A l’heure où la Bibliothèque Nationale de France
relance son programme de numérisation Gallica et modernise les sites concernés,
le Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image (CNBDI) d’Angoulême se
lance à son tour dans un vaste programme qui associe conservation et mise à
disposition du public d’œuvres et de documents qui font l’Histoire de la bande
dessinée.Pour inaugurer les collections numérisées, c’est le fonds « Saint-Ogan » qui a été choisi, constitué des 82 cahiers manuscrits dans lesquels le dessinateur a archivé ses articles et illustrations, mais également son abondante correspondance professionnelle. Alain Saint-Ogan (1895-1974), créateur de Zig et Puce, fut un des premiers auteurs à succès de la bande dessinée. Dans les années 1930, son « pingouin » Alfred déclencha un phénomène de mode sans précédent, et fut le fétiche de différentes personnalités, dont Mistinguett, l’aviateur Lindbergh et jusqu’au président Gaston Doumergue. Saint-Ogan, premier auteur européen d'importance à avoir systématisé l’usage des bulles de dialogues aux dépends des récitatifs sous l’image dans ses planches, fut aussi une influence revendiquée d’Hergé. Il fut président de la première édition du festival d’Angoulême en 1974 ; lequel festival conserva Alfred comme mascotte jusqu'en 1988.
Les cahiers de cet auteur, qui couvrent une période qui va de 1905 à 1972, sont une mine d’informations pour les chercheurs. Puisqu’ils sont consultables en ligne, les voilà également offerts à la curiosité des amateurs et de toute personne souhaitant connaître l’œuvre de Saint-Ogan ou, au-delà, se faire une idée de la littérature et de la presse destinées à la jeunesse, à la période concernée.
Pour compléter ces pièces
uniques, une sélection de livres dessinés ou écrits par Saint-Ogan est
proposée. Outre Zig et Puce, qui avait fait l’objet d’une réédition
complète dans les années 1990 chez Glénat, les lecteurs mis en appétit par le
récent ouvrage de Thierry Groensteen et Harry Morgan, L’art d’Alain
Saint-Ogan (paru fin 2007 chez Actes Sud – L’An2) pourront découvrir ce
Monsieur Poche qui inspira à Greg son personnage d’Achille Talon, les
romans illustrés qui y sont cités, ainsi que cette autobiographie de Saint-Ogan
intitulée Je me souviens de Zig et Puce et de quelques autres.Seul point noir, des choix assez malheureux d’interface utilisateur, qui gênent la consultation des albums. Car si l’application web permet de consulter assez efficacement les documents de petit format, pour les albums, tout est trop petit. Un mode zoom est proposé, mais son usage s’avère fastidieux et, finalement, pas réellement utilisable faute de navigation possible entre les pages dans ce mode. Espérons que ces défauts soient temporaires, et retenons surtout l’avancée majeure que cette initiative représente pour la mémoire du 9ème art.
Lien : http://www.cnbdi.fr/ puis menu « collections numérisées »
La cérémonie officielle de remise du prix aura lieu le 26
janvier à Angoulême, au cours d'une conférence de presse qui permettra à
l'association Artémisia de «présenter ses objectifs esthétiques et
politiques».
















![« Construire un feu » par Christophe Chabouté [d'après Jack London], Vents d'Ouest](http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_14.jpg)
![« Massacre au pont de No Gun Ri » par Park Kun-woong [d'après Chung Eun-yong], Vertige Graphic](http://briographe.free.fr/acbd/ACBD2008_15.jpg)





La lettre Goscinny du 26 juin 2007
est consacrée aux nombreuses réjouissances prévues à Cannes, du 29 juin au 1er
juillet dans le cadre de la manifestation "Cannes fête Goscinny".
Aujourd'hui, 22 mai 2007, Georges Remi, alias Hergé, aurait eu
cent ans.
Soucieux de conquérir de nouveaux publics et de se démarquer
les uns des autres dans un environnement toujours plus concurrentiel, les
éditeurs de bande dessinée tentent des expériences. , en espérant inventer de
nouveaux concepts qui sauront séduire le public. Après tout, qui aurait parié,
il y a quinze ans, sur le succès de bandes dessinées publiées en noir et blanc,
au format poche et sur papier économique ?
Non sans prudence, les éditions Paquet se donnent le temps de
vérifier si le concept fonctionne économiquement. Avant de lancer d'autres
parutions, les performances commerciales des trois albums qui inaugurent le
label seront soigneusement analysées. Car à ce tarif, il est indispensable
d'être sur des logiques de volume. Surtout pour les auteurs, qui ont accepté de
participer aux risques en sacrifiant leurs avances sur droits, et dont les
revenus sont proportionnels au prix de vente.
Au cours du Salon du Livre de Paris 2007, j'ai
rencontré Jean David Morvan, pour discuter de la collection
Ex Libris qu'il dirige pour les éditions Delcourt. En marge de
cette interview, qui fera prochainement l'objet d'un dossier sur les bandes
dessinées d'adaptation littéraire, nous avons rouvert le dossier
Spirou...
Jean David Morvan : Au contraire, ce sont deux
sujets totalement différents. C'est pour cela que je ne veux pas mêler les deux
discussions. Pour l'instant, on est en plein boulot sur l'éventuel tome 50, qui
pourrait devenir un hypothétique hors série n°5.