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  <title>Le briographe - critique</title>
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  <description>Farbouillages, blafissure et grovulements. Et un soupçon de 9e art.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 12:07:04 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Scott McCloud : « En BD, il n’y a pas de règles ; les voici ! »</title>
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    <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Delcourt</category><category>McCloud</category><category>Vertige Graphic</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Quelle est la nature de la bande dessinée
? Que peut-on faire en BD ? Comment le faire ? Le dessinateur
américain Scott McCloud (qui sera présent aux rencontres internationales du
Festival d’Angoulême 2008) répond à ces questions dans &lt;em&gt;L’Art
Invisible&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Faire de la bande
dessinée&lt;/em&gt;, trois ouvrages de référence qui passionneront tous ceux qui
s’intéressent à la BD en tant que mode d’expression.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; height=&quot;305&quot; alt=&quot;L'Art invisible, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/ArtInvisible%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Au départ, Scott McCloud est un auteur de
comics &lt;em&gt;comme les autres&lt;/em&gt;. Né en 1960, il vit de son art depuis 1984,
année où il lance sa propre série, &lt;em&gt;Zot.&lt;/em&gt; Lucide, McCloud évalue que
cette série arrive en cinquième position sur la liste des activités qui
contribuent à sa célébrité. Car ce n’est pas dans la fiction que son talent se
montre le plus éclatant, mais dans un domaine bien plus spécifique : la
réflexion sur la bande dessinée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Will Eisner, pionnier du renouveau de la BD américaine sous
sa forme de « roman graphique » (c’est-à-dire des histoires aux
thématiques et aux formats moins stéréotypés que ceux qui étaient offerts au
public américain, à la fin des années 1970), avait été un des premiers auteurs
à utiliser la bande dessinée pour parler de bande dessinée, dans deux ouvrages
pédagogiques : &lt;em&gt;La bande dessinée, Art séquentiel&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le récit
graphique&lt;/em&gt; (parus chez Vertige Graphic). Dans les pas de ce maître, qui fut
aussi son professeur, Scott McCloud a consigné quinze années de réflexion dans
trois livres qui forment ce qu’il faudrait appeler un « cycle de
conférences sur la bande dessinée ». Le 9&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; art y est décodé de
l’intérieur, puisque l’auteur a choisi d’exposer l’état de ses réflexions et
analyses en dessins, en se représentant sous les traits d’un conférencier – et
en ne lésinant pas sur le budget diaporama !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Publié en 1993 aux Etats-Unis et en 2000 en France, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; a depuis été adapté en seize langues. Le titre a obtenu de
nombreuses distinctions, dont le Prix de la Critique décerné en 2000 par l’ACBD
(association des critiques et journalistes de bande dessinée), et une
reconnaissance par des auteurs réputés comme un des plus intelligents livres
jamais écrits sur le sujet. Introuvable depuis quelques mois, le voilà réédité
chez Delcourt, avec une lisibilité améliorée par un nouveau
lettrage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; height=&quot;284&quot; alt=&quot;Réinventer la bande dessinée, Scott McCloud&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/Reinventingcomics%28Couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Outre une définition de la bande
dessinée et de précieuses explications sur son fonctionnement, &lt;em&gt;L’Art
invisible&lt;/em&gt; milite pour une reconnaissance de la BD comme forme artistique
spécifique. L’auteur explique aussi pourquoi la BD fonctionne, comment des
images fixes et muettes peuvent produire une impression de mouvement et de son.
Tout viendrait de cette capacité des lecteurs à comprendre les ellipses,
autrement dit à établir un lien entre deux cases. La bande dessinée existe,
explique McCloud, à cause de ce qu’il y a entre les cases. D’où ce titre
d’&lt;em&gt;Art invisible&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Les chapitre 3 et 4 sont particulièrement éclairants :
l’auteur liste les différents types d’enchainements possibles d’une vignette à
l’autre, et examine l’utilisation de chacune des catégories par différents
auteurs américains, européens ou japonais. Cette mesure, traduite en
diagrammes, montre que la narration manga est différente des autres. Quinze ans
avant tout le monde, McCloud définissait donc le manga non pas comme une
appellation d’origine, mais en tant que mode narratif objectivement
particulier. De quoi donner raison aux auteurs internationaux qui se
revendiquent de la culture manga sans être japonais !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;img title=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; height=&quot;306&quot; alt=&quot;Faire de la Bande Dessinée&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2008/MakingComics%28couv%29.jpg&quot; width=&quot;200&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Visionnaire, McCloud
tente de l’être dans &lt;em&gt;Réinventer la bande dessinée&lt;/em&gt;, nouvelle conférence
dans laquelle il imagine quelles conséquences l’ordinateur et les réseaux
informatiques peuvent avoir sur la bande dessinée, en tant que discipline
artistique d’une part, mais également en tant qu’industrie commerciale. Ce
livre apparaît d’une portée moins universelle que le précédent, car très centré
sur les préoccupations des auteurs américains à l’aube du 21&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;
siècle, sur fond de crise d’un secteur de plus en plus concurrencé par des
loisirs technologiques, comme l’usage d’internet ou le jeu vidéo. Le lecteur
européen ne pourra s’empêcher de trouver McCloud exagérément optimiste dans son
exposé du modèle économique espéré pour les webcomics. En revanche, les
développements sur les possibilités d’une bande dessinée affranchie des
contraintes physiques du papier sont tout à fait passionnants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;Enfin, McCloud livrait en 2006 un nouvel opus, publié en
octobre 2007 chez Delcourt sous le titre &lt;em&gt;Faire de la bande dessinée&lt;/em&gt;.
Le narrateur-conférencier revient, et cette fois c’est pour aider les auteurs
en herbe ou confirmés à explorer toutes les voies de perfectionnement
possibles. Rendre les personnages crédibles (aussi bien dans leur
représentation que leur psychologie), construire des univers riches, choisir
ses cadrages, trouver son style, choisir ses outils… En principe, il s’agit de
passer de la théorie à la pratique. Mais c’est peut-être l’inverse, puisque ce
livre permet à McCloud de préciser les différentes thèses exprimées dans
&lt;em&gt;L’Art invisible&lt;/em&gt;, à la lumière de quinze ans d’expérience
supplémentaires ! Le lecteur non praticien y trouve son compte : il
n’est pas si fréquent qu’un auteur prenne le temps d’évoquer les petites
ficelles du métier, avec un tel esprit de synthèse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN-BOTTOM: 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt&quot;&gt;&lt;em&gt;Paru dans Zoo#10&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'autre fin du monde</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/11/01/Lautre-fin-du-monde</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Atrabile</category><category>Ibn Al Rabin</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'autre fin du monde&lt;/em&gt;, de Ibn Al Rabin
(Atrabile)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;&lt;img hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/AutreFinDuMonde(couv)2.jpg&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;Depuis le décès accidentel de sa fiancée, Milch vit dans le manoir
qu’elle lui a légué, une grande demeure isolée à côté de la forêt. Tous les
soirs, la défunte ou plutôt son fantôme, vient lui rendre visite. Milch tente
bien de communiquer, mais elle reste désespérément muette. Ou est-ce lui qui
n'arrive pas à l'entendre ? Survient l'idée un peu folle d'aller consulter un
médecin pour soigner cette surdité. Pas très loin de là, un couple fait des
recherches en forêt : il s'agit de retrouver les traces d'un grand-père
disparu, un aviateur dont la légende familiale prétend qu'il était peut-être un
grand écrivain, puisqu'il avait plus de dix ans travaillé sur un mystérieux
manuscrit...  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: normal; FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-bidi-font-style: italic; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
L’autre fin du monde&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;est
un livre déroutant à de nombreux titres. Tout d’abord, il cultive le
paradoxe : avec 1120 pages, peut-on encore parler de BD minimaliste ?
Contrairement à &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
Lapinot et les carottes de Patagonie&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, joyeuse improvisation
brillante et débridée d'un Trondheim en folle liberté (et qui n'avait pas
forcément prévu de publier ces travaux), &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;
L’autre fin du monde&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; est un récit dense, structuré, qui frappe par
sa cohérence malgré la fantaisie du propos. Enfin, à quelques exceptions près,
qui n'en sont que plus intrigantes. Nous y reviendrons dans quelques instants.
