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  <title>Le briographe</title>
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  <description>Farbouillages, blafissure et grovulements. Et un soupçon de 9e art.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 23 Feb 2010 17:55:23 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Mutafukaz, interview de Run</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/02/20/Mutafukaz%2C-interview-de-Run</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Ankama</category><category>Run</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; hspace=&quot;5&quot; alt=&quot;Mutafukaz 3, couverture&quot; vspace=&quot;2&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2010/News466-Mutafukaz-03.jpg&quot; width=&quot;119&quot; height=&quot;175&quot; /&gt;Mêlant allègrement super-héros, yakuzas, lutteurs
mexicains et envahisseurs infiltrés,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Mutafukaz&lt;/strong&gt;, avec son
rythme survolté et sa façon unique de zapper d'un style à l'autre, de passer
d'une inspiration comics à une séquence manga, avec son histoire
parano-mystique et déjantée, est une série parmi les plus remarquables du
moment.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pourtant Run, son auteur, a essuyé dix ans de refus et d'obstructions
diverses. Dix ans, pendant lesquels il lui a fallu faire preuve d'une patience
obstinée, avant de rencontrer enfin un éditeur à la démesure de ce projet
inclassable et génial. Nous avons rencontré celui que tout le monde présente
comme une sorte de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Quentin
Tarantino de la bande dessinée&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans la préface de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, tu expliques que cela
fait une dizaine d'années que tu travailles sur ce projet… Quelle est l’origine
de la série ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Run :&lt;/strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;C’est
simple. Je bossais pour une boite multimédia, et j’avais ce projet en tête au
moment d’y entrer. C’était une société en pointe des techniques flash, au tout
début, à l’époque où les internautes se connectaient avec des modems 28k… Je
bossais sur un jeu interactif, « Banja ». Et je faisais mûrir
&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt; en parallèle. D'ailleurs à l'époque il ne s'appelait pas
encore comme ça, mais « &lt;em&gt;Burning Head &amp;amp; Motherfucker&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.bdgest.com/images/news/news466-Mutafukaz-img12.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Entre l’idée initiale, et le livre, il y a eu de grandes fluctuations
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
On était dans un studio multimédia, j’avais des collègues qui faisaient de la
3D. Au bout d’un moment, je ne me sentais plus très à l’aise, parce que j’étais
entré dans cette boite pour développer mon projet, et que ça ne les intéressait
pas vraiment. J’avais demandé au boss cinq mois, pour faire un trailer animé de
7 minutes, en 2D/3D, un court métrage qu’on peut voir sur le site. Nous avons
bossé à cinq sur ce trailer. J’espérais que ça aiderait le projet à se
construire, dans une voie audiovisuelle, sous forme de série d’animation… Mais
finalement, ça n’a été utilisé que comme plaquette commerciale, pour montrer le
savoir-faire technique de la boite. Résultat, ça nous a juste amené à faire de
la prestation de trucs à la con… J’ai fini par quitter la structure, en me
disant que j’allais faire mon truc en solo, sous forme de bande dessinée.
Seulement, ça n’a pas été si simple, car mes chers ex-employeurs avaient déposé
les droits de mon projet ! J’ai donc dû patiemment attendre qu’ils… ferment. Ce
qui n’a pas été trop long, le climat s’était dégradé, et au moment où je suis
parti, les directeurs artistiques démissionnaient les uns après les
autres.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
Une fois mes droits récupérés, j’ai pu commencer à faire une tournée des
maisons d’édition, qui m’ont tous refusé ! Entre 1998, date des tout premiers
coups de crayon, et 2006, il y a eu tout ça : l’animation, le départ,
l’attente, les refus… et voilà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img hspace=&quot;7&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://blog.bdgest.com/images/news/news466-Mutafukaz-couvs.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Tu
es passé par une phase d’édition sur le web, pour avoir autant de fan arts dès
la fin du premier tome ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le site http://www.mutafukaz.com a été créé en 1999, avec des études de
personnages, l’animation, quelques dessins… Pas grand-chose, mais assez pour
que le projet soit un peu connu quand même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quelles sont les circonstances de ta rencontre avec Ankama
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J’ai un pote qui cherchait du boulot, à qui j’ai servi de chauffeur pour
l’emmener à un entretien chez Ankama. Il se trouve que Tot [&lt;em&gt;un des
créateurs d’Ankama, NDLR&lt;/em&gt;] connaissait&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, grâce au trailer
animé. Quand je lui ai dit que je cherchais une maison d’édition, il m’a
répondu que lui cherchait à&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;une maison d’édition ! Je suis arrivé dans
la structure au moment où Ankama éditions venait juste de sortir
l’Art-Book&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Dofus&lt;/em&gt;, et
le tout premier tome du manga. À cette époque, tout était en cours de
construction, il n’y avait même pas encore de diffuseur… Ca ne m’intéressait
pas forcément de lancer&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;chez un éditeur en
lancement, j’avais très peur que ça reste à un niveau régional.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
J’ai appelé Stan (de Stan et Vince), qui m’a conseillé de tenter le coup, en me
disant que je n’avais rien à perdre : avec un jeune éditeur, il y avait des
chances pour que mon titre soit soutenu, même si ce n’était pas un succès
immédiat. Ca m’a donné à réfléchir… et puis le contact avec Tot était vraiment
excellent. C’est quelqu’un qui a, pour Ankama éditions, une ambition esthétique
avant tout, avant même de se préoccuper de rentabilité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Concernant&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, qualité artistique et
potentiel économique ne semblent pas incompatibles...&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Euh ! Maintenant que ça marche, c’est facile à dire. Mais on m’a longtemps
regardé comme un extraterrestre, qui proposait un projet
invendable.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C’est la nouveauté, qui faisait peur ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C’est surtout le genre de projet qui coûte cher à réaliser. Le premier tome
de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;n’a pas été conçu dans une recherche de
rentabilité, Tot cherchait avant tout à réinvestir les revenus du
jeu&lt;em&gt;Dofus&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;dans des
projets qui contribuent à l’image d’Ankama. Nous devons être la seule maison
d’édition française qui se permet de faire des livres avec un seuil de
rentabilité aussi haut. Tot m’a confié les rennes d’Ankama édition assez
rapidement, c’est un métier que je découvre au fur et à mesure, surtout dans
ses aspects fabrication… J’ai fait quelques bourdes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Comme j’étais concentré sur différentes choses que je maîtrisais mal, j’ai
envoyé le mauvais fichier à l’éditeur pour&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;It came from the
moon&lt;/em&gt;[&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, tome 0]. Résultat, on a été obligés de mettre au
pilon tout le premier tirage : c’était blindé de fautes d’orthographe, ce
n’étaient même pas les bonnes images…&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Comment décrirais-tu&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, c’est deux ados un peu losers, confrontés à une situation
qui les dépasse. Viennent se greffer des anecdotes et des personnages
secondaires. Mes deux références sont une nouvelle de Stephen King,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;L’invasion de Los Angeles&lt;/em&gt;, où un
personnage est capable de voir des extra-terrestres, à cause de son cancer de
la gorge, et&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Les
envahisseurs.&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, c’est un peu ce genre
d’histoire, avec une trame un peu ringarde et parano, où le pouvoir a été
infiltré par des extra-terrestres à forme humaine, et une société secrète
d’initiés, qui forment un contrepouvoir quand il faut défendre l’humanité en
péril : les luchadores de la&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Lucha Ultima&lt;/em&gt;.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
Mais à la limite, l’histoire est secondaire, c’est plus un scénario prétexte
que véritablement une histoire par laquelle je suis porté. Ce qui m’intéresse,
c’est de créer la surprise visuellement, avec des ruptures graphiques fortes
dans le style de dessin, dans l’encrage et la colorisation. Cette composition
en chapitres faisait partie de mon concept de base.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img border=&quot;0&quot; hspace=&quot;10&quot; alt=&quot;La Lucha Ultima, dernier rempart contre la menace extraterrestre !&quot; vspace=&quot;2&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2010/news466-Mutafukaz-Lucha.jpg&quot; width=&quot;122&quot; height=&quot;175&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous envisagé de bosser avec les auteurs de
la série &lt;em&gt;Lucha Libre&lt;/em&gt;, sur un cross-over Lucha Ultima contre les
Luchadores Five, à la manière de ce qui se fait dans les comics américains
?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Quand nous avons eu vent d’un projet similaire porté par les
Humanos, au moment de la sortie de &lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;, c’était la panique.
Ankama éditions démarrait tout juste, on s’est dit qu’on était foutus. Tot a
contacté Jerry Frissen pour lui proposer de mettre des passerelles entre les
univers &lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Lucha Libre&lt;/em&gt;, ou au moins de glisser des
clins d’œil ou des pubs croisées, pour amener les lecteurs de
&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt; vers &lt;em&gt;Lucha Libre&lt;/em&gt; et vice-versa. Mais finalement ça
ne s'est pas fait, et il n'est pas certain qu'une rencontre entre les deux
univers narratifs, qui ne sont rattachés que par une référence commune à la
lucha libre, ait un sens.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui te plait tant dans le catch mexicain
?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;C'est un sport très acrobatique, super speed. Ça se passe en
trois rounds. Il faut deux rounds vainqueurs ou une humiliation totale de
l'adversaire, qui consiste soit à le démasquer soit à lui tondre les cheveux
s'il n'a pas de masque. Le côté masqué, qui est à présent devenu du folklore,
vient au départ des guerriers aztèques et mayas, les guerriers Aigle et Jaguar.
