Olympos&lt;/em&gt; de Dan Simmons. L’idée est de faire rejouer, dans un futur
stratosphérique, &lt;em&gt;l’Iliade et l’Odyssée&lt;/em&gt; par des non-humains. C’est
extrêmement touchant. L’un des personnages est une sorte de sous-marin à la
con, qui n’a que des pièces qui foutent le camp. L’autre est un avorton de
métal et nano-technologies. Et du coup, tout prend un sens totalement
différent. C’est magnifique. Un peu comme dans &lt;em&gt;L’odyssée de l’espace&lt;/em&gt;
de Kubrick : c’est à la fois l’aube de l’humanité et son futur qui sont
incarnés par le monolithe.&lt;br /&gt;
Au début, Valérian et Laureline sont très ‘service-service’. Après la perte de
la terre, ils deviennent un peu des clodos de l’espace, moins impliqués. Depuis
quatre ou cinq albums, ils sont obligés de chercher au plus profond d’eux-mêmes
des parades et des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent, et du sens à
leur existence. C’est aussi pourquoi je fais revenir ce passé de Laureline. Il
y a des éléments qu’on va trouver dans le prochain et dernier titre, qui ne
sont pas de nature entièrement rationnelle. Une sorte de croyance aux forces de
l’esprit. Les Terriens ne sont plus que trois : Valérian, Laureline et Jal. Ils
sont un peu comme les Limbos, qui ont été victimes d’un génocide alors qu’ils
ont été une grande civilisation.&lt;br /&gt;
Tout à coup, ce n’est plus seulement en étant un bon pilote d’astronef, ou en
étant une fine mouche dialecticienne qu’on peut s’en sortir. Valérian doit
chercher très profondément en lui le désir de retrouver 