 &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;L’histoire est touchante, comme souvent lorsqu’il
est question d’amour et de mort, encore qu’ici les disparitions soient
compensées par des apparitions ; elle est drôle aussi, avec des des dialogues
dynamiques et des réparties d’anthologie. L’auteur, selon sa bonne habitude,
cultive des dessins soignés en ce qui concerne les décors (des architectures en
perspective à deux points de fuite à main levée, excusez du peu), et limités à
des silhouettes pour les personnages. Ces derniers, pour tout dire, sont si peu
dessinés, qu’ils ne sont que des ombres. De ce fait, l’auteur est confronté à
des problèmes de caractérisation, dont il se sort via différents artifices.
Milch, en tant que &amp;quot;héros&amp;quot; de l'histoire, est relativement lisse, ce qui doit
permettre l'identification, ou au moins l'empathie, du lecteur. Les autres
protagonistes ont chacun un attribut qui permet de les reconnaître : une longue
barbe, une coiffure ou un chapeau particuliers. Ce système, s’il fonctionne
dans  l’absolu, n’est pas parfait… mais Ibn Al Rabin parvient à tourner à
son avantage, et avec facétie, cette contrainte forte issue de ses choix
graphiques. Un exemple : dans ce couple sur les traces d’un grand-père disparu,
l’homme est identifiable à son couvre-chef. Et donc, il ne l’enlève jamais. Ou
le moins possible. Il dort carrément avec, ce qui énerve sa femme au plus haut
point. Si l’auteur ne montrait pas l’homme au lit avec son chapeau, on ne
saurait pas de qui il s’agit. En le lui laissant sur la tête, le lecteur
comprend immédiatement de qui il est question, et il se dégage une situation
comique. Spirituel, non ?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;La lecture achevée, le lecteur attentif ressent
tout de même un certain trouble. Dans un ensemble globalement logique, quelques
éléments décousus forment des aspérités sur lesquelles la pensée trébuche. En
premier lieu, le titre du livre reste incompréhensible. Pourquoi « L’autre fin
du monde » ? Quel rapport avec l’histoire qui est racontée ? A priori
aucun. Autre sujet de perplexité, la forme adoptée : l’esthétique de cet objet
livre a été travaillée pour le faire ressembler à un dictionnaire. Le façonnage
lui-même, avec un dos plus rond que celui d’un chat, le fait d’avoir, vers le
milieu du livre, tout un chapitre en pages noires à bord perdu, ce qui crée sur
la tranche du livre une zone de démarquation qui n’est pas sans évoquer les
pages roses du Larousse. Sans oublier, bien sûr, que l’histoire est découpée en
vingt-six chapitres, nommés selon les lettres de l’alphabet, de A à Z. Oui
mais… à quoi sert cette évocation du dictionnaire ?  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Difficile de croire qu’Ibn Al Rabin, dont l’amour
des jeux formels vaut bien celui d’un Trondheim ou d’un Lécroart, et qui a sa
place à l’OuBaPo, aurait accompli tout cela juste pour la forme, sans valeur
ajoutée narrative. D’autant que l’histoire elle-même est une sorte de jeu de
pistes, qui incite discrètement le lecteur à se mettre à l’affut de messages
cachés…  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Il se pourrait, ce serait tout à fait dans
l'esprit de l’histoire (on n’en dira pas plus pour éviter de tomber dans ces
révélations qui vous gâchent une lecture), que l’auteur ait caché un récit dans
le récit. Imaginez un peu : « L’autre fin du monde » ne serait pas le titre de
l’histoire en 1120 pages, mais le titre du récit caché.  Lequel serait à
recomposer sur la base d’un cryptage en rapport avec l’alphabet. Par exemple,
en alignant la première vignette du chapitre A, la deuxième vignette du
chapitre B, la troisième du C, etc, et la vingt-sixième case du chapitre Z…
 Mais ceci est trop évident, sans doute.  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; LINE-HEIGHT: normal; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;Dan Brown n’a qu’à bien se tenir, le
«&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-FAMILY: 'Calibri','sans-serif'; mso-ascii-theme-font: minor-latin; mso-hansi-theme-font: minor-latin; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-theme-font: minor-bidi&quot;&gt;Ibn
Al Rabin Code&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;» vous défie ; à vous de le déchiffrer !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Construire un feu</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/09/21/Construire-un-feu</link>
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    <pubDate>Fri, 21 Sep 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Chabouté Vents d Ouest</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Christophe Chabouté (Vents d'Ouest)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Un homme marche dans le Grand Nord canadien, vers une mine où d’autres
sont déjà, à chercher l’or qui pourrait faire leur fortune et changer leur vie.
Sous ce ciel sans soleil, il est accompagné de son chien-loup. Il fait
probablement soixante degrés en dessous de zéro. Il connait la région. Il sait
faire un feu. Parviendra-t-il à atteindre sa destination ? &lt;/em&gt;» (résumé
idéal par Laurent Cirade, de BDGest).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;Construire un feu, de Christophe Chabouté d'après Jack London&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/ConstruireUnFeu(couv).jpg&quot; width=&quot;250&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Quelle surprise que Chabouté, dont on connaît
la maîtrise voire la prédilection pour le noir, se lance dans l’adaptation
d’une œuvre dominée par une telle lumière ! Dans ce Klondike aux températures
extrêmes, neige, glace et ciel polaire font jouer des blancs ou gris aussi
aveuglants que mordants. Tout le spectre des couleurs en est affecté, et même
les flammes sont blêmes, décalées vers le blanc. Cette volte-face chromatique
de Chabouté n’est qu’une illusion : ce récit est l’un de ses plus
sombres.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Pourtant il y a comme un acte manqué dans &lt;em&gt;Construire un feu&lt;/em&gt;. Ce n’est
pas que le dessinateur ait ménagé sa peine. Graphiquement, répétons-le, c’est
magnifique. Mais après l’épatant &lt;em&gt;Henri Désiré Landru&lt;/em&gt;, ce nouveau livre
semble tout de même, eh bien, manquer d'audace. Comme si, sur ce coup là,
Chabouté n’était pas allé au bout de sa démarche artistique.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Tout au long de l'histoire, on sent la tentation de l’auteur de faire une
adaptation totalement muette de la nouvelle de Jack London. Pas moins de vingt
planches ne contiennent aucun texte, et ce sont les plus fortes du livre.
&lt;em&gt;Construire un feu&lt;/em&gt; raconte une solitude. Hormis dans la préface,
nécessaire pour poser le contexte, il fallait laisser s'imposer un silence
assourdissant. L’utilisation de récitatifs distanciés qui s’adressent au
personnage en le tutoyant (« &lt;em&gt;Tu es à Henderson Creek, à seize kilomètres de
la fourche. Tu peux y arriver avant midi&lt;/em&gt; ») ne fait qu’atténuer la tension
dramatique. Sans le recours à cette voix-off, souvent redondante avec le
contenu narratif des images, le récit aurait été à la fois plus subtil et plus
intense. Au lecteur averti d’essayer d’en faire abstraction pour deviner,
derrière les textes inutiles, le chef d’œuvre que ce livre aurait pu être.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les aventures d’Hergé</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/05/20/Les-aventures-dHerge</link>
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    <pubDate>Sun, 20 May 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Jean-Luc Fromental</category><category>José-Louis Bocquet</category><category>Reporter</category><category>Stanislas</category>    
    <description>    &lt;div&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Tahoma','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR&quot;&gt;
&lt;span&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les aventures d’Hergé&lt;/em&gt;, par Stanislas, José-Louis Bocquet
et Jean-Luc Fromental (Reporter)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: 'Tahoma','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR&quot;&gt;
&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/AventuresdHerge(couvsm).jpg&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Le 22 mai 1907 naissait Georges Remi, que le monde entier
allait connaître sous le pseudonyme Hergé. Le centenaire de cet événement est
une occasion idéale pour rééditer un livre épuisé depuis sa première édition en
1999, Les aventures d’Hergé, dessiné par Stanislas sur un scénario de
José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce livre évoque la vie d’Hergé par l’anecdote, au travers de courts chapitres
millésimés : en 1914, le dessin est la seule activité capable de calmer le
turbulent petit Georges. En 1925, le voilà chef de patrouille chez les scouts,
sous le totem &amp;quot;Renard Curieux&amp;quot;. A l'époque, cela fait trois ans qu'il réalise
des illustrations pour la revue « Le Boy Scout Belge ». 1928 voit la première
apparition d’un fox ressemblant fort à Milou, dans le journal « Le Sifflet ».