Je trouve dommage qu'en ce moment les gens s'enflamment sur la lucha libre et
que ça devienne une esthétique à la mode, qui fasse de beaux habillages pour
des émissions de TV, sans réellement s'intéresser à ce que c'est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img hspace=&quot;5&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://blog.bdgest.com/images/news/news466-Mutafukaz-img05.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;C'est
ce regret qui vous a incité à éditer&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Los Trigres del Ring&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce livre essaie de remettre les choses en place. Il parle un peu de
la&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;lucha
libre&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;aujourd'hui, mais
également des origines de cette discipline, dans les années 30 jusqu'à
l'explosion dans les années 70, avec les bandes dessinées etc. C'est également
pourquoi dans&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;It came from
the moon&lt;/em&gt;, je me suis attaché à décrire le match de catch de façon très
détaillée, avec des prises authentiques et le vrai nom des coups. Je l’ai
préparé avec des catcheurs pour que ça fasse encore plus vrai. J’ai fait mon
découpage, et je suis allé voir les gars en leur demandant ce qui était
crédible ou non. Ensuite les catcheurs ont reproduit sur le ring le combat
qu'il y a dans la BD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Honnêtement, ce travail scrupuleux de documentation passe un peu
inaperçu… Peut-être à cause du côté foisonnant et des nombreux changements de
style qu'on trouve dans tes albums.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ah, mais aucune scène n'est faite à la légère. Quand je bascule en style manga,
je respecte les codes des films de samouraï. Il y a des petits détails qui
n'intéressent que moi, mais j'ai besoin d'avoir cette précision. Sans ce
travail de documentation et cette intégrité dans mes planches, si je vendais
la&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;lucha
libre&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;sans savoir ce que
c’est, j’aurais l’impression d’être un imposteur.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une autre composante forte de la saga tient au sentiment mystique qu'on
y trouve. Pour cela aussi, tu t’es beaucoup documenté ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je suis athée ; ou plutôt agnostique. Le rapport à la religion est quelque
chose qui me hante depuis toujours, que je distille au compte-gouttes
dans&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;car je n'ai pas envie d'arriver avec de
gros sabots, avec un message sur le bien et le mal. Beaucoup d'histoires
tournent de toute façon autour de la Bible, ou s’en inspirent. D'une certaine
manière, Jésus est un des premiers super héros de l'histoire des hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Au départ du projet,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;a été conçu pour être une série animée.
Ankama à acheté la chaîne de télévision&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;No Life&lt;/em&gt;. Ta série commence à
prendre de l'ampleur. Ankama dispose de certaines réserves financières pour
investir… Y a-t-il un projet d'animation dans les cartons ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce n'est pas inenvisageable, mais je préfère me concentrer sur ce que je fais
plutôt que d'exploiter le filon. Si&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;doit devenir un jour une série
d'animations il faudra que je m'en occupe pour que ça conserve une vision
d’auteur. Pour l'instant j'ai déjà du mal à assurer de front la maison
d'édition et ma BD, je ne vais pas me lancer dans une troisième aventure
simultanée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;De quoi t’occupes-tu exactement en tant que directeur éditorial
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img border=&quot;0&quot; hspace=&quot;10&quot; alt=&quot;&quot; vspace=&quot;2&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2010/news466-Mutafukaz-intro.jpg&quot; width=&quot;152&quot; height=&quot;175&quot; /&gt;Des auteurs et des livres d’&lt;em&gt;Ankama éditions&lt;/em&gt;,
hormis tout ce qui concerne l'univers&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Dofus&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;directement géré par Tot. J'ai aussi aidé
Tot à lancer le projet&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Wakfu&lt;/em&gt;, en aidant au script, au
story-board et à la création des personnages. Ça m'intéressait d’y participer,
mais ça signifiait un trou de six mois dans ma propre production du tome 3.
Comme je ne concevais pas de faire attendre les gens pendant deux ans, et que
j'avais un pote qui était disponible et qui a un style bien rétro, j'ai décidé
de lancer le tome 0. C’est une préquelle qui était depuis longtemps en
gestation dans mon esprit. Je pensais la proposer quand&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;serait terminé. Mais la fin du second tome
était un bon moment pour commencer à dévoiler des trucs, sans trop en dire. Les
personnages peuvent commencer à revêtir certains aspects qu'ils n'avaient pas à
la lecture des tomes 1 et 2. L'album devait faire 70 pages au départ, il en
fait finalement 168. J'y ai participé, car le combat de catch me tenait
particulièrement à cœur. Ce combat marque l'opposition entre deux styles de
lutte, comme il est l'opposition entre deux idéologies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quelle est la place de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Métamuta&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;dans la saga ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img hspace=&quot;5&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://blog.bdgest.com/images/news/News466-Mutafukaz-MM.jpg&quot; /&gt;Ce projet vient
du coup de foudre que j'ai eu pour un auteur qui m'a présenté un projet qui
n'était pas éditable. Comme je sentais son potentiel, je lui ai proposé de
s'approprier l'univers de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mutafukaz&lt;/em&gt;. Jérémie Labsolu m'a
proposé une réinterprétation introspective de l'histoire, en allant chercher
dans la profondeur psychologique des personnages. C'est tout à fait
complémentaire à mon travail, puisque de mon côté je me suis concentré sur le
côté fun, l'action et les personnages. J'aime beaucoup la bande dessinée
d'auteur et ce côté psychologique, mais je n'ai pas la maturité pour en faire.
Plutôt qu'une simple réinterprétation de l'histoire, je lui ai raconté le passé
d’Angelino.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Métamuta&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;est une histoire qui mélange réalité,
fantasmes, désirs et souvenirs. C'est très «&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Lynchien&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;» et aussi très risqué. Si le tome zéro a
un peu dérouté les lecteurs,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Métamuta&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;a carrément dû les paumer.&lt;br /&gt;
Je sais qu'une partie des lecteurs est peu intéressée par l'histoire que je
raconte, mais très attachée au style graphique et à sa dynamique. On n'a pas ça
du tout dans&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Métamuta&lt;/em&gt;,
qui est un album à la fois violent et poétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N'est-ce pas un risque, pour une série aussi jeune, de confier les
personnages à d'autres auteurs ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La série est jeune, mais j'y pense depuis 10 ans. Je connais mes personnages
par cœur, je sais ce que j'ai raconté. Je sais aussi tout ce que je ne raconte
pas. Quand je vois qu'il y a des auteurs qui sont capables de mieux raconter
que moi certains aspects de l'histoire, je saisis l'occasion. À la base je ne
suis pas un dessinateur de bandes dessinées. Quand je vois la facilité qu'ont
certains dessinateurs comme Raf-chan ou Florent Maudoux, je me demande même si
je suis vraiment un dessinateur, parce que je fais ça plutôt dans la douleur.
Bref, quand des gens peuvent raconter certaines choses mieux que moi, je leur
laisse volontiers la barre. Je reste quand même présent pour assurer une
cohérence à la série.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;img src=&quot;http://blog.bdgest.com/images/news/news466-Mutafukaz-img04.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quelques mots sur le tome trois ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est le tome des révélations. La pièce maîtresse de la série. On y découvre
tout.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;
Site officiel : &lt;a href=&quot;http://www.mutafukaz.com/&quot;&gt;www.mutafukaz.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2010/02/20/Mutafukaz%2C-interview-de-Run#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Militer pour la BD, ou l'art d'enfoncer les portes ouvertes</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/02/21/Militer-pour-la-BD%2C-ou-l-art-d-enfoncer-les-portes-ouvertes</link>
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    <pubDate>Sun, 21 Feb 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>humeur</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Texte initialement publié sur un &lt;a href=&quot;http://www.bdgest.com/forum/post2036873.html#p2036873&quot;&gt;&lt;ins&gt;forum
BDGest&lt;/ins&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je vais vous surprendre, je ne crois pas (ou
plutôt, j'ai cessé de croire) qu'il soit nécessaire d'être militant au
profit de la bande dessinée. Et je doute que celle-ci souffre encore d’un
manque de reconnaissance. Mépris ou condescendance, ces phénomènes qui ont
traumatisé toute une génération d’auteurs (et dans une moindre part,
d'amateurs), ne sont plus. La bande dessinée est aujourd'hui un art
parfaitement reconnu, disons-le carrément, un art　&lt;em&gt;officiel&lt;/em&gt;　: elle est
utilisée par l'Education Nationale. Un musée lui est consacré. Elle est exposée
jusqu’au Louvre. Collectionneurs et marchands d’art s’y intéressent, et chaque
nouvelle vente aux enchères semble l’occasion d’un nouveau record dans la
valorisation des originaux.　&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Je ne crois pas non plus que la BD souffre d'une
de médiatisation déficiente. Certes, les magazines souffrent, peinent à trouver
un public, mais la crise qui frappe les journaux spécialisés n'est en rien
spécifique à la BD, elle concerne l’ensemble de la presse écrite. En matière de
bande dessinée, la bonne santé des sites spécialisés, l'apparition de magazines
gratuits financés par la publicité, les diffuseurs, les libraires ou les
éditeurs eux-mêmes, attestent d’un intérêt persistant pour cette forme
d’expression. Et du reste, la BD et le discours sur la BD ne cessent de
conquérir des colonnes, y compris dans les « grands médias », comme vous les
appelez. Le fait que　&lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;　relaie　&lt;em&gt;Du9.org&lt;/em&gt;　le
prouve assez bien. Il n’y a plus guère que la télévision qui rechigne encore à
parler de bande dessinée… comme elle rechigne à parler de littérature non
dessinée, de théâtre ou de jeu vidéo. Mais il faut dire que la TV est peu
encline à　&lt;em&gt;donner de l’audience&lt;/em&gt;(littéralement) à tout ce qui pourrait
orienter ses adeptes vers d’autres chemins.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Si la BD n’obtient pas plus d’espace… c’est
peut-être que le public n’est pas nécessairement en demande d’un discours sur
la bande dessinée plus fourni. En tant que bédéphile, nous pouvons le
regretter… ou non : être bédéphile n’implique pas qu’on s’intéresse à la
théorie de la bande dessinée ou à l’étude de sa pratique.　&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ce domaine particulier qu’on peut qualifier de «
critique savante », cette critique qui prend le temps et la place d'analyser
finement une œuvre à la lumière d'autres domaines culturels ou des sciences
humaines, ne compte en définitive que très peu d’adeptes, il faut bien le
constater. L'univers ne s’est pas arrêté avec　&lt;em&gt;Les cahiers de la bande
dessinée&lt;/em&gt;　époque Groensteen. D’autres publications méritoires ont pris le
relais. Les plus récentes
s’appellent　&lt;em&gt;Critix&lt;/em&gt;,　&lt;em&gt;Bananas&lt;/em&gt;,　&lt;em&gt;Bang !&lt;/em&gt;,　&lt;em&gt;9e
Art&lt;/em&gt;,　&lt;em&gt;Comix Club&lt;/em&gt;,　&lt;em&gt;L’Eprouvette&lt;/em&gt;　ou　&lt;em&gt;Jade&lt;/em&gt;. Aussi
captivants qu’on puisse trouver ces titres, ils ne passionnent qu’un lectorat
restreint, une population tellement confidentielle, que lesdites revues
finissent toutes par raccrocher le tablier, tant elles finissent par douter de
son existence.　&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ne leur jetons pas la pierre, le manque
d'attention use invariablement les équipes et les rédacteurs : travailler
bénévolement, puisque la critique savante ne semble pas pouvoir mieux offrir,