En 1930, Hergé travaille au Petit Vingtième et son &lt;em&gt;Tintin au pays des
Soviets&lt;/em&gt; est publié en album pour la première fois. En 1934, Hergé
rencontre Tchang, un jeune étudiant chinois dont l’influence marquera son œuvre
à jamais. Pendant les années de guerre, Hergé continue &lt;em&gt;Tintin&lt;/em&gt; dans le
Soir, alors même que ce journal est devenu un organe de la collaboration ; cela
lui vaudra  d’être sérieusement inquiété à la libération. Et ainsi de
suite.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’ensemble produit, à la manière d’une mosaïque ou d’un tableau
impressionniste, un portrait de l’auteur exécuté par Stanislas dans un style «
ligne claire » d’autant plus pertinent qu’il ne cherche pas à pasticher celui
d’Hergé. La documentation des auteurs est conséquente, et les tintinophiles
seront ravis de débusquer dans les cases une myriade de clins d’œil à l’œuvre
d’Hergé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A noter, la version 2007 du livre est enrichie de deux nouveaux chapitres (1928
et 1953) et dotée d’une nouvelle couverture qui, curieusement, semble rendre
plus hommage à E.P. Jacobs et à sa &lt;em&gt;Marque Jaune&lt;/em&gt;, qu’à Hergé, même si
on reconnaît au fond le manoir du professeur Bergamotte (rencontré dans &lt;em&gt;Les
7 boules de cristal&lt;/em&gt;). Le fait de profiter d’une réédition pour transformer
le contenu est toutefois un acte typiquement hergéen : l’auteur de Tintin
intervenait fréquemment sur son œuvre passée, pour homogénéiser le format des
albums, ou pour moderniser les véhicules : on connaît trois versions
successives de &lt;em&gt;L'île noire&lt;/em&gt;, par exemple.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si on exclut les autobiographies, les biographies en dessins d’auteurs de bande
dessinée sont très rares. On pourra donc s’amuser à comparer ce portrait
d’Hergé, avec la biographie d’Osamu Tezuka réalisée en quatre volumes
(Casterman, collection Ecritures) par le Studio Tezuka. Cette dernière rend un
hommage appuyé et sans nuances à Tezuka, en insistant essentiellement sur son
œuvre, son génie créatif et les prouesses que le « Maître » était capable
d’accomplir : travailler sur une multitude de projets simultanément, dessiner à
l’envers, dicter plusieurs scénarios en même temps en case par case, régler au
téléphone des détails de trames portant sur des planches réalisées plusieurs
jours plus tôt, etc. &lt;em&gt;A contrario&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Les aventures d'Hergé&lt;/em&gt; ne
cherche pas à sacraliser l’auteur, mais à rendre compte de toutes les facettes
du personnage. Il y est très peu question du processus de création ou de
l’œuvre accomplie, mais surtout de la vie privée de l’artiste.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Malgré la présence en fin de volume d’un « index » qui livre des clés de
compréhension sous forme de fiches-personnages, les lecteurs qui ne connaissent
pas la biographie d’Hergé sur le bout des doigts pourraient éprouver quelques
difficultés à distinguer ce qui relève de la fiction ou du clin d’œil, des
anecdotes authentiques. Pour en savoir plus, il faudra se plonger dans les
nombreuses études, biographies, analyses thématiques ou livres d’entretiens que
l’œuvre d’Hergé a suscités.  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 8pt&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;Les aventures d'Hergé, page 16&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/AventuresdHerge(page).JPG&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 8pt&quot;&gt;©
Bocquet, Fromental &amp;amp; Stanislas / Reporter 2007&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 8pt&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; COLOR: black; LINE-HEIGHT: 18pt; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; COLOR: black; LINE-HEIGHT: 18pt; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
- La dernière case est une réinterprétation par Stanislas de la dernière case
de &lt;em&gt;Tintin au pays des Soviets&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0; COLOR: black; LINE-HEIGHT: 18pt; mso-list: l1 level1 lfo2; tab-stops: list 36.0pt&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;
- Petite coquille en troisième case : le nom civil d'Hergé ne prend pas
d'accent : Georges Remi et non Rémi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Aziyadé</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/05/07/Aziyade</link>
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    <pubDate>Mon, 07 May 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Franck Bourgeron</category><category>Futuropolis</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Aziyadé&lt;/em&gt;, par Franck Bourgeron d'après Pierre Loti
(Futuropolis)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img style=&quot;WIDTH: 200px; HEIGHT: 274px&quot; alt=&quot;Aziyadé, par Franck Bourgeron (Futuropolis)&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Aziyade(couv).jpg&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;En 1876 Loti, jeune officier de la marine britannique, accoste à
Salonique. En flânant dans la ville, il fait la rencontre d’une belle
odalisque, énième épouse retranchée dans le harem d’un vieux dignitaire absent.
Elle et lui partagent un certain désœuvrement, la jeunesse et une beauté
arrogantes, et bientôt une passion ardente, aiguisée encore par son
impossibilité théorique. Mais l’Amour en a vu d’autres, et il n’est guère
d’obstacles qu’il ne saurait déjouer ! Au-delà de cette femme, c’est de la
Turquie tout entière dont Loti va s’éprendre : de ses coutumes, de sa langue,
de ses habitants. Jusqu’à vouloir épouser la nationalité turque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la saga &lt;em&gt;Extrême-Orient&lt;/em&gt; aux éditions Vents d’Ouest, sur le thème
peu exploité en bande dessinée de la révolution culturelle chinoise, Franck
Bourgeron change d’horizon. La transposition graphique du roman de Pierre Loti
Aziyadé, lui permet d’explorer un certain Moyen-Orient, au crépuscule de
l’Empire Ottoman. Si le roman est écrit à la manière d’un carnet intime, la
bande dessinée, fidèle à l’écriture de Loti, n’est pas sans évoquer le carnet
de voyage. Les planches contemplatives n’y sont pas rares. On retrouve
notamment de ces compositions verticales qui faisaient le charme et
l’originalité d’&lt;em&gt;Extrême-Orient&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout juste trois livres, Franck Bourgeron a posé un style bien à lui dans la
« nouvelle bande dessinée » : visages stylisés aux fronts allongés, utilisation
de cases verticales, audace dans les cadrages (avant de se mettre à la bande
dessinée, le dessinateur a travaillé pendant une quinzaine d’années dans
l’animation, d’où, sans doute, cette culture particulière de la caméra et de la
mise en scène), et une fougue tranquille dans la manière très propre de poser
des hachures dans les dessins. Le trait est souple, dynamique et spontané, sans
sacrifier l’esthétique du dessin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre particularité dans le travail de Bourgeron, la non-représentation du
regard. Dans &lt;em&gt;Extrême-Orient&lt;/em&gt;, les yeux étaient de simples fentes sans
iris, pour mieux souligner l’absence d’individualité ou d’affirmation
personnelle. Dans &lt;em&gt;Aziyadé&lt;/em&gt;, outre Loti, souvent affublé de lunettes
opaques, la plupart des protagonistes ont les yeux mi-clos ou fermés.