soit. Mais travailler bénévolement et pour personne, à quoi bon ?　&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Ces derniers jours, j’ai eu la tristesse
d’apprendre que la magnifique revue　&lt;em&gt;9e Art&lt;/em&gt;　s’arrêtait, du moins sous
sa forme papier. Je me souviens d'avoir été estomaqué l'an dernier, en
apprenant (dans le dernier numéro du «&lt;em&gt;Collectionneur de Bandes
dessinées&lt;/em&gt;　», qui s’arrêtait…) que　&lt;em&gt;9e Art&lt;/em&gt;　se vendait à moins de
mille exemplaires. Non moins grande a été ma stupéfaction, en lisant
dans　&lt;em&gt;Comix Club n°11&lt;/em&gt;　(qui vient de sortir la semaine dernière, et dont
ce sera le dernier tour de piste) que le tirage de chaque numéro était de 600
exemplaires (seulement !) et que Groinge peinait à rentrer dans ses frais, ne
parvenant à en vendre que 200 à 400 !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Donc, voilà. Vous pouvez dire ce que vous voulez
du manque de militantisme de ces membres de l’ACBD qui font partie d’une «
grande rédaction », ou du manque regrettable de critiques savantes sur la bande
dessinée… Mais de l'autre côté de la balance, il faut aussi poser que tout le
monde s'en branle. Regardons la réalité en face　: ou bien le nombre de
personnes intéressées par une critique savante de la bande dessinée est
extrêmement limité, ou bien ce sont des gros radins, des salauds de pauvres,
que sais-je ? Et seule une poignée de zygotos est capable de mettre la main au
portefeuille pour s'intéresser aux quelques revues d’étude et les financer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;----&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Il va sans dire que je m’autorise ces lignes
désabusées, précisément parce que je fais partie, moi, des zygotos susnommés
qui achetaient　&lt;em&gt;9e Art&lt;/em&gt;　et　&lt;em&gt;L'Eprouvette&lt;/em&gt;　(sans mérite pour ce
dernier titre, qui est si peu cher par rapport à son contenu, qu'on peut
remercier son éditeur pour subventionner notre lecture), qui comptaient parmi
les abonnés du　&lt;em&gt;CBD&lt;/em&gt;　et de　&lt;em&gt;Comix Club&lt;/em&gt;. La disparition de ce
dernier titre, dont j’appréciais particulièrement la ligne éditoriale depuis
son lancement en 2004, me fait un gros pincement au cœur.　&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;----&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Néanmoins, je ne doute pas que d'autres
reprendront le flambeau, et se piqueront, comme la tradition le veut, d'un
éditorial sémillant pour justifier de la création de leur revue, partant du «
constat de l'absence ou plutôt de l'extrême discrétion d'une véritable critique
de la bande dessinée ». Les gars, vous pouvez m'envoyer directement un
formulaire d'abonnement, je suis la cible, et comme on n'est pas nombreux, ne
perdez pas de temps à me chercher.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La Saison des flèches</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/14/La-Saison-des-fl%C3%A8ches</link>
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    <pubDate>Tue, 12 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Editions de la Cerise</category><category>Guillaume Trouillard</category><category>Samuel Stento</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Vous connaissiez les réserves indiennes. Grâce à
Mulligan’s Tradition, découvrez les conserves
indiennes !&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Au début du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, le
photographe et ethnologue Edward S. Curtis, constatant que les peuples
amérindiens étaient en train de disparaître ou de s’acculturer, conserva leur
mémoire en prenant plus de 40000 clichés photographiques. Irving Mc Mulligan
fit beaucoup mieux : dès 1879, ayant l’intuition de la raréfaction à venir
du peuple indien (pourtant encore nombreux à l’époque), cet industriel de génie
mit au point un procédé exclusif permettant de conserver en boite des Indiens
vivants.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Magie, lyophilisation,
origami ou menace ? Nul ne le sait, et Mc Mulligan a emporté son secret dans la
tombe. Mais l’entreprise qu’il fonda, Mulligan’s tradition, est aujourd’hui
connue de tous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;« &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Far-West à la maison, pour 19 euros
seulement !&lt;/em&gt; ». La publicité n’est pas mensongère. Elle serait
même un rien trop littérale, comme va le découvrir un couple de retraités
français en ouvrant une boite Mulligan’s Tradition. Ce n’est pas seulement
une famille indienne au grand complet qui en sort et plante son tipi dans le
salon. Bientôt, tout l’Ouest sauvage s’invite dans l’appartement. Il y a une
mine d’or dans l’évier, le couloir devient un canyon et une flèche, plantée au
pied du lit, donne naissance à une sorte de séquoia géant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Guillaume Trouillard, fondateur des
éditions de la Cerise, avait déjà accueilli Samuel Stento dans les pages de la
splendide revue &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Clafoutis&lt;/em&gt;. Les
voilà réunis autour d’une histoire farfelue autant&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; que poétique, politique à bien des égards et
exécutée avec une virtuosité endiablée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Raoul Fulgurex, dans les coulisses de l’Imaginaire…</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/10/Raoul-Fulgurex%2C-dans-les-coulisses-de-l%E2%80%99Imaginaire%E2%80%A6</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7ee0c31b4ec99f730ddd5d8a2042c8b1</guid>
    <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Gelli</category><category>Glénat</category><category>Tronchet</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Dans quelle bande dessinée aurez-vous l’occasion de croiser Tintin, Clark Kent,
King Kong, les révoltés du Bounty et Valérian ? Mais dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Raoul Fulgurex&lt;/em&gt;, bien
sûr !&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
&lt;img align=&quot;left&quot; alt=&quot;Raoul Fulgurex&quot; src=&quot;http://www.glenatbd.com/images/albums/9782723411110/9782723411110-L.jpg&quot; /&gt;Raoul
Fulgurex est contrôleur d’intrigues de troisième échelon pour une série B. Son
boulot consiste à vérifier que tout se déroule selon le script prévu et que les
personnages des univers de fiction ne se lancent pas dans une improvisation
fâcheuse. Et tant pis si Wang-Ho le sanguinaire se sent l’âme d’un poète :
ce n’est pas dans le script ! La mort de la pulpeuse Balmine Fuso, perle
des caraïbes, en revanche, est écrite, décidée par un rond-de-cuir du cinquième
bureau. Pris d’une étrange impulsion, Fulgurex commet l’irréparable : il
intervient dans la série et sauve la malheureuse.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Ce qui lui vaut un inoubliable baiser, mais
aussi une affectation disciplinaire dans la brigade de fiction. Puisqu’il aime
tant intervenir dans les séries, Fulgurex devra désormais éviter que le
personnage principal d’une série très populaire ne soit victime d’un attentat.
Le héros en question est un preux reporter à houppette, accompagné d’un
fox-terrier, en pleine enquête sur un trafic international de drogue dissimulée
dans des boites de crabe… Ça vous rappelle quelque chose ? C’est
exprès.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Que nul n’entre ici s’il n’est tintinophile&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Les expressions « Karaboudjan », « caisse de sardines »,
« sale chink » et « fils du dragon » ne vous évoquent
rien ? Aïe ! Ne pas avoir lu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tintin&lt;/em&gt; n’empêche certes pas de lire
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Raoul Fulgurex&lt;/em&gt;, mais ce serait
passer à côté de tout ce qui fait le sel de la saga, tant les références à
l’œuvre d’Hergé y sont nombreuses et savoureuses. Le Tintin qu’on croise ici
est moins angélique que l’original et nettement plus porté sur les plaisirs de
l’existence. Du moins, il le serait s’il n’avait pas tout le temps des
contrôleurs d’intrigues à ses basques, pour l’empêcher de donner libre cours à
ses bas instincts. Le scénario nécessitant, par effet de contraste, de
représenter Tintin dans un style réaliste le plus éloigné possible de la ligne
claire, Tronchet, conscient de ses limites techniques, confie le dessin à
Dominique Gelli. Secondé par la coloriste Marie Roubenne, ce dernier adopte un
trait mêlant des décors réalistes et des personnages semi-caricaturaux, avec
une profusion de détails comiques en arrière-plan.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
La série est créée en 1989 dans le numéro 129 de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Circus&lt;/em&gt;, magazine des éditions Glénat qui
vivait ses dernières heures. Tronchet est à cette époque en pleine explosion
créative. Son personnage &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Raymond
Calbuth&lt;/em&gt; est déjà bien installé, avec trois tomes parus. Le premier volume
des &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Les damnés de la Terre
associés&lt;/em&gt;, prépublié dans Fluide Glacial et édité aux éditions Delcourt, a
été récompensé par le Prix de la Critique, et &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Jean-Claude Tergal&lt;/em&gt; vient d’être créé
&lt;sup&gt;(1)&lt;/sup&gt;, toujours dans Fluide Glacial.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Tronchet, artiste polymorphe&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Par la suite viendront les années de diversification artistique. Tronchet
écrit, en plus des bandes dessinées, des romans, un spectacle de one-man-show
(qu’il interprète lui-même), et même un film, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Nouveau Jean-Claude&lt;/em&gt;. Il multiplie les
collaborations et passe du seul humour à un registre plus ouvert. Journaliste
de formation, il s’autorise également un retour à son premier métier, en
devenant le rédacteur en chef de l’Echo des Savanes, le temps d’en lancer une
nouvelle formule. Avec un tel parcours, Tronchet fait figure de candidat idéal
pour le Grand Prix d’Angoulême !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Après &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Raoul Fulgurex&lt;/em&gt;, distingué
par un Alph’Art catégorie humour, Tronchet et Gelli poursuivent leur
collaboration avec &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Patacrèpe et
Couillalère&lt;/em&gt;, série animalière de gags en une planche. Curieusement, Gelli
abandonne le style semi-caricatural dans lequel il excellait, pour un dessin
« jeté » finalement moins personnel. Preuve en est que Tronchet
reprendra cette série seul, en réhumanisant les personnages, sous le titre
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Deux cons&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-bidi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-list: Ignore&quot;&gt;(1)&lt;span style=&quot;FONT: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
Toutes ces séries se situent à Ronchin, ville du Nord-Pas-de-Calais. Tergal est
même un voisin direct du couple Calbuth. L’action de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Raoul Fulgurex&lt;/em&gt;, moins focalisée
géographiquement, permet néanmoins des passerelles et clins d’œil. Les Calbuth,
Tergal et l’épicier Grobert apparaissent dans la trilogie &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Fulgurex&lt;/em&gt;. De façon plus surprenante, on
trouve dans le tome 4 des &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Damnés de la
Terre associés&lt;/em&gt;, la preuve que Ténébrax (le chef de Raoul) a réalisé son
rêve : quitter la brigade de fiction pour ouvrir une pizzeria avec sa
comparse Francine…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ansi-language: FR; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin&quot;&gt;
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2010/01/10/Raoul-Fulgurex%2C-dans-les-coulisses-de-l%E2%80%99Imaginaire%E2%80%A6#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Rapport ACBD 2009 : une vitalité en trompe-l’œil ?</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/09/Rapport-ACBD-2009-%3A-une-vitalit%C3%A9-en-trompe-l%E2%80%99%C5%93il</link>
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    <pubDate>Sat, 09 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>focus</category>
        <category>ACBD</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le traditionnel rapport annuel de l’ACBD
(Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) rédigé par son
secrétaire général Gilles Ratier, établit pour 2009 un bilan assez
contrasté.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Le premier constat est celui d’une
décélération　: au terme d’une spectaculaire période de quatorze ans de course à
la production, l’année 2009 parait presque calme, avec des chiffres proches de
ceux de l’année précédente… c'est-à-dire au plus haut niveau. 4863 titres ont
été publiés en 2009, dont 3599 nouveautés, 892 rééditions (catégorie qui
désigne les rééditions augmentées ou présentées sous une nouvelle forme et les
intégrales, et non pas les retirages d’albums), 297 art books et 75 essais.
Cela ne représente «　que　» 2,4% de titres de plus qu’en 2008, et l’augmentation
est surtout liée au nombre de rééditions, segment dont la croissance avoisine
les 9%. Le nombre de nouveautés est resté stable cette année, les gros éditeurs
ont même légèrement resserré leur production, proposant 4% de titres de
création en moins par rapport à 2008. 140 titres (dont 40 mangas, issus de 12
séries seulement) ont bénéficié d’un premier tirage de plus de 50　000
exemplaires. Sur ce nombre, la moitié ont été publiés au quatrième trimestre,
la fin de l’année étant considéré plus propice aux achats de bande dessinée.
Nous ne saurons qu’en 2010 si cette stratégie qui prend le risque d’un grand
carambolage dans les rayons des librairies, aura été fructueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Les chiffres de vente disponibles pour l’heure,
sont ceux de 2008. Dans un secteur qui pesait 320 millions d’euros, le groupe
le plus important, avec 32,7% des ventes d’albums en nombre d’exemplaires, est
Média Participation (qui regroupe les éditions Dargaud, Dupuis, Le Lombard,
Blake &amp;amp; Mortimer et Kana). Il est suivi par les éditions Glénat (incluant
les labels Vents d’Ouest et Drugstore) avec 16% des ventes d’albums et par
Delcourt (10%). Fait notable, la part de marché des deux premiers ne cesse de
s’effriter, quand celle de Delcourt a quasi doublé en cinq ans, les rachats de
Tonkam et d’Akata n’étant pas étrangers à ce phénomène.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;2009 aura été une année très semblable à 2008
dans ses tendances　: valorisation du fonds éditorial, exploitation de licences
existantes, importation massive d’œuvres non-francophones (1891 nouveautés sont
des traductions), attrait croissant pour les adaptations en BD d’œuvres
littéraires (179 titres, soit 5% de la production). Pour déceler quelque chose
d’un peu spécifique dans l’année écoulée, il faut lorgner du côté de la BD
érotique, qui fait son grand retour dans le catalogue des éditeurs non
spécialisés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Mais le phénomène le plus singulier de 2009,
c’est la course à la technologie que les éditeurs se livrent, en cherchant à se
positionner sur un hypothétique marché de la BD sur téléphone portable. La
lecture sur écran est devenue usuelle, les statistiques de visite des blogs BD
le prouvent. Mais ces sites, apparus depuis 2003, n’ont pour l’heure pas prouvé
qu’ils puissent donner naissance à un modèle économique alternatif. Tout au
plus ont-ils permis à quelques auteurs d’accéder plus facilement aux filières
classiques de l’édition. Comment croire alors, à la pertinence d’un modèle
économique fondé sur la lecture &lt;em&gt;payante&lt;/em&gt; sur un support
&lt;em&gt;minuscule&lt;/em&gt;　d’œuvres qui n’ont pas été créées spécifiquement pour lui　?
&lt;em&gt;Tablet PC&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;E-books&lt;/em&gt; du futur changeront peut-être la donne.
Pour l’heure, rien ne prouve que le virage numérique annoncé ne soit pas un
«　mirage　» numérique. Et les enjeux ne sont pas uniquement techniques.　Si cette
industrie potentielle ne se montre pas plus capable d’assurer un revenu décent
aux auteurs que l’édition classique, on ne peut pas lui prédire un grand
avenir…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2010/01/09/Rapport-ACBD-2009-%3A-une-vitalit%C3%A9-en-trompe-l%E2%80%99%C5%93il#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Destins : Drôles de trames</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/08/Destins-%3A-Dr%C3%B4les-de-trames</link>
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    <pubDate>Fri, 08 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Frank Giroud</category><category>Glénat</category><category>Michel Durand</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Imaginée et coordonnée par Frank Giroud,
&lt;em&gt;Destins&lt;/em&gt; est la nouvelle série-concept des éditions Glénat　: pas moins
de quatorze albums sont à paraître, entre janvier 2009 et janvier
2011.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img align=&quot;right&quot; alt=&quot;Destins&quot; src=&quot;http://www.glenatbd.com/images/albums/9782723467476/9782723467476-L.jpg&quot; /&gt;Dans
sa jeunesse, Ellen a fait une grosse erreur de parcours. Amoureuse d’un
apprenti- révolutionnaire, elle l’accompagne dans un braquage qui vire au
drame. Une autre femme est suspectée à sa place et risque la chaise électrique…
mais celle-ci est innocentée par un faux-témoignage. Ellen quitte les USA pour
la Grande-Bretagne, épouse un avocat talentueux, a des enfants… Bref, elle
refait sa vie et rachète sa faute en s’investissant dans une organisation
caritative. Jusqu’au moment où son passé se rappelle à elle de façon brutale,
la conduisant à un choix déchirant. Quelle voie adopter　? Toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;L’idée est en effet de suivre toutes les
existences possibles de l’héroïne, qui découlent de ses décisions. Le tome 1,
intitulé &lt;em&gt;Le Hold-up&lt;/em&gt; se poursuit par &lt;em&gt;Le Fils&lt;/em&gt; ou par &lt;em&gt;Le
Piège africain&lt;/em&gt;. Chacune de ces histoires se conclut sur un nouveau
dilemme, et nous voilà en présence de quatre destins parallèles. Après cette
phase d’expansion, les intrigues se resserrent et convergent vers un album
final unique. Au total, Ellen mènera cinq existences différentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au &lt;em&gt;Décalogue&lt;/em&gt;, où Giroud scénarisait la totalité des
histoires, apportant une cohérence à l’ensemble, chaque tome de
&lt;em&gt;Destins&lt;/em&gt; est écrit et dessiné par des auteurs différents, à l’exception
du tome d’ouverture et de l’unique album de conclusion, tous deux exécutés par
Frank Giroud et Michel Durand (dessinateur de &lt;em&gt;Cuervos&lt;/em&gt;　; « Durandur »
pour les intimes). Le projet s’apparente donc à une sorte de course de relais
narratif ou de cadavre exquis concerté. La trame d’ensemble a été mise au point
en réunissant tous les scénaristes, mais il était conseillé à chacun d’eux de
conserver son style personnel. D’où une variété de tons qui ajoutera à
l’intérêt du projet. Voilà qui prouve, si besoin en était, que la bande
dessinée « classique » sait également être expérimentale.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2010/01/08/Destins-%3A-Dr%C3%B4les-de-trames#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Hyper-séries et séries-concept</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/07/Hyper-s%C3%A9ries-et-s%C3%A9ries-concept</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8fdcfd8c1d480b3d3412f33f42608162</guid>
    <pubDate>Thu, 07 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>dossier</category>
            
    <description>    &lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Contredisant l’idée du dessinateur isolé dans son
atelier, certaines séries font appel à différents créateurs. Pourquoi,
comment ? À l’occasion de la sortie des séries &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Destins&lt;/em&gt; chez Glénat et &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Casse&lt;/em&gt; chez Delcourt, c’est ce que nous
allons examiner.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Le phénomène des reprises l’a prouvé depuis
très longtemps, les bons personnages de bande dessinée peuvent survivre à leur
créateur, que la reprise ait lieu après le décès de l’auteur comme pour
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Les Pieds Nickelés&lt;/em&gt;, suite au décès
de Forton en 1934, ou qu’elle soit organisée par un éditeur propriétaire des
droits, par exemple pour &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Spirou&lt;/em&gt;,
créé par Rob-Vel et acquis par les éditions Dupuis, qui confièrent ce
personnage à Jijé avant que celui-ci ne désigne Franquin pour lui
succéder.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;De la reprise à l’hyper-série&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Quand un scénariste, grâce au succès d’une
série, décide de lui donner une extension, en racontant une suite ou une
« préquelle », ou encore avec une « spin-off » en centrant
une nouvelle série autour d’un personnage secondaire de la série-mère, l’œuvre
acquiert le statut d’hyper-série. Par exemple, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;L’Incal&lt;/em&gt; de Jodorowsky et Moebius connait
différentes extensions directes, comme &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Après l’Incal&lt;/em&gt; (dessiné par Moebius),
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Avant l’Incal&lt;/em&gt; (par Janjetov) ou
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Final Incal&lt;/em&gt; (par Ladrönn) ou
indirectes, comme &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;La caste des
Méta-Barons&lt;/em&gt; (dessiné par Gimenez), série dérivée qui connait à son tour
différentes ramifications : &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Dayal
de Castaka&lt;/em&gt; (Das Pastoras) et &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Les
Armes du Méta-Baron&lt;/em&gt; (Charest). Dans le même registre, on peut citer
l’univers de Troy avec &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Lanfeust&lt;/em&gt;,
les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Trolls&lt;/em&gt;, les&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Conquérants, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Cixi&lt;/em&gt; ou encore &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tikko des Sables&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;On trouve un phénomène comparable dans les
comics. Au gré des multiples &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cross-over&lt;/em&gt; qui ont permis la rencontre de
différents super-héros, soit pour les faire collaborer, soit pour les faire
s’affronter, l’univers Marvel (tout comme celui de DC) a fini par constituer
une forme particulièrement tentaculaire et cohérente d’hyper-séries dans
lesquelles Spiderman, Iron Man et Wolverine (lui-même membre des X-Men) se
côtoient au sein des Avengers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Bien qu’on trouve quelques cas
d’hyper-séries liées à un seul auteur (Leiji Matsumoto, auteur de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Galaxy Express 999, Albator&lt;/em&gt;, etc. emploie
les mêmes personnages dans ses différents mangas), la plupart des hyper-séries
se développent à l’initiative d’un scénariste qui désire explorer un univers
fictif de la façon la plus vaste possible. Le recours à plusieurs
dessinateurs, va lui permettre de mettre en chantier plusieurs récits, de façon
parallèle. Un des précurseurs en la matière est Patrick Cothias, créateur avec
André Juillard des &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;7 vies de
l’épervier&lt;/em&gt;, une saga historique qui ne cesse de se développer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;De l’hyper-série à la série-concept&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Au début de la décennie 2000, certains
scénaristes imaginent donc des histoires qui nécessitent dès leur conception,
plusieurs dessinateurs. Frank Giroud, pour &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Décalogue&lt;/em&gt;, imagine dix récits