L’impression induite est assez variée : langueur, sensualité, désir, abattement
ou sérénité, selon les cas(es).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pourrait être tenté de rapprocher ce roman de &lt;em&gt;Roméo et Juliette&lt;/em&gt;,
archétype de l’histoire d’amour fatal. Mais alors que les personnages de
Shakespeare débordent de lyrisme, fascinés qu’ils sont par la découverte de
l’amour (ce sont des adolescents, tout est nouveau pour eux !), dans
&lt;em&gt;Aziyadé&lt;/em&gt;, les amants restent relativement circonspects. Aziyadé, épouse
délaissé mais fautive, est discrète par nécessité, peut-être aussi parce
qu’elle ne se fait guère d’illusion sur la nature éphémère de l’amour. Loti,
pour sa part, prend la relation avec une certaine désinvolture. Il compare sa
nouvelle conquête avec les précédentes, il continue de voir d’autres
maîtresses… Ses sentiments vont se renforcer progressivement, mais toujours
avec un temps de retard. C’est là toute la beauté de ce roman. &lt;em&gt;Aziyadé&lt;/em&gt;
est le récit d’un amour qui n’est pas immédiat, l’exact contraire d’un coup de
foudre. Transposer graphiquement une telle œuvre sans la trahir, demandait de
la subtilité et de la retenue.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Aziyade(page).jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 10pt&quot;&gt;© F. Bourgeron / Futuropolis
2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;
» &lt;a href=&quot;http://www.bdgest.com/prepub.php?IdPrepub=236&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Les
premières pages sur BDGest&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
» &lt;a href=&quot;http://abu.cnam.fr/cgi-bin/donner_html?aziyade1&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Texte intégral du roman de Pierre Loti sur le site de l'Association
des bibliophiles universels&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Popeye, le dictapateur</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/04/25/Popeye-le-dictapateur</link>
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    <pubDate>Wed, 25 Apr 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Denoël Graphic</category><category>Segar</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 10pt; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Popeye le dictapateur, par E. C. Segar (Denoël Graphic)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 10pt; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;img alt=&quot;Popeye le dictapateur, de Segar (Denoël Graphic)&quot; hspace=&quot;5&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/popeye-dictapateur(couv).gif&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Dégoûtationné du monde, Popeye décide de construire
une arche et de fonder la nation de Spinachova sur un nouveau continent restant
à découvrir. « &lt;em&gt;J'vais prendre un mâle et une femme de chaque z'hommes et
animaux : 2 docteurs, 2 avocats, 2 vaches, 2 canassons, 2 éditeurs. Mais un
seul dessinateur. J'veux pas qu'y s'multiplient !!&lt;/em&gt; ». L'expédition est
financée par le riche et intraitable Mr Sphink, qui impose une condition :
l'accès au bateau est interdit aux femmes. Voilà donc notre marin avec 10000
colons mâles à l'assaut d'un nouveau monde...  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Elsie Cristler Segar créa Popeye en 1929, dans le strip quotidien &lt;em&gt;Thimble
Theater&lt;/em&gt; qu'il animait depuis dix ans. Ce marin bourru prend rapidement la
vedette, mais Segar meurt en 1938. La carrière de Popeye aurait donc été
 courte, si Hollywood ne l’avait consacré avec une série de dessins
animés. Denoël Graphic nous invite à redécouvrir le Popeye original du
comic-strip, sensiblement différent du héros animé. Par exemple, dans le dessin
animé, Popeye devient temporairement d’une force redoutable dès qu’il mange des
épinards. Ce gimmick, repris par Goscinny et Uderzo avec la potion magique
d’Astérix, n’existe pour ainsi dire pas dans la BD de Segar. Popeye est d’une
force prodigieuse de façon permanente. Le ressort comique repose donc sur autre
chose : les situations, un humour décalé et satirique et surtout une
prodigieuse inventivité du langage. Popeye, personnage mal dégrossi, utilise
une syntaxe fantaisiste et les néologismes les plus farfelus. Pour «
préhistorique » par exemple, Popeye dira plutôt « espritorique » ou «
prékisnorique ».  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le Dictapateur&lt;/em&gt; réunit deux épisodes: &lt;em&gt;L'Arche de Popeye&lt;/em&gt; et
&lt;em&gt;Spinachova contre Brutia&lt;/em&gt;. Il s’agit de la plus longue histoire de
Popeye imaginée par Segar, parue en comic strips quotidiens publiés entre 1935
et 1936. Insistons sur la forme : créer un long récit découpé en strips
quotidiens de trois ou quatre cases est une performance narrative qui tient du
grand écart. Il faut à la fois que chaque strip ait une certaine autonomie
(avec mise en place, développement et chute), et néanmoins faire progresser
l’histoire générale.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Tout cela avait déjà été publié, sous forme d’intégrale, au début des années
1980 et en noir et blanc aux éditions Futuropolis, avec traduction et lettrage
de Florence Cestac, qui ont été conservés. La version Denoël Graphic se
distingue par une nouvelle maquette et surtout par une colorisation réalisée
par Gilles Tevessin. Ce dernier a privilégié des grands aplats de couleurs
vives, avec une palette légèrement passée, ce qui s’avère un choix approprié
pour rester en adéquation avec le ton de la série et son époque.  &lt;br /&gt;
On regrettera simplement que l’équipe de Denoël Graphic ait choisi de laisser
intactes les fautes d’orthographe, nombreuses, de la version
Futuropolis.  &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Popeye-dictapateur(page13).JPG&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;(c) Segar / Denoël Graphic 2007&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Daemon Slayers</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/03/27/Daemon-Slayers</link>
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    <pubDate>Tue, 27 Mar 2007 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Kabuto</category><category>Seiuchiroh Todono</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Seiuchiroh Todono (Kabuto)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 12pt; COLOR: black; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-style: italic&quot;&gt;
&lt;img alt=&quot;Daemon Slayers, par Seiuchiroh Todono (Kabuto)&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/daemonslayers(couv).jpg&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Un manga &lt;em&gt;Dark Fantasy&lt;/em&gt; tout ce qu'il y a de
classique, avec introduction sépulcrale rituelle en lettres gothiques, ça vous
branche ? &lt;em&gt;Daemon Slayers&lt;/em&gt; est fait pour vous ! Dans un monde ravagé par
les démons, seuls quelques guerriers protègent l'humanité : les &amp;quot;daemon
slayers&amp;quot;. Michael Lajiness est un de ces pourfendeurs de démons, et la pleine
lune aiguise son instinct guerrier... &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les motivations de ce personnage resteront relativement obscures dans ce volume
annoncé comme un one-shot, mais qui ressemble plutôt à un épisode pilote.
L'auteur a mis le paquet sur la démonstration graphique, sans vraiment
peaufiner l'histoire. On trouvera donc de nombreuses scènes d'action, sans
toujours pouvoir comprendre l'enchaînement des événements.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La filiation avec &lt;em&gt;Berserk&lt;/em&gt;, le manga de Kentaro Miura, est assez
évidente, que ce soit pour le thème choisi comme pour les codes graphique. La
taille ahurissante de l'épée de Lajiness, notamment, n'est pas sans rappeler
celle de Guts, même si, hors du fourreau, cette arme peut aussi devenir
(comment ? mystère !) une sorte de fouet d'acier.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce manga-test ayant été bien accueilli par le public japonais, son auteur
Seiuchiroh Todono a immédiatement embrayé sur une série en sept volumes, d'ores
et déjà annoncés aux éditions Kabuto. L'occasion de développer un peu mieux cet
univers. Espérons que ce clone de &lt;em&gt;Berserk&lt;/em&gt; saura atteindre la
profondeur scénaristique de son modèle...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>One Day</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2007/03/14/One-Day</link>
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    <pubDate>Wed, 14 Mar 2007 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Benjamin</category><category>Xiao Pan</category>    
    <description>    &lt;div&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;par Benjamin, éditions Xiao Pan.&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/oneday(couv).jpg&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Après &lt;em&gt;Remember&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Orange&lt;/em&gt;, Xiao Pan publie
&lt;em&gt;One Day&lt;/em&gt;, le premier album de Benjamin (&lt;span class=&quot;Style6&quot;&gt;ZHANG
Bin)&lt;/span&gt;. Ce livre rassemble quatre courts récits et un artbook, chacun de
ces travaux étant abondamment commenté par l’auteur. &lt;em&gt;One Day&lt;/em&gt; fut
publié en Chine en 2002, puis réédité dans une version retouchée en 2005. Comme
l’auteur est décidément perfectionniste, il a apporté de nouvelles corrections
pour la version proposée au public français. Si les récits de &lt;em&gt;One Day&lt;/em&gt;
sont moins autobiographiques que ceux de &lt;em&gt;Remember&lt;/em&gt;, les thèmes chers à
l’auteur y sont présents : la recherche de soi, le dépassement artistique et la
rébellion contre la banalité de l’existence et la routine.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
De tous les auteurs chinois que l'éditeur Xiao Pan a fait découvrir au public
français, Benjamin est clairement un des plus intéressants, et sans conteste le
plus remarqué de tous. Remarquable, il l’est à plusieurs titres : d’abord par
son talent pictural et sa virtuosité dans l’utilisation de la palette numérique
(entre autres travaux, il a composé un guide d’utilisation de Photoshop destiné
aux infographistes). &lt;em&gt;One Day&lt;/em&gt;, en tant qu'oeuvre de jeunesse, permet de
découvrir un artiste en recherche de son style. D’où une grande hétérogénéité
graphique dans les différents récits, et parfois même au sein d’une même
histoire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Un autre trait majeur qui caractérise Benjamin est son ambition artistique.