indépendants qui rassemblés, forment l’histoire de la transmission à travers
les âges d’un manuscrit sulfureux, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Nahik&lt;/em&gt;, objet de toutes les convoitises. Le
fait de confier ces récits à dix dessinateurs, permet de publier l’ensemble en
deux ans seulement. Exploit réussi, la série buzze, fidélise les lecteurs et,
par sa diversité, fait preuve d’une richesse inédite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Pour Didier Convard, le fait de se tourner
vers une équipe d’artistes procède d’une autre démarche. Le scénariste du
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Triangle Secret&lt;/em&gt; avait prévu pour
ce récit d’attiser le suspense en mêlant plusieurs histoires se déroulant dans
des espaces-temps distincts. Mais comment ne pas perdre le lecteur en route
avec tous les croisements d’intrigues ? Tout simplement par le recours à
des styles visuels différents, dans une narration qui emploie beaucoup le
flashback, sans recourir systématiquement à une colorisation sépia, ou à des
récitatifs de&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt;
contexte (« Rome, de nos jours »).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;La genèse de Donjon, série fantasy de Joann
Sfar et Lewis Trondheim est encore différente. Créée pour la seule envie de
faire un projet ensemble, il est convenu que le scénario sera rédigé ensemble,
et le dessin exécuté par Trondheim. Mais au bout de quelques tomes, Sfar
souhaite s’approprier l’univers, et imagine « Crépuscule »,
c’est-à-dire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Donjon&lt;/em&gt; quelques
dizaines d’années plus tard. Par symétrie, le duo de scénaristes planche
aussitôt sur une troisième série qui raconte &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Donjon&lt;/em&gt; avant &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Donjon&lt;/em&gt;… Et tout cela se poursuit avec
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Donjon Monsters&lt;/em&gt;, qui donne le
premier rôle à un personnage secondaire, le temps d’un album.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Concepts d’auteur et d’éditeurs&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Initiée par Jean-Bernard Pouy, la série
policière &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Poulpe&lt;/em&gt; met en scène
les aventures d’un enquêteur atypique, Gabriel Lecouvreur, dont chaque aventure
est imaginée par un nouvel écrivain. La série connaît un prolongement en BD,
aux éditions 6 pieds sous terre, en reprenant le même principe, soit dans le
cadre d’adaptation par des dessinateurs, soit avec des histoires inédites en
roman (&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pieuvre à la Pouy&lt;/em&gt;, par
Cestac et Montellier).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;En 2005, le décidément très créatif Frank
Giroud lançait &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Secrets&lt;/em&gt; chez
Dupuis, une série reposant sur un concept déclinable à l’infini,  la
révélation de secrets de famille. D’une façon assez similaire, les éditions
Delcourt s’intéressent aux séries-concept. La collection Sept, dirigée par
David Chauvel, proposait à différents auteurs d’imaginer un récit faisant
intervenir sept personnages (7 voleurs, 7 missionnaires, 7 psychopathes, etc).
Les one-shots ainsi créés n’ont aucun rapport entre eux, sinon qu’ils répondent
chacun au thème imposé. Il s’agit finalement de reprendre, à l’échelle d’une
collection, ce qui se faisait déjà sous un format plus réduit, dans les
nombreux ouvrages collectifs thématiques. L’idée est de voir comment
scénaristes et dessinateurs s’en sortent, dans ce qui est avant tout un
exercice de style. Le succès faisant, une nouvelle salve de 7 albums est en
cours et Delcourt renouvelle l’expérience avec de nouveau concepts. Tout
d’abord, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Casse,&lt;/em&gt; série d’albums
coordonnée par le même Chauvel et tournant autour de « casses du
siècle », et puis « Jour J » série proposant des uchronies
réalistes, plausibles du point de vue historique, la première étant « Que
se serait-il passé si les Russes avaient mis le pied sur la lune avant les
Américains ». Quant à l’infatigable Giroud, il propose &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Destins&lt;/em&gt; chez Glénât, ou les multiples
existences d’une héroïne, confiée à treize équipes de scénaristes et
dessinateurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;&lt;em&gt;avec la collaboration de Yannick
Lejeune&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Petite histoire des colonies françaises T3</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/06/Petite-histoire-des-colonies-fran%C3%A7aises-T3</link>
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    <pubDate>Wed, 06 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>FLBLB</category><category>Grégory Jarry</category><category>Otto T.</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Petite histoire des colonies françaises,
T3, La décolonisation, de Grégory Jarry et Otto T.&lt;br /&gt;
FLBLB, 128 P. BICHROMIE, 13 €&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;Petite histoire des colonies tome 3 : la décolonisation&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://www.flblb.com/IMG/arton388.gif&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;98&quot; /&gt;«
Rôle positif de la colonisation », « identité nationale »… Pour comprendre ce
qui se cache derrière ces termes qui ont envahi l’espace politique, il n’est
pas saugrenu de chercher à se documenter. Pour nous instruire sur la
décolonisation, Grégory Jarry et Otto T. font intervenir un conférencier idéal
: le général de Gaulle &lt;em&gt;himself&lt;/em&gt;, plus débonnaire (!), rondouillard (?)
et barbu (!?) que jamais. Textes ironiques (mais scrupuleux) et illustrations
caustiques, dans un esprit très Shadok, pour une leçon d’Histoire franchement
salutaire.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>10 petits insectes</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/05/10-petits-insectes</link>
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    <pubDate>Tue, 05 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Davide Cali</category><category>Vincent Pianina</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;10 petits insectes, de Davide Cali et
Vincent Pianina&lt;br /&gt;
SARBACANE, 80 P. COULEUR, 12,50 €&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/9/1/4/9782848653419.gif&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;Une intrigue inspirée par Agatha Christie, un minimalisme
graphique à la José Parrondo et un goût pour le retournement de situations à la
manière de Lewis Trondheim, telles sont les qualités de &lt;em&gt;10 petits
insectes&lt;/em&gt;, où onze (!) protagonistes se retrouvent réunis dans un manoir,
sur l’île de la Tortue, pour un week-end qui va rapidement devenir sanglant.
Décapitations, empoisonnements, électrocutions et autres «　accidents　» font
apporter du piment à ce qui aurait pu virer à la réunion &lt;em&gt;tupperware&lt;/em&gt;.
Ouf, le pire nous a été épargné　!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Nestor et Polux</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/04/Nestor-et-Polux</link>
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    <pubDate>Mon, 04 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Fabrice Tarrin</category><category>Fred Neidhardt</category><category>Onapratut</category><category>O’Groj</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nestor et Polux, de Fred Neidhardt,
Fabrice Tarrin et O’Groj&lt;br /&gt;
ONAPRATUT, 96 P. COULEUR, 12,50 €&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img align=&quot;right&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/8/5/0/9782952562058.gif&quot; /&gt;Dans
une sorte de jardin d’Eden, Dieu installa deux créatures, Nestor et Polux, et
leur offrit chaque jour un yaourt quotidien. À la framboise, d’un goût divin　;
ou au pruneau, carrément dégueulasse, «　&lt;em&gt;pour que vous puissiez apprécier
encore plus celui à la framboise&lt;/em&gt;　», précisa l’Eternel (qui était Sadique,
ou peut-être seulement Très Con). Partant de cette situation, les auteurs se
lancent dans des divagations métaphysico-délirantes qui, tout en évoquant
celles du &lt;em&gt;Concombre masqué&lt;/em&gt;, firent les beaux jours de feu &lt;em&gt;Pif
Gadget mensuel&lt;/em&gt;, où elles étaient prépubliées.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L’Espion de Staline</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/03/L%E2%80%99Espion-de-Staline</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2d6cf69c5746a5854bd8e28b672fa459</guid>
    <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Casterman</category><category>Isabel Kreitz</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’Espion de Staline, d’Isabel
Kreitz&lt;br /&gt;
CASTERMAN, 256 P. N&amp;amp;B, 16 €&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img align=&quot;left&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/7/3/6/9782203029637.gif&quot; /&gt;Porté
sur l’alcool et les femmes, et peu enclin à taire son hostilité au régime nazi,
le journaliste Richard Sorge fut, dans les années 1930 et 40, agent de
renseignements de l’URSS, installé à Tokyo. La légende prétend qu’il fournit à
Staline la date exacte du déclenchement de l’opération Barbarossa, par laquelle
Hitler violait le pacte de non-agression signé entre l’Allemagne et l’URSS… et
que Staline n’y prêta pas foi. Cette histoire, qui méritait d’être racontée,
l’est de fort belle façon par Isabel Kreitz. La dessinatrice allemande profite
de l’occasion pour brosser un portrait sans concession des milieux consulaires,
superficiels et déphasés, au cœur de la Seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Swallow me whole</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2010/01/02/Swallow-me-whole</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:59001fa810fc013e480af629f23e9d39</guid>
    <pubDate>Sat, 02 Jan 2010 20:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Casterman</category><category>Nate Powel</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;EN&quot;&gt;&lt;strong&gt;Swallow me
whole, de Nate Powel&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;strong&gt;CASTERMAN, 216 P. N&amp;amp;B, 15 €&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Récompensé par l’Eisner Award 2009 du meilleur roman graphique, &lt;em&gt;Swallow
me whole&lt;/em&gt; est un récit psychologique complexe et ténébreux, celui de deux
adolescents en proie à des troubles obsessionnels compulsifs à la limite de la
schizophrénie. Ruth collectionne insectes et batraciens dans des bocaux, à qui
elle voue une sorte de culte. Son frère Perry, passionné de dessin, voit et
entend un sorcier au bout de son crayon, qui lui donne des ordres. Tous deux,
sur le fil du rasoir, jouent les équilibristes entre imagination débordante et
folie dévorante. Basculera, basculera pas　?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Il était une fois en France, rencontre avec Fabien Nury et Sylvain Vallée</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/12/01/Il-%C3%A9tait-une-fois-en-France%2C-rencontre-avec-Fabien-Nury-et-Sylvain-Vall%C3%A9e</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:272c0549f79805e1a07a73204755e85c</guid>
    <pubDate>Tue, 01 Dec 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>interview</category>
        <category>Fabien Nury</category><category>Glénat</category><category>Sylvain Vallée</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;em&gt;Il était une fois en France&lt;/em&gt; (ou
l'histoire de Joseph Joanovici, personnage aussi ambigu que fascinant) est
plébiscité par les lecteurs et la critique, ainsi que sur BDGest, où les deux
premiers volumes ont successivement emporté le BDGest'ART Scénario en 2007 et
en 2008. Voilà qui, avec la sortie du troisième tome, le 28 octobre 2009, nous
donne trois bons motifs pour consacrer une exposition à cette saga de Fabien
Nury et Sylvain Vallée...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Comment avez-vous découvert l’existence de ce monsieur
Joanovici ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Fabien Nury : Il y a
quelques années, quand je travaillais sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Les Brigades du Tigre&lt;/em&gt;, j’avais été conduit à
m’intéresser à l’histoire du crime organisé en France. Ce qui m’a amené à la
« French Connection ». De là, au rôle du crime organisé sous
l’Occupation, qui est plus qu’ambigu, notamment la&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; gestapo française. Et au milieu de mes
documentations sur les gangsters corses, je suis tombé sur ce nom, Joseph
Joanovici, qui avait l’air de faire des affaires avec beaucoup d’entre eux. En
creusant, j’ai découvert cette personnalité incroyable et fascinante, dont
l’histoire était bien plus originale et avec beaucoup plus d’émotions
possibles, de dilemmes et de paradoxes, qu’avec tous les gangsters auxquels je
m’étais précédemment intéressé. Il existe une documentation assez abondante sur
Joanovici, et, ce qui est très intéressant, contradictoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;C’est-à-dire que les historiens ou commentateurs
prennent un parti ou l’autre ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Oui, il y a des
œuvres à charge, d’autres à décharge. Boudard a écrit à décharge. Dans
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Roman vrai de la IIIe et
IVe&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; République&lt;/em&gt;, ils écrivent
à décharge. Certaines sources cherchent à exonérer Joanovici, d’autres
voudraient l’enfoncer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Sylvain Vallée : Il y a
aussi quelques bouquins plus neutres, qui cherchent l’objectivité. Le livre de
Grégory Auda, notamment [&lt;em&gt;Les belles années du « milieu »
1940-1944 - Le grand banditisme dans la machine répressive allemande en
France&lt;/em&gt;, Michalon], que d’ailleurs nous avons eu la chance de rencontrer,
plus ou moins par hasard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : En faisant le tour de
toutes ces sources, je me suis rendu compte que j’avais envie de toutes les
croire, en bien comme en&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; mal. Je
crois, et il y a de nombreux témoignages à cet appui, qu’il a sauvé environ 150
personnes des camps de la mort. Ce qui n’est pas rien. Je crois aussi qu’il a
fait tuer des gens, et qu’il a participé directement à un meurtre. Ce qui n’est
pas rien non plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;A-t-il des descendants, qui auraient pu vous donner un
retour direct sur votre œuvre ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Joanovici a eu des
filles. Il n’a eu aucun descendant qui porte son nom. Nous n’avons eu aucun
écho, mais de toute façon nous ne sommes pas les premiers à parler de lui. Une
grande partie de sa vie fait partie du domaine public. C’est quelqu’un qui a
été très célèbre après-guerre. C’était un peu le Bernard Tapie de la fin des
années 1940, mais en bien plus sulfureux ! Un certain nombre de proches de
Joanovici a probablement plutôt eu envie de faire oublier leurs liens avec
lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Difficile de se
réclamer de lui, alors que le feuilleton Joanovici était constamment dans la
presse des années 1950, avec de nouvelles révélations tous les mois. Et puis,
nous faisons de la bande dessinée, nous ne révélons rien de nouveau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : J’ai reçu quelques
courriers de gens qui prétendaient avoir des informations sur Joanovici… mais
aucun héritier ne nous a donné son avis sur la façon dont nous traitons de son
parent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Et donc, cette anecdote, sur la rencontre avec Grégory
Auda ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : J’étais, avec mon
éditeur, à la recherche du crédit photographique de la photo anthropométrique
que nous avons mise en page de titre. Nous sommes donc allés à la source, aux
archives de la Préfecture de police de Paris. On se balade avec le bouquin
d’Auda sous le bras, puisque la photo en question apparaît sur la couverture.
Et on rencontre quelqu’un qui nous explique que l’auteur de notre livre
travaillait là, à la préfecture, dans le bureau juste à côté ! Nous avons
donc eu la possibilité de discuter avec lui, et de fil en aiguille, il nous a
rédigé la préface du tome 2.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Comment Sylvain Vallée a-t-il été choisi, pour cette
saga ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Pour un récit comme
celui-ci, qui soulève des thèmes extrêmement graves, il vaut mieux savoir où on
va et ne pas naviguer à vue. J’ai donc commencé par rédiger un plan, un
traitement d’une cinquantaine de pages, qui m’a permis de définir que la bande
dessinée allait faire environ six tomes. J’ai mis du temps à chercher comment
j’allais architecturer le tome 1. A l’époque, Laurent Muller était directeur
éditorial chez Glénat [&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;après quoi il a
cofondé les éditions 12 bis, NDLR&lt;/em&gt;]. Il a lu le projet et l’a adoré. Nous
nous sommes alors mis en quête d’un dessinateur. Sylvain a fait partie des
premiers reçus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Laurent me
connaissait depuis &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Gil St-André&lt;/em&gt;.
Il savait que j’avais envie de changer d’univers, et il m’avait envoyé
différents projets, sans que j’aie le déclic. Puis il m’a envoyé ce scénario,
et c’était exactement ce que je recherchais, à la condition de pouvoir y mettre
un dessin qui ne soit pas un dessin réaliste comme Fabien et Laurent pouvaient
s’y attendre quand ils m’ont contacté. Je n’avais pas envie de refaire du
réalisme d’époque, comme j’avais pu faire sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Gil St-André&lt;/em&gt;, transposé aux années 1940.
J’avais envie de revenir à un dessin plus expressionniste, plus lâché, qui est
celui de mes origines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Celui&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; des
affiches éditées au Cycliste ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Oui, et de mon premier bouquin
chez eux, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;L’écrin&lt;/em&gt;. J’avais
beaucoup appris en faisant du dessin réaliste sur Gil St-André, mais j’avais
envie de revenir à quelque chose de plus lâché. Du coup, j’ai montré à Fabien
mes recherches et mon book rempli de dessin de style plus caricatural, et nous
avons convenu que ce style pouvait être approprié à son histoire, à condition
que la mise en scène, soit elle réaliste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;En même temps, quelle audace ! Raconter l’histoire
d’un Juif collabo, c’est déjà un thème un peu ardu. Le traiter dans un style
caricatural, cela paraît une évidence maintenant que c’est sorti, et qu’on peut
voir la qualité de la série et ses intentions. Mais pour lancer un projet comme
cela, ça n’a pas dû être simple…&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Il faut reconnaître
qu’on a fait peur à pas mal de monde. Et qu’on s’est fait peur aussi. Je ne
révèle pas de secret en disant que des avocats ont été consultés autour de ce
projet. Au-delà des considérations juridiques, cela me rendrait malade d’être
perçu comme un antisémite. Etre à tort, traité d’antisémite par les gens qui
chassent les antisémites, cela peut faire beaucoup souffrir. Mais ce qui ne
devait absolument pas arriver, aurait été d’obtenir l’assentiment d’antisémites
avérés. Le personnage de Joanovici est ambigu. Notre position ne l’est pas. Par
exemple, dans le second bouquin, la façon dont nous mettons en parallèle ce
destin extraordinaire et le destin de ceux qui n’avaient pas les moyens de
Joanovici, révèle parfaitement notre opinion sur le régime de Vichy. Joanovici,
qui obtient son certificat d’aryanité, et qui doit passer devant toute la file
des gens qui eux, ne peuvent pas tricher, est sans doute la scène la plus
emblématique de la série. Oui, c’est un Juif qui s’enrichit, et certains des
pires clichés antisémites sont incarnés par ce personnage. Mais il fallait bien
montrer qu’il est une exception, et que ce n’est pas par sa religion, bien au
contraire qu’il est comme il est. Nous avons été très rassurés par l’accueil
reçu dès le premier tome. Mais il est exact que nous avons pris un
risque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Et sur le plan&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; graphique ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Les intentions de
Fabien m’ont paru limpides en lisant son scénario. Je savais qu’on n’était pas
dans l’engagement politique douteux. La seule crainte que j’ai eue était sur la
physionomie du personnage, sur le fait que je puisse forcer certains traits. On
sait tout ce que la caricature a pu véhiculer de néfaste pendant l’Occupation.
Mon choix stylistique visait à rendre les personnages plus expressifs, plus
vivants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Ce qui nous a sauvés d’une
mauvaise interprétation de notre propos, c’est sans doute le travail que nous
avons fait en commun,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; de mise en
scène, de traitement visuel d’intentions précises, définie dans le scénario et
qu’il fallait retransmettre en images.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : C’est pour cela aussi
que nous sommes allés chercher des photos et que nous les avons fait figurer
dans les albums. Pour que les lecteurs puissent saisir le rapport à la réalité.
Considérant cette scène des questions juives, il aurait été tout de même été
ridicule sinon abject, de jouer cette scène en donnant à Joanovici une gueule à
la Clint Eastwood.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Joanovici a la
tête qu’il a, c’est cela qui fait sens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Quand on travaille sur un sujet
aussi sensible, il faut bien savoir ce qu’on a à dire, comment on le dit, faire
bien attention à la façon dont on risque d’être interprété. En même temps, il
ne s’agit pas de s’autocensurer ou d’être timoré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Il y a un phénomène assez étonnant avec ce récit.