Alors que la plupart des auteurs chinois sont sous la domination de l’écrasant
modèle culturel japonais, Benjamin revendique la possibilité de faire une bande
dessinée différente. Prétendre être unique dans une société confucianiste d’1,3
milliard d’habitants, voilà qui n’est pas banal ! De fait, Benjamin s’est forgé
un « style » tout à fait singulier et identifiable. Sa palette de couleurs
notamment est très personnelle, avec des teintes saturées jusqu’à la
solarisation. Il est aussi un portraitiste émérite, capable de capturer des
émotions très fragiles. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/2007/Benjamin(portrait).jpg&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Enfin et surtout, Benjamin a une « attitude ». Il compose
ses bandes dessinées comme certaines Rock stars écrivent leurs chansons : avec
une intensité émotionnelle qui dépasse de loin la seule valeur des mots et du
propos. Vu de loin, cette sensibilité exacerbée peut agacer, d’autant que le
garçon soigne son look et n’hésite pas à multiplier les photos, portraits, et
commentaires dans son livre. Benjamin semble aspirer à devenir une sorte de Pop
Idol, et chacun de ses livres peut être vu comme une lettre aux fans ou à la
postérité. C’est comme si la bande dessinée n’était présente que comme
révélatrice de la personnalité de son auteur. Le véritable propos de One Day
n’est pas dans les bluettes sentimentales qu’on y trouve, mais dans le portrait
d’auteur qu’elles contribuent à préciser. Benjamin cultive son image d’éternel
adolescent et d'artiste ténébreux, comme Jim Morrison soignait son image de
poète maudit.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’éditeur Xiao Pan ne s’est pas trompé en publiant d’abord des œuvres plus
matures, permettant d’apprécier la pleine mesure du talent de cet auteur. Mais
&lt;em&gt;One Day&lt;/em&gt;, avec ses récits en noir et blanc, ses expériences en bande
dessinée muette, complète notre connaissance de cet auteur décidément atypique.
Il est illusoire de penser que &lt;em&gt;Remember&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Orange&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;One
day&lt;/em&gt; sont des one-shots : ce sont les différents chapitres d'une saga
nommée Benjamin.&lt;/p&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;A noter :&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;L'auteur fait une tournée de dédicaces en France en ce printemps
:&lt;br /&gt;&lt;/em&gt; 17 mars : Album Toulouse.&lt;br /&gt;
20 mars : BD fugue café Lyon.&lt;br /&gt;
21 mars : BD fugue café Grenoble.&lt;br /&gt;
22 mars : Bd fugue café Annecy.&lt;br /&gt;
23, 24, 25, 27 mars : Salon du livre de Paris - Porte de Versailles (stand Xiao
Pan F22).&lt;br /&gt;
28 mars : Maison de la BD Creil (Oise).&lt;br /&gt;
30, 31 mars et 1 avril (ce n'est pas un poisson!) : Festival du film asiatique
de Deauville (Village Asie - Stand Xiao Pan).&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;(source : site Xiao Pan)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Remember</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/10/05/Remember</link>
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    <pubDate>Thu, 05 Oct 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Benjamin</category><category>Xiao Pan</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;strong&gt;de Benjamin (Xiao
Pan)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Figure
de proue des éditions Xiao Pan, Benjamin est un émissaire idéal pour la bande
dessinée chinoise contemporaine, celle qu’on n’ose pas appeler «nouvelle» faute
d’avoir connu ses racines. D’abord, parce qu’il est un dessinateur au talent
éblouissant, adepte de la peinture numérique et de la palette graphique, qu’il
manie avec une virtuosité manifeste. Ces qualités sont bien mises en avant dans
&lt;em&gt;Remember&lt;/em&gt;, dont la troisième partie est un Art Book commenté par
l’auteur. Ensuite, parce que Benjamin prend volontiers la parole et sait jeter
sur son art un œil critique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Par
exemple, dans une de ses histoires «mi-vécues, mi-inventées», un rédacteur en
chef donne la recette d’une bonne bande dessinée chinoise : parler d’amour
mais n’en rien montrer, s’inspirer des grands classiques de la littérature et
copier les manga japonais. Trois règles d'or que le personnage et par la même
occasion, son auteur s'empressent d’enfreindre !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Enfin
et surtout, Benjamin possède cette attitude qu’en musique on appelle le
Rock : un mélange de rébellion, d’assurance bravache, de provocation mais
aussi de fragilité introspective et d’un certain mal-être propre à
l’adolescence. Il y a chez cet artiste quelque chose qui le rapproche du James
Dean de la &lt;em&gt;Fureur de vivre&lt;/em&gt; : une sorte d'envie de savoir jusqu’où
on peut aller trop loin. En témoignent ses couleurs saturées jusqu’à la
solarisation, et la récurrence, dans son discours, de la douleur liée à la
création artistique. Seul bémol, qui tient peut-être à la traduction, il y a
quelques lourdeurs dans les dialogues et une certaine confusion dans les
histoires. N’en reste pas moins que ce livre est à découvrir, et que Benjamin
est un auteur à suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>L’envol</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/10/04/Lenvol</link>
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    <pubDate>Wed, 04 Oct 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Xiao Pan</category><category>ZHANG Xiaoyu</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;strong&gt;de ZHANG
Xiaoyu (Xiao Pan)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;em&gt;Timi&lt;/em&gt; est l’adaptation inattendue de la part d’un auteur chinois d’une
nouvelle de science-fiction d’Isaac Asimov (&lt;em&gt;Child of time&lt;/em&gt;). Les
influences de Zhang Xiaoyu sont autant à chercher dans le manga que du côté des
comics et de la littérature américaine. D’où, sans doute, cette recherche de
liberté dans la mise en page et les cadrages, avec des incrustations et des
superpositions de vignettes, ce qui fait très américain, et une utilisation des
trames et des textures qui elle, est très asiatique. Pareille synthèse
graphique est mise avec élégance au service d’une histoire on ne peut plus
chinoise, celle de &lt;em&gt;Qiao Zhengfei : inventeur&lt;/em&gt;. Un orphelin, fils
d’un ingénieur mené au suicide par des persécutions politiques à l’époque de la
«bande des quatre», rêve de prolonger l’œuvre de son père en construisant son
propre avion. A la fois juste, sensible, légèrement subversive et très bien
racontée, l’histoire s’achève sur une ultime planche qui laisse chaque lecteur
libre d’imaginer la fin de son choix. Qui osera encore prétendre que les
Asiatiques ne maîtrisent pas l’art de l’ellipse !?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le bain de minuit (du concombre masqué)</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/10/03/Le-bain-de-minuit-du-concombre-masque</link>
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    <pubDate>Tue, 03 Oct 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Dargaud</category><category>Mandryka</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;strong&gt;de Mandryka
(Dargaud)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;C’est
heureux, Mandryka a de la suite dans les idées. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Depuis
la première apparition de son Concombre masqué en 1965 dans &lt;em&gt;Vaillant, le
journal de Pif&lt;/em&gt;, il a transporté son fabuleux légume à &lt;em&gt;Pilote&lt;/em&gt;, à
&lt;em&gt;L’Echo des Savanes&lt;/em&gt;, chez &lt;em&gt;Spirou&lt;/em&gt;... Cultivant un univers
absurde et poétique, qui emprunte autant aux surréalistes qu’à la psychanalyse,
le tout lié par une épaisse couche de grotesque et de dérision, cette série
reste un ovni inclassable. L’insuccès des albums parus chez Dupuis au début des
années 1990 avait découragé l’auteur, qui décida de laisser le Cucurbitacé en
sommeil. Le Grand prix d’Angoulême, en 1994, n’y changea rien. Il fallut une
exposition rétrospective à Genève en 2003 pour convaincre l’auteur de l’intérêt
du public pour ce héros végétal. Dès lors, un projet de nouvel album se mit en
route.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Après
quinze ans d’interruption, l’auteur s’est permis de peaufiner le retour de son
personnage fétiche : le récit (chiadé) est agrémenté d’une préface où on
retrouve le Concombre dans sa panoplie enturbannée de Maître du Monde, d’un
épilogue rendant hommage aux vertes années (sic !) et d’un cahier
additionnel proposant des extraits inédits du &lt;em&gt;Livre du Grand Tout&lt;/em&gt;. Le
Concombre revient, plus masqué que jamais et, pour la première fois, amoureux.