La mémoire qu’il laisse est très cinématographique, on se souvient des livres
comme s’il s’agissait d’un vieux film, un classique en noir et blanc. On est
presque surpris, à la relecture, de trouver des planches dessinées et en
couleurs…&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Je ne cherche
pas&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; à faire un acte d’historien,
graphiquement. Je cherche à parler à la conscience collective des gens, qui est
très liée au cinéma de ces années-là : &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;La Traversée de Paris&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;L’Armée des ombres&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Paris brûle t-il ?&lt;/em&gt; C’est cela, que les
gens ont à l’esprit, concernant ces années là. Je cherche plus l’évocation que
la précision au sens historique, jusqu’au moindre bouton de culote. Et
l’évocation passe par la restitution d’ambiance de films, qui font partie de
mon imaginaire, et comme de celui de nombreux lecteurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN :&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Il faut aussi regarder les photos d’époque,
pour voir à quel point le dessin de Sylvain est finalement bien plus réaliste
qu’il y parait. Les gueules des gangsters des années quarante, des acteurs
comme Jean Bouise, en passant par tous les castings de Clouzot, les Blier etc…
tous ces gens ont des trognes pas possibles ! Ce qu’on appelle le réalisme
en dessin est une forme de convention. Retrouver une proximité avec le cinéma
de cette époque, et pour lequel nous avons tous deux un penchant,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Comment tu organises cette restitution
d’ambiance ? A quoi cela tient ? À une certaine façon de faire les
cadrages ou la mise en scène, qui serait similaire aux films sur cette
époque ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : C’est assez spontané.
Je ne fais pas référence à tel ou tel film quand je dessine une case. Ou
exceptionnellement : la scène dans le commissariat aux questions juives
intègre une citation graphique évidente à un plan du film &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Monsieur Klein&lt;/em&gt;. Mais pour le reste, je tiens
la bande dessinée en haute estime, mais je ne cherche pas à avoir un traitement
BD. Je cherche un traitement proche du réel. Ce qui me pousse à refuser les
onomatopées, les compositions très BD, les inserts, les superpositions de
cases… Il n’y en a pas.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; Je
privilégie la simplicité, je pose juste un cadre sur le réel. Comme au cinéma.
Le jeu du texte off est un truc typiquement cinématographique aussi. Quand on
prolonge un texte alors que le personnage s’éloigne, on passe du dialogue à un
texte off. C’est plus élégant, et plus réaliste, que de mettre une énorme queue
de bulle sur une voiture qui s’éloigne à l’horizon. On ne peut pas être à côté
des personnages quand ils sont à 150 mètres… C’est difficile de les
entendre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Nous travaillons sur
une base de scénario découpé-dialogué qui est très proche du cinéma. Mon
langage, les indications que je donne, sont très proches du cinéma : zoom
avant, plan rapproché, plan large etc. La narration, dans son premier stade,
c’est mon travail. Le dessin, c’est le travail de Sylvain. Et notre travail en
commun, c’est la mise en scène.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Les éléments que tu remets à Sylvain sont purement
textuels ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : J’écris d’abord une
continuité dialoguée, qui est comme un scénario de film. À la suite de quoi je
fais un découpage case à case, en donnant des indications de montage. J’évite
de faire le moindre dessin, dans la mesure où j’attends une surprise. Sylvain
propose alors des découpages qui sont très élaborés. On ne discute pas du
dessin, mais uniquement des points de vue et de la mise en scène.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : mes premiers
crayonnés sont assez élaborés, parce que j’ai besoin de voir mon&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; jeu d’acteurs. Je suis incapable de
visualiser une scène avec des Monsieur Patate. Il faut que je produise le bon
regard, pour montrer à Fabien quelle est l’intention qui passe. S’il le sent,
c’est bon. Sinon, c’est qu’on n’est pas sur le bon axe,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt; ou que le personnage n’est pas suffisamment
expressif.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : La grande question
que nous nous posons ensemble, c’est : « comment peut-on obtenir le
maximum d’émotion, en terme d’intensité ? ». Certaines scènes sont
des scènes d’installation. D’autres sont des climax. Quel que soit le potentiel
d’une scène, il faut toujours tenter d’en obtenir le maximum, par une mise en
scène appropriée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Parfois, le
dessinateur peut se laisser diriger par des préoccupations d’esthétique. Or, le
but ne doit pas être de faire une belle planche, mais de bien raconter. Peu
importe le nombre de strips, du moment que l’efficacité narrative est au
rendez-vous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : L’échec absolu serait
que le lecteur ne ressente rien en lisant le bouquin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Pourquoi avez-vous choisi ce titre, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Il était une fois en France&lt;/em&gt; ? Vous
considérez l’histoire de Joanovici comme très emblématique de la nation
française ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Outre la référence à
Sergio Leone, importante pour moi puisque &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Il était une fois dans l’Ouest&lt;/em&gt;, et
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Il était une fois en Amérique&lt;/em&gt; sont
tous les deux dans la liste de mes dix films préférés, il y avait le fait de
vouloir évoquer un genre, l’épopée criminelle, et donc il y avait un rapport à
l’image : les tractions, les chapeaux mous etc. Un titre se comprend en
complément de l’image de couverture, c’est ce doublon qui fait sens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Joanovici, voilà un personnage
qui est un immigré, qui arrive analphabète et sans avoir grand-chose pour lui.
Et ce gars construit son ascension en étant au cœur à la fois de la résistance
et de la collaboration. Il devient donc une figure totalement emblématique
d’une des périodes qui font le plus travailler notre imaginaire collectif en
France, depuis plus de soixante ans, et certainement une des périodes les plus
sombres. Le sujet permettait ce titre. Joanovici était vraiment dans l’œil du
typhon : il était à La Rochelle pendant l’exode. Il était à Paris pendant
la libération. Il était rue Lauriston [au siège parisien de la Gestapo, NDLR].
Et en même temps il était avec les résistants. Cette rencontre en un destin
individuel et notre histoire collective m’a sauté aux yeux. Très vite, en
lisant l’histoire de Joanovici, je me suis dis que si j’en faisais quelque
chose, cela devrait s’appeler &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Il était
une fois en France&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : Même si Joanovici
représente cette période historique par toutes sortes de facette, il faut aussi
la montrer directement par moment. C’est pourquoi, par exemple, nous avons
ajouté deux planches dans le tome 2 [p.12 et 13 NDLR] , pour montrer le
retour à Paris de Lucie, Joseph et du faussaire, à contresens de l’exode, et
Paris où flottent désormais des croix gammées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Nous devons, avec les
personnages, pénétrer en zone occupée. Il y a des svastikas partout rue de
Rivoli, les Allemands défilent sur les Champs Élysées. Tout le reste du volume
est mis en résonnance par ces deux planches.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Comme pour tout livre composé d’après des faits réels,
on se pose la question de la part de l’authentique et du romancé, et tout
particulièrement à propos de Lucie Fer. C’est un personnage incroyable, une
femme qui reste en retrait, mais d’une dévotion sans limite, prête à tous les
sacrifices pour son patron…&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Ce récit est écrit
d’après des faits réels, mais ne prétend pas être une thèse
d’Histoire…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;SV : … oui, s’il avait
vraiment fallu rester dans l’exactitude historique, Lucie n’aurait pas eu le
physique que nous lui avons donné. La « vraie » Lucie Fer avait un
physique beaucoup plus ingrat.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : En même temps, elle a
vraiment eu une relation avec Otto Brandl, probablement dans le but d’aider
Joanovici qui se trouvait dans une situation impossible en en 1941. Elle est
vraiment restée avec Joanovici jusqu’à ses derniers jours en 1965 à Clichy.
Nous sommes donc, hormis sur le plan physique, très fidèles à la réalité. Et
franchement, je n’aurais jamais pu trouver un nom aussi parfait que Lucie Fer
pour décrire cette femme. Ce sont les ferrailleurs eux-mêmes, terrifiés par la
dureté du personnage, qui lui ont donné ce nom. De la même façon, le juge qui
poursuit le méchant s’appelle Legentil ; c’est trop beau pour être
inventé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Nous faisons un travail de
condensation et de dramatisation de l’histoire. Le but, pour nous, est de
produire une lecture qui demande peu d’efforts, avec une grosse récompense
émotionnelle et une grosse crédibilité. Pour obtenir cet effet, on s’autorise à
inventer et à mêler de l’authentique et du romancé. Mais si cela permet
d’intéresser les lecteurs à cette période de l’Histoire, et pousser ceux que
cela intéresse vraiment à faire quelques recherches pour en savoir plus, nous
en sommes heureux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Comment fais-tu pour découper ton histoire en
différents tomes ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;FN : Le tome 1 présente
toute la série. Le 2 commence en 1940 et se termine en 1943. Les tomes 2, 3 et
4 se focalisent uniquement sur la période de l’Occupation. Le 3 démarre à
l’hiver 1943. Joseph et Lucie comptent leur argent. Et ils en ont beaucoup,
trop peut-être. Joseph commence à se dire qu’il va lui en falloir, des
certificats de moralité, pour se faire pardonner tout ce fric… Il décide
comment il va aller les chercher.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2009/12/01/Il-%C3%A9tait-une-fois-en-France%2C-rencontre-avec-Fabien-Nury-et-Sylvain-Vall%C3%A9e#comment-form</comments>
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    <title>Quand est-ce Concombre ?</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/14/Quand-est-ce-Concombre</link>
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    <pubDate>Sat, 14 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>focus</category>
        <category>Dargaud</category><category>Mandryka</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Il est né le premier avril 1965, mais ce n’est pas un
poisson. Ni un oiseau. Ni Superman. C’est le légume anthropomorphe le plus
célèbre de toute la bande dessinée : le Concombre masqué, ou le portrait
en cucurbitacée de Nikita Mandryka.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Le Concombre masqué et son ami Chourave
habitent un cactus-blockhaus &lt;sup&gt;(1)&lt;/sup&gt;, « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;à l’endroit où ailleurs signifie
ici&lt;/em&gt; », au bout du monde, dans le désert de la Folie douce. C’est un
univers absurde et délirant, où il ne fait pas bon s’exprimer par métaphores,
car elles ont tendance à devenir littérales. On peut, par exemple, assister à
un coucher de soleil : l’astre solaire a une hygiène irréprochable, il ne
manque jamais de se brosser les dents avant d’aller ronfler. On peut aussi y
planter des œufs durs pour faire pousser des poulets rôtis, ou semer des
cailloux dans un jardin zen pour les regarder pousser. Et surtout, on peut y
consulter le livre du Grand-Tout (du moine fou Barbapoux), qui contient cette
vérité essentielle : « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Dans
un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte et les
schyzo freinent&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Aventures nonsensiques, situations absurdes
et vocabulaire fantaisiste sont les ingrédients de cette œuvre, où l’auteur
développe un discours tour à tour surréaliste, délirant ou psychanalytique
&lt;sup&gt;(2)&lt;/sup&gt;. Comme Flaubert commentant &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Madame Bovary&lt;/em&gt;, Mandryka a déclaré
« &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Concombre masqué, c’est
moi !&lt;/em&gt; ». Et d’expliquer : « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pour écrire, il suffit que je me demande ce que
le Concombre masqué aurait à dire d’un sujet ou l’autre et ça démarre tout
seul. Si j’endosse mon identité de Nikita Mandryka… tout se bloque. Donc,
le Concombre, c’est moi. Le moi social que j’ai dans la vie est un moi
surajouté.  &lt;/em&gt;». La preuve est donc faite que ce n’est pas Mandryka qui
se cache sous le Concombre, mais l’inverse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Créé dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Vaillant&lt;/em&gt; (le journal de Pif), le personnage
rejoint &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pilote&lt;/em&gt; en 1969. Trois ans
plus tard, suite au refus de Goscinny de publier son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Histoire sans titre&lt;/em&gt; (le fameux jardin zen
évoqué plus haut), Mandryka claque la porte. Il fonde son propre journal,
&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;L’Echo des Savanes&lt;/em&gt;, et publie
Bretécher et Gotlib. Il sera rappelé dans Pilote quelques années plus tard par
Guy Vidal (successeur de Goscinny à la rédaction en chef) et racontera sa
propre expérience à la tête d’un magazine, de façon transposée : c’est
l’album « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Comment devenir maître
du monde ?&lt;/em&gt; », où le Concombre n’est plus masqué mais enturbanné (car
il a un peu chopé le melon, un proche cousin végétal). Le magazine Spirou tente
de relancer le personnage dans les années 1990. Deux albums sont publiés, mais
la jeune génération ne suit pas, et l’ancienne ne sait pas. Faute de succès,
Mandryka met la série en sommeil. Le Grand Prix d’Angoulême, qu’il reçoit en
1994 pour l’ensemble de son œuvre, n’y change rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;C’est une exposition rétrospective
organisée en 2003 à Genève, qui lui rendra la schniaque. Le Concombre
réapparaît alors sous forme d’un site web, &lt;a href=&quot;http://www.leconcombre.com/&quot;&gt;www.leconcombre.com&lt;/a&gt;, où l’auteur prépublie
les planches d’un nouvel album, qui sort en 2006 : &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le Bain de minuit du Concombre masqué&lt;/em&gt;.
Entretemps, Dargaud a la légumineuse idée de sortir une « intégrale des
années Pilote », qui obtient le Prix du Patrimoine à Angoulême en 2005 et dont
le premier tirage s’écoule en à peine deux mois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;Dans le nouvel album paru fin septembre, le
justicier « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;100% végétal, donc
100% sain&lt;/em&gt; » s’attaque au &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Monde fascinant des problèmes&lt;/em&gt;. Entre autres
choses, on y découvrira comment défendre les droits des rivets et revenir de
tout en prenant la tangente. Mais attention, ne l’appelez plus Concombre, il ne
répond plus qu’au nom de Lovelace Cucurbite. Et, bonne nouvelle, Mandryka a
déjà commencé un nouvel opus, au titre prometteur : &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;La Vérité Ultime&lt;/em&gt;. Puissent ses bretzels
toujours rester liquides.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; TEXT-INDENT: -18pt; MARGIN: 0cm 0cm 0 18pt; mso-add-space: auto; mso-list: l0 level1 lfo1&quot; class=&quot;MsoListParagraphCxSpFirst&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR; mso-bidi-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-list: Ignore&quot;&gt;(1)&lt;span style=&quot;FONT: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;En réalité, Chourave squatte le cactus-blockhaus, mais
il a ses propres appartements dans un tonneau. Ce qui lui fait un point commun
avec Diogène.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; MARGIN: 0cm 0cm 0 18pt; mso-add-space: auto&quot; class=&quot;MsoListParagraphCxSpMiddle&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;TEXT-ALIGN: justify; TEXT-INDENT: -18pt; MARGIN: 0cm 0cm 0 18pt; mso-add-space: auto; mso-list: l0 level1 lfo1&quot; class=&quot;MsoListParagraphCxSpLast&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR; mso-bidi-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-list: Ignore&quot;&gt;(2)&lt;span style=&quot;FONT: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt;La véritable passion de Mandryka est moins la bande
dessinée que la psychologie. « &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Le
Concombre est une façon de continuer mon analyse. Je travaille sur les mots et
les métaphores en essayant de laisser la porte ouverte à l'inconscient qui s'y
révèle, comme on fait des associations d'idées sur le divan, et je les mets en
images, comme ce qui se passe dans un rêve. J'essaie parfois de déchiffrer ce
que ça veut dire pour en continuer le déroulement. Et parfois non. Tout en
essayant d'en faire une histoire qui soit drôle&lt;/em&gt; »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR&quot;&gt; &lt;/span&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Murena T7</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/13/Murena-T7</link>
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    <pubDate>Fri, 13 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Dargaud</category><category>Jean Dufaux</category><category>Philippe Delaby</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Murena T7, Vie des feux de Jean Dufaux
et Philippe Delaby&lt;br /&gt;
DARGAUD, 64 P. COULEUR, 11,50€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Précis jusqu’à la moindre fibule, &lt;em&gt;Murena&lt;/em&gt; a relancé le péplum en BD,
mais il propose plus que cela. Prenant prétexte d’une intrigue mettant en scène
un patricien dont l’existence entière semble vouée à Némésis, déesse de la
vengeance, les auteurs réalisent une biographie éclairante de l’empereur Néron,
où le souci historique l’emporte pour une fois sur une tradition littéraire qui
faisait de ce personnage une sorte d’artiste dément et mégalomane, en occultant
son talent politique. Instructif et divertissant, &lt;em&gt;Murena&lt;/em&gt; se révèle
donc plus nutritif que &lt;em&gt;panem et circenses&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La Sorcière du placard aux balais</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/12/La-Sorci%C3%A8re-du-placard-aux-balais</link>
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    <pubDate>Thu, 12 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Florence Dupré La Tour</category><category>Gallimard</category><category>Pierre Gripari</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Sorcière du placard aux balais, de
Florence Dupré La Tour, d’après Pierre Gripari.&lt;br /&gt;
GALLIMARD, 46 P. COULEURS, 13€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est l’histoire de Monsieur Pierre, qui vient d’acheter une maison hantée
par une sorcière discrète (elle se contente du placard aux balais) mais
susceptible : pas question de lui chanter « Sorcière, sorcière, prends garde à
ton derrière ! ». Issu des &lt;em&gt;Contes de la rue Broca&lt;/em&gt;, grand succès de la
littérature enfantine, ce conte hirsute et joyeux, gagne encore en rythme et en
loufoquerie dans sa transposition en bande dessinée par Florence Dupré La
Tour.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>Le fantôme du Commandant Cousteau</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/11/Le-fant%C3%B4me-du-Commandant-Cousteau</link>
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    <pubDate>Wed, 11 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Fluide Glacial</category><category>Isa</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le fantôme du Commandant Cousteau,
d’Isa&lt;br /&gt;
FLUIDE GLACIAL, 48 P. COULEUR, 9,95€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu son bonnet rouge dans une BD…
Suite à l’ingestion d’un sac plastique pas frais qu’elle prenait pour une
méduse, Bernadette le Mérou le voit en apparition : le Commandant Cousteau en
personne (et en lettres tremblées) vient lui délivrer un messaBBLgeBLL.
Tremblez, pollueurs, car le défenseur des droits des générations futures
revient hanter les océans　! Isa, transfuge de &lt;em&gt;Spirou&lt;/em&gt; chez &lt;em&gt;Fluide
Glacial&lt;/em&gt;, et une des rares dessinatrices de l’équipe, pose un humour mâtiné
d’absurde, qui n’exclut pas un message écolo.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Global Boboland</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/10/Global-Boboland</link>
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    <pubDate>Tue, 10 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Charles Berberian</category><category>Fluide Glacial</category><category>Philippe Dupuy</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Global Boboland, de Philippe Dupuy et
Charles Berberian&lt;br /&gt;
FLUIDE GLACIAL, 56 P. COULEURS, 11,95€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus caustiques que jamais, Dupuy et Berberian continuent leur exploration
de &lt;em&gt;Boboland&lt;/em&gt;, en s’intéressant plus particulièrement à cette &lt;em&gt;Upper
Class&lt;/em&gt; qui nous gouverne. Car si le bobo moyen voyage en partage utile dans
le tiers-monde, cède à la mode du manawah (&lt;em&gt;man at work at home&lt;/em&gt;) ou
s’amourache de son téléphone dernier cri, en haut de l’échelle sociale, on a
conscience d’avoir raté sa vie si on n’a pas été capable de racheter l’usine
Rolex avant cinquante ans.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le Pape terrible T1</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/09/Le-Pape-terrible-T1</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Alejandro Jodorowsky</category><category>Delcourt</category><category>Theo</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Pape terrible T1, Della Rovere, de
Jodorowsky et Theo&lt;br /&gt;
DELCOURT, 56 P. COULEURS, 13,95€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après avoir confié les &lt;em&gt;Borgia&lt;/em&gt; à Manara, Jodorowsky a recruté un
autre dessinateur italien, Theo, pour évoquer l’accession au pouvoir de
Giuliano della Rovere, qui deviendra le pape Jules II pendant la Renaissance
italienne. On sait le goût de Jodo pour les mutilations, mais quand il s’agit
de faire dessiner ses histoires, il ne s’entoure pas de bras cassés　! Qu’on en
juge par cette couverture en double hommage à Michel-Ange, qui représente un
hybride entre David et la Pietà, et qu’on voudrait intituler : « &lt;em&gt;Pacs
Romana&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La Légende dorée T2</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2009/11/08/La-L%C3%A9gende-dor%C3%A9e-T2</link>
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    <pubDate>Sun, 08 Nov 2009 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Joblin</category><category>Le Discot</category><category>Vents d Ouest</category>    
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Légende dorée T2, La Chevauchée des
coquadrilles, de Joblin et Le Discot&lt;br /&gt;
VENTS D’OUEST, 46 P. COULEURS, 13€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un clocher tordu, un moine ripailleur qui a des affinités avec les saints,
non, ce n’est pas le retour de &lt;em&gt;Frère Boudin&lt;/em&gt;, des regrettés Greg et
Claude Marin : c’est Frère Boulu, de &lt;em&gt;La légende dorée&lt;/em&gt;, aux ordres de
l’Abbé Chasmel et de l’Abbé Retzina, et chargé de sauver le monde. Latin de
cuisine et calembours éculés, voilà de quoi réjouir les jeunes générations pas
encore blasées par le coup du râteau en pleine poire, ou la blague de Lâchemi
et Lâchemoi sont dans un bateau. Suite et fin au prochain épisode, &lt;em&gt;Le trou
de Baal&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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