Au risque de perdre le &amp;quot;s&amp;quot; de son patronyme. Mais avant de séduire la belle
Zaza, il va falloir résoudre les problèmes, faire avancer les choses et livrer
au monde reconnaissant la vérité ultime. Si ce n’est pas pour cet album, ce
sera pour le prochain. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;C’est
heureux, Mandryka a des idées de suite.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les cinq conteurs de Bagdad</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/10/02/Les-cinq-conteurs-de-Bagdad</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Oct 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Dargaud</category><category>Fabien Vehlmann</category><category>Frantz Duchazeau</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;de Fabien Vehlmann et Frantz Duchazeau, Dargaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Le
Calife de Bagdad organise un concours : mille et un conteurs ont trois ans
pour mettre au point leur meilleure histoire. Fortune et gloire récompenseront
le vainqueur ; pour le plus mauvais candidat, ce sera le pal ! Les
cinq conteurs les plus talentueux décident d’entreprendre ensemble un voyage,
en quête de récits d’exception.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
Vehlmann démontre avec effronterie et panache sa maîtrise scénaristique :
dès les premières pages, par l’intermédiaire d’une devineresse, il se permet de
révéler tous les ressorts de l’intrigue, y compris la chute de l’histoire. Au
lieu de briser le suspense, cela plonge les personnages dans des considérations
existentielles et une perplexité savoureuses. Et comme décidément il est
joueur, Vehlmann propose aussi un résumé de l’histoire, page 55, à un moment où
les personnages sont invités à raconter leur périple. Gonflé ! Mais
par-delà les morceaux de bravoure, il s’agit d’un conte philosophique et moral
assez subtil. Pour servir cette ode à l’imagination, il fallait un dessin qui
l’enflamme au lieu de la canaliser. Le trait de Duchazeau possède ces
qualités : à la fois rigoureux pour immerger le lecteur dans son univers,
et suffisamment évasif pour lui offrir de la liberté pendant la lecture.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Oreillers de laque : du vent sur les fleurs</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/10/01/Oreillers-de-laque-%3A-du-vent-sur-les-fleurs</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Oct 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Hinako SUGIURA</category><category>Picquier Manga</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt;&lt;strong&gt;de Hinako SUGIURA
(Picquier Manga)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
Rodolphe Töpffer, précurseur de la bande dessinée européenne, qualifiait ses
propres œuvres de «littérature en estampes». L’expression est parfaite pour
désigner &lt;em&gt;Oreillers de laque&lt;/em&gt;, recueil de nouvelles parues dans la revue
Garo au début des années 1980 et réalisées par Hinako Sugiura. Bien entendu, il
s’agit ici d’estampes japonaises !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Pour
évoquer les secrets d’alcôve des courtisanes de Yoshiwara (le quartier des
plaisirs d’Edo, l’ancienne Tokyo) à l’époque des shoguns et des samouraïs, la
dessinatrice a accompli un exercice de style consistant à donner vie aux
estampes d’Utamaro. Avec un souci esthétique, une précision et un raffinement
on ne peut plus japonais, Sugiura dessine ses personnages selon le style
Ukiyo-e : visages allongés aux coiffures sophistiquées, silhouettes
gracieuses, kimonos somptueux et ce qu’il faut de lascivité dans les attitudes
pour séduire ce fils de bonne famille, pour consoler l’employé cherchant à
oublier ses soucis de travail ou pour tenter d’obtenir un gage d’amour d’un
célibataire fortuné mais hélas trop frivole.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
Narration tirée à quatre épingles, comédie légère et dialogues finement ciselés
accompagnent ces images qui, n’en déplaisent à Hokusai, n’ont rien de
dérisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.briographe.com/post/2006/10/01/Oreillers-de-laque-%3A-du-vent-sur-les-fleurs#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le long voyage de Léna</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/09/02/Le-long-voyage-de-Lena</link>
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    <pubDate>Sat, 02 Sep 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>André Juillard</category><category>Dargaud</category><category>Pierre Christin</category>    
    <description>    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
&lt;strong&gt;de Pierre Christin et André Juillard (Dargaud)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;De
l’ex-RDA à la Turquie en passant par différents pays de ce qu’on appelait
autrefois le bloc soviétique, Léna est chargée d’apporter quelques objets
d’apparence anodine à des conspirateurs, d’anciens apparatchiks du Parti qui
n’ont pas baissé les armes. Discrétion oblige, la convoyeuse a reçu pour
consigne de ne jamais utiliser ni carte bancaire, ni téléphone
cellulaire et de ne pas voyager par avion. D’où une certaine lenteur dans
les déplacements. Quelles sont les motivations de Léna ? Et à quoi
participe t-elle, au juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Pour
Enki Bilal, Pierre Christin avait composé des récits politiques pleins de
tumulte et de fureur : &lt;em&gt;Les phalanges de l’ordre noir&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Partie de
chasse&lt;/em&gt;. A l’opposé, &lt;em&gt;Le voyage de Léna&lt;/em&gt; est le thriller le moins
hollywoodien qu’on puisse imaginer. On n’y trouve pas d’armes, à peine une
scène d’action et encore, au dénouement. La douceur du trait d’André Juillard,
renforcée par des couleurs vives, ferait presque passer cette odyssée
tranquille pour un voyage d’agrément. &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt; &lt;/span&gt;Pourtant il se dégage de cette intrigue qui ne
cherche pas le spectaculaire un rare sentiment d’authenticité. Pour leur
première collaboration, les deux auteurs se montrent à la hauteur de leur
réputation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0&quot;&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La volupté</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/09/01/La-volupte</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Sep 2006 20:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Blutch</category><category>Futuropolis</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;de Blutch (Futuropolis)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Sur une
route française, une berline roule à vive allure. A son bord, un président de
région discute d’une situation de crise avec son état-major. Comme son adjoint
se plaint brusquement d’un lacet défait, on arrête la voiture. Sitôt son
conseiller à terre, le président ordonne au chauffeur de redémarrer et éclate
d’un rire sardonique…&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;Après
un premier livre chez Futuropolis où il interrogeait l’idée du bonheur, Blutch
explore les méandres de la volupté. Comme il s’agit plus de rechercher cette
sensation que de l’atteindre, le récit se révèle rapidement une radioscopie du
fantasme plutôt que de l’extase. Construit en courtes séquences enchevêtrées,
&lt;em&gt;La volupté&lt;/em&gt; fait la part belle à l’insolite, à l’ambigu, au malentendu.
Mais la première surprise est d’ordre esthétique. Blutch, souvent admiré pour
son art du pinceau, a choisi ici d’expérimenter le dessin avec simplement deux
crayons, un noir et un rouge. Résultat : un livre qui se démarque de la
production actuelle. Inspiré par le cinéaste Luis Buñuel, Blutch joue un
surréalisme à mi-chemin entre la poésie et le grotesque. Les situations, les
personnages et leurs réactions sont à la fois comiques et bizarres. En un mot :
c’est drôle !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;TEXT-JUSTIFY: inter-ideograph; MARGIN: 0cm 0cm 0; TEXT-ALIGN: justify&quot;&gt;
 &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le Photographe, T3</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/02/02/Le-Photographe-T3</link>
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    <pubDate>Thu, 02 Feb 2006 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Didier Lefèvre</category><category>Dupuis</category><category>Emmanuel Guibert</category><category>Frédéric Lemercier</category>    
    <description>    &lt;p&gt;par Didier Lefèvre, Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier (Dupuis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Odyssée afghane&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1986, le reporter-photographe Didier Lefèvre accompagne une équipe de
&lt;em&gt;Médecins Sans Frontières&lt;/em&gt; en Afghanistan, alors que le pays traverse
une guerre qui oppose l'armée soviétique aux résistants Moudjahedins. La
mission humanitaire touchant à sa fin, le photographe apprend que l'équipe MSF
a prévu un détour qui devrait rallonger le trajet retour d'une bonne semaine.
Fatigué d'être ballotté et soucieux de reprendre en main sa destinée, il décide
de repartir seul au Pakistan. Ce troisième et dernier volume est le récit de ce
voyage.&lt;br /&gt;
Pas plus chanceux qu'Ulysse à son retour de la guerre de Troie, Didier Lefèvre
raconte sa calamiteuse odyssée afghane. Escorté par quatre paysans
récalcitrants qui bientôt l'abandonnent à son sort, il connaîtra le
découragement, la maladie, le froid, et la certitude d'une fin proche. Puis
découvrira qu'effectivement l'enfer, c'est les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel que soit l'angle sous lequel on aborde &lt;em&gt;Le Photographe&lt;/em&gt;, on arrive
à cette même sensation : celle de tenir en mains un monument de la bande
dessinée. Tout est parfait. Le récit est poignant et rythmé, magnifiquement
écrit et dessiné par Emmanuel Guibert, auteur prodige à l'aise dans tous les
registres. Le fait qu'on le sache authentique ne fait qu'amplifier la puissance
du témoignage. Mais l'intérêt de ce triptyque ne s'arrête pas là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la forme, ce livre-reportage innove par sa façon très habile de mêler la
narration en bande dessinée avec de nombreuses photographies. Ces dernières ont
plusieurs fonctions : redondantes parfois avec les images dessinées, elles
enracinent l'histoire dans le réel. Ailleurs, elles se substituent aux dessins
pour continuer le récit, sans que l'oeil soit choqué par le passage du dessin à
la photo. Au contraire, cela donne lieu à des ellipses porteuses de sens.&lt;br /&gt;
Et par-dessus tout, la présence et le nombre des photographies rappellent
qu'elles sont la seule moisson de ce chercheur de trésor si particulier, ce
photographe venu collecter des images, qui continue inlassablement sa récolte y
compris dans les moments les plus critiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le récit atteint une sorte de paroxysme dans les pages 48 à 63, lors de
l'ascension solitaire par Didier Lefèvre d'un col de haute montagne. A mesure
que le jour décline, l'angoisse du photographe se développe. La neige
s'ajoutant à l'obscurité, il finit par se perdre lui-même, n'étant plus qu'une
ombre noire sur un fond cendré, avant le noir intégral et la résignation à
mourir. Les photos présentées à ce moment, isolées, seraient juste étranges. Au
sein du récit, elles sont bouleversantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conception de ce livre est à la hauteur de son propos. En post-face, un
dossier complet tire les portraits de nombreuses figures aperçues au cours du
récit, et fournit quelques détails sur ce qu'ils ou elles sont devenues. Des
cartes géographiques permettent de situer le parcours. Enfin, cerise inattendue
sur le gâteau, un DVD inséré dans le livre propose le documentaire filmé par
Juliette Fournot, qui raconte cette même mission MSF, vue sous un autre angle.
Les visages sont familiers, mais on est presque surpris de les redécouvrir
filmés en couleurs… et d'entendre les voix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le Photographe&lt;/em&gt; propose donc une expérience de reportage multimédia
très intense, où se croisent BD, photo et film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-------------&lt;br /&gt;
Pour en savoir plus : &lt;a href=&quot;http://lephotographe.dupuis.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;site officiel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Conquête de l'Est, Klezmer T2</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/01/25/Conquete-de-lEst-Klezmer-T2</link>
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    <pubDate>Wed, 25 Jan 2006 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Gallimard</category><category>Joann Sfar</category>    
    <description>    &lt;p&gt;de Joann Sfar (Gallimard - Bayou)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place des personnages rappelle celle de contes comme &lt;em&gt;les
musiciens de Brême&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;le baron de Münchhausen&lt;/em&gt; : plus le récit
progresse, plus le nombre de compagnons augmente. Avec une écriture graphique
plus désinvolte que jamais, comparable à celle de ses &lt;em&gt;Carnets&lt;/em&gt; mais
rehaussée de couleurs aussi spontanées que son trait, Joann Sfar décrit la
constitution d'un Klezmer Band dans l'Ukraine des années 1930 : quatre
musiciens et une chanteuse, chacun doté d'un parcours déchirant, se rencontrent
fortuitement et ne se séparent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Klezmer, c'est le style musical des orchestres itinérants juifs ashkénazes,
qui à force de s'imprégner de différentes influences folkloriques dans toute
l'Europe de l'Est, a fini par devenir unique et reconnaissable entre tous : une
sorte de &lt;em&gt;jazz-manouche&lt;/em&gt; nostalgique et espiègle à la fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme cette musique, le récit de Sfar est tour à tour enlevé puis émouvant,
plaintif puis drôle. On y trouve des ruptures de rythme, des rêveries, des
improvisations. Bref, &lt;em&gt;Klezmer&lt;/em&gt;, c'est de la musique dessinée ; c'est
aussi un livre composé avec soin, de la savoureuse préface composée par le très
spirituel &lt;a href=&quot;http://www.marcalainouaknin.com/NEW/textes.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Marc-Alain Ouaknin&lt;/a&gt;, jusqu'au texte engagé de Sfar qui fait suite à
l'aventure dessinée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec ce livre, Joann Sfar inaugure la toute nouvelle collection Bayou*, dont il
assure la direction éditoriale pour Gallimard.&lt;br /&gt;
Il peut sembler étrange que cet éditeur généraliste, qui venait d'investir dans
la renaissance de la marque Futuropolis, se dote en parallèle d'un département
BD sous son propre label… mais vu le travail accompli par Sébastien Gnaedig
pour Futuropolis d'une part, et par Joann Sfar pour Bayou/Gallimard BD d'autre
part, on aurait tort de faire la fine bouche. Les deux enseignes semblent se
spécialiser dans la création de bandes dessinées en couleurs avec pagination
importante, un &amp;quot;créneau&amp;quot; qui n'était jusqu'alors occupé ni par les grandes
structures (hormis pour les &lt;em&gt;intégrales&lt;/em&gt;, mais la logique financière est
très différente), ni par les éditeurs alternatifs. La qualité est au
rendez-vous, tant dans les récits que dans la fabrication - un sans-faute de
ces deux éditeurs qu'il convenait de saluer !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- - -&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les autres titres publiés en 2005 dans la collection Bayou sont &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.bdgest.com/critique_1233.html&quot;&gt;Le local&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; de Gipi, &lt;em&gt;Aya
de Yopougon&lt;/em&gt; de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (prix du meilleur
premier album au Festival d'Angoulême 2006) et un nouveau volume des
&lt;em&gt;aventures de Flip&lt;/em&gt; par Morgan Navarro.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les gardes pourpres, Le seigneur d'ombre T3</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/01/19/Les-gardes-pourpres-Le-seigneur-dombre-T3</link>
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    <pubDate>Thu, 19 Jan 2006 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Dim D.</category><category>Jean-Luc Istin</category><category>Soleil</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Dim D. et Jean-Luc Istin (Soleil)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
C'est une époque sombre pour le monde du Dyfed. Fedath, le Seigneur d'Ombre,
poursuit son insatiable quête du pouvoir. Il a rassemblé une armée d'orcs et de
bannsheen, qu'il envoie à l'assaut du Mont Saint Ange, où les gardes pourpres
veillent sur Talandar, l'épée légendaire. Pour Bran, dernier survivant de
l'ordre des Ravenfeld et seul être capable de contrer Fedath, l'heure est venue
de se séparer de ses compagnons et d'accomplir son destin…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le Seigneur d'ombre&lt;/em&gt; est la seconde saga co-signée par Jean-Luc Istin
et Dim D : avant cela, il y avait eu &lt;em&gt;Aleph&lt;/em&gt;, un triptyque de
science-fiction paru aux éditions Nucléa. En changeant de série, Dim D a
également changé radicalement de technique graphique. &lt;em&gt;Le Seigneur
d'Ombre&lt;/em&gt;, entièrement composé en numérique, fait entrer la bande dessinée
dans l'âge des effets spéciaux. Ici, ce ne sont pas seulement les couleurs qui
sont informatiques, mais les matières, les décors, les arrière-plans… et
jusqu'aux visages de certains personnages, comme Cathaar le chef des gardes
pourpres, parfait sosie de Viggo Mortensen (Aragorn dans le film &lt;em&gt;Le
Seigneur des Anneaux&lt;/em&gt; réalisé par Peter Jackson). A ce niveau de
photoréalisme, on ne sait plus vraiment distinguer la part de dessin et de
transformation informatique de photographies dans les vignettes.&lt;br /&gt;
Cette technique permet sans conteste à Dim D d'atteindre un niveau de détails
tout à fait inhabituel pour les décors : jamais les murs, tapis et autres
moucharabiehs n'ont été aussi précis dans une bande dessinée.&lt;br /&gt;
Est-ce un progrès ? Pas forcément. D'abord, parce que le niveau de précision
des décors n'est pas toujours homogène, pas même au sein d'une même vignette :
p.25, une case en plongée juxtapose un dallage à motif géométrique qui reste
précis jusqu'à perte de vue avec des murs assez flous, à la limite du
pixellisé. Cette case est doublement fausse : à la fois trop précise dans sa
représentation du sol (l'œil humain ne peut former une image simultanément
précise sur le proche et sur le distant) et trop vaporeuse sur le reste.&lt;br /&gt;
De même, si la représentation des armées en marche (p.11) enflamme
l'imagination, à d'autres endroits (pp.22 et 23) on repère trop facilement que
la foule est formée de la répétition du même groupe de trois femmes, figées
dans une immuable pose sur presque dix cases.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'un autre côté, parfois cela fonctionne, et alors c'est du grand spectacle. La
découverte de l'armée de Fedath (p. 5) est impressionnante, de même que les
panoramiques des pages 46 et 47.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà du divertissement que peut susciter cette saga héroïco-mystique, le
lecteur pourra s'amuser à repérer les nombreux clins d'œil cinématographiques
ou littéraires dont ce livre est rempli. Pêle-mêle, entre les références à
Tolkien ou au Nouveau Testament, on remarque les influences de Star Wars (Akmet
ab Thelem avachi sur un monticule de coussins et entouré d'esclaves à demi
nues… c'est Jabba the Huth ! Impression confirmée par une remarque considérant
que Bran est &amp;quot;Juste de la chair à Sériaki&amp;quot;), de Dune (les yeux de Bran qui
luisent comme ceux d'un Fremen), d'Excalibur… et peut-être même celle des
Chroniques des guerres de Lodoss. Bref, le Seigneur d'ombre réjouira avant tout
les adeptes d'heroic fantasy.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Coeurs Sanglants et autres faits divers</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/01/16/Coeurs-Sanglants-et-autres-faits-divers</link>
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    <pubDate>Mon, 16 Jan 2006 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Casterman</category><category>Enki Bilal</category><category>Pierre Christin</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;de Pierre Christin et Enki Bilal (Casterman)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'été 2005, on apprenait que Bilal quittait Les Humanoïdes Associés
pour Casterman. Il décroche au passage la réédition quasi intégrale de son
œuvre chez cet éditeur, à l'exception d'&lt;em&gt;Exterminateur 17&lt;/em&gt;, ce dernier
titre restant aux Humanos à la demande de son scénariste Jean-Pierre Dionnet.
En attendant &lt;em&gt;Rendez-vous à Paris&lt;/em&gt;, dernier volet de la trilogie du
&lt;em&gt;Sommeil du Monstre&lt;/em&gt;, qui paraîtra en juin 2006, voici donc l'occasion
de redécouvrir un certain nombre de livres de Bilal, dont ce curieux ouvrage
co-signé par Pierre Christin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour une fois, l'expression &amp;quot;roman graphique&amp;quot;, souvent utilisée de façon
discutable pour qualifier certaines bandes dessinées qui s'écartent du main
stream, pourra être employée à bon escient. &lt;em&gt;Cœurs Sanglants et autres faits
divers&lt;/em&gt; est une collection très cosmopolite d'articles de journaux
imaginaires, dont l'accumulation forme une radioscopie du monde contemporain et
en constate l'implacable violence. En fil directeur de ce livre, nous suivons
aussi les apparitions récurrentes d'un mystérieux personnage dénué d'oreilles
(et par conséquent obligé de faire tenir ses branches de lunettes sur son crâne
avec du sparadrap !), qui se prépare au combat rituel des membres de la secte
&amp;quot;les Gants de la mort&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être grâce à l'irruption du fantastique, les pastiches journalistiques de
Christin et les illustrations photoréalistes d'une beauté morbide de Bilal sont
toujours aussi pertinents. Ils n'ont finalement pas vraiment vieilli, vingt ans
après leur première publication dans &lt;em&gt;Pilote mensuel&lt;/em&gt;. Pour les amateurs
de SF et d'humour noir.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Petit vampire et le rêve de Tokyo</title>
    <link>http://www.briographe.com/post/2006/01/13/Petit-vampire-et-le-reve-de-Tokyo</link>
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    <pubDate>Fri, 13 Jan 2006 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>brio</dc:creator>
        <category>critique</category>
        <category>Delcourt</category><category>Joann Sfar</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Petit Vampire&lt;/em&gt; T7, de Joann Sfar (Delcourt)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;10&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/PETITVAMPIRE07.jpg&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Michel, grippé, doit garder la chambre, alors il lit des mangas
(&lt;em&gt;Nausicaa&lt;/em&gt; de Miyazaki et &lt;em&gt;Galaxy Express 999&lt;/em&gt; de Matsumoto…
bonne pioche !). Comme son copain Petit Vampire n'y connaît rien, le garçon lui
explique que le Japon est « &lt;em&gt;le pays des bandes dessinées&lt;/em&gt; » et ajoute :
« &lt;em&gt;Quand je serai grand, je serai dessinateur. Je serai tellement connu
qu'on m'invitera au Japon&lt;/em&gt; ». Influencé par cette conversation et
s'endormant sur les manga de Michel, Puchi Banpi, pardon, Petit Vampire se
retrouve en rêve dans un Tokyo plus exotique, bizarre et impénétrable que
nature…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la série &lt;em&gt;Petit Vampire&lt;/em&gt;, Michel est une sorte d'autoportrait pour
Joann Sfar. Mais voilà que l'auteur prête à son personnage, cet alter ego
enfant, des aspirations qui sont sa réalité d'adulte : Sfar était effectivement
un des auteurs invités à participer au collectif &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.bdgest.com/critique_1128.html&quot;&gt;Japon – Le Japon vu par 17
auteurs&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, coordonné par Frédéric Boilet et édité en France par
Casterman (coll. Ecritures). Nombrilisme ou simple expression de la jubilation
d'un auteur qui n'en revient pas de mener cette vie si longtemps fantasmée ?
Toujours est-il que ce septième tome accomplit un objectif double. Il se
définit d'abord comme un hommage au &lt;em&gt;Little Nemo&lt;/em&gt; de Winsor McCay,
premier grand voyageur du rêve dessiné, à l'occasion du centenaire de sa
création. Par ailleurs, le livre semble d'une certaine façon poursuivre le
carnet de voyage initié dans le cadre du projet &lt;em&gt;Japon&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les deux livres, Joann Sfar dresse un portrait relativement féroce des
Japonais, tout en prenant la précaution de bien affirmer qu'il ne s'agit pas de
l'exposé d'une opinion personnelle. Ainsi, sa contribution au collectif
Casterman consiste pour l'essentiel à recueillir le témoignage pittoresque et
impitoyable de son ami Walter, le coloriste de &lt;em&gt;Petit Vampire&lt;/em&gt; et de la
série &lt;em&gt;Donjon&lt;/em&gt; (entre autres), qui est établi à Tokyo depuis quelques
années. Avec &lt;em&gt;Petit Vampire&lt;/em&gt;, Sfar nous emmène dans un Japon qui peut se
permettre d'être encore plus caricatural, puisqu'il est rêvé. Les scènes de
pure fiction (comme l'attaque d'un quartier de Tokyo par un dinosaure, sans
doute un cousin de Godzilla ou de Gamera) se mêlent aux anecdotes authentiques
recueillies par l'auteur au cours de son voyage (comme ces collégiennes qui
portent des croix gammées sur leurs vêtements comme s'il s'agissait de la
dernière marque branchée de prêt-à-porter).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Curieusement, c'est peut-être avec le chapitre de Nicolas de Crécy pour
&lt;em&gt;Japon&lt;/em&gt;, intitulé &lt;em&gt;Les nouveaux dieux&lt;/em&gt;, que le récit de Sfar a le
plus de relations. Les deux auteurs, partageant un même étonnement face à
l'omniprésence des personnages &amp;quot;mignons&amp;quot; dessinés sur les produits nippons,
sont partis de cet amour japonais du dessin pour bâtir une histoire. Ainsi, De
Crécy décrit le voyage d'une mascotte publicitaire emmenée au Japon par son
coach pour lui donner de l'assurance. De son côté, Sfar fait temporairement
mener à Petit Vampire la vie de l'un de ces personnages publicitaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Douze pages de carnet dans &lt;em&gt;Japon&lt;/em&gt; pour rendre compte de son voyage à
Tokyo, c'était sans doute un espace trop réduit pour Joann Sfar. A la lecture
de ce &lt;em&gt;Petit Vampire&lt;/em&gt;, on peut toutefois se demander si 30 planches
additionnelles sur le même sujet ne faisaient pas trop : après un début d'album
intéressant, le rythme retombe et l'auteur finit par se désintéresser
totalement du Japon pour nous proposer une leçon d'éveil où il est question des
mœurs des chattes quand elles mettent bas… Bien sûr, il s'agit d'un rêve ;
qu'il soit décousu est &amp;quot;permis&amp;quot;. C'est presque même dans l'ordre des
choses.&lt;br /&gt;
Aussi juste cette explication soit-elle, le lecteur se demandera peut-être
néanmoins si l'auteur n'a pas composé sa fin d'album un peu trop
hâtivement.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; hspace=&quot;0&quot; src=&quot;http://briographe.free.fr/briographe/petitvampireT7-4.jpg&quot; align=&quot;baseline&